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Chômage, licenciements, plans sociaux...
janvier 2011

Sandouville reprend le travail sans penser à l'affaire Renault, Marc Parrad, challenges.fr, 17 janvier 2011
La liste noire, 13 janvier 2011, lunion.presse.fr
Porcher rayée de la carte, Jean-Claude ROUSSEL, 12 janvier 2011, lunion.presse.fr
Scandale, argent, politique et... jeux vidéo, 11 janvier 2011, Caroline Tosh, ps3gen.fr
Ducros Express (ex-DHL) confirme "550 licenciements secs",  6 janvier 2011 (AFP)
Isri France: la CGT dénonce une atteinte au droit de grève, 6 janvier 2011 (AFP)
Pénibilité: trafic fortement perturbé au Havre par une grève, AFP, 3 janvier 2011
Licenciements chez Michelin, Arpadis, Visteaon et Hygéna, chômage partiel chez Dassault : 2010 dans la continuité de 2009..., La Voix du Nord, 2 janvier 2011
A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Des attaques qui ne passent pas, Lutte Ouvrière n°2211 du 17 décembre 2010
À Illies, la robinetterie Malbranque prend l'eau : 80 salariés sont menacés, lavoixdunord.fr, 14.12.2010


Sandouville reprend le travail sans penser à l'affaire Renault

Marc Parrad, Source : challenges.fr, 17 janvier 2011

SANDOUVILLE, Seine-Maritime (Reuters) - Les quelque 2.500 employés de l'usine Renault de Sandouville ont repris le travail après quatre semaines d'arrêt, avec trop de soucis pour se préoccuper de l'affaire d'espionnage industriel dont se dit victime le constructeur automobile français.
Malgré la future installation d'une chaîne de fabrication de véhicules utilitaires, les ouvriers de l'usine située en Seine-Maritime s'inquiètent pour leur avenir.
Vendredi dernier, les tôliers et les emboutisseurs avaient repris le chemin de l'usine. Lundi, c'était au tour des peintres et du département qualité.
Mardi, les salariés du montage fermeront la boucle d'un long arrêt que Vincent Lefrançois, secrétaire FO de l'usine, résume ainsi : « On a eu deux semaines de chômage technique et on a dû prendre à la suite la cinquième semaine de congés payés 2010 et la cinquième semaine de congés payés 2011.
« Lors du dernier comité d'entreprise, la direction a prévenu qu'il y avait 500 salariés en trop sur 2.492 », ajoute-t-il. « Les gens sont inquiets. L'affaire actuelle d'espionnage, ça leur passe par dessus la tête car on a trop d'interrogations sur notre travail en 2011 ».
Renault a envoyé des lettres de licenciement aux trois cadres qu'il soupçonne d'avoir divulgué à l'extérieur des informations sur son programme de voitures électriques.
Le constructeur automobile, qui a porté plainte contre X dans cette affaire d'espionnage présumé, avait reçu la semaine dernière les trois salariés mis en cause pour un entretien préalable à licenciement pour faute lourde.

INTERROGATIONS
Pendant les quatre semaines d'interruption de production, le site de Sandouville a commencé à se préparer à sa transformation pour fabriquer des véhicules utilitaires.
Actuellement, deux chaînes servent à fabriquer les Laguna et les Espace. A terme, il n'y en aura plus qu'une afin de réserver la deuxième pour les nouveaux modèles dont la fabrication doit commencer en 2012.
Mais des interrogations demeurent sur le nombre de véhicules qui seront montés à Sandouville et sur le nom même du modèle.
Selon Patrick Meriat, délégué CFE-CGC du site, il pourrait s'agir de 60 à 80.000 voitures/an mais, ajoute-t-il, « on n'a encore aucune précision ».
Antoine, qui travaille à Sandouville depuis 1975, est monteur. En déplacement, il n'a pas été prévenu de la date de reprise et s'est dérangé pour rien. Pour lui, ce sera demain.
Pas trop inquiet des jours à venir, il s'intéresse à l'affaire d'espionnage interne : « Si c'est vrai, ça fait mal pour Renault », dit-il.
A 15h10, l'heure de sortie des équipes présentes, les ouvriers regagnent leurs cars en vitesse. Pressés mais diserts quand il s'agit de « leur » usine. Jean-Jacques, un tôlier de 44 ans a des motifs de crainte mais aussi d'espoir lorsqu'il évoque la possibilité de pouvoir fabriquer les V.U. de Renault, Nissan et Opel.
« On doit le savoir le 10 février, quand le PDG va parler », dit-il avant de rappeler la signification de la fermeture de Noël.
« Quatre semaines d'arrêt, ça ne s'est jamais fait, et ce n'est pas fini pour cette année ».
« C'est le début de la fin », sourit tristement Max, derrière ses 38 ans de maison. A 56 ans, il espère pouvoir bénéficier des mesures de retraite anticipée - payée par Renault - dans deux ans. « Si je peux manger après avec 75% de mon salaire brut », dit-il.
La formule est approuvée par Josiane, autre employée de Sandouville, mais elle voudrait en savoir plus.
« La direction n'a pas encore donné les véritables modalités de départ, si par exemple seront comptées les journées de chômage », dit-elle.


La liste noire

jeudi 13 janvier 2011
source : lunion.presse.fr

Ci-dessous, les emplois ardennais supprimés en 2010 dans le secteur privé.

Charleville-Mézières. - Entre fin 2008 et mars 2009, 27 licenciements chez Sum-Tech ; après liquidation, « Volets de France » (Villers-Semeuse) est repris par le Belge Cezam qui sauve 42 emplois.

Tournes. - Le 25 février dernier, liquidation de la Sopap (53 salariés à Tournes, 11 à La Veuve-Marne). Le 8 avril, la justice autorise la reprise par le groupe allemand Tünkers qui accepte de sauver 21 puis 26 salariés à Tournes mais ferme le site marnais.

Bazeilles. - Unilin passe de 234 à 222 salariés en 2009 (dont neuf licenciements en juillet) en raison d'une baisse d'activité.

Pure. - 25 suppressions de postes chez Thyssen Krupp (sur 100).

Givet. - En octobre 2008, fermeture de la Sopal (55 licenciements). Janvier 2011, liquidation d'Ardenity (16).

Monthermé/Bogny-sur-Meuse. - Redressement judiciaire de Raguet SA en février 2009 (184 salariés alors, 110 aujourd'hui). Au total, 51 licenciements effectifs en 2010.

Revin. - Le 7 janvier 2010, mise en redressement judiciaire d'Oxame (45 salariés) autorisée à poursuivre son activité au moins jusqu'au 7 juillet ; chômage partiel cher Ideal Standard France (ex-Porcher) (165 salariés), Ardam-Electrolux (600) et Béroudiaux (50).

Fumay. - En septembre, le groupe Nexans annonce la suppression de 53 emplois sur 258 (voir Aisne-Chauny).

Hautes-Rivières. - Suppression de 22 emplois en mars 2009 chez Estamfor (groupe Farinia).

Donchery. - Fin mars, Delphi annonce 60 licenciements « sur la base du volontariat » (sur 354 salariés). Dans les années 90, l'entreprise a compté jusqu'à 750 salariés. Plusieurs vagues de licenciements sont prévues d'ici 2012. Ils devraient concerner 293 salariés.

Glaire. - Liquidation d'Enia (202 salariés) le 7 janvier 2010. Le projet de reprise de Tecsom, désormais validé, prévoit 57 licenciements.


Porcher rayée de la carte

Jean-Claude ROUSSEL
12 janvier 2011
source : lunion.presse.fr

REVIN (Ardennes). 146 salariés au tapis. Tel est le résultat, en termes purement comptables, du nouveau drame social qui s'apprête à endeuiller les Ardennes. C'est, cette fois, Porcher qui se trouve dans la tourmente : la direction du groupe doit annoncer aujourd'hui la fermeture pure et simple  du site historique revinois.

On savait qu'en dépit de quelques maigres lueurs de reprise, les conséquences de la crise allaient encore se faire ressentir de longs mois.
La confirmation de cette crainte, brutale, doit tomber aujourd'hui, lors d'un comité central d'entreprise du groupe Idéal Standard : la direction s'apprête à annoncer la fermeture du site revinois, plus connu sous le nom de Porcher, laissant 146 salariés sur le carreau.
Un énième coup dur pour l'emploi dans les Ardennes en général et sur la Vallée de la Meuse en particulier, pour ne rien dire de la ville de Revin, une nouvelle fois meurtrie au plus profond de sa chair.

Porcher = qualité

Une énième gifle assénée en pleine face de tous ceux qui tentent de ramer contre le courant, particulièrement contraire depuis bien trop longtemps : on pense aux salariés et à leurs représentants, bien sûr, mais aussi aux élus locaux ou aux agents de l'Etat qui s'échinent à disputer des combats dont on aimerait qu'ils ne soient pas tous, ou presque, perdus d'avance.
Le scénario qui se répète lors de chaque désastre industriel s'est donc choisi une nouvelle tête d'affiche : Porcher. Un nom qui résonne bien au-delà des frontières ardennaises, tant les ouvriers de l'usine revinoise ont su, plus d'un siècle durant, s'appuyer avec talent et bonheur sur ce fameux savoir-faire qui constitue pour notre département l'un des derniers points d'ancrage n'ayant pas cédé devant la tourmente de la mondialisation.
Qu'on ne s'y trompe pas, c'est bien l'un des fleurons emblématiques du tissu industriel local qui s'apprête à disparaître, et avec lui un pan supplémentaire de notre âme collective.
C'est en effet en 1886 qu'André et Emile Porcher décident de créer à Revin ce qui constituera la première usine de sanitaire de France. Rapidement, la qualité des systèmes de douche, baignoires et autres lavabos produits au bord de la Meuse permet à l'entreprise de se doter d'une réputation enviable et de conquérir des marchés prestigieux : grands hôtels, stations thermales ou paquebots transatlantiques.
Tout au long du XXe siècle, pour la clientèle, Porcher rime avec qualité.

Le début de la fin
En 1991, la société est reprise par le groupe American standard par l'entremise de sa filiale Idéal standard.
En novembre 2007, cette dernière est à son tour rachetée par Bain capital partner, un fonds d'investissements déjà connu pour avoir jeté son dévolu sur des sociétés telles que Burger king, Samsonite ou Toys « r » us.
Porcher va connaître un long et douloureux calvaire qui va donc se conclure tragiquement aujourd'hui. Amputée de sa division « fonte » (devenue Oxame), l'entreprise revinoise compte alors près de 180 salariés qui se spécialisent dans la production de sanitaires en céramique.
En décembre 2007, Daniel Delattre, le directeur, fixe les objectifs 2008 : 220.000 pièces. Le site n'en produira que 144.000…
Pour 2009, ce sont 105.000 pièces qui sont prévues, mais également 11 semaines de chômage partiel. Un dernier objectif qui, lui, sera même dépassé avec un total de 18 semaines de fermeture forcée, durant lesquelles les salariés ne touchent qu'environ deux tiers de leur revenu habituel.
Début 2010, l'entreprise lance un plan de gestion prévisionnelle des emplois et compétences, dispositif destiné à accompagner les volontaires vers un reclassement. Une vingtaine tenteront leur chance. Le chômage partiel est à nouveau massivement employé : on compte 13 journées chômées au cours du premier semestre 2010 puis trois semaines en décembre.
Seule consolation pour les salariés l'an dernier, la certitude de ne pas avoir à affronter un plan de licenciement, inenvisageable légalement puisque l'entreprise bénéficie des aides de l'Etat pour le paiement des heures de chômage.
Une hypothèque rassurante malheureusement levée depuis le 1er janvier. Il n'aura fallu attendre que 12 jours pour voir le couperet tomber…


Scandale, argent, politique et... jeux vidéo

11 janvier 2011, Caroline Tosh
source : ps3gen.fr

Le gouvernement contraint de s'intéresser au dossier épineux du musée des jeux vidéo.
Scandale, argent, politique. Rien de nouveau me direz-vous ? Si, les jeux vidéo sont concernés !

Cela faisait désormais plus de trois ans que le musée de l'informatique était établi au Toit de la Grande Arche, à Paris. Le musée des jeux vidéo l'avait récemment rejoint le 14 avril 2010. Mais, suite à un incident technique grave, les quatre ascenseurs panoramiques qui desservaient le site sont tombés en panne. Le propriétaire des lieux, le Ministère de l'Écologie et du Développement Durable de l’époque, avait alors logiquement décidé sur décision unilatérale du Cabinet de M. Borloo, de fermer le site dès le 24 avril, le temps de la réparation, soit 10 jours après l'ouverture de l'éphémère musée des jeux vidéo. Or, bien que les ascenseurs soient fonctionnels depuis le 24 juillet 2010, le site n'a jamais été ré-ouvert au public, et après plusieurs mois de flottement, le gouvernement a même annoncé la fermeture définitive du Toit de la Grande Arche, dans le but d'une reconversion des locaux dédiés entièrement au ministère.

Le ministère est accusé d'avoir pris pour prétexte la réparation des ascenseurs pour discrètement mettre fin aux expositions culturelles et réorganiser les locaux (plusieurs milliers de mètres carrés) pour son propre usage, afin d’y organiser des colloques et réceptions. La polémique gonfle. En plus d'un manque à gagner considérable durant plusieurs mois où aucun public n'a été reçu (estimé à plus de 2 millions selon rue89), le projet de réorganisation est jugé coûteux et inutile. De plus, il entraîne l'expulsion définitive des deux musées et la suppression d'une cinquantaine d'emplois, au chômage technique actuellement.

Les fameux ascenseurs défectueux

Philippe Nieuwbourg, directeur du musée de l'informatique, a dénoncé un scandale financier et a interpellé le gouvernement suite aux plusieurs mois d'inactivité qui ont suivi la réparation des ascenseurs. Le dossier avait alors été confié par le Premier ministre François Fillon à Nathalie Kosciusko-Morizet et Frédéric Mitterrand, mais aucune évolution n'avait eu lieu. Suite au remaniement ministériel de novembre 2010, Philippe Nieuwbourg insiste et rédige une lettre ouverte à la nouvelle ministre de l'Écologie et du Développement Durable, Nathalie Kosciusko-Morizet. En début du mois de décembre, le directeur du musée de l'informatique reçoit une réponse du cabinet du Président de la République, Nicolas Sarkozy. Il est alors assuré au sein de la lettre, la prise en main et la délégation du dossier aux deux ministres, Mme Kosciusko-Morizet et M. Besson.

À ce jour, aucune solution n'a encore été trouvée, et le gouvernement est plus que jamais empêtré dans ce dossier après la décision du tribunal de grande instance de Nanterre, qui a déclaré injustifiée l'exclusion sans préavis de la société responsable de l'exploitation des locaux. Cette dernière avait signé une convention d'occupation jusqu'en 2013. Le jugement ayant été relégué en fond, l'aboutissement du conflit peut désormais prendre plusieurs années.

Le gouvernement doit donc faire face au mécontentement des dirigeants des musées et à la société d'exploitation du Toit de la Grande Arche, qui réclame maintenant plusieurs millions de dommages et intérêts pour quitter prématurément les lieux.

En marge du scandale, les licenciements des salariés après plusieurs mois de chômage technique ont débuté dès le mois de décembre.

Pour apporter votre soutien au musée des jeux vidéo, une pétition est lancée ici.

Quant à la possible réouverture du musée, elle semble tout à fait improbable pour le moment, des pistes sont envisagées pour le déménagement dans de nouveaux locaux. Pour vous consoler, le site du musée des jeux vidéo vous propose une superbe visite interactive.


Ducros Express (ex-DHL) confirme "550 licenciements secs"

 6 janvier 2011 (AFP)

Le président de Ducros Express (ex-DHL), Eric Lefranc, a confirmé jeudi à l'AFP que "550 licenciements secs" devaient intervenir dans son entreprise de messagerie en 2011 en raison de difficultés dans l'activité, comme l'avaient annoncé lundi les syndicats.
Au total, quelque 600 salariés des 3.100 que compte Ducros Express (transports de colis et palettes) devraient être touchés par ce plan social présenté jeudi en comité central d'entreprise (CCE), en incluant des mobilités et des passages à temps partiels pour une cinquantaine de personnes, a-t-il précisé.
Sept ou huit agences doivent fermer sur le territoire, réduisant leur nombre à une cinquantaine.
"Nous ferons tout notre possible pour maintenir la qualité et la continuité de service" pour les clients pendant cette restructuration, a ajouté le président.
Plusieurs dizaines de salariés ont manifesté jeudi matin devant le siège de la société à Gonesse (Val-d'Oise) où se tenait le CCE, a constaté une journaliste de l'AFP.
Pour ceux qui ne perdront pas leur emploi, "ce sera des fermetures de sites avec des délocalisations, des modifications de contrats ou encore des augmentations d'horaires de travail", s'indigne Marek Ludwikowski, délégué CGT.
Des membres du CCE ont menacé d'aller en justice pour "faire condamner l'entreprise pour délit d'entrave", après des visites sur plusieurs sites du président de la société, qui aurait "dévoilé les impacts de la réorganisation par service" avant la réunion du CCE, selon la CGT.
Marie-George Buffet, député PCF de Seine-Saint Denis, est venue jeudi soutenir des salariés qu'elle "suit depuis une dizaine d'années" et qui "défendent leur emploi, leur entreprise, la relance de notre pays", a-t-elle déclaré à l'AFP.
En outre, des débrayages ont touché une demi-douzaine de sites mais l'activité n'a pas été perturbée, a indiqué la direction.
"Je comprends la colère des salariés et des élus" du personnel, a assuré le président de Ducros Express, soulignant que la direction appliquera "beaucoup plus que les obligations légales" dans le plan social, qui sera du niveau de ceux mis en oeuvre chez DHL. Son coût s'élèvera à 50 à 60 millions d'euros.
"Dans l'activité messagerie, il y a beaucoup de concurrence et de sociétés en difficulté", a justifié M. Lefranc.
Ducros Express a vu le jour le 1er juillet 2010, à la suite de la cession par DHL Express France (groupe Deutsche Post) de son activité messagerie au groupe français Caravelle.
Cette activité était déficitaire depuis plusieurs années, et Deutsche Post l'a finalement cédée quasi gratuitement cet été à Caravelle après l'avoir recapitalisée à hauteur de 240 millions d'euros, d'après les syndicats. La recapitalisation visait à donner à Caravelle "les moyens de pouvoir restructurer l'entreprise", a indiqué M. Lefranc.
La messagerie a perdu près de 80 millions d'euros en 2009, et 75 millions en 2010, pour un chiffre d'affaires de l'ordre de 300 millions d'euros.


Isri France: la CGT dénonce une atteinte au droit de grève

6 janvier 2011 (AFP)

La CGT métallurgie a dénoncé jeudi une atteinte au droit de grève chez l'équipementier automobile Isri France, basé dans le nord de l'Alsace, où 26 salariés sont menacés de sanctions après un débrayage de quelques heures pour réclamer des revalorisations salariales.
La direction d'Isri France, filiale de l'allemand Isringhausen, rejette l'accusation et parle d'"abus du droit de grève". L'entreprise qui fabrique des sièges auto, emploie 415 personnes.
Selon la CGT, majoritaire, 26 salariés de l'usine située à Merkwiller-Pechelbronn (Bas-Rhin) se sont mis en grève pendant quatre heures le 16 décembre pour contester la baisse de leur coefficient salarial et revendiquer des augmentations de salaire. Un camion de livraison a été retenu pendant plusieurs heures.
La direction a alors "signé un protocole d'accord permettant une série de revalorisations salariales". Mais "quelques jours plus tard (elle) a lancé les représailles en convoquant le 29 décembre les salariés grévistes en vue de sanction", affirme la CGT métallurgie Alsace dans un communiqué.
Des procédures de licenciement ont été commencées contre deux salariés présentés comme les "leaders" du mouvement, un délégué syndical s'est vu infliger une mise à pied conservatoire avec une procédure de licenciement, et les autres ont écopé de cinq jours de mise à pied, a précisé à l'AFP Gilles Weber, secrétaire général de la métallurgie CGT du Bas-Rhin.
"Ce n'est pas à l'employeur de faire sa justice. S'il veut contester un blocage, il doit le faire devant le tribunal d'instance. Nous allons mettre tous les moyens en oeuvre pour que la direction revienne sur sa décision", a déclaré le syndicaliste. Un rassemblement est prévu mardi devant Isri France et la CGT va saisir le conseil des prud'hommes, a-t-il ajouté.
La fédération CGT de la métallurgie a dénoncé dans un communiqué une "atteinte au droit de grève (...) inacceptable", qui s'inscrit selon elle dans un mouvement plus général d'"atteintes aux libertés syndicales" et au droit de revendiquer et de faire grève dans le secteur automobile.


Fralib et Netcacao : l’incertitude

Mailys MEDJADJ, 5 janvier 2011, source : marsinfo

« Ils vont nous retrouver une fois de plus dans leurs pattes. On ne se laissera pas mettre à la porte. Nestlé qui a beaucoup plus de poids que les banques n’y est pas arrivé ». C’est en ces mots que Norbert Sanchez, délégué CGT Netcacao réagit au report au 2 février de la décision du Tribunal de Commerce, qui devait statuer ce mercredi sur l’avenir de l’entreprise : la liquidation, un redressement judiciaire ou la poursuite de l’activité. Repris à la multinationale suisse en 2006, Netcacao affiche un carnet de commande bien rempli mais a besoin d’un fond de roulement d’entre 6 et 8 millions d’euros.

D’autre part, le syndicaliste nous indique que Netcacao a déjà dû se séparer d’une entreprise de nettoyage comptant trois salariées. Des licenciements que le délégué syndical impute directement à Netcacao. « Moi j’ai beaucoup perdu. Ces gens qui se retrouvent au chômage pour moi c’est horrible ».

Du côté de Fralib, les salariés sont aussi dans l’attente. Hier, trois d’entre eux étaient assignés en justice au Tribunal Correctionnel de Nanterre. Une cinquantaine d’employés se sont donné rendez-vous, devant le Tribunal de Grande Instance de Marseille pour les soutenir. Tous se souhaitaient la bonne année dans une ambiance chaleureuse et détendue. Une année qui aura probablement un goût amer pour les 182 employés de l’usine de Gémenos, menacés de licenciement.

Fralib : trois salariés devant la justice

Le motif : diffamation et atteinte à l’honneur de Fralib après la diffusion d’un tract. Celui-ci accusait l’entreprise « d’évasion fiscale vers la Suisse » et de baisser le grammage des sachets de thé sans en informer la clientèle. « Nous voulions faire une action en convergence à Marseille pour soutenir nos collègues » explique Serge Bonutti, responsable régional de la FNAF-CGT. De son côté, Dominique Basset, élu CGT, indique : « Au printemps dernier, une employée a été agressée physiquement par la direction. Et celle-ci n’a d’ailleurs toujours pas été assignée en justice alors que nos collègues l’ont été à peine un mois après la distribution des tracts. Nous voulions savoir où en était le dossier et avons été reçus par le Procureur de la République ». Avant d’ajouter : « On ne comprend pas cette différence de traitement. Une situation inadmissible. Nous refusons cette justice à deux vitesses. Il nous a assuré que le dossier serait traité dans quelques temps ».

Vers 15 heures, coup de théâtre. Les trois salariés indiquent par téléphone que le jugement est reporté au 6 septembre prochain. La raison : l’encombrement des tribunaux.

Gérard Cazorla, secrétaire CGT Fralib et salarié depuis 30 ans à l’usine de Gémenos n’est pas soulagé pour autant. « On maintient notre position. Nous avons des preuves que nous avons déjà transmises à la justice et d’autres que nous dévoilerons au moment opportun. » Cet ajournement n’entache en rien la détermination des employés de Fralib qui restent plus que jamais mobilisés. Depuis septembre dernier, ils se battent pour éviter la fermeture du site. Un site jugé moins rentable par la direction que les autres usines de Grande-Bretagne, Belgique et Pologne.

Le projet alternatif des Fralib

Les employés de l’usine Fralib persistent et contre-attaquent. En début de semaine, ils proposaient lors d’un comité d’entreprise extraordinaire, un plan alternatif à la fermeture du site : reprendre leur activité et leur outil de travail. La forme juridique restant encore à déterminer. « Nous n’avons pas voulu nous enfermer dans une forme juridique précise. Toute personne intéressée peut ainsi tenter l’aventure » explique Gérard Garzola. Il précise : « Cette marque est née en Provence et on fera tout pour qu’elle y reste. Des familles y travaillent depuis plusieurs générations. Elle fait partie du patrimoine local ». Installé depuis 118 ans, Fralib est l’unique site de fabrication de thé et d’infusion de la marque Elephant en Provence. De son côté, la direction campe sur ses positions. Elle assure que cette offre de reprise nie les réalités économiques et ne présente aucune alternative sérieuse à la fermeture. Selon ses chiffres, « la surcapacité de production fragilise la compétitivité ». En contrepartie, elle se propose de  « reclasser tous les salariés dans le bassin d’emplois de Gémenos et de participer à la création de 182 emplois nouveaux au niveau local ». Pour l’heure, les salariés de Fralib restent dans l’impasse. Un autre comité d’entreprise doit se tenir le 10 janvier prochain.


Pénibilité: trafic fortement perturbé au Havre par une grève

AFP - 03 janvier 2011

Le port du Havre était fortement perturbé lundi par une grève nationale à l'appel de la CGT qui veut ainsi peser dans les négociations sur la cessation anticipée d'activité pour pénibilité en faveur des salariés portuaires les plus exposés, a-t-on appris de source syndicale.
Prévue pour durer 24H00, cette grève à l'appel de la Fédération nationale des ports et docks (FNPD-CGT) a entraîné l'arrêt de l'activité sur tous les terminaux à conteneurs, la principale activité de ce port.
En revanche, le mouvement ne touchait pas le trafic pétrolier et le trafic passagers avec la Grande-Bretagne qui étaient assurés normalement.
Un accord prévoyant la possibilité d'un départ jusqu'à cinq ans avant l'âge légal de la retraite pour les 5.000 à 6.000 salariés portuaires les plus exposés semblait avoir été trouvé début novembre.
Mais, selon une source syndicale, il n'a pu être finalisé fin 2010 comme prévu en raison notamment du remaniement ministériel de la mi-novembre qui a vu le départ du secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau, alors en charge du dossier, et son remplacement par Thierry Mariani.
Les ports français ont été fortement perturbés en 2010 par de nombreuses grèves relatives à divers volets de la réforme portuaire votée en 2008, comme la pénibilité.


Licenciements chez Michelin, Arpadis, Visteaon et Hygéna, chômage partiel chez Dassault : 2010 dans la continuité de 2009...

Source : La Voix du Nord, 2 janvier 2011

En Mélantois et en Pévèle, c'est dans la zone industrielle de Seclin qu'elle a frappé le plus fort avec la fermeture du site de Michelin. D'autres aussi ont payé un lourd tribut. Revue de détail... sans omettre les quelques rayons de soleil dans un tableau assez sombre.

Michelin : le site de Noyelles-lez-Seclin fermé. Annoncée en juin 2009 pour juin 2010, la fermeture du site Sodemeca, repoussée de six mois, est effective. Après la fabrication du dernier pneu en juillet, les 276 salariés quittent leur usine, où les machines sont démontées.
Fin décembre, les grilles se sont définitivement refermées.

Visteon : huitième plan social et un avenir en pointillés. En janvier, Visteon annonce son huitième plan social en huit ans. Touchée en 2009 par 56 suppressions d'emploi, l'usine de Gondecourt est épargnée, cette fois. Le site de Flins doit, lui, fermer. Vingt-quatre salariés sont reclassés à Gondecourt, où sont encore employés 650 personnes et 200 intérimaires. Ils se mobilisent en mars pour une grève en réaction à l'objectif de leur direction de réduire les effectifs de moitié d'ici à 2013 ! Début décembre, le site de Carvin ferme. Ses salariés sont transférés à Gondecourt.

Dassault : du chômage partiel et la fin de l'intérim. Confrontée à une baisse sans précédent de son carnet de commandes, l'usine Dassault de Seclin réduit la voilure dès mai 2009 en se séparant de ses intérimaires et en rapatriant les tâches confiées aux sous-traitants. En 2010, les mesures de chômage partiel ne sont levées qu'en mars. Les départs ne sont plus remplacés.

Arpadis Gondecourt : seize licenciements. Trois ans après la reprise des établissements Catry par le groupe belge Arpadis et le licenciement de 21 salariés, le site gondecourtois est rattrapé par la crise en mars : 16 licenciements de plus sur un effectif de 43 salariés, plus 7 postes transférés en Belgique. Après huit jours de grève, un accord pour le plan social est trouvé.

Hygena supprime 37 postes à Seclin. Coupe sombre au siège social du cuisiniste, installé dans la zone industrielle de Seclin : mi-décembre, la marque annonce 118 suppressions de poste, dont 37 à Seclin. Onze magasins déficitaires sont par ailleurs fermés en France.

Endivoise de Carnin : la fermeture pure et simple. Sans repreneur, l'Endivoise de Carnin ferme ses portes. Vingt-quatre salariés et une dizaine d'intérimaires se retrouvent sans travail... et peinent à toucher leurs indemnités.

Des bonnes nouvelles, aussi... A Seclin, Atos poursuit son extension. Un bâtiment de 7 200 m² sort de terre. Objectif : passer de 1 000 à 2 500 salariés ces prochaines années. À Seclin toujours, la zone Unexpo se remplit. Le boulevard de la Moto accueille une nouvelle enseigne, et le projet Greencenter (15 500 m² de surfaces commerciales) est lancé. Côté Conforama, 65 ha qui attendaient un feu vert vont accueillir de nouveaux projets économiques, tandis qu'on inaugure la zone de la Broye à Ennevelin. •

STÉPHANE HUBIN


A Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) Des attaques qui ne passent pas

Lutte Ouvrière n°2211 du 17 décembre 2010

À l'usine PSA d'Aulnay-sous-Bois, malgré un débrayage de 400 ouvriers, et le fait que la direction elle-même ait reconnu que son dossier était vide, une procédure de licenciement se poursuit à l'encontre d'un délégué CGT, Ahmed Berrazel.

Jeudi 9 décembre, un comité d'entreprise était convoqué pour voter le licenciement. Cette fois, pas de débrayage possible car - bonne aubaine pour la direction - la neige tombée abondamment la veille avait amené la fermeture de l'usine pour la journée. La CGT n'en appelait pas moins les syndiqués CGT à venir soutenir Ahmed, et malgré la neige et le chômage plus d'une centaine d'ouvriers ont fait le déplacement ce jeudi après-midi.

Le CE a majoritairement voté contre le licenciement d'Ahmed : même le SIA, le syndicat patronal de PSA, a prudemment préféré s'abstenir. Il reste maintenant à la direction le choix de saisir l'inspection du travail pour poursuivre la procédure et tenter d'imposer le licenciement.

Aulnay n'est pas le seul site de PSA touché par des mesures de répression contre les militants. À Vélizy, deux délégués CGT sont convoqués pour des sanctions et à l'usine de Poissy deux délégués sont également convoqués, dont le secrétaire de la CGT et une infirmière syndiquée CGT, en vue de son licenciement.

D'un côté, l'argent coule à flots dans les caisses des actionnaires de PSA, qui s'apprêtent à annoncer, pour 2010, leur record historique de ventes (avec 3,6 millions de voitures). En même temps, la direction continue ses attaques contre les travailleurs - suppressions de postes, chômage technique.

En frappant les militants combatifs, elle espère décourager tous les travailleurs. Mais c'est peine perdue. À l'usine d'Aulnay, les réactions continuent contre les mauvais coups. Au Ferrage par exemple, des travailleurs ont réagi contre la dernière mesquinerie du patron : à des ouvriers qui n'ont pas pu arriver à l'usine lors de la tempête de neige du 8 décembre, et sont parfois restés bloqués des heures dans leur voiture en essayant de venir, il a refusé de payer la journée ! Les travailleurs ont donc fait grève pour exiger ce paiement de la journée, et ils ont gagné. C'était aussi une question de principe : pas question de baisser la tête !

Correspondant LO


À Illies, la robinetterie Malbranque prend l'eau : 80 salariés sont menacés

lavoixdunord.fr, 14.12.2010- Élodie BARTOLIC

Malbranque, entreprise spécialisée dans la robinetterie industrielle, ferme ses portes. Valco, son propriétaire, a décidé de regrouper ses activités sur son site de Ruffec (Charente). Installée depuis plus de 60 ans à Illies, l'usine emploie actuellement 80 salariés. Hier, un piquet de grève a été monté dans la cour.

« Nous voulons nous battre pour maintenir une activité sur le site », martèle Abdelmalik Chenouf, délégué CGT.

Hier, 5 heures du matin, jour de la première rencontre entre la direction et le syndicat. Un piquet de grève est installé dans l'usine Malbranque. Les deux entrées sont bloquées par de grandes caisses de bois. Sur la seule et unique banderole, accrochée au grillage, on peut y lire en lettre capitale « non à la fermeture ». Dans la cour de l'usine, une partie des salariés sont regroupés autour d'un feu. La semaine dernière, les 80 employés ont appris par leur direction que leur entreprise allait fermer. « On nous a dit qu'un plan social avait été mis en place pour sauver le groupe Valco », le fond de pension norvégien auquel Malbranque appartient depuis 2003.

Un coup de massue qui était cependant prévisible, selon les salariés. « Nous sommes en chômage partiel depuis août », lâche Abdelmalik Chanouf. « On savait qu'il allait y avoir des licenciements mais pas une fermeture », renchérit Jean-Claude Lessant, élu CGT.

Depuis environ quatre mois, les salariés faisaient pression sur la direction pour obtenir des réponses à leurs questions. « Nous avons organisé trois blocages d'expédition. Mais à chaque fois on nous répondait que les actionnaires n'avaient pas encore pris de décision sur l'avenir du site », explique Dominique Rosiaux, élu CGT. Selon les délégués, la partie robinetterie industrielle sera transférée chez SNRI, autre entreprise du groupe, basée en Charente. L'équipement de puits, autre activité de Malbranque, aurait été revendu pour 900 000 € à Axon, une entreprise texane. Les négociations n'ont pour l'instant pas commencé.

La direction a d'ores et déjà proposé une possibilité de reclassement pour 22 personnes. Selon les syndicats, 10 personnes seraient mutées chez SNRI et 12 autres personnes seraient embauchées temporairement par l'entreprise américaine Axon. « Les Américains veulent notre licence API 600A, propre aux équipements de puits et acquérir de nouveaux marchés, lâche Abdelmalik Chenouf. Leur proposition de reprendre 12 salariés, c'est de la poudre aux yeux. 12 salariés dans 12 000m², c'est absurde. » Guy Gibaru, 37 ans de boîte : « Malbranque a été industriellement pillée. Valco a pris notre savoir-faire au profit de SNRI. Mais eux n'ont pas la maîtrise. Ce ne sont pas des robinets de maison ! » L'intervention d'un expert comptable a été demandée par le syndicat « pour vérifier si les pertes annoncées sont réelles ».

Autour du feu, les salariés sont dépités. « Et dire que l'an dernier, on célébrait les 60 ans de l'usine. C'est triste,lance Edmond, 37 ans de boutique, la gorge nouée. L'espoir est maigre on aimerait y croire mais c'est difficile. »

« Les deux sites, Ruffec (SNRI) et Illies sont actuellement en sous-utilisation et font des pertes très importantes en 2010, a répondu Marc de Wolff, directeur Général de Valco Group France. Sans perspective de redressement, compte tenu d'un carnet de commande en forte baisse... Valco group aidera les salariés concernés à trouver une solution d'emploi en mettant en place des aides au reclassement externe. »