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Appel Non à un hommage officiel au général Bigeard 29 novembre 2011 De son vivant, le général Bigeard a toujours bénéficié de l’admiration des forces politiques les plus réactionnaires et de leur soutien actif. Et voici qu’une année après sa mort, il est de nouveau utilisé pour une manœuvre politicienne, orchestrée par le ministre de la Défense, dont le passé d’extrême droite est connu : le transfert aux Invalides de ses cendres. Cette initiative est doublement pernicieuse. D’une part, il y a une certaine indécence à mettre Bigeard au rang d’autres grands militaires qui y reposent, parfois depuis des siècles. On peut avoir des analyses critiques sur tel ou tel d’entre eux, mais beaucoup mirent leur génie au service de la défense du territoire français. D’autre part, et surtout, une telle initiative serait une insulte à divers peuples qui acquirent au prix fort, naguère, leur indépendance. Ces pays sont libres depuis des décennies, ils ont le plus souvent des relations cordiales avec le nôtre. A-t-on pensé un instant quel signal le gouvernement français s’apprête à leur envoyer ? Est-ce du mépris à l’état pur ou de l’inconscience ? On nous présente cet officier comme un héros des temps modernes, un modèle d’abnégation et de courage. Or, il a été un acteur de premier plan des guerres coloniales, un « baroudeur » sans principes, utilisant des méthodes souvent ignobles. En Indochine et en Algérie, il a laissé aux peuples, aux patriotes qu’il a combattus, aux prisonniers qu’il a « interrogés », de douloureux souvenirs. Aujourd’hui encore, dans bien des familles vietnamiennes et algériennes, qui pleurent toujours leurs morts, ou dont certains membres portent encore dans leur chair les plaies du passé, le nom de Bigeard sonne comme synonyme des pratiques les plus détestables de l’armée française. Nous n’acceptons pas que la notion d’héroïsme soit liée à l’histoire de cet homme. Lors des guerres coloniales conduites par la France, les vrais héros étaient ceux qui, dans les pays colonisés, luttaient pour la liberté et l’indépendance de leurs peuples, ceux qui, en métropole, ont eu la lucidité de dénoncer ces conflits, si manifestement contraires au droit international, au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et à l’intérêt même de la nation française. L’objectif aurait été de réveiller les guerres mémorielles que les manipulateurs à l’origine de cette initiative ne s’y seraient pas pris autrement. Nous exigeons que le gouvernement français renonce à cette initiative historiquement infondée, politiquement dangereuse et humainement scandaleuse. Signataires Premiers signataires Salah Amokrane, Militant associatif Mouloud
Aounit, Président d’honneur du MRAP Raymond Aubrac Josette Audin Sami Boumendjel Patrick Chamoiseau,
Écrivain Didier Deaninckx,
Écrivain François Gèze, Éditeur Mohammed Harbi, Historien Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF Anicet Le Pors, Ancien ministre Alban Liechti, Soldat du refus Noël Mamère, Député Europe Écologie Les Verts Rosa Moussaoui, Journaliste André Nouschi, Historien, Professeur honoraire de l’Université André Roch, Officier d’active en retraite Alain Ruscio, Historien Pierre Tartakowsky, Président de la LDH Sylvie Thénault, Historienne Raphaël Vahé, Président de l’ARAC Françoise Vergès, Politologue Seconde liste Samia Ammour, Militante féministe François Asensi, Député communiste Éliane Assassi, Sénatrice de la
Seine-Saint-Denis Catherine
Ballestero, Présidente de la fédération de Paris du MRAP Michel
Berthelemy, Secrétaire de l’Association Anciens d’Algérie et leurs ami(e)s
contre la guerre Pierre Brocheux, Historien Alain Brossat, Professeur émérite de philosophie Christiane Chaulet-Achour, Professeur des Universités Guillaume Chérel, Écrivain Sharon Courtoux, Association Survie Nadir Dendoune, Journaliste et auteur Philippe Dieudonné, Vice
président de la LDH, Bouches-du-Rhône Yvan Donnat, Syndicaliste, Association des Pieds
noirs progressistes Bernard Doray, Psychanalyste Jean-Paul Faivre, Chirurgien-dentiste, capitaine de
réserve Patrick Farbiaz, Association Sortir du Colonialisme Amal Fardeheb,
Secrétaire générale Association Ajouad Algérie Mémoires Jacques Fath, Responsable Relations internationales
du PCF René Gallissot, Professeur émérite des Universités Jean-François Gavoury, Association nationale pour la
protection de la mémoire des victimes de l’OAS Jacques & Liliane Gilbert, Professeurs Sébastien Jahan, Historien, Université de Poitiers Mohamed Kacimi, Écrivain Ahmed Koulakssis, Historien Mehdi Lallaoui, Réalisateur David Langlois-Mallet, Journaliste Moussa Lebkiri, Comédien Olivier Le Cour Grandmaison, Politologue Patrick Le Hyaric, Directeur de L’Humanité Pierre-Oscar Lévy, Cinéaste Hélène Luc, Sénatrice honoraire Gilles Manceron, Historien Sophia Mappa, Chercheure, universitaire Claire Mauss-Copeaux, Historienne Gilbert Meynier, Historien, Professeur émérite de
l’Université Jean-Yves Mollier, Historien, Professeur, Université
Versailles-Saint-Quentin François Munier, Président du
conseil local de Nancy du MRAP Philippe Mussi adjoint
au maire de Valbonne Sophia Antipolis, conseiller régional François Nadiras, Militant LDH, Toulon Jean-Philippe Ould-Aoudia, Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons Bérangère Portalier, rédactrice en chef de Causette Henri Pouillot, Témoin de la guerre d'Algérie, militant antiraciste, anticolonialiste Jacques Pradel, Président Association des Pieds noirs
progressistes Yvon Quiniou, Philosophe Annie Rey-Goldzeiguer, Historienne, Professeur,
Université de Reims Jean-Louis Roy, Médecin Frédéric Sarkis, Association Sortir du Colonialisme Rina Sherman,
Écrivain, cinéaste Charles Silvestre,
Journaliste, coordinateur de l’Appel des Douze Jean-Daniel Simon, Cinéaste Valète Staraselski, Écrivain Irène Tautil, Présidente de ATTAC-Var Odile Tobner, Écrivain
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