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Grèce : grève générale de 24 heures le 1er décembre Rizospastis source : blog de Nicolas Maury 26 novembre 2011 Un rassemblement du PAME, le Front militant des travailleurs, est prévu à Athènes, place Omonia, à 11 heures. Le Parti communiste de Grèce (KKE) et les organisations militantes comme le PAME, le Front militant des travailleurs, mobilisent pour cette grève dans chaque lieu de travail, dans les usines, les grands magasins, les hôtels, les bureaux. Il s’agit de faire éclater l’action collective face aux attaques du patronat. La mobilisation est aussi organisée dans chaque ville et village afin que la grève soit la plus massive possible contre les taxes, contre la dissolution des fonds de pension et contre l’ensemble des attaques du gouvernement. Les délégations syndicales, les associations, les comités populaires ne perdent pas une minute pour organiser cette grève et en faire un succès. Dans le port du Pirée, les délégations syndicales et les forces militantes se préparent à mener la bataille pour que la grève soit effective durant 24 heures pour tous les bateaux. Les quatre délégations syndicales des marins, dans leur communiqué de presse conjoint appellent « les marins et tous les travailleurs des compagnies maritimes à unir leurs forces pour renforcer le front des forces de classe du PAME ; afin que la grève du 1er décembre renforce l’esprit de lutte et contribue à renverser la politique impopulaire du capital ». Les
travailleurs de Katselis, prêts à repartir en grève Après
9 jours de grève, les travailleurs de la boulangerie industrielle
Katselis, à Athènes, ont obtenu la promesse du patron que leurs
salaires des trois derniers mois seraient versés mardi au plus tard.
Ils ont déclaré qu’ils sont prêts à repartir en grève si ce
n’est pas le cas. Les ouvriers de Katseli ont mené une lutte
acharnée devant les portes de l’usine pendant plus d’une
semaine. C’est ainsi qu’ils ont pu faire plier le patron qui
voulait casser la grève sans aucune promesse de payer les salaires
qu’il leur doit.
«
Nous n'avons même plus d’huile » Nous
sommes bouleversés par ce que nous racontent les travailleurs à la
porte de l’usine. Giorgos déclare à Rizospastis :
« L’important dans toute cette mobilisation, c’est que le
patronat comprenne que nous sommes unis et que nous ne laisserons pas
passer ses plans de réduction de salaires et de licenciements. »
Kiki ajoute : « Nous faisons grève parce que nous voulons
notre argent, l’argent qu’ils nous doivent. J’ai un crédit de
700 euros par mois et je ne touche que 1.000 euros. C’est la
catastrophe. » A ses côtés, Sia explique : « Nous
sommes inquiets, nous voulons récupérer notre argent – ça ne va
plus. Nous sommes très en colère. J'ai des prêts, des dettes
partout, ma mère est alitée, avec des médicaments et des médecins,
et j'ai littéralement touché le fond. J'ai deux grands enfants, ma
fille est au chômage et mon fils se démène pour obtenir une
licence de taxi. Nous avons vu toutes les taxes arriver et nous avons
un tas de factures impayées. Nous ne savons pas comment nous en
sortir. Nous n’avons même pas assez pour acheter de l’huile.
C’est la débrouille quotidienne avec ce que nous trouvons dans le
quartier. » « Tous ensemble, tous unis, c’est seulement
comme ça que nous pourrons sortir de cette catastrophe »,
ajoute Vrisiida. « Nous n’avons plus de lait pour donner à
nos enfants. Il y a l’argent emprunté à ma mère ou mon père. La
seule qui travaille c’est ma femme et elle commence à avoir peur
d’un licenciement. Nous n'avons pas d'argent pour mettre du mazout
dans la maison », ajoute Nikos, venu au piquet de grève avec
son bébé.
Solidarité
avec les grévistes La
solidarité avec les ouvriers de Katselis en grève s’est exprimée
hier, le 25 novembre, sous toutes ses formes. Des délégations du
syndicat du secteur de l’alimentation sont venues. Ainsi que des
travailleurs de plusieurs entreprises. Le Comité populaire du
quartier de Menedi et une délégation de la section locale du Parti
communiste de Grèce (KKE) étaient présents. Les responsables du
KKE pour le secteur de l’alimentation étaient là également.
Aleka
Papariga : Le travailleur ne doit rien payer du tout Aleka
Papariga, secrétaire générale du KKE, a également rencontré les
travailleurs en grève de la boulangerie industrielle Katselis. Les
travailleurs sont en lutte car ils n’ont plus été payés depuis
deux mois et demi. Extraits de son discours aux travailleurs.
« Aujourd’hui, comme vous le savez, il y a grève chez
Coca-Cola, il y a grève dans l’industrie laitière Olympos et il
est très important de créer l’unité dans le secteur de
l’alimentation, car ce qui est fabriqué ici peut être fait dans
toutes les entreprises. Ne me dites pas que Coca-Cola est aujourd’hui
une entreprise en faillite. Et c’est la même chose qui se passe là
: réduire le temps de travail à 3 jours, imposer le salaire
minimum. C’est du vol. Nous croyons que le profit vient de
l'industrie et donc vous êtes la classe la plus exploitée. Et c’est
pourquoi nous sommes avec vous. Vous avez davantage de force quand
vous êtes unis, quand il y a unité et solidarité de classe dans la
lutte. La production dépend de vous. Je comprends que vous pensez au
salaire qu’ils vous doivent, que vous craignez une réduction du
temps de travail à 3 jours par semaine, des licenciements. C’est
juste. Mais votre lutte a bien davantage de signification, c’est ce
que je dis à tous les travailleurs. Notre responsabilité en tant
que parti est d'aider au développement de la lutte de Katseli, de
Olympos, de Coca-Cola, de l'ensemble du secteur, afin d’exercer une
grande pression sur les patrons du secteur. Quelle arme avez-vous ?
Faire pression sur eux, c'est ça votre arme. Pour les attaquer, les
faire plier, il faut arrêter la production, ainsi ils ne peuvent
faire de profit. C'est l'arme du travailleur. Nous ferons tout notre
possible pour que cette lutte soit davantage connue, qu’elle soit
considérée comme importante et suscite la solidarité diverse,
comme c’est le cas des Aciéries. Nous donnons une grande
importance à la solidarité plutôt qu’à la charité, à la
solidarité ouvrière. Parce que nous savons ce que c’est
qu’attendre et vivre avec un salaire ; vous n'avez aucune action à
la bourse, ni de dépôts dans les banques. Nous savons ce que
signifie faire la grève ; cela veut dire ne rien toucher du tout. »
La
véritable opposition se mène dans les usines « Quelqu’un
nous a dit : " Menez une opposition plus forte au
Parlement. " Afin de clarifier, que voulez-vous dire par
opposition ? À la Chambre, c’est du spectacle. Quand on
polémique, il ne s’agit pas de problèmes de fond. Ils débattent
sur " tu l'a mangé, celui-là l’a mangé, il ne l'a pas
mangé " et ils vous donnent l'impression que tout le
problème de l'exploitation, ce sont ceux qui se sont rempli les
poches. Ils vous exploitent et vous volent légalement, c'est le
pire, avec le Parlement. Lorsque vous générer de la richesse qui
est la propriété des actionnaires ou d'un patron, ils vous volent
légalement. Et avec la garantie de la constitution. Nous menons une
opposition substantielle au Parlement, mais nous ne restons pas
seulement au Parlement. Laissez-moi vous dire clairement: ne vous
fiez pas à ce que vous entendez du Parlement. Les scènes que vous
voyez sont des parodies pour les caméras et les informations. La
véritable lutte et la véritable opposition doit être menée dans
les rues, dans la société, à l'intérieur et l'extérieur des
usines. Et dans ce domaine, nous ne pourrons jamais dire, je vous
l’assure, que nous avons tout fait, que nous avons fait notre
devoir. Nous ne serons jamais satisfaits de ce que nous faisons, et
vous pouvez nous critiquer, car nous voulons être davantage
militants. Aujourd'hui, nous disons que le travailleur ne doit rien
payer du tout. Parce qu’il ne leur doit rien. Et je ne parle pas
seulement de l’impôt immobilier. Nous soutenons cette
revendication: si quelqu'un est licencié, il doit être indemnisé
de manière substantielle et recevoir un nouveau poste de travail, et
cela pour tous. Mais je dois vous dire ceci: des jours très durs
viendront. La crise va s’approfondir, ce qui signifie que le
capital va devenir encore plus agressif. » « En Grèce, nous
pourrions vivre avec la bonne nourriture bon marché, ne rien
importer du tout. La question alimentaire pourrait être résolue
dans notre pays. Ce n’est pas le Sahara. Il y a du pétrole et du
gaz dans la mer Égée et au sud de la Crète, qu’ils ont donné
aux entreprises privées. Et vous savez comment ils l’ont divisé ?
20% pour la Grèce, 20% pour la Turquie et 60% pour les États-Unis.
Et nous devrions acheter du pétrole extrait dans nos propres
frontières. C'est ça l’économie capitaliste. Ne les écoutez pas
quand ils disent qu'ils consomment davantage que nous et tous ceux
qui disent que tout le monde est complice. Ne pensez pas que ce que
nous vivons aujourd’hui, ce sont des sacrifices temporaires. Ces
mesures qu’ils prennent seront toujours appliquées quand sera
terminé le cycle de la crise – ce qui, en Grèce, va prendre du
temps – et quand ils auront récupéré la production et la
rentabilité. »
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