Les communistes doivent avoir le droit de choisir leur
candidat pour la présidentielle 2012.
Le Conseil national des 8 et 9 avril a confirmé ce que beaucoup
pressentaient, Pierre Laurent et la direction du PCF veulent imposer
la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle
de 2012.
En renonçant à un candidat communiste aux élections
présidentielles, malgré les enseignements de 1965 et 1974, la
direction du PCF confirme son choix de l’effacement du Parti
communiste et valide les inquiétudes de ceux qui pensent que le
Front de gauche est d’abord une tentative de liquider le PCF et de
créer une nouvelle force politique.
Il est clair que la décision est prise depuis plusieurs mois. Au
nom du Front de gauche, les candidats pour une candidature PCF sont
éliminés d’office. André Chassaigne, qui se présente dans le
cadre du Front de Gauche, est lui aussi sacrifié. La direction ne
nous dit pas ce qu’elle pense de sa candidature.
A ce jour, les éléments de réflexion qui pourraient amener les
communistes à choisir une telle candidature, éléments qui ont été
largement développés par plusieurs membres du Conseil national, ne
sont toujours pas portés à connaissance des communistes.
Pour faire accepter une décision qui fait mal aux communistes, la
direction manie le chantage : "Nos partenaires du Front de
gauche n’accepteraient pas un communiste".
Comment peut-elle affirmer que l’accord proposé serait
bénéfique pour les législatives alors que le PG et la Gauche
unitaire en sont les principaux bénéficiaires au vu de leur nombre
actuel très réduit de députés ? Et quid du Groupe communiste
à l’Assemblée nationale ?
La direction a-t-elle déjà accepté la perte d’autonomie et la
mise sous tutelle du PCF. Cela éclaire sur les objectifs réels du
Front de gauche.
Refusons le diktat de la direction, ce n’est pas le
moment de baisser les bras !
De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer un candidat
communiste. Dans la diversité des analyses et des opinions,
favorable ou pas au cadre Front de gauche, un fil rouge unit tous les
partisans d’une candidature communiste : ils rejettent l’idée
que l’effacement du PCF serait nécessaire au rassemblement et
veulent un parti communiste qui tienne sa place dans la bataille
nationale.
Ils ont la conviction qu’un candidat communiste est le meilleur
atout pour rassembler largement tous ceux qui aspirent à battre la
droite et Nicolas Sarkozy et qui pensent qu’il faut mettre en place
en France une politique de rupture avec le capital et ce quel que
soit le cadre choisi pour cette campagne des présidentielles.
Les possibilités d’unité des communistes sur un candidat
qu’ils désigneraient sont réelles. La candidature Chassaigne peut
permettre de sortir du piège dans lequel la direction veut nous
enfermer.
Et si les communistes imposaient la candidature
communiste ?
Choisir Mélenchon n’est pas anodin et aura à coup sur des
conséquences pour l’après présidentielles et l’avenir du PCF.
Sortons du traumatisme du mauvais résultat de Marie-Georges
Buffet en 2007 ! Les éléments de confiance existent pour
décider d’une candidature communiste. La crise sociale et
politique pousse à la rupture avec le capitalisme, à imaginer un
autre système politique. Aux législatives comme aux
présidentielles, l’opportunité existe de mettre en débat les
propositions des communistes, pourquoi pas d’aborder le socialisme.
Les élections cantonales de 2008 et 2011 ont montré qu’il n’y
a pas de fatalité au déclin du PCF.
Les débats organisés avec André Chassaigne et André Gerin
confirment les potentialités de nos candidats.
Dans nos cellules, sections, fédérations, créons les conditions
d’un large débat, organisons avant la Conférence nationale le
vote des communistes pour désigner leur candidat, soyons intraitable
sur la démocratie dans le parti, le respect des paroles et des faits
dans les compte-rendus qui seront transmis à la direction,
l’élection de délégations représentatives pour la Conférence
nationale.
Plus que jamais, l’appel "Pour une candidature communiste
en 2012" est un outil pour débattre et convaincre.
Quelles que soient les difficultés présentes, regardons
l’avenir. Cette bataille comptera pour l’unité des communistes
et pour faire vivre et renforcer le PCF.
Déclaration signée par :
Caroline ANDRÉANI (membre du Conseil National, fédération de
Seine-Saint-Denis) ;
Paul BARBAZANGE (membre du Conseil National, fédération de
l’Hérault) ;
Floriane BENOIT (membre du Conseil National, fédération de
l’Isère) ;
Marie-Christine BURRICAND (membre du Conseil National,
fédération du Rhône) ;
Alain DE POILLY (membre du Conseil National, fédération du
Val-de-Marne) ;
André GERIN (membre du Conseil National, fédération du
Rhône) ;
Jean-Jacques KARMAN (membre du Conseil National, fédération
de Seine-Saint-Denis) ;
Jean Claude KORDE (fédération du Bas-Rhin) ;
Jean-Pierre MEYER (membre du Conseil National, fédération du
Var) ;
Pascale NOIZET (membre du Conseil National, fédération de
Paris) ;
Hervé POLY (membre du Conseil National, secrétaire de la
fédération du Pas-de-Calais) ;
Laurent SANTOIRE (fédération de Seine-Saint-Denis).