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Que le peuple se venge par une contre-attaque
et un puissant PCG
intervention de la secrétaire générale du CC
du Parti
communiste grec, Aleka PAPARIGA
Rizospastis
source : dossiers du BIP
5 novembre 2011


Larges extraits de l’allocution de la SG du CC du PCG à la place de la Constitution

[Un peu avant le vote à l’assemblée nationale]

Dans quelques heures nous saurons si le gouvernement usurpera le vote de confiance, s’il mettra en route, avec ou sans sa chute, un nouveau gouvernement de soi-disant «salut national» qui fonctionnera quatre ou cinq mois, peut-être même un peu plus, avec comme objectif: que soit votée par l’Assemblée nationale ce que on appelle l’accord de prêt - dangereux pour le peuple - négocié au Conseil du 26-27 octobre; ainsi qu’un nouveau mémorandum, incroyablement pire que le dernier, et le budget d’état plus antipopulaire que nous ayons connu. Tout cela pour que l’on puisse recevoir la 6ème tranche dont, de très loin, la plus grande partie irait, d’une manière ou d’une autre, aux groupes entrepreneuriaux, au capital.

À bas le gouvernement et les partis au service de la ploutocratie; éloignez-vous de ces partis qui cultivent délibérément parmi le peuple la notion qu’un autre gouvernement - dont ils feraient partie - pourrait résoudre le problème.

Nous nous adressons aux couches ouvrières et populaires, aux partisans et électeurs du PASOK [social-démocrate - NdT] et de la Nouvelle démocratie [Droite - NdT] et nous leur disons: Faites attention, ils vous préparent un grand piège, ils vous terrorisent avec la 6ème tranche des versements pour que vous acceptiez un gouvernement de soi-disant salut public, pour attacher - excusez l’expression - l’âne et pour que nous allions aux élections devant des faits accomplis, qui nous accableront pendant des années à venir.

Cependant, à l’heure qu’il est, il n’est pas trop tard, il est possible au moyen de l’organisation ouvrière populaire et de l’alliance populaire qui est en train de tourner contre les monopoles et leur personnel politique, de mettre des obstacles, de mettre en échec leurs desseins. Il faut que nous allions aux urnes avec la classe ouvrière débarrassée des partis du «sens unique européen», avec les couches populaires en contre-attaque, aux côtés du PCG.

Nous ne cachons à personne, que la lutte de classe doit s’orienter vers un seul but: la conquête du pouvoir ouvrier, un pouvoir qui servira la classe ouvrière et les couches populaires. Nous sommes conscients qu’il faudra encore beaucoup de travail pour que le sens de cette lutte soit compris par les travailleurs et les travailleuses qui espèrent encore que le changement de gouvernement apportera quelque chose de bon pour le pays sans que ce soit nécessaire un renversement radical de fond.

Rencontrons-nous dans les luttes d’usine en usine, de bureau en bureau, de voisinage en voisinage, de champ en champ, d’école en école, dans les combats quotidiens pour entraver la politique antipopulaire. Rencontrons-nous devant les urnes avec un but: affaiblir de manière drastique la ND et le PASOK.

Pour que le travailleur soit vengé de tout ce qu’il a souffert, il n’a qu’un seul choix: aux urnes renforcer le PCG, pour que le lendemain, la force du PCG puisse apporter son appui à la contre-attaque contre le mouvement, celui de l’alliance populaire.


Ils veulent un gouvernement puissant pour casser le peuple

À l’heure qu’il est nous ignorons si la collaboration entre PASOK et ND avance. Peut-être que si, peut-être que non. Il est significatif que la tentative ait commencé, et si nécessaire seront mis de côté les personnes qui, pour des raisons personnelles, ne faciliteront pas l’accord immédiat.

Les élections qui auront lieu n’auront pas de pareil avec toutes celles qui les ont précédées. Elles se feront dans un climat de terrorisme inouï, avec pour thème essentiel les soi-disant enveloppes d’aide de l’UE, sous la menace d’une faillite incontrôlable. Ce sera dans une atmosphère de paroxysme anticommuniste et de provocation, qui seront les moyens pour réduire le peuple à l’état de prosternation. La faillite contrôlée était déjà convenue, alors que la possibilité qu’elle soit incontrôlable est grande, elle ne pourra être évité grâce aux enveloppes négociées avec l’UE, ni avec une collaboration de centre-droit ou de centre-gauche.

Qu’entendons-nous par anticommunisme? Nous n’entendons pas par là être seulement critiqués et traités en adversaires, relativement à nos positions, mais de voir ces dernières calomniées et déformées dans le but de piéger le peuple et de porter atteinte à sa lutte. Qu’entendons-nous encore comme anticommunisme? C’est la diffamation de toute forme de résistance et de soulèvement populaire en faveur du bien être social du peuple; ce sont les provocations organisées contre le Parti et le mouvement; des intimidations contre les communistes et d’autres militants.

Les chantages pour que nous changions notre orientation et que nous devenions un parti du système. Le soutien et le financement de la propagande anticommuniste de type fasciste rouge et noir, avec des mécanismes qui font le sale boulot des partis bourgeois sans qu’ils soient officiellement exposés. Nous déclarons: Nous sommes des noix trop dures pour vos dents.

Le gouvernement PASOK, la ND, Mme Bakogianni, Karatzaféris (l’adorateur de Metaxás et de Maniadakis), mais aussi les directions des syndicats patronaux de l’industrie, du grand commerce, des banques, des rentiers qui ont des parts dans des sociétés «off-shore» et les politicards qui s’accrochent à leurs sièges. Quels sont ceux qui menacent le peuple, l’avertissant qu’en cas de désaccord il n’aurait pas la possibilité d’acheter du sucre et du pain, et qu’il aurait faim pour Noël? Ceux qui lui boivent littéralement le sang, ceux qui au départ lui ont graduellement, et maintenant dans un rythme effréné, soustrait de ses conquêtes, celles qu’il avait arraché au prix de son sang et de sacrifices inouïs.

Nous nous adressons particulièrement à ceux qui ont basé leurs espoirs sur la ND et le PASOK, alors que leur condition sociale les situe à l’autre bord; qu’ils réfléchissent à une seule chose: Avant que la première, la seconde et jusqu’à la cinquième tranche ne soient versées, avaient été votées des mesures qui avaient désespérément réduit les salaires et les retraites. Au préalable avaient été votées des lois qui permettaient des licenciements massifs parmi les fonctionnaires; avait été votée l’abolition des conventions collectives; avaient été votées des lois qui permettaient des impôts insupportables; avaient été votés des lois qui abolissaient la stabilité de l’emploi et instauraient des petits boulots et le travail-partiel, et ce n’est qu’après toutes ces mesures que les tranches avaient été versées.


Ils souffrent grandement

Il est vrai que les partis bourgeois, les classes bourgeoises de tous les pays européens de l’euro zone, mais aussi en dehors de celle-ci, souffrent grandement. Ils sont littéralement paniqués face la crise économique capitaliste qu’ils ne peuvent maitriser, et devant les signes avant coureurs de l’arrivée d’une nouvelle crise avant que la présente ne soit bouclée. Ils sont paniqués parce qu’ils ne peuvent faire passer au peuple leurs lignes politiques comme ils le faisaient il y a quelques années. Ils ne peuvent réprimer la lutte de classe, même pas avec le fouet. Ils ont peur des soulèvements qui conduiront à leur renversement complet.

Ils sont dans une situation difficile parce qu’à cause de la crise se renforce la concurrence menaçante entre états membres de cette alliance de loups, entre groupes entrepreneuriaux. Les partis politiques bourgeois et leurs associés ont peur de l’apparition de signes, même en Grèce, de rupture de la cohésion de la classe bourgeoise elle même.

Ils ont une terrible inquiétude, en Grèce comme dans toute l’Europe, parce qu’ils n’arrivent pas à gérer, alors que de plus en plus le système capitaliste est entrain de pourrir, l’immense masse de capital accumulé, dont une partie devra être perdu. Ils ne peuvent pas ou ont des difficultés à gérer l’antagonisme entre une partie du capital susceptible de subir les attaques de l’autre partie.

Ils sont effrayés même par la phase, où un pays amorcerait un redressement si anémique qu’il serait incapable de se confronter, comme nous avons déjà dit, à la probabilité d’une nouvelle crise. La crise en Grèce n’est pas le seul et unique problème. Leur problème c’est les grandes différences entre puissances dirigeantes impérialistes de l’UE, sur la manière de gérer le surendettement de l’Espagne et de l’Italie, pour éviter la grande crise de la France.

Ils sont préoccupés par les antagonismes entre états bourgeois eux-mêmes, entre groupes monopolistes en Europe, mais aussi par les antagonismes avec les groupes monopolistes et les états bourgeois de la Chine et de l’Inde, les problèmes économiques des États-Unis et du Japon, qui donnent lieu à des forces centrifuges. Ceux qui terrorisent le peuple grec et ceux des autres pays d’Europe sont les mêmes qui pensent à expulser des états non seulement de l’euro zone mais aussi de l’Union européenne. Ils continuent néanmoins leur intimidation prétendant que le départ de l’UE est un danger mortel pour les travailleurs.

Ils veulent pouvoir expulser à leur initiative, mais ne veulent pas que les peuples puissent briser d’eux-mêmes leurs liens avec l’UE.


Il aura une orgie d’intimidations et de chantages

Que fera le peuple, les aidera-t-il à dépasser leurs difficultés ou saisira-t-il l’opportunité pour les renverser? La seule issue est la seconde. De quel accord sur la dette est-il question ? Et quel est le rapport entre cet accord sur la dette et les intérêts du travailleur, du chômeur, du retraité, du petit entrepreneur artisan, du pauvre agriculteur, du jeune et de la femme de la classe ouvrière et populaire? Un seul point concerne les intérêts populaires. Ce nouvel accord contiendra une nouvelle tempête de mesures qui accablera le peuple.

Nous arriverons aux élections soit bientôt, soit dans les mois à venir avec une tempête d’intimidations et de chantages. Tous les scenarii seront utilisés par la ND et le PASOK surtout, ainsi que par leurs groupes apparentés. Nous entendrons parler de danger de guerre civile, d’apostasies et d’alliances impies. Nous en entendrons beaucoup sur Staline et sur Zachariadis, sur les accords de Varkiza, alors que «Synaspismos» [Sociaux démocrates de gauche - NdT] fera de la guérilla avec un seul but, l’instauration d’un gouvernement déclaré de gauche qui convaincra les monopoles et les banques de servir les intérêts des travailleurs.

Aucune proposition politique bourgeoise, libérale, social-démocrate, gauchiste, «novatrice», ne peut apporter une issue favorable au peuple si elle ne pose pas au préalable comme une question de principe la rupture avec les monopoles – industriels, financiers, maritimes [armateurs - NdT], commerciaux - c'est-à-dire la rupture avec la propriété capitaliste, ses institutions étatiques, ses alliances internationales. Voilà où en est arrivé l’opportunisme au début du 21ème siècle, à parler officiellement et à promettre ouvertement et impudemment de cohésion sociale, c’est-à-dire de collaboration de classe, de la soumission de la classe ouvrière à la bourgeoisie, de la soumission des couches populaires pauvres aux monopoles.

La lutte de classe et son exacerbation est celle qui assurera le climat qui permettra de contrer tous les scénarii, réels ou aujourd’hui imaginaires, relatifs au danger d’extrême droite etc.. L’histoire politique contemporaine en Europe a montré que les partis d’extrême droite, bandes de nervis, provocateurs, sont des compléments au service politique des monopoles en période de crise, servant à contrer la montée ou l’anticipation de la montée du mouvement populaire.


Souverain est le peuple qui possède la richesse

Beaucoup d’encre se verse au nom de la souveraineté nationale. Pour notre part nous croyons au pouvoir populaire. Pour que le peuple ait le pouvoir, c'est-à-dire de pouvoir de décider sur la base de ses intérêts, il doit avoir entre les mains la richesse qui existe et qui est produite dans le pays, la richesse que lui-même avec ses mains et son cerveau a produit. Il doit avoir entre les mains les moyens de production, parce que sans cela il ne peut exercer aucun pouvoir, ni avoir aucune maîtrise. Il ne peut pas planifier, ni assurer du travail pour tous et pour toutes.

Chaque fissure au système politique, aux mécanismes du pouvoir capitaliste, chaque affaiblissement du gouvernement bourgeois et de l’opposition marque le renforcement des forces de l’alliance populaire en faveur du renversement radical du système capitaliste d’exploitation, de la dictature des monopoles.

De manière active, avec des mobilisations-manifestations de grève nous nous battrons pour le renversement du gouvernement, le renversement de la politique antipopulaire, quelque soit la formation politique qu’il y aura, avant ou après les élections. C’est à cet objet que doivent servir les élections. Le peuple organisé possède la force pour balayer les obstacles érigés par le système avec des théories de consensus et de cohésion sociale. Nous vous appelons pour que nous commencions une nouvelle orientation sur des fronts qui doivent, indépendamment de la date des élections, être développés avec toutes les formes de lutte, et pour exemple ce qui suit:

  • Renflouement immédiat de toutes les pertes des caisses d’assurance sociale par l’état, le règlement de toutes les dettes de l’état et du patronat et la réduction immédiate des contributions des salariés.
  • Imposer les bénéfices du grand capital sur la base de 45%, prendre des mesures contre la fraude et l’évasion fiscale des groupes monopolistes, et faire payer les grands actionnaires par la confiscation et la vente de leur patrimoine.
  • Que le peuple par un refus organisé, arrête de payer des impôts d’extorsion, empêche activement la coupure du courant électrique pour ceux qui ne paient pas et abolisse la loi.
  • Mesures de protection des chômeurs et de leurs familles pour toute la période de leur chômage.
  • Protection de l’enfant, du chômeur, du vieux handicapé, avec une restauration gratuite aux crèches, à l’école etc. Des mesures pour l’égalité de la femme, prenant en considération des multiples obligations.
  • Abolition de la TVA dans les produits de grande consommation populaire, au fuel domestique.
  • Abolition des Conventions d’entreprise embastionnées par la «loi-générale à moyen terme», et obligation d’appliquer des Conventions collectives de travail.
  • Que les familles des classes populaires n’aient pas à payer les médicaments, les examens médicaux et les prestations sociales; le livret de santé pour tous sans conditions.
  • Abolition des intérêts sur les intérêts pour tous les prêts. Interdiction par la loi de toute vente par adjudication d’habitations principales et de propriétés agricoles.
  • Que soient abolis tous les frais pour le repas des enfants; que tous les enfants des familles populaires soient admis aux écoles maternelles et que de nouvelles écoles maternelles soient créées.
  • Abolition de tous les péages d’autoroute et attribution de tickets [des transports publics] gratuits pour les travailleurs, les retraités, les sans emploi de 6h00 à 9h00.

Nous vous appelons en même temps à examiner, relativement à votre propre expérience, la proposition politique générale du Parti pour un front populaire ayant pour objet le pouvoir populaire, l’économie populaire.

Le PCG appelle le peuple à se battre pour qu’il acquière la propriété des moyens de production de l’industrie; que soient socialisées la terre et les grandes entreprises du domaine agricole et du commerce concentré. établie sur ces relations, la production agricole se redressera avec comme incitation au départ sa concentration dans des coopératives de production agricole.

La socialisation des moyens de production et la mise en place d’une économie nationale centralisée, avec des instruments scientifiques, libérera de grandes capacités de production jusque là inutilisées, assurera avec une hiérarchisation scientifique la satisfaction des besoins sociaux, à condition que soit mis en place un vaste contrôle ouvrier et populaire pour répondre des besoins sociaux de base, par exemple: la nourriture, le toit, l’éducation, la santé et les prestations, les travaux d’infrastructure.


Renforcement et accompagnement du PCG

Le renforcement et l’accompagnement du PCG est la seule perspective d’espérance: Quitter l’UE et dénoncer le prêt avec un pouvoir populaire. Accompagner le PCG parce que le front social, politique et populaire ne peut pas se faire autrement. La seule perspective d’espoir pour le peuple est ce mot d’ordre immédiat de lutte et d’action: Quitter l’UE, dénoncer de la dette avec un pouvoir populaire. C’est un mot d’ordre de mobilisation et d’action.

Demain matin nous connaitrons le nouveau gouvernement. Il se peut que demain nous ayons de nouveau le gouvernement Papandreou et que commence la ronde ou les discussions avec le chef de l’opposition Samaras. Nous ne chercherons pas maintenant à savoir, si Papandreou acceptera Samaras, ou si Samaras acceptera Papandreou. Ne nous occupons pas de ces choses. Il faut nous occuper sur comment renforcer la lutte dans les lieux de travail et dans les voisinages. Une lutte de masse. Nos états de comptes sont arrivés. Les licenciements vont avoir lieu. Notre regard sera tourné vers le bas, vers le peuple, ce n’est pas vers les bourgeois que notre regard se tournera, nous les connaissons. Quoi que nous leur disions nous ne les convaincrions pas.

Pourtant, simultanément nous devons nous battre sur deux fronts. En tant que PCG, avec un dialogue large et ouvert, discussion avec le peuple et le mouvement de masse, comme des militants communistes, ensemble avec tous ceux qui viennent avec nous et tous ceux que nous n’avons pas encore convaincus. Mais ça ne fait rien, nous les convaincrons demain, après-demain, il suffit que nous soyons avec les travailleurs, avec les agriculteurs pauvres, avec les petits artisans et commerçants pauvres, avec les femmes, avec les jeunes. Nous devons avoir confiance en nous-mêmes, et précisément parce que nous avons confiance en nous-mêmes, nous ne devons pas perdre la confiance des ouvriers, qui sont notre base. Ayant la classe ouvrière pour base, nous pouvons tendre la main à des alliés.

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[Ριζοσπάστης, 5.11.2011. p.8]
[Traduction Alexandre MOUMBARIS]