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Déclaration de solidarité de l'Ospaal face aux récents événements dans les Antilles françaises 23 février 2009 Depuis le mois de décembre passé, un impressionnant mécontentement populaire s'est emparé des plus importantes places publiques de La Guadeloupe et de La Martinique, dont la cause fondamentale est la détérioration persistante du niveau de vie de la population. Ces îles des Antilles sont situées à quelques 7000kms de Paris et accumulent de sérieux problèmes sociaux, malgrès les transferts financiers qu'elles reçoivent de l'extérieur, lesquels pour la crise économique généralisée qui affecte le monde, en toute logique, ont diminué substantiellement. Le coût de la vie dans ces territoires est élevé par le fait qu'ils n'ont pas pu développer leur propre économie domestique et doivent, en conséquence, importer de nombreux produits de base pour leur nécessaire survie. Il suffit de signaler que près de 90% de la consommation de ces îles provient de France et d'Europe, sans compter les décisions de caractère législatif et budgétaire qui sont adoptées par la métropole et ne prennent pas en compte, réellement, les aspirations et critères d'une partie importante de leur population. Les quatre «Départements Français d'Outre-mer» : La Guadeloupe, La Martinique, La Guyane et La Réunion, ont enregistré en 2008 un taux de chômage supérieur à 20%, c'est à dire deux à trois fois supérieur à celui de la France métropolitaine, selon les données du Bureau Français des Statistiques, ce qui reflète une grave réalité pour la masse des travailleurs de ces pays. Convertis en Départements d'Outre-mer en 1946 avec le propos de camoufler la nature de leur statut colonial, les supposées vitrines des Caraïbes, exhibées dans la région comme une référence évolutive par la France pour leur niveau de vie élevé, prospérité économique et large développement social, elles souffrent dans l'actualité une des pires crises jamais connues, que de prestigieuses personnalités politiques locales convergent à qualifier de plus grave que celle vécue aujourd'hui par la métropole. Les protestations, qui ont causé une grande émotion dans ces petits pays des Caraïbes, s'expriment contre la distribution inégale de la richesse existante et le coût élevé de la vie, que les habitants qui forment ces pays, détenteurs d'une énorme richesse culturelle autochtone, mais subordonnés et dépendants de la France dans les sphères politiques, économiques et sociales, ne peuvent assumer. La crise sociale et économique de l'Ile de La Guadeloupe s'est aiguisée avec la mort du syndicaliste Jacques Bino en plein milieu d'une grève générale, lors d'affrontements entre les jeunes et la police, qui a eu pour résultat quelques 40 personnes arrêtées. Les grévistes dirigés-es par le mouvement LKP (Liyanna Kont Pwonfitasyon), qui regroupent des syndicats, des organisations politiques et d'autres associations, réclament une augmentation des salaires et une baisse des prix des produits de première nécessité. Mais la grève, qui est menée depuis le 20 janvier et à laquelle, le 5 février, s'est ralliée la voisine Ile de La Martinique, est aussi l'expression d'un profond malaise économique et social, ainsi que des tensions entre différents secteurs sociaux du pays. Cette situation dramatique pourrait aussi avoir des échos en Guyane Française et dans l'Ile de La Réunion, où une convocation à la grève générale est faite pour le 5 mars prochain avec les mêmes revendications. Face à cette situation critique existant dans ce qui est appelé la Caraïbe française, l'Organisation de Solidarité des Peuples d'Afrique, d'Asie et d'Amérique Latine (OSPAAAL), en sa qualité de membre intégrant du Comité Exécutif Régional de l'Assemblée des Peuples de la Caraïbe : * désire envoyer un fraternel message de solidarité aux frères et soeurs qui se lèvent aujourd'hui contre les politiques capitalistes de tendance néo-libérale, qui sont le bouillon de culture pour maintenir leurs faibles économies sous de fortes relations d'exploitation et de dépendance. * lance un appel à toutes les organisations et mouvements sociaux à maintenir bien haut les drapeaux de la justice sociale, trouver le chemin pour la satisfaction de leurs justes revendications, et préserver la précieuse vie de leurs camarades de lutte. * selon le contenu des accords approuvés durant la IVéme Assemblée des Peuples de la Caraïbe, célébrée durant le mois de juillet 2008 à La Havane, elle offre sa modeste contribution à la divulgation de la réalité que vivent les peuples de La Martinique et de La Guadeloupe, et à leur aspiration à ce que la France engage le processus de décolonisation de leurs territoires, en vertu de la résolution pertinente de l'Organisation des Nations Unies. Secrétariat Exécutif de l'OSPAAAL La Havane, 23 février 2009 |
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