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Lettre n° 46
janvier 2011
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La France et la Françafrique

Il y a quelques semaines, après un processus de près de 10 ans pour déterminer le corps électoral, des élections présidentielles se tiennent en Côte d’Ivoire. Leur résultat est approuvé par la Commission électorale ivoirienne, mais récusé par le Conseil constitutionnel ivoirien. Il fait état de fraudes massives au nord du pays, qui faussent les résultats et invalident les élections.

Immédiatement la France, dans le sillage des Etats-Unis, avec l'aval des Nations Unies, prend position en faveur d’Alassane Ouattara. Pour quelle raison ? Il a été secrétaire général adjoint du FMI, c'est l’homme des Américains et du grand capital. Laurent Gbagbo a cessé de plaire. La France, présente physiquement sur place à travers ses centaines de « coopérants », ses entreprises qui pillent le pays depuis des décennies, ses bases militaires, rêve d’une intervention militaire pour mâter celui qu’elle qualifie de « mauvais perdant » qui veut « se maintenir coûte que coûte au pouvoir »… Prendre position dans les affaires intérieures de son ancienne colonie, voilà bien un privilège réservé à l'ancienne puissance colonisatrice. On imagine la réaction des responsables politiques français si la Côte d'Ivoire se mêlait de nos affaires intérieures.

Au même moment, alors que la Tunisie vit des émeutes de la faim d’une ampleur exceptionnelle, où toute la jeunesse défile pour protester contre une société bloquée et sans perspective, la France est curieusement muette. Les défilés de la jeunesse tunisienne pourraient donner des idées à d’autres jeunesses, ailleurs dans le monde. Après tout, la France ne connaît-elle pas, elle aussi, la concussion, les passe-droits pour les « enfants de » ? La France n’est-elle pas, elle aussi, une société bloquée et sans perspectives pour sa jeunesse ? Quant à Ben Ali, ce grand ami de la France, on ne souhaite certainement pas en haut lieu lui poser plus de problèmes qu’il n’en a déjà.

Les médias accusent sans preuve Gbagbo d’envoyer l’armée ivoirienne massacrer les partisans de Ouattara. Mais quand l’armée tunisienne massacre près de 50 civils en moins d’une semaine, la France des droits de l’homme ne s’offusque pas.

Enfin, les deux jeunes Français assassinés lors d’une opération commando de l’armée française à la frontière du Niger et du Mali. La ministre Alliot-Marie déclare que les « terroristes » font la guerre à la France. Au Niger ? Au Mali ? Mais que fait la France dans ces pays ? A quel titre des militaires français jouent les cow-boys sur des territoires souverains ? N’est-on pas en pleine Françafrique ? Voilà deux jeunes sacrifiés sur l’autel de la mégalomanie d’un président qui passe en pertes et profits la vie de ses concitoyens, pourvu qu’il puisse démontrer au monde entier sa « fermeté ».

On incrimine Al Qaïda au Maghreb : c’est une farce honteuse ! Al Qaïda n’existe pas plus au Maghreb qu’ailleurs : c'est la nouvelle justification des interventions impérialistes, comme naguère les pays colonisateurs invoquaient leur « mission civilisatrice ». Il est plus facile de vendre à l’opinion publique française Al Qaïda que les conséquences des politiques néo-coloniales menées par la France depuis les années 60.

Les guerres, les émeutes de la faim, la dislocation des Etats africains sont une des conséquences de la crise internationale. La France, directement concurrencée par les Etats-Unis et la Chine sur les territoires qu’elle considérait jusqu’à présent comme son pré-carré, cherche à maintenir ses intérêts à toutes fin. Quitte à n'être plus que le supplétif des Américains, comme en Côte d'Ivoire.

Le sous-développement, l’exploitation éhontée et le pillage des richesses locales, la mise sous coupe réglée des économies africaines ont des conséquences politiques et sociales dramatiques. Une fois de plus, ce sont les peuples qui en font les frais. Jusqu’à quand ? Les manifestations populaires en Tunisie montrent que quand les peuples se dressent contre leurs dirigeants, le système capitaliste tremble. Alors, continuons !


Appel du 4 décembre pour une candidature communiste

Le 4 décembre dernier à Aubervilliers, face à la candidature autoproclamée de Jean-Luc Mélenchon, une dizaine de camarades lançaient un appel pour une candidature communiste à l'élection présidentielle. Cet appel connait un véritable succès, avec plus de 550 signataires au 12 janvier. Pour en prendre connaissance et s'y associer : lepcf.fr


517 postes supprimés dans l'Académie de Créteil

L’Académie de Créteil prévoit la disparition de 517 postes sur les 16 000 suppressions programmées au niveau national : 120 dans le 1er degré et 426 pour le second degré. Dans le premier degré, la suppression pure et simple des RASED est de nouveau à l’étude. La scolarisation des moins de trois ans servira, une fois encore, de variable d’ajustement.


Plus de 3 millions de mal-logés en France selon l'INSEE

Selon la dernière étude de l'Insee rendue publique début janvier, 33 000 personnes sont sans-abri en France, « entre la rue et les dispositifs d'accueil d'urgence ».Elle dénombre également 100 000 personnes dans des services d'hébergement social pour des durées longues.

L'étude dénombre près de 2,9 millions de personnes « mal logées », dans des habitations de fortune (85 000) ou dans des logements privés de confort ou surpeuplés (2,77 millions) (immeubles insalubres ou cumulant deux défauts concernant le chauffage, l'isolation, des infiltrations d'eau, l'électricité, ou l'absence de sanitaire ou de cuisine.

La Fondation Abbé Pierre évalue, elle, à 3,6 millions le nombre de mal-logés en France. Selon un responsable de la Fondation, « ces chiffres ne prennent pas en compte l'aggravation de la situation qui a eu lieu avec la crise financière de 2008 ».


Un appel à la résistance linguistique

Dans un appel lancé par Initiative communiste et le Manifeste progressiste pour la défense de la langue française, les initiateurs de l'appel mettent en cause la tentative d'imposer partout dans le monde le « business English » :

« Bien entendu, la langue anglaise n’est en rien coupable de cette redoutable entreprise « globalitaire » : car ce que promeuvent, en y investissant des milliards, les transnationales et les institutions politiques à leur service n’est pas l’anglais de Shelley ou de Hemingway : le « business English » est un code appauvri et idéologiquement formaté, totalement coupé de l’histoire des peuples, de leurs besoins et de leurs luttes, un mode de communication qui véhicule partout subrepticement l’idéologie dominante du capital financier mondialisé : à la langue unique correspond ainsi le projet hégémonique et liberticide d’un marché, d’une pensée, d’une politique et d’un mode de gestion économique uniques ne laissant aucune place à la diversité des projets politiques et intellectuels dont la culture a besoin pour vivre et pour se développer. Ce projet uni-linguistique et mono-culturel est d’autant plus dangereux qu’il est « vendu » aux peuples sous l’étiquette de l’« avenir » et de la « liberté »…

Pour vous y associer : www.defenselanguefrancaise.com