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S’il y a au moins une
morale à tirer de l’affaire Bettencourt, c’est que les simples
citoyens et contribuables que nous sommes sont loin, bien loin
d’imaginer ce que peut être la richesse accumulée sur plusieurs
générations grâce au capitalisme triomphant.
Madame Bettencourt, bien
qu’elle dilapide une partie de sa fortune en jouant les mécène,
possèderait – il s’agit d’une estimation – 15 milliards
d’euros à titre personnel. Quand bien même un artiste un peu
indélicat aurait détourné un de ces milliards, cela reste une
histoire de riches entre eux !
Selon le journal web
Eco89, cette femme gagnerait mensuellement 34 millions d’euros rien
qu’avec les dividendes de L’Oréal et de Nestlé, soit plus de 25
mille fois le SMIC. Et elle doit trouver les salaires des employés
de L’Oréal et de Nestlé trop élevés.
25 000 fois le SMIC !
Sous l’Ancien régime, y avait-il de telles différences de
fortune ? Certainement pas. Seul le capitalisme au degré auquel
il est arrivé peut permettre de telles aberrations. Car il s’agit
bien d’une aberration. Il faut mettre ces revenus et le capital
accumulé en rapport avec le réel : 8 millions de nos
concitoyens vivent en dessous du seuil de pauvreté, 5 millions sont
mal logés. Et la France reste un pays riche, où on ne meurt pas de
faim. Mais combien de millions d’hommes et de femmes dans le monde
vivent avec moins d’un dollar par jour ? Pour mémoire, 800
millions d’êtres humains souffrent de malnutrition et de famine.
Est-il concevable que face à toute cette misère quelques riches
décadents puissent accumuler autant ? Est-ce justifiable ?
Face à cela, on nous
jette à la figure les frasques de la première fortune de France,
qui non seulement touche 34 millions d’euros par mois, mais
bénéficie du bouclier fiscal ! Cette femme aurait reçu à ce
titre en 4 ans 100 millions d’euros de l’Etat. Et ses
gestionnaires de fortune organisent son évasion fiscale. De qui se
moque-t-on ? Il n’y a qu’un terme pour qualifier cette
situation : l’indécence. L’indécence de ces hommes et ces
femmes riches à milliards, qui ne pressurent pas suffisamment le
monde du travail à leur goût, appelle une nouvelle révolution.
Combien y a-t-il de
familles du même niveau de fortune qui bafouent ainsi les règles
communes ? Au lieu d’organiser des descentes de police
sur-médiatisées dans les fameux « quartiers », nouveau
terme pour stigmatiser les banlieues populaire, la police ne
ferait-elle pas mieux de traquer ces délinquants en cols blancs qui
agissent au vu et su des responsables politiques ? Au lieu de
prendre des mesures discriminatoires envers les Roms, notamment les
Roms d’Europe de l’Est qui survivent en vivant dans des
bidonvilles et en récupérant ce qui reste dans les poubelles, le
Sieur Sarkozy ferait bien d’envoyer les agents du fisc à ses amis
du Fouquet’s : c’est là qu’est l’argent.
Il n’est pas certain
que le petit trafiquant qui roule en BMW soit plus dangereux pour la
société que les quelques centaines de très riches qui
délocalisent, pillent les pays en y réalisant des bénéfices
monstrueux, et organisent leur évasion fiscale tout en bénéficiant
du fameux bouclier du même nom !
Rappelons le principe
même de l’impôt sur le revenu : c’est le principe de
redistribution. En collectant l’impôt, l’Etat est censé
organiser la redistribution pour pallier certaines inégalités.
Actuellement, l’Etat organise certes la redistribution… en faveur
des plus riches. Il est temps que ça change !
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