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Lettre
n° 22
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Elections présidentielles UNE DRAMATIQUE CECITE
Il n'est
pas question de crier au loup en brandissant
“l'épouvantail Le Pen”. Le Pen est le
produit d'un calcul politique de François
Mitterrand qui dans les années 80 a sciemment
poussé à sa médiatisation afin de
diviser la droite. Certaines situations de retournent parfois contre
leurs
initiateurs. C'est la leçon du 21 avril 2002 : à
jouer à la
politique-spectacle, à réduire le
débat politique au degré zéro de
l'intelligence, à bafouer le peuple, on obtient ce type de
résultats.
Tous les partis ont promis qu’ils ne recommenceraient pas. Or, le débat qui s'amorce à l’élection présidentielle promet d'être exactement sur la lancée de 2002. La droite mise sur Sarkozy, un candidat aux vues courtes, totalement obsédé par son ascension à la tête de l'État. Personne n'a d'illusion sur cet intrigant, qui a pour frère un dirigeant du Médef. Un jour, il s'agite contre les “banlieues”, l'autre il cire les pompes de G. W. Bush, avant de faire des déclarations tonitruantes sur les patrons voyous… L'inconnue réside dans la probable candidature d'Alliot-Marie : fera-t-elle perdre Sarkozy ? Quant au Parti socialiste, le voilà réduit à choisir “la candidate préférée des médias” dans une primaire qui ressemble à s'y méprendre à ce qu'organisent les partis américains. Sa candidature est d'ailleurs organisée par un think tank américain. Les socialistes sont confrontés à un choix cornélien : une candidate de “renouvellement” réactionnaire à souhait ; un candidat ultra-libéral qui n'aurait pas déparé à l'UMP ; et un ancien Premier ministre de F. Mitterand, père de l’austérité et converti ces derniers mois à la “politique sociale”. Dans ces conditions, pourquoi les Français iraient-ils voter à droite plutôt qu’à gauche, alors que les programmes se différencient de moins en moins ? Jamais le débat politique ne vient sur les questions centrales : le maintien du service public, la défense des acquis sociaux et du Code du travail, la revalorisation des retraites, une véritable politique industrielle, le chômage, l’emploi des jeunes, etc. Les Français ont rejeté le traité constitutionnel et le CPE. Ils font preuve d’une ténacité et d’une maturité politiques exceptionnelles. Rien n’y fait : tout est donc en place pour un nouveau “séisme” politique. Il manque aujourd'hui en France une perspective politique crédible à gauche. Le Parti communiste vient de faire la démonstration de la cécité de ses dirigeants en ratant le coche de l’élection présidentielle : un vote à la polonaise a désigné MG Buffet “candidate” à la “candidature” des collectifs. Mais ces derniers n’en veulent pas : ils le disent et le répètent. Plutôt que de perdre du temps et de l’énergie dans des manœuvres bassement politiciennes, la direction du Parti ferait mieux de travailler en profondeur et d’élaborer un programme et une campagne pour renouer avec le “peuple de gauche”. Le peuple de France a fait la démonstration qu’il refusait d’être la victime du capitalisme. Il est atterrant de constater que seuls les communistes ne s’en rendent pas compte... Novembre 2006 |
BREVES
MG Buffet triomphe... Une
candidate qui ferait mieux de se taire Droit du travail au CR de Picardie Démission des
vice-présidents du Conseil régional de Picardie Victoire du FSLN au Nicaragua Défaite des
conservateurs aux USA |
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