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Elections présidentielles


UNE DRAMATIQUE CECITE

     Il n'est pas question de crier au loup en brandissant “l'épouvantail Le Pen”. Le Pen est le produit d'un calcul politique de François Mitterrand qui dans les années 80 a sciemment poussé à sa médiatisation afin de diviser la droite. Certaines situations de retournent parfois contre leurs initiateurs. C'est la leçon du 21 avril 2002 : à jouer à la politique-spectacle, à réduire le débat politique au degré zéro de l'intelligence, à bafouer le peuple, on obtient ce type de résultats.

    Tous les partis ont promis qu’ils ne recommenceraient pas. Or, le débat qui s'amorce à l’élection présidentielle promet d'être exactement sur la lancée de 2002.

    La droite mise sur Sarkozy, un candidat aux vues courtes, totalement obsédé par son ascension à la tête de l'État. Personne n'a d'illusion sur cet intrigant, qui a pour frère un dirigeant du Médef. Un jour, il s'agite contre les “banlieues”, l'autre il cire les pompes de G. W. Bush, avant de faire des déclarations tonitruantes sur les patrons voyous… L'inconnue réside dans la probable candidature d'Alliot-Marie : fera-t-elle perdre Sarkozy ?

    Quant au Parti socialiste, le voilà réduit à choisir “la candidate préférée des médias” dans une primaire qui ressemble à s'y méprendre à ce qu'organisent les partis américains. Sa candidature est d'ailleurs organisée par un think tank américain. Les socialistes sont confrontés à un choix cornélien : une candidate de “renouvellement” réactionnaire à souhait ; un candidat ultra-libéral qui n'aurait pas déparé à l'UMP ; et un ancien Premier ministre de F. Mitterand, père de l’austérité et converti ces derniers mois à la “politique sociale”.

    Dans ces conditions, pourquoi les Français iraient-ils voter à droite plutôt qu’à gauche, alors que les programmes se différencient de moins en moins ? Jamais le débat politique ne vient sur les questions centrales : le maintien du service public, la défense des acquis sociaux et du Code du travail, la revalorisation des retraites, une véritable politique industrielle, le chômage, l’emploi des jeunes, etc.

    Les Français ont rejeté le traité constitutionnel et le CPE. Ils font preuve d’une ténacité et d’une maturité politiques exceptionnelles. Rien n’y fait : tout est donc en place pour un nouveau “séisme” politique.

    Il manque aujourd'hui en France une perspective politique crédible à gauche. Le Parti communiste vient de faire la démonstration de la cécité de ses dirigeants en ratant le coche de l’élection présidentielle : un vote à la polonaise a désigné MG Buffet “candidate” à la “candidature” des collectifs. Mais ces derniers n’en veulent pas : ils le disent et le répètent.

    Plutôt que de perdre du temps et de l’énergie dans des manœuvres bassement politiciennes, la direction du Parti ferait mieux de travailler en profondeur et d’élaborer un programme et une campagne pour renouer avec le “peuple de gauche”.

    Le peuple de France a fait la démonstration qu’il refusait d’être la victime du capitalisme. Il est atterrant de constater que seuls les communistes ne s’en rendent pas compte...

Novembre 2006

BREVES

MG Buffet triomphe...
Avec 96 % de votes en faveur d'une “candidature” de MGB comme candidate des collectifs anti-libéraux, la direction du Parti peut s'enorgueillir d'un résultat à la polonaise, favorisé par l’absence totale de débats entre les candidats et l’ambiguité de la formulation du bulletin de vote.

Mais les choses ne seront pas aussi consensuelles le 10 décembre car plusieurs personnalités des collectifs l’ont dit : ils n’accepteront pas la secrétaire nationale du Pcf comme candidate. Rendez-vous donc le 10 décembre.

Une candidate qui ferait mieux de se taire
Les partisans de Ségolène Royal  auraient tout intérêt à laisser leur candidate parler le moins possible. Elle accumule les bourdes.
Dernière en date, son attaque virulente contre les professeurs de collège, accusés de l’échec scolaire. Ils feraient leurs 17 heures de cours pour ensuite filer donner des cours particuliers dans des instituts de formation privés...
On ne sait pas s’il faut en rire ou en pleurer. Voilà en tout cas une déclaration qui devrait donner à réfléchir au corps enseignant.

Droit du travail au CR de Picardie
Frédéric Lemoine, employé par le Conseil régional de Picardie depuis deux ans et demi, vient d’apprendre que son contrat se terminait fin octobre 2006.
Le président du CR de Picardie, Claude Gerwec, fait manifestement une affaire personnelle de liquider de ceux qui ne renient pas leur engagement communiste. F. Lemoine est syndicaliste, candidat communite aux dernières élections législatives et il soutient... Maxime Gremetz, contre lequel Gewerc a été condamné pour diffamation.
Jeudi 9 novembre, alors qu’il était à son 7e jour de grève de la faim, il a été évacué par la police du Conseil régional.
Vous pouvez consulter son blog sur internet :
http://lemoine-frederic.over-blog.com

Démission des vice-présidents du Conseil régional de Picardie
14 des 15 vice-présidents du Conseil régional de Picardie viennent de démissionner, soi-disant pour protester contre l’attitude de Maxime Gremetz qui ferait obstruction aux débats au CR. Voilà une conception intéressante de la démocratie : quand les socialistes ne peuvent pas faire ce qu’ils veulent - et notamment voter des budgets qui vont à l’encontre des intérêts de la population -, ils se débarassent des opposants.
Les vice-présidents communistes  fidèles à la direction fédérale ont évidemment suivi... faisant une fois de plus preuve d’une rare intelligence politique.

Victoire du FSLN au Nicaragua
Daniel Ortega vient d’être élu président du Nicaragua au 1er tour de l’élection présidentielle.
Les Etats-Unis ont mené une guerre particulièrement abominable ans les années 80 pour déstabiliser le FSLN, qui a perdu le pouvoir en 1990.
Après le Venezuela et la Bolivie, c’est un nouveau pays d’Amérique latine qui rejette  la domination US. D. Ortega a dédié la victoire à Fidel Castro.

Défaite des conservateurs aux USA
Les néo-conservateurs ont perdu la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants lors des élections de mi-mandat aux Etats-Unis. Cerise sur le gateau, c’est l’intervention US en Irak qui leur a fait perdre ces élections.
De là à croire que les Etats-Unis vont quitter l’Irak rapidement, il vaut mieux être prudent. En effet, les intérêts US sont tellement importants au Moyen Orient qu’il y a fort à parier que les Démocrates ne se presseront pas de quitter la région....