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Lettre
n° 21
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Elections présidentielles DEMOCRATIE OU BIPOLARISATION
A la veille des vacances,
l'extrême gauche
avait pléthore de candidats : Arlette Laguillier avait
annoncé sa candidature, Olivier Besancenot
également,
José Bové se déclarait prêt
à partir
en campagne. Marie-George Buffet, après s'être
retranchée derrière le 33e
congrès, dévoilait ses batteries au cours d'un
Conseil
national lénifiant d'où il ressortait que la
meilleure
des candidatures à la gauche du Parti socialiste ne pouvait
être que la sienne.
Mais voilà, François Hollande vient d'interdire aux élus socialistes de donner leur signature à toute candidature autre que celle du Parti socialiste. Et pour être sûrs que la manœuvre fonctionne, les élus locaux socialistes font pression sur les élus sans étiquette, les menaçant ni plus ni moins que de sanctions et de mesures de rétorsion au cas où ils apporteraient leurs signatures aux candidats d’extrême gauche. Cette attitude empêchera la plupart des candidatures d’aboutir. Imaginez une situation analogue ailleurs dans le monde : tous les médias crieraient à l'absolutisme. En France, personne ne trouve à y redire ! Les socialistes prennent prétexte du résultat du 21 avril 2002 pour justifier cette attitude autocratique. Mais ce n'est pas en piétinant le droit d’expression que le Parti socialiste empêchera le peuple, qui souffre des politiques libérales nationales et européennes, d'exprimer son mécontentement et son rejet du capitalisme. Les voix des électeurs ne se reporteront pas mécaniquement sur le candidat socialiste : ceux qui ont sanctionné Jospin en 2002 ne donneront pas leurs voix à une admiratrice de la gestion blairiste ! On peut regretter qu'il n'y ait pas de convergence à la gauche du Parti socialiste pour présenter une candidature unique. Il faut croire que les forces politiques ne sont pas encore mûres pour y parvenir. Seul le Parti communiste, grâce à son réseau d'élus, n’aura aucun mal à reccueillir les 500 signatures nécessaires. Mais profitera-t-il d'un report de voix si la seule candidature à la gauche du PS était la sienne, rien n’est moins sûr. Les électeurs n'ont pas oublié la participation du Parti communiste à la " gauche plurielle ". Par contre, le Parti communiste donnerait une leçon de démocratie et ferait la démonstration de son attachement à la liberté d'expression en permettant aux candidats d'extrême gauche de se présenter. L'attitude des socialistes va dans le sens d'une bipolarisation de la vie politique, qui n'est rien d'autre que la négation de la démocratie. Comment faire confiance à un parti qui refuse d’analyser l’échec du 21 avril 2002, et dont la seule réponse aux électeurs est de faire disparaître tout ce qui est susceptible de lui faire de la concurrence? Le 21 avril est avant tout l’expression du rejet du capitalisme, qui est fortement ancré dans la population : l’échec du traité constitutionnel européen le 29 Mai ou le mouvement contre le CPE l’ont rappelé à la classe politique. Il faudra plus qu'une basse manœuvre politicienne pour l'extirper des consciences ! Septembre 2006 |
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