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Lettre n° 19
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Clearstream QUAND
LES AFFAIRES TOMBENT
En bout de course, on a bel et bien l'impression qu'il s'agit de nous détourner des véritables enjeux jusqu'en juin et la trêve des vacances. Coup sur coup, les Français ont manifesté leur colère contre la réforme des retraites, contre l'Europe capitaliste, contre la misère dans les quartiers populaires, et maintenant contre la précarité organisée. En un mot comme en cent, contre la politique du capital. Il faut les détourner de tout cela ! Toutes les manifestations de ces derniers mois ne sont pas forcément l'expression consciente du rejet du capitalisme. Les jeunes qui brûlaient des voitures en octobre-novembre dernier n'ont sans doute pas conscience qu'ils sont exclus non pas à cause de leurs origines, mais parce que le système capitaliste organise méthodiquement la marginalisation d'une fraction de la classe ouvrière pour peser sur les salaires et accroître ses profits. Les jeunes lycéens qui manifestaient ces dernières semaines ne remettent pas en cause le système capitaliste, mais ils souffrent de ses effets et ils refusent un avenir fait de précarité. Ce sont donc bien les effets du capitalisme qui pèsent sur tous, jeunes issus de la classe ouvrière comme de la petite bourgeoisie. Que manque-t-il pour qu'ils analysent et rejettent ce système ? Une force révolutionnaire qui s'atèle à un travail d'éducation pour faire la démonstration de la logique du capitalisme. Un parti véritablement communiste qui soit capable d'organiser le monde ouvrier afin de développer des luttes plus efficaces. C'est tout l'enjeu de la recomposition d'une force révolutionnaire, ancrée dans la classe ouvrière et combative. Jusqu'à présent, si aucune force politique n'a réussi à concrétiser la colère maintes fois exprimée, ce n'est pas parce que le soufflé retombe mais parce qu'aucun parti, aucune organisation n'est crédible. Ni le Parti communiste actuel ni ses compagnons de route gauchistes ne réussiront à organiser la masse des mécontents. Trahis entre 1997 et 2002 par la " gauche plurielle ", les électeurs boycotteront certainement une élection qui ne laisse comme choix que la droite version Sarkozy ou la pseudo-gauche version blairiste. D'ailleurs existe-t-il un enjeu aux prochaines élections présidentielles ? Dans la configuration actuelle, avec la bipolarisation du monde politique, rien n'est moins sûr. Tout reste à faire pour recomposer une force véritablement communiste : cela prendra du temps, et ce sera difficile. La Gauche communiste y contribuera à son niveau. mai 2006 |
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