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A cette question, la direction
nationale a déjà répondu oui depuis des mois. Pourtant, la
Conférence nationale des 3, 4 et 5 juin a eu une tonalité bien
différente.
Depuis plusieurs mois, la grogne
couvait. Entre l'appel du 4 décembre 2010 pour un candidat
communiste qui a recueilli plus de 1 200 signatures, l'appel
lancé par d'autres camarades sur les mêmes bases en janvier 2011,
le conseil national très divisé des 8 et 9 avril, l'appel des 20
secrétaires fédéraux demandant un débat clair et le respect de la
souveraineté des communistes, les prises de position hostiles à
cette candidature se sont multipliées.
Au delà d'une simple candidature
l'élection présidentielle, c'est bien l'avenir du Parti communiste
qui se joue aujourd'hui. En décembre dernier, en catimini, la
direction nationale du Pcf a fait adhérer la Gauche unitaire et le
Parti de gauche au Parti de la gauche européenne (PGE). Ce PGE est
un laboratoire pour toutes les petites formations à la gauche des
partis sociaux-démocrates. Un parti comme le Parti communiste grec
(KKE) a toujours refusé d'y adhérer. Par contre, son alter ego
réformiste, Synapsismos, en est un des fondateurs. La philosophie
même de cet ensemble pose problème. Dans ses principes fondateurs,
il est clairement dit que les partis adhérents au PGE ne remettront
jamais en cause l'existence de l'UE, ni du « marché »,
ou de la « concurrence libre et non faussée », etc. Au
sein du PGE, plusieurs formations expérimentent des rassemblements
ressemblant comme deux gouttes d'eau au Front de gauche tel que
Jean-Luc Mélenchon le conçoit, c'est à dire une nouvelle
organisation politique destinée à supplanter les partis qui l'ont
fondée.
Alors la direction nationale a beau
dire qu'elle n'a pas l'intention de laisser diluer le Pcf dans le
Front de gauche, ni de construire une nouvelle organisation, on a du
mal à la croire. Surtout quand l'horizon proposé est de lier
l'élection présidentielle et l'élection législative, avec pour
objectif, dixit Marie-George Buffet « la création d'un groupe
Front de gauche à l'Assemblée nationale ». Pourquoi pas d'un
groupe communiste ? Parce que la direction affirme que le
« Front de gauche » crée une dynamique...
A la conférence nationale, toutes les
questions ont été abordées : les risques de dilution du parti
et de création d'une nouvelle entité, le poids réel des
« partenaires », leur appétit d'argent et de places
électives, la souveraineté des communistes, la question
rassemblement et des alliances, les problèmes de financements...
Les communistes, dans de nombreuses
fédérations, ont réaffirmé leur attachement à leur parti. Même
les partisans de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas prêts à voir
sacrifier le Pcf. Les plus à droite, ceux qui comme Marie-Pierre
Vieux ou Nicole Borvo défendent le principe d'adhésions directes au
Front de gauche, ont du reculer. La direction elle-même, qui pensait
que la conférence nationale ne serait qu'une formalité avant une
ratification par les adhérents du Parti, a du transiger. Car il est
monté haut et fort que les communistes refuseraient un choix imposé.
Bien entendu, ni la résolution finale
ni le bulletin se sont parfaits, loin de là. Mais nous avons obtenu
que le bulletin de vote soit distinct de la résolution, et surtout,
que les noms de tous les candidats soient sur le bulletin vote pour
permettre aux communistes de choisir.
Il faut saluer l'attitude d'André
Gérin, qui a retiré sa candidature pour éviter la division des
suffrages. On ne pouvait pas attendre la même attitude d'Emmanuel
Dang Tran qui, en se maintenant, fait ouvertement le jeu de Mélenchon
et de la direction nationale.
Le vote des communistes aura lieu les
16, 17 et 18 juin. Ce sera l'occasion d'exprimer notre attachement à
un candidat communiste, fut-ce dans le cadre du Front de gauche. Mais
il n'aura échappé à personne que si André Chassaigne sortait
vainqueur du scrutin, le Front de gauche en serait profondément
transformé.
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