|
|
| Criminaliser la résistance des travailleurs |
Depuis quelques semaines,
les salariés d’entreprises et d’usines menacées de « plans
sociaux » ie en français dans le texte de licenciements, ont
développé une nouvelle forme de lutte : ils retiennent les
cadres et les dirigeants. Les journalistes – toujours aux ordres –
ont inventé un nouveau terme : le « boss-napping ».
Entendez la « séquestration » des patrons. Si on y
regarde de près, il n’y a pas de quoi fouetter un chat : ici,
ce sont deux ou trois cadres retenus une nuit, là Pinault retenu une
heure dans un taxi par des salariés de la Fnac et de Conforama, ou
encore trois cadres de Faurecia retenus cinq heures.
Bien entendu, le patronat
et la presse aux ordres trouvent beaucoup plus grave de bloquer
quelques heures des cadres et des dirigeants pour imposer des
négociations, que de licencier à tour de bras des salariés avec
les conséquences que chacun connaît.
Que reproche-t-on aux
ouvriers et aux salariés ? De ne pas accepter d’être
sacrifiés sur l’autel des profits. Car on nous le serine :
c’est la crise. Vous ne voudriez tout de même pas que Parisot et
ses amis soient obligés de réduire leurs profits boursiers, leurs
salaires mirobolants, leurs retraites dorées, leurs parachutes et
leurs stock-options ! C’est tout bonnement inenvisageable.
Cette élite arrogante, cette petite caste qui se prend pour une
nouvelle noblesse, n’a pas l’intention d’en rabattre. Elle sait
parfaitement ce qu’est la lutte de classes. Et s’il n’y a pas
demain de nouveaux sans-culottes et de nouvelles guillotines pour les
forcer à plier, elle n’a pas l’intention de relâcher la
pression contre le monde du travail.
Il faut bien que
quelqu’un paye la crise. Et ce quelqu’un est tout trouvé :
c’est nous, qui n’avons que notre force de travail pour vivre.
Nous les « privilégiés » qui bénéficions d’une
sécurité sociale, en déficit grâce aux « exonérations de
charges » ie en bon français aux cadeaux que l’Etat fait au
grand patronat. Nous qui « bénéficions » de retraites
après 42 ans et demi de travail salarié (quand nous avons eu la
« chance » de travailler). Nous qui bénéficions
(encore) d’un code du travail, de tribunaux de prud’hommes, de
l’Inspection du Travail, de la médecine du travail (que le Médef
veut démanteler)… En clair, nous qui mettons du sable dans les
rouages parce que nous sommes héritiers et défenseurs des acquis
sociaux arrachés par les luttes depuis le 19e siècle.
Le capital est en
difficulté parce qu’il engendre, à chaque étape de son
développement, des contradictions. Pour maintenir son taux de
profit, tout est bon. Il a donc décidé de profiter de la crise
actuelle pour restructurer l’outil de production afin de maintenir,
voire d’augmenter ses marges de profits. Les licenciements annoncés
dans toutes les branches d’activités n’ont pas d’autres
causes. Et pour y parvenir, il faut annihiler les résistances. Il
faut criminaliser l’action syndicale. Que des manants osent retenir
des patrons pour imposer des négociations, l'élite ne saurait
l’admettre, elle qui prévoit déjà à 5 ans, à 10 ans, un taux
chômage exponentiel.
Le « boss-napping »,
dont la presse nous rabat les oreilles, n’a pas d’autre objet que
d’édicter des lois répressives contre l’action syndicale pour
casser les mouvements sociaux. Elles viendront compléter celles qui
existent déjà dans tant d’autres domaines et que nous découvrons
au fur et à mesure : les fameuses lois anti-terroristes qui
permettent de retenir des jeunes parfaitement inoffensifs sous
couvert d’un complot terroriste fantasmé, les lois contre le
« téléchargement » qui permettront de poursuivre les
internautes qui refusent la marchandisation, le « délit de
solidarité » qui s’exerce contre ceux qui refusent la
criminalisation des sans-papiers, etc. Sans parler au quotidien de
toutes ces intimidations et de tous ces abus contre les militants
politiques, syndicaux, associatifs. Car la répression d’Etat va de
pair avec la crise. Pour maintenir le système, nos élites
politiques et économiques n’hésiteront pas à « donner du
bâton ».
| |
Il y a dix ans, l’agression contre
la République fédérale de Yougoslavie
En mars 1999, les troupes de l’OTAN
ont lancé une agression militaire d’une violence inouïe contre la
République fédérale de Yougoslavie. Le prétexte, c’était
l’« épuration ethnique » soi-disant exercée contre
les Albanais du Kosovo. Dix ans plus tard, la population d’origine
yougoslave représente moins de 10 % de la population au Kosovo,
et la province ne survit que grâce à la perfusion financière des
instances internationales. Mais l’OTAN a obtenu ce qu’elle
cherchait : la Yougoslavie est démantelée, sa population vit
sous coupe réglée du capitalisme, et les crimes commis durant cette
sale guerre – bombardements contre des objectifs civils,
utilisation d’armées prohibées, catastrophes écologiques… –
ne seront jamais poursuivis par un quelconque tribunal pénal. Une
nouvelle illustration de la loi du plus fort. Quant au Kosovo, il
serait paraît-il, devenu un « Etat » « indépendant ».
| |
Gaza : silence, on
referme le couvercle
Après l’agression
militaire subie par la population gazaouie, les organisations
internationales venues sur place sont formelles : Israël a
utilisé des armes prohibées, munitions à uranium appauvri, bombes
au phosphore et DIME (dense inert metal explosive). Quant aux crimes
commis par l’armée israélienne durant l’offensive terrestre,
ils sont reconnus par les militaires eux-mêmes, notamment les
assassinats de femmes et d’enfants.
Qu’en est-il de l’après
agression ? Israël empêche l’arrivée de l’aide médicale
et humanitaire aux civils. Que faudra-t-il pour que la fameuse
« communauté internationale » si prompte à intervenir
dans certaines régions du monde, fasse respecter les normes
internationales en matière de protection des populations civiles ?
| |
Quand l’armée du
Sri-Lanka massacre en silence
Certains conflits sont
plus médiatiques que d’autres. Depuis janvier, l’armée du Sri
Lanka a lancé une offensive militaire meurtrière contre les Tigres
de libération de l’Eelam tamoul, avec l'objectif assumé
d'éradiquer ce mouvement. Des dizaines de milliers de civils sont
pris en otage par l’armée du Sri Lanka sans que cela émeuve le
moins du monde la « communauté internationale ». Quant
au bilan humain, il est catastrophique. Mais là, contrairement au
Soudan, on n'entend ni les « organisations humanitaires »,
ni les « défenseurs des droits de l'homme ». On peut
donc en conclure qu'il n'y a pas de pétrole, ni de gaz naturel, ni
aucune ressource pouvant intéresser la « communauté
internationale ».
| |
La Corée du Nord
a-t-elle droit à la technologie ?
De même que certains
sont plus égaux que d’autres, la Corée du Nord n’a pas le droit
à la technologie. C’est du moins l’avis des Etats-Unis, du Japon
et de la Corée du Sud, qui ont tenté d’obtenir une condamnation
du Conseil de sécurité de l’ONU contre la Corée du Nord accusée,
jusqu’ici sans preuve, d’avoir lancé un missile de longue
portée. Les Coréens du Nord, eux, disent avoir voulu mettre en
orbite un satellite de communication.
| |
Mumia Abu-Jamal
Le 6 avril dernier, la
Cour Suprême des Etats-Unis a refusé un nouveau procès à Mumia
Abu-Jamal. Ce journaliste et militant politique, animateur de radio,
est accusé en 1981 d'avoir assassiné un policier. Il est condamné
à mort en 1982 dans le cadre d'un procès à charge où sa
culpabilité n'a pas pu être prouvée. Depuis, il se bat avec un
collectif d'associations et ses avocats pour obtenir un nouveau
procès. Malgré les aveux d'un ancien tueur à gages en 1999, Mumia
Abu-Jamal est toujours dans le couloir de la mort. Son exécution a
été empêchée à deux reprises, en 1995 et 1999. Mumia Abu-Jamal
risque de finir ses jours dans le couloir de la mort si aucune
mobilisation ne s'organise autour de ce prisonnier politique
américain.
| |
Le « complot »
de Tarnac
Le jeune Julien Coupat,
emprisonné depuis décembre 2008 pour des attentats fantômes, reste
en prison sur décision du juge d’instruction. Le dossier
d’instruction est vide, ses co-accusés ont été relâchés les
uns après les autres, avec interdiction de revenir dans le village
de Tarnac. Leur crime ? Refuser la société de consommation,
vivre selon un mode de vie alternatif. Pour le reste, rien n’a pu
être retenu contre eux. Mais n’est-ce pas une forme de preuve ?
Gageons que le sieur Sarkozy et ses petits camarades de la Justice et
de l’Intérieur vont légiférer : « Quand il n’y a
pas de preuve, c’est une preuve ».
| |
Menaces sur la Médecine du Travail
Le Médef est toujours là où on ne
l’attend pas… forcément. On pourrait croire que la Médecine du
Travail ne représente pas un enjeu majeur. Que nenni ! Le Médef
vient de proposer que les visites médicales de la Médecine du
Travail soient espacées de quatre ans ! Salariés, évitez de
tomber malades… Et pour faire face aux départs à la retraite des
médecins, il propose que les consultations puissent être assurées
par des infirmiers… et que les visites soient remplacées par des
entretiens avec des assistants ou conseillers de santé
« médico-professionnels ». Louons le Médef qui sait se
montrer si créatif. A quand des visites médicales effectuées par
des vétérinaires ? Après tout, quand on sait soigner un
cheval…
| |
Universités : ça
ne s’arrange pas
Valérie Pécresse a du
se féliciter des vacances de Pâques. Pour une fois qu’un
dirigeant de l’UMP ne s’en prend pas aux congés payés… Il
faut dire que la gestion du conflit avec les enseignants-chercheurs
relève vraiment de l’incompétence totale : universités en
grève, enseignants-chercheurs en colère, présidents d’universités
solidaires… N’importe qui de censé chercherait une solution pour
sortir de ce conflit. Pas Valérie Pécresse, qui s’acharne.
Vivement la rentrée : elle devrait être mouvementée !
| |
Licenciements : ne soyons pas
« pessimistes »…
Difficile d’être exhaustif face aux
vagues de licenciements qui sévissent dans l’industrie, les
commerces, les services, etc. Mais un commentateur avisé, économiste
à l’Union européenne, a dit l’autre jour qu’il ne fallait pas
être pessimiste. Qu’en étant pessimiste, on aggravait la crise.
Nous aimerions tout simplement que ce monsieur travaille au SMIC
depuis 20 ans dans la même entreprise et apprenne que cette dernière
va fermer. On verrait s’il y a lieu ou non d’être pessimiste. Et
tant qu’on y est, on voudrait que Laurence Parisot vive avec le
SMIC. Ça, ça serait jubilatoire !
| |
Ça fait toujours
plaisir !
-Le saviez-vous, l’Etat
détient 17 % du capital de BNP-Paribas. Et pourtant, il n’a
pas voix au chapitre dans les conseils d’administration de la
banque…
-Les bonus des dirigeants
des grandes entreprises sont soi-disant encadrés jusqu’en 2010.
Même Sarkozy a préféré faire semblant de légiférer devant le
scandale des rémunérations des patrons.
-Daniel Bouton, dirigeant
de la Société Générale, va toucher une « retraite
surcomplémentaire » de 723 750 euros par an. C’est
dommage que Sarkozy n’ait pas pensé à « encadrer »
les retraites…
-Evidemment, ça ne vaut
pas Daniel Bernard, le PDG de Carrefour, qui quitte l'entreprise avec
39 millions d'euros.
|
|