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Vendredi 7 mai, les
bourses européennes étaient en berne. Perte de 2,5 % ici, de
3,5 % là… Certaines bourses, en déficit cumulé, affichaient
des baisses de près de 10 %. Les commentateurs boursiers ne
revenaient pas de cette dégringolade alors que le ciel était si
serein… La faute aux réactions irrationnelles de panique du
« marché », cet espèce d’ectoplasme incarné qu’aucun
gouvernement dans le monde de souhaite un jour contrarier. La
chancellière Merkel elle-même aurait alimenté la panique en
refusant « d’aider » la Grèce en faillite. A les
écouter, on frôlait l'abîme.
Que croyez-vous qu’ils
firent ? Nos dirigeants, présidents, chefs de gouvernement des
« pays de la zone euro », sous l’égide des
responsables de l’Union européenne se sont réunis à huis clos et
ont décidé qu’il fallait 1) renflouer le système boursier ;
2) faire payer la crise aux peuples.
On vous fera grâce des
commentaires du lundi suivant, quand tous, banquiers, responsables
politiques et commentateurs avisés se sont pâmés d’une décision
enfin consensuelle des pays de l’Union européenne, de la
« solidarité » entre pays venus au « secours de la
Grèce ».
Ce qu’ils se sont bien
gardés de dire, c’est que leur solidarité ne vient pas au secours
de la Grèce, mais au secours des banques et des principaux acteurs
du marché financier international. Ce n’est pas la Grèce que l’on
renfloue. Ce sont les banques qui se sont engraissées une première
fois en prêtant à des taux usuraires, et qui se sucrent une
deuxième fois grâce à la spéculation boursière, comme le montre
l’explosion des résultats de la Bourse consécutive aux annonces
de l’Union européenne. Ce sont notamment les multinationales de
l’armement, principalement françaises, qui vont pouvoir maintenir
leurs ventes car les Etats conditionnent leurs « prêts »
au maintien des commandes en cours.
Et le social-démocrate
Georges Panpandréou, dont personne n’ignore (sauf ceux qui ne
veulent pas savoir) qu’il est également président de la II°
Internationale, se félicite. Pressurer les pauvres pour maintenir le
taux de profit du capital, avec la bénédiction de la communauté
internationale terrorisée à l’idée d’un krach boursier en
Europe, il fallait bien un social-démocrate.
Et, parce que la boucle
doit être bouclée, la Grèce tombe sous le joug du FMI (dirigé lui
aussi par un social-démocrate : n’en rajoutons pas…). Il
aurait été dommage que le FMI, instrument de la ruine de plusieurs
continents, de plans structurels, de famines, de la mise sous coupe
réglée de la plupart des économies du tiers-monde, n’apporte pas
sa pierre à l’édifice.
D’ailleurs, la Grèce,
ou plutôt le peuple grec, va être réduit à une économie du
tiers-monde. Tout le monde connaît les effets du « plan »
adopté par le Parlement grec : réduction des salaires des
fonctionnaires, des pensions des retraités, augmentation de la TVA,
recul de l’âge de départ à la retraite, privatisations… Toutes
ces mesures vont dans le même sens, celui d’un
appauvrissement/asservissement du peuple et de formidables reculs de
société.
Mais pour ce qui est des
banques ou des grandes fortunes, ne vous inquiétez : elles sont
sauvées ! A moins que…
11 mai 2010
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Premier mai : une
mobilisation en berne
Le défilé du Premier
mai n’a pas été une réussite. Pourtant, la mobilisation avait
été placée sous le signe de la défense des retraites. Comment
voulez-vous que ce gouvernement ne continue pas à produire mesure
anti-sociale sur mesure anti-sociale si les principaux intéressés
ne se battent pas ?
Sommet social…
Un « sommet
social », c’est comme un plan social. C’est exactement le
contraire que ce que c’est sensé signifier. Sarkozy a réuni les
« partenaires sociaux » pour annoncer que le peuple
français sera pressuré comme le peuple grec. Toutes les mesures
d’aide sociale « exceptionnelles », à commencer par
les primes aux chômeurs en fin de droits, vont être supprimées.
Par contre, les cadeaux au patronat – les « exonérations de
charges », les financements en faveur du chômage partiel –
elles, sont maintenues.
Que croyez-vous qu’il
se passa ? Laurence Parisot en est sortie toute contente…
EDF n’entretient pas
ses réseaux de distribution
Un rapport publié par le
Parisien fait été de graves manques d’entretien des réseaux de
distribution d’électricité d’EDF, principalement dans les zones
rurales. Le rapport pointe plusieurs raisons : le manque de
personnel, et le manque de moyens alloués détournés pour acheter
des entreprises à l’étranger. Et ça vous étonne ?
BP, fleuron de l’écologie
Une plate-forme
pétrolière explose au large des côtes américaines. Qui est
responsable ? BP, très certainement. Mais quid des autorités
politiques qui ont donné leur accord en sachant pertinemment qu’il
existe toujours un risque, surtout quand ces grandes entreprises sont
soumises à un minimum de contrôles. Il y a tout de même des
conséquences positives : les autorisations données par le
gouvernement américain pour de nouvelles plate-formes pétrolières
à proximité des côtes américaines ont du plomb dans l’aile.
Irak : on fait
semblant de découvrir la torture…
Plusieurs rapports d’ONG
internationales font mine de découvrir que la torture est
systématiquement employée dans les prisons irakiennes :
sévices, viols, bastonnades, tortures en tous genres sont le lot
quotidiens de milliers d’hommes et de femmes dans ce pays ravagé
par la guerre. Tous ceux qui affirmaient défendre les « droits
de l’homme » en soutenant l’aventure américaine n’ont
pas l’air de trouver la situation actuelle choquante. Personne n’a
entendu le Docteur Kouchner s’émouvoir, lui si prompt à dénoncer
les atteintes aux droits de l’homme en Iran. Pourtant, les deux
pays sont frontaliers.
Etats-Unis : le
paradis des enfants ???
On sait qu’aux
Etats-Unis, plus de 20 millions d’enfants vivent en dessous du
seuil de la pauvreté. On sait moins que les Etats du Sud,
bénéficiant d’une législation adoptée dans les années 30 du
20e siècle, peuvent faire travailler les enfants. Ceux-ci
travaillent 10 à 12 heures par jour, parfois 7 jours sur 7, sans
protection particulière, et avec des salaires bien moindre que ceux
des adultes (cf. rapport de Human Right Watch, « Fields
of Peril: Child Labor in US Agriculture »).
Dans un pays développé, cela ne devrait pas
arriver.
Mais certainement dans un
soucis de cohérence, le gouvernement central américain et les
gouvernements fédéraux s’attaquent actuellement à l’éducation
publique, en suppriment des milliers de postes d’enseignants et de
personnel technique. Ce serait quand même stupide de payer pour des
structures éducatives quand il suffit d’envoyer les enfants
travailler dès qu’ils sont en âge de le faire. C’est ça, le
rêve américain.
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