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A deux mois des élections
régionales, un point d’étape s’impose.
La stratégie du Parti
communiste français est de participer aux élections régionales
sous l’étiquette du Front de gauche, un Front de gauche plus large
qu’aux Européennes. A y regarder de près, ce Front de gauche
nouvelle manière s’est très peu élargi. Il agrège au Parti de
gauche et à la Gauche unitaire (minoritaires du Npa en rupture de
ban), les Alternatifs, la Fase… en résumé, les participants des
collectifs anti-libéraux.
Pour la Gauche
communiste, le principe même d’alliance électorale ne pose pas de
problème. Dans la longue histoire du Parti communiste, rechercher
des alliances électorales est une tradition bien établie. A
condition de s'allier sur un programme clair.
Or, le Parti s’est une
fois de plus lancé à corps perdu dans la recherche d’alliances à
toutes fins, sans accord ni sur la stratégie du 2e tour,
ni sur un programme. Ne caricaturons pas : il existe quelques
lignes directrices progressistes et généreuses. De celles qui sont
inapplicables parce qu’elles ne correspondent à aucune réalité
de terrain, à aucun rapport de forces permettant de les imposer.
L’essentiel de ce qui
se déroule sous nos yeux depuis des semaines se réduit à des
tractations d’appareil, des négociations sur les places, des
chantages plus ou moins publics pour obtenir plus et mieux.
Dans un quart des
régions, les communistes se présentent sur les listes du Parti
socialiste dès le premier tour. On nous explique que c’est un
problème de réalisme politique, que nous appliquons cette stratégie
pour maintenir des élus communistes dans les conseils régionaux.
Mais le problème est-il vraiment-là ? N’est-ce pas plutôt
parce beaucoup de communistes acceptent comme un principe intangible
le leadership du Parti socialiste ? N'est-ce pas également une
adhésion sans réserve à la lutte des places ?
Dans les trois quarts
restants, les situations sont contrastées. Selon Pierre Laurent,
futur secrétaire national, le Parti aurait mené des négociations
fructueuses. Le Parti de gauche, qui n’a jamais été seul devant
les électeurs et dont personne ne connaît le réel poids politique
(certainement proche de pas grand chose, à l’exception de la
personnalité de Jean-Luc Mélenchon), obtient des têtes de liste
dans 5 régions : l’Aquitaine, la Franche-Comté, le
Languedoc-Roussillon, les Pays-de-Loire et Rhône-Alpes, et dans
dix-neuf départements.
Pour qui sont-elles
fructueuses, ces négociations ?
Dans plusieurs
départements, alors que les communistes avaient désigné leurs
candidats en fonction d’un rapport de forces local connu, la
direction nationale a imposé des candidats du Parti de gauche, de la
Gauche unitaire, des Alternatifs... au nom des accords nationaux,
mais au mépris des réalités de terrain. Avec le risque de dégoûter
les camarades et qu’ils ne fassent pas campagne.
Alors certes, le courant
refondateur du Parti estime que l’on ne va pas assez loin, que « la
forme parti doit être dépassée ». En d’autres termes, nous
n’avons pas l’élégance de nous effacer et de faire campagne
pour faire élire tous les représentants de tous les groupuscules
tellement plus pertinents que nous…
D’autres voient dans le
Front de gauche une première étape de la recomposition d’une
force de type Die Linke. Les militants du Parti de gauche ne font
d’ailleurs pas mystère de leur volonté d’OPA sur le Parti
communiste. Mais entre vouloir et pouvoir, il y a une marge.
Et si la réalité se
situait entre les deux, dans l’absence de ligne politique de la
direction ? Faute de mieux, sans volonté de se battre, ne se
complait-elle pas dans les tractations électorales pour maintenir
l’appareil, sans contenu ni projet ?
Quant aux récentes
déclarations de Jean-Luc Mélenchon, qui estime qu’au 2e
tour, il faudrait rechercher une fusion de listes avec Europe
Ecologie (qui elle, recherche des alliances avec le Modem…), elles
posent un sérieux problème politique. La direction nationale du Pcf
fera-t-elle comme aux municipales, acceptant l’inacceptable, ie de
siéger dans une majorité comprenant la droite ?
Les communistes eux, en
tout cas, refuseront de se laisser croquer par le petit poucet du
Parti de gauche. Des alliances, peut être. A notre détriment,
certainement pas ! Si nous acceptions des fusions de listes avec
Europe Ecologie et le Modem, nous rendrions encore plus
incompréhensible une stratégie déjà complètement incohérente.
Mais notre direction nationale n’est pas à un grand écart près !
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