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Après les manifestations
de grande ampleur du 1er semestre 2009 qui ont réuni des
millions de salariés, les militants syndicaux et politiques n’ont
pu être qu’extrêmement déçus par la manifestation du 13 juin.
Les états-majors
syndicaux ont une grande part de responsabilité. Bernard Thibault
expliquait il y a quelques années : « on ne décrète pas
une grève générale ». Certes. Mais le rôle des
organisations syndicales n’est-il pas de donner des perspectives de
luttes ? C’est bien le manque de perspectives qui a démobilisé
les salariés. Manifester une énième fois : pour quoi faire ?
Dans le même temps où
les états-majors syndicaux se réunissaient en célébrant leur
unité, le patronat et le gouvernement n’ont pas cessé leurs
attaques tous azimuts contre le monde du travail. Fermetures de sites
de production, licenciements – baptisés « plans sociaux –,
chômage partiel, légalisation du « prêt » de salariés,
attaques contre les acquis sociaux, etc.
A chaque fois, les
réponses ont été en deçà des enjeux. La seule perspective des
salariés est-elle de se battre pour des primes de licenciements ?
Ne faudrait-il pas, plutôt, exiger que le patronat justifie les
fermetures de sites, et se battre pour les empêcher ? Ces
fermetures n’ont aucune justification économique, sauf de
permettre aux grandes firmes de se redéployer au mieux de leurs
intérêts : Alcatel-Lucent, Michelin, Renault, Goodyear,
Caterpillar, Arcelor-Mittal, etc. Aucune de ces firmes
internationales n’est au bord du dépôt de bilan ! Au
contraire, elles continuent comme avant le déclenchement de la
crise, à réaliser des profits boursiers grâce aux suppressions
d'emplois et au redéploiement dans les pays « à faible coût
de main d'œuvre ».
Au lieu de se battre au
bon niveau, de dénoncer les visées du patronat et du gouvernement,
les centrales syndicales accompagnent le mouvement de destruction du
tissu industriel et productif. Seuls les salariés confrontés aux
plans sociaux et aux fermetures dénoncent la grande arnaque du
patronat.
Non seulement la crise
permet de licencier à tour de bras, mais c’est l'État, donc nous
les contribuables, qui paiera la facture. En tout état de cause, le
patronat ne paie rien alors qu’il est le principal responsable de
la faillite économique actuelle. L'indemnisation des chômeurs, le
financement des tentatives de reprises, la dépollution des
sites... : tout est pris en charge par l'État. Privatiser les
bénéfices, socialiser les pertes ! C’est toujours le même
credo…
Aujourd’hui, l'absence
de réaction des centrales syndicales pousse les salariés au
désespoir. Quand des ouvriers menacent de faire sauter leur usine,
ce n’est pas parce qu’ils sont irresponsables, c’est parce
qu’ils ne savent plus comment se battre. On en revient au
syndicalisme d’action directe du début 20e siècle, qui
laisse toute latitude au patronat et au gouvernement pour continuer
la casse du monde du travail. Surtout lorsqu’il n’y a plus de
force politique pour incarner ce monde du travail.
Les organisations
syndicales, les partis politiques ont aujourd’hui une
responsabilité immense. Il n’y a pas de formule miracle, il n’y
a pas de solution toute prête. Mais la situation actuelle qui n’a
rien d’inédit. Pendant la crise de 29 et à d’autres périodes
dans l’histoire, le monde du travail durement attaqué a su, grâce
à ses organisations, résister, se révolter, et reprendre
l’initiative.
Nous sommes à un degré
extrême de la crise du capitalisme. Le capital veut surmonter cette
crise en broyant le monde du travail. Il faut des réponses à la
hauteur des enjeux. Si une firme décide de fermer un site, rien
n'interdit aux salariés de l'investir et de socialiser les outils de
production. Quant à l'État, toujours si prompt à indemniser les
patrons et à leurs faire des cadeaux sous forme d' « exonération
de charges », il peut tout aussi bien financer les salariés.
Cela coûterait moins cher à la collectivité de maintenir l'emploi
que de laisser détruire petit à petit le tissu productif.
Mais cela implique une
impulsion, un rapport de forces entre le capital et le monde du
travail que les fermetures site par site ne permet pas. C'est donc le
rôle des organisations syndicales et des politiques d'impulser ce
mouvement en disant haut et fort que la crise n'est pas une fatalité
mais une crise du système, que les salariés n'ont pas à attendre
comme les moutons sous le couteau du boucher leurs licenciements, et
que des solutions existent.
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Grippe porcine : on nous prend
vraiment pour des cons !
Après la grippe aviaire qui devait
décimer des millions d'individus à travers le monde, les
« spécialistes » reviennent avec la grippe porcine. 700
morts en 6 mois, sur une planète qui porte six milliards
d'individus : il y a de quoi être terrifié. Au niveau du
résultat, le paludisme, le choléra, la lèpre, sans parler du
cancer, des maladies cardio-vasculaires ou du Sida font tout de même
mieux. Par contre, au niveau des bénéfices
de l'industrie pharmaceutique, la grippe porcine devrait permettre de
dégager de juteux profits.
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