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Lettre n° 32
Novembre 2008
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Le vote des communistes doit être respecté !

Les 29 et 30 octobre dernier, les adhérents du Parti communiste français ont voté pour déterminer leur base commune pour le 34e congrès.

Ils devaient choisir entre trois textes : celui de la direction nationale, celui de La Riposte (un groupe trotskiste qui pratique l’entrisme au Pcf depuis quelques années), et le texte « Faire vivre et renforcer le Parti communiste, une exigence de notre temps », soutenu par plusieurs rassemblements, dont la Gauche communiste, les camarades de la section de Vénissieux, ceux de la section du 15e arrondissement de Paris, Réveil communiste, … et des personnalités comme Henri Alleg, Henri Martin, André Gérin, Jean-Claude Danglot.

Première remarque : le nombre d’adhérents et de cotisants par rapport au 33e congrès s’est considérablement érodé. Entre le 33e et le 34e congrès, le Pcf perd plus de 20 000 adhérents. Il y a lieu de s’interroger sur cette érosion, d’autant que la direction nationale a longtemps prétendu avoir enregistré un renforcement des effectifs depuis la campagne de 2005 contre le Traité constitutionnel européen. Ces adhérents ne sont manifestement pas restés au Parti : pour quelle(s) raison(s) ?

Deuxième remarque : avec 24 %pour notre texte et 15 % pour le texte de La Riposte – sur lequel il y a eu confusion, à cause de titres très proches et parce que beaucoup de communistes n’ont pas compris ce qu’était La Riposte – les communistes qui se revendiquent pleinement du marxisme représentent 39 % des adhérents. C’est une donnée politique nouvelle, qui devrait peser dans les débats du congrès.

Troisième remarque : plusieurs fédérations ont mis notre texte en première position. C’est le cas du Pas-de-Calais (76 %), des Ardennes (56 %), du Nord (41 %), de la Haute Saône (92 %), du Tarn (49 %). Dans plusieurs départements, nous dépassons les 30 % de votants : l’Aisne (40%), l’Isère (30 %), la Manche (33 %), le Rhône (44 %), le Var (34 %), la Haute Vienne (36%). Dans deux départements très ouvriers, l’attachement à un parti véritablement communiste l’a largement emporté. Ce sont des résultats significatifs.

Quatrième remarque : le peu de temps qui s’est écoulé entre le moment où les adhérents ont reçu les textes et le vote n’a pas permis aux communistes d’avoir le temps de réfléchir et de débattre. Beaucoup ont donc voté sans avoir tous les éléments, d’autant que la direction nationale n’a rien fait pour organiser la présentation des textes. C’est la démocratie en service minimum !

Cinquième remarque : la bataille du congrès ne fait que commencer. L’attitude rigide de la fédération du Rhône – qui a tenté ni plus ni moins que de refuser en bloc le vote de la section de Vénissieux –, ou l’attitude grotesque de la fédération de Paris – qui élimine près de 50 adhérents de la section du 15e arrondissement de Paris – montrent que les pratiques sectaires sont toujours d’actualité.

Nous devons donc nous battre aujourd’hui sur deux fronts :

- les amendements au texte de la direction nationale, car cette « base commune » ne satisfait personne, à commencer par ceux qui l’ont votée

- la question des directions : il est de plus en plus question de la succession de Marie-George Buffet. Notons que la première intéressée n’a toujours pas la correction de dire quelle sera son attitude : va-t-elle se maintenir ou passe-t-elle le flambeau ? Ensuite, qui seraient le ou les successeurs potentiels : il est hors de question que les communistes soient dépossédés du choix de leur direction, comme cela s’est trop souvent fait dans le passé. Ce ne serait pas sans incidence que le Pcf soit dirigé par un communiste se revendiquant ouvertement du réformisme, ou par un communiste de « dernière génération » comme ceux dont les noms circulent.

La bataille du congrès s’ouvre : soyons offensifs, restons mobilisés, avec l’esprit d’ouverture et de travail en commun qui a caractérisé l’élaboration du texte « Faire vivre et renforcer le Pcf ».

Plus que jamais, les communistes mettent leur espoir dans l’union des différentes sensibilités de gauche au sein de leur parti.


La crise est-elle terminée ?

Les mêmes qui ont été ébranlés ces dernières semaines par l’effondrement des bourses et le crash financier semblent reprendre du « poil de la bête ».

Entre les politiques coordonnées des Etats de l’Union européenne, le plan Paulson, et les appels au calme venus de toutes les places boursières, les tenants du capitalisme espèrent bien avoir passé le cap et éviter un effondrement du système financier international.

Aujourd’hui, il est de bon ton de prétendre que la crise aura, certes, des effets, mais qu’ils vont être jugulés parce que l’on a pris conscience, dans les hautes sphères politiques et les hautes sphères financières, qu’il fallait « réguler » le système financier international.

Ce qui est sûr, c’est que la crise n’en est qu’à ses débuts. Le plan Paulson ou les mesures prises par l’Union européenne ne sont que des rustines qui ne tiendront pas longtemps.

Les capitalistes ont bien l’intention de faire payer la crise aux pauvres. Les millions injectés dans les banques et autres établissements financiers ne seront pas investis pour sauver des entreprises et des emplois. Qui plus est, sous couvert de la crise, de nombreuses entreprises entament des « plans sociaux », qui vont encore aggraver la situation. Tous les jours, on entend telle grosse entreprise qui met ses salariés au « chômage technique », telle autre qui envisage de fermer des sites de production, telle autre encore qui licencie ses travailleurs intérimaires et qui envisage d’autres mesures de licenciement. La crise a bon dos : il s’agit ni plus ni moins que de poursuivre les politiques délibérément destructrices d’emplois qui ont contribué à déséquilibrer le système économique.


Peut-on réguler le système capitaliste ?

La question mérite d’être posée, mais elle porte en elle-même la réponse. Le système capitaliste ne se « régule » pas. Au mieux, comme au lendemain de la 2e guerre mondiale dans un contexte bien particulier de rapport de forces favorable au monde du travail, on peut contraindre les capitalistes à rogner sur une partie de leurs profits pour les reverser sous forme de salaires et d’avantages sociaux. Mais le contexte actuel est loin d’être favorable aux peuples. Nous ne sommes plus dans une phase de redistribution, mais bien dans une phase d’exploitation effrénée. Non seulement la crise n’est pas terminée, mais pour la surmonter, le système capitaliste va renforcer l’exploitation.

Seuls les peuples, à condition d’être déterminés, peuvent desserrer l’étau de l’exploitation capitaliste. Les mesures à la marge, la « régulation », la plus grande intervention des Etats sont des leurres. La seule « solution » à la crise, c’est le renversement du système capitaliste ! C’est le discours que doivent porter les communistes, tout comme nous devons nous battre au jour le jour contre les attaques que subissent les salariés.

Décidément, un boulevard s’ouvre pour les communistes. Ne ratons pas cette opportunité.


L’élection de Barak Obama

Barak Obama vient d’être élu président des Etats-Unis. Est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle ? Une chose est sûre en tout cas, l’élection de Mac Cain aurait été une catastrophe. Dans la lignée de Bush, il aurait attaqué l’Iran et la Syrie, poursuivi la politique économique ultra-libérale de ses prédécesseurs, leur politique liberticide, etc.

Obama a annoncé au cours de sa campagne son intention d’arrêter la guerre en Irak. Par contre, il défend l’option inverse sur l’Afghanistan en promettant l’accroissement des troupes américaines dans ce pays déjà ravagé.

Les Américains placent en Obama des espoirs immenses. N’oublions pas qu’il reste l’homme des trusts et des grandes entreprises, qui ont largement financé sa campagne (comme ils ont aussi financé celle de Mac Cain).

Espérons en tout cas qu’il tiendra certaines de ses promesses de campagne, à commencer par le retrait des troupes américaines en Irak.


CAMIF

Camif Particuliers, qui emploie 780 salariés, vient d’être mise en liquidation judiciaire. Concrètement, cela signifie que l’entreprise sera dépecée et les salariés licenciés. Quant à Camif SA, elle est mise en redressement judiciaire. Les salariés manifestaient le 30 octobre dernier devant le ministère de l’Economie et des Finances.

Quelques heures auparavant, le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Luc Chatel, avait annoncé aux salariés que l’Etat s’engageait à les « reclasser ». On sait ce que valent ces promesses faites devant les caméras de télévision, et comment les salariés se retrouvent ensuite seuls face au chômage. Il n’était bien entendu pas question de laisser la possibilité à une solution de reprise.


Grèves dans les grands magasins

800 salariés étaient en manifestation le 18 octobre dernier boulevard Haussmann pour protester contre l’allongement des horaires d’ouverture aux Galeries Lafayette et au Printemps. Les salariés des grands magasins sont les premières victimes des horaires à rallonge, et des « ouvertures exceptionnelles » les dimanches et jours fériés.

La CGT du commerce a lancé une pétition contre l’ouverture des magasins le dimanche. Vous pouvez la signer sur le site : http://www.commerce.cgt.fr/spip.php?article253


Innommable !

Sarkozy en rêvait, sa majorité l’a fait ! A l’occasion du vote de la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2009, les députés de droite ont enfoncé un coin dans le principe de la retraite à 65 ans en faisant passer un amendement qui « autorise » les salariés à travailler jusqu’à 70 ans ! Pour les députés de droite, il s’agit de donner aux salariés la « liberté de travailler plus longtemps ». C’est surtout une remise en cause de l’âge maximum du départ à la retraite.

Dans le même temps, le gouvernement a obtenu la suppression de l'extension du « forfait social » de 2 % payables par les employeurs aux parachutes dorés, aux stock-options et aux actions gratuites.

C’est ça, la lutte de classes !


Renault Sandouville

A Renault Sandouville, 1 000 emplois sont menacés sur les 3 700 que compte l’usine. Le 13 octobre, la CGT bloquait l’entrée de l’usine pour protester contre le chômage technique imposé aux salariés. Bien entendu, la presse unanime joint ses pleurs à ceux du Pdg de Renault pour déplorer la situation. Mais elle ne met évidemment pas en cause la direction commerciale de Renault qui se trompe sur ses prévisions de production, et qui en fait payer le prix fort aux ouvriers !

La direction de Renault a tenter d’obtenir du Tribunal du Havre une astreinte de 1 000 euros par salariés et par heure de blocage. Le Tribunal des référés l’a finalement déboutée, les militants syndicaux dénonçant une atteinte au droit de grève et au droit de manifestation.