|
|
| Conseil national des 22 et 23 octobre 2010 | Intervention de Caroline ANDREANI
Chers camarades,
Depuis début septembre,
nous avons manifesté à six reprises dans toute la France. Et nous
étions des millions. A Paris, j’ai été frappée par la présence
du Parti communiste dans les manifestations. J’ai vu des dizaines
de personnes afficher clairement leur appartenance en portant
l’autocollant PCF ou Jeunesse communiste. Cela montre que dans les
combats, les communistes sont présents et actifs. C’est important. Mais j'ai aussi été
frappée par la maturité politique des manifestants, qu'ils soient
en activité, retraités ou jeunes en formation.
La lutte contre la
réforme des retraites n’est à mon avis, que la première d’une
longue série de luttes qui nous attendent. En effet, la réforme
s’inscrit dans un dessein plus vaste, celui de la mise au pas des
peuples par l’Union européenne. Les situations, partout
en Europe, sont identiques : tous les gouvernements de l’UE
sans exception prennent des mesures drastiques sous prétexte de la
crise et de l'impact des agences de notation sur leurs économies. Le
bras de fer n’oppose donc pas simplement le peuple français à
Sarkozy, mais tous les peuples de l’UE sans exception aux diktats
combinés de l’UE et du FMI.
En Grèce, en mars,
Panpandréou annonce une cure d’austérité drastique :
augmentation de la TVA de 2 points, gel des retraites et des salaires
du secteur privé, baisse de salaires des fonctionnaires et
augmentation des taxes sur les carburants. Ces mesures ont bien
entendu jeté dans la rue des millions de manifestants. En Espagne, en mai,
Zapatero annonce lui aussi une cure d’austérité, avec la baisse
de 5 % du traitement des fonctionnaires en 2010 et un gel des
salaires en 2011. Les retraites aussi seront gelées en 2011, et la
suppression du « chèque bébé », ie 2 500 euros versés
aux familles lors d’une naissance. L’aide au développement,
l’investissement public, le financement des collectivités locales
sont en baisse. En Allemagne, en juin,
Angela Merkel annonce un budget d’austérité qui prévoit de
tailler dans les « dépenses sociales », notamment les
aides au logement et les aides aux chômeurs, de supprimer 40 000
postes de soldats dans l’armée, et 15 000 postes de
fonctionnaires d’ici 2014. En Grande-Bretagne, le
nouveau premier ministre annonce des coupes budgétaires les plus
brutales et les plus rapides depuis le gouvernement Thatcher…
500 000 postes de fonctionnaires supprimés d’ici 2015 – les
commentateurs annoncent déjà autant dans le secteur privé ;
des coupes sombres dans l’aide au logement, l'augmentation de l’âge
de la retraite à 66 ans. « C’est une véritable expérience
économique grandeur nature que tente la Grande-Bretagne, estime Tony
Travers, de la London School of Economics. Nous saurons dans un an
qui avait raison. »
En Grèce, le chef du
gouvernement Papandréou, qui est aussi président de la 2e
Internationale, commence tous ses discours en disant : « Ce
n’est pas de ma faute, je ne fais qu’appliquer les directives de
l’Union européenne et du FMI. » Alors, il faut dire
clairement qu’aujourd’hui, il n’y a plus de gouvernement
souverain en Grèce, et que Papandréou n’est plus que le pantin
qui applique la loi du marché au bénéfice du capitalisme
mondialisé. Cette soumission à l'UE
n'est pas le fait des seuls conservateurs puisque les
sociaux-démocrates appliquent la même politique. D'ailleurs, on
perçoit bien la gêne de Martine Aubry sur la réforme des retraites
: le PS ne demande pas le retrait de la réforme mais une discussion
avec les « partenaires sociaux » et un aménagement ! En France, Sarkozy ne dit
pas : « Ce n’est pas de ma faute, je ne fais
qu’appliquer les directives ». C’est pourtant ce qu’il
fait. Il connaît le sentiment des Français par rapport à l'Union
européenne, il sait qu’il a signé le Traité de Lisbonne alors
que 55 % des Français avaient rejeté le Traité
constitutionnel. Il ne prend donc pas le risque de dévoiler la
situation réelle.
N’est-ce pas à nous,
communistes, de le dire ? La réforme des retraites, dans toute
son injustice, n’est que le commencement de la longue cure
d’austérité que Sarkozy et les pros-Européens, ont l’intention
d'administrer aux peuples. Après tout, leur objectif est de
conserver voire d'augmenter leurs taux de profits, et cela se fait
sur le dos des peuples ! N'est-ce pas à nous de
proposer des mesures immédiates et concrètes : l'abandon de l'euro,
qui enserre les gouvernements dans le carcan des critères de
convergence de Maastricht, carcan que Sarkozy et Merkel viennent de
renforcer en adoptant le principe de sanctions immédiates pour les
Etats qui ne s'y conforment pas. N'est-ce pas aux
communistes de dénoncer l'UE pour ce qu'elle est, une vaste
entreprise visant à mettre à genoux les peuples pour préserver les
intérêts du capital. La nocivité de l'UE n'est plus à démontrer,
et notre peuple le mesure tous les jours. Ce qu'il faut
aujourd'hui, c'est un Parti communiste ancré dans les luttes,
capable de produire des analyses politiques et de les faire partager,
capable de donner des perspectives. Autrement, la lutte contre la
réforme des retraites risque d'en rester au stade de la Jacquerie.
Ce serait dommage, et surtout dangereux pour l'avenir de notre pays.
Intervention de Paul BARBAZANGE Renforcement du PCF.
Je réagis à une
l’interpellation de Fabien Roussel sur le renforcement .Les
possibilités nationales doivent être immenses, il a raison, nous
pouvons nous en emparer. Dans ma section à Béziers ville de 70.000
habitants nous avons fait 21 adhésions sur les manifs et dans les
piquets de grève et 5 à la fête de section depuis le 4 septembre.
Simplement parce que nous sommes quelques camarades convaincus de
l’importance décisive de la quantité et de la qualité du nombre
de communistes organisés. La section va faire face à la formation
marxiste de ces 10% de nouveaux. Dans les manifs personne, je dis
bien personne au niveau des simples manifestants, y compris dans les
cortèges CFDT, FO, Sud ne vit mal notre présence organisée
(badges, drapeaux, banderoles, pancartes et mots d’ordre
communistes), notre effort d’adhésions. Le journal local
« d’informations » a même fait état de ces résultats.
Enfin dans ce contexte nous ne vivons pas une situation « qui
n’aide pas à la lisibilité » pour reprendre le mot à mot
du rapport d’introduction. En travaillant à la construction d’un
parti révolutionnaire sur des positions de classe nous contribuons
au rassemblement politique.
Intervention générale,
préparée collectivement.
Un peu plus longue que
les quatre minutes attribuées de façon juste !! à tout un
chacun. Lorsque la tribune ma’ demandé de finir, j’ai répondu
qu’il existe un lien décisif entre les luttes et la stratégie
électorale que je ne pouvais donc scinder mon intervention, et que
sur les piquets de grève on s’écoute entre militants. En dépit
de quelques remous, j’ai pu terminer dans un climat d’écoute
attentive.
Mardi 5 octobre Pierre
Laurent a déclaré dans l’Humanité : « le
gouvernement a perdu la bataille des idées ». C’est exact.
Encore faut- il travailler ce constat et en tirer toutes les
conséquences dans les stratégies de luttes et électorales.
L’extrême violence des coups portés aux exploités, une période
d’unité syndicale d’une exceptionnelle longueur, permettent,
permettront, d’importantes mobilisations revendicatives. Une
explosion sociale s’inscrit peu à peu dans le paysage. Ecoutons
les grévistes ! J’ai participé à des dizaines de piquets de
grève ces dernières semaines prenant chaque fois que possible la
parole au nom du PCF et parfois quand ce n’était pas souhaitable
sur mon mandat syndical de la FSU. Nous constatons que, bien au-delà
des plus politisés, c’est maintenant l’évolution de la
répartition des richesses entre exploiteurs et exploités qui
devient l’objet unifiant des luttes. Au point que nous en sommes
tous surpris ! La bataille des retraites n’est qu’un
catalyseur d’un mouvement plus profond. Le pouvoir et le MEDEF ont
perdu une bataille idéologique sur les retraites. C’est clair, à
71%, comme l’indiquent les sondages de façon continue sur un mois.
La « solidarité » peut redevenir idéologie
structurante, affirmation d’un objectif politique, humain
majoritaire dans ce pays ! Permettant de modeler l’organisation
sociale. Rappelons nous pourtant que B. Brecht nous disait que cette
« solidarité de classe n’est pas un champignon qui
pousse en une nuit ». Nous pouvons cependant, sur l’instant,
perdre la bataille politique et pas seulement au parlement.
Pourquoi ? Peut être parce que notre orientation de
« rassemblements à visées électorales » ne correspond
plus aux impératifs de l’évolution du système. Le développement
humain est bloqué par les exigences de l’accumulation capitaliste.
La classe dominante n’a plus de solution alternative. Sauf
l’écrasement des producteurs. Pas plus que Strauss-Kahn, Aubry,
une alternance à droite, ne permettrait de résister. L’issue de
ce conflit de classe exacerbé ne ressort pas de toute façon
uniquement du cadre électoral ou parlementaire. Nous en faisons
l’expérience en marchant comme des millions de citoyens.
L’entêtement du pouvoir va déboucher sur une crise de régime.
Leurs paroles sonnent faux. La position du gouvernement est
intenable. Il ne peut pas reculer sous peine de remettre en cause les
politiques d’austérité au niveau européen. Le fossé se creuse
entre la classe dirigeante d’aujourd’hui et le peuple, divorce
déjà entamé en 2005 lors du référendum. Cela vient d’être
souligné par nos camarades du Nord. Du rejet de la politique de la
classe dominante peut naître l’exigence d’une rupture
révolutionnaire portant la classe opposée, celle des salariés,- 90
%de la population- au pouvoir. Le rassemblement est aujourd’hui à
ce niveau. Encore faut- il qu’au rythme qui lui sera possible, mais
en tout état le plus vite se reconstitue avec le parti communiste un
front conscient de ses intérêts de classe, de l’impasse actuelle
du capital, proposant des perspectives politiques autres que la
reconduction avec d’autres têtes des « unions »
liquidatrices antérieures. Ne rééditons pas ce qui a échoué ces
dernières décennies. La construction à venir sera forcément
différente, là est la difficulté. L’histoire politique pas plus
que les luttes ne se réédite à l’identique. C’est ici que j’ai
été, à juste raison sous un certain aspect, rappelé à l’ordre
par la tribune. Chaque tandem de candidature aux cantonales doit
tenir compte de cet état politique même si cela doit conduire dans
certains cantons à des révisions déchirantes. Dans chaque canton
il doit y avoir une candidature communiste soigneusement préparée.
Et ce n’est qu’après, seulement lorsque les circonstances s’y
prêtent que des tandem unitaires peuvent être étudiés. Pourquoi
pas ? S’ils mettent les perspectives révolutionnaires en
meilleure position électorale. Tout tandem avec le PS, toute
complaisance locale sous couvert de gestion unitaire est condamnée
par le mouvement. L’ignorer serait dangereux. Les dégâts
occasionnés par une seule faiblesse dépasseraient les limites du
canton. C’est une responsabilité nationale de faire discuter cela
dans le parti. Qu’il s’entête ou qu’il cède, le pouvoir a
perdu, si le PCF tient tout son rôle. Merci camarades de votre
longue attention.
« Nous allons
gagner »
Je suis à nouveau
intervenu dans le débat sur l’adresse au peuple. Camarades je
viens de lire rapidement le texte que vous nous proposé. Je ne
trouve nulle part le mot Gagner. Hors c’est bien de cela qu’il
s’agit. Ceux qui luttent ont d’abord besoin de gagner ensemble.
Je propose donc l’amendement suivant : Que ce texte soit
intitulé « Nous allons gagner » et que l’ensemble
de sa construction se base sur cette déclaration. A défaut en page
2, nous devons remplacer « rien n’est joué »
constatation exacte, mise graphiquement en avant avec justesse au
travers d’un alinéa, mais timorée sur l’avenir par
l’affirmation de combat dans l’affrontement « Nous
allons gagner ». De toute façon que cet amendement soit retenu
sur une forme ou une autre, je voterai ce texte, car sa référence
centrale aux luttes modifie en profondeur les orientations que je
combat d’une « union à visées électorales. »
Intervention de Pasquale NOIZET
Le mouvement qui se
développe et s’enracine montre le rejet croissant des solutions
libérales. Mais sans débouché politique ce mouvement peut
retomber.
Pour être crédible, il
faut avancer clairement nos propositions dans un large contexte
d’union populaire. Le PS, par la voix de Martine Aubry, ne parvient
pas à faire entendre une position radicale contre la réforme des
retraites, et ce n’est pas étonnant. Sur cette question, apportons
nos propositions de manière offensive.
Pour le moment, les
médias invitent sur leurs plateaux Mélenchon qui joue les vedettes
et ne parle qu’en son nom, et ils mettent à nouveau en avant
Besancenot qui distribue dans les manifestations des
reproductions de billets de 500 euros en copiant sur une de nos
campagnes.
Pour rendre espoir aux
travailleurs et au peuple de ce pays, notre parti peut être
celui qui affirme la nécessité d’un socialisme du 21èmesiècle.
Pour cela il doit se donner les moyens d’ouvrir les
consciences,d’apporter des arguments à partir du vécu des gens
les plus en difficulté sociale et en lien avec les conséquences
d’un système capitaliste qui débouche sur une crise de grande
ampleur.
Dans cette dynamique,
pourquoi ne pas déclarer que nous voulons aller au gouvernement et y
rester dans le cadre d’une nouvelle majorité d’union
populaire ? Prenons l’engagement d’abolir les
contre-réformes qui se sont multipliées depuis 25 ans :
retraites, sécurité sociale, précarisation, privatisation !
Finissons-en avec la casse industrielle et le chômage qui les
ont accompagnés ! Tout doit être mis à plat.
Transformons la défense
des services publics en une offensive pour créer une nouvelle
société des droits partagés. Dans un petit pays pauvre étouffé
par le blocus, ce que les cubains peuvent réaliser en matière
d’éducation et de santé publique doit nous servir d’exemple à
mettre en œuvre dans un grand pays riche et industrialisé comme le
notre !
Mais cela implique aussi
de rompre avec l’euro qui sape et ruine petit à petit les
bases fragilisées de notre économie, de notre système
social, et de notre souveraineté ! Intervention de Alain DE POILLY
Oui, le parti communiste,
tient toute sa place dans les luttes , oui il démontre son utilité
dans la mobilisation et notamment l’importance de ses organisations
de bases, non seulement pour agir, mais aussi pour concevoir un
projet alternatif au capitalisme.
Notre parti est de
plus en plus visible dans les luttes, dans les manifestations. Nous
faisons des adhésions et ce qui est nouveau des adhésions de
jeunes, qui voient dans le parti communiste un parti révolutionnaire.
Oui, Pierre Laurent a
raison quant il dit « celui qui fera disparaître le parti
communiste n’est pas encore née ».
Aussi, il faut être
cohérent avec nous même, le parti communiste ne peut pas être de
plus en plus visible et crédible dans les luttes et au moment des
élections s'effacer derrière le Front de Gauche. Le PCF ne
peut pas devenir sur le plan électoral qu’un prestataire de
service du Front de Gauche. Pas plus qu’il est voué à chaque
élection a passer sous la table au profit du Parti de Gauche comme
nous l’avons fait aux élections régionales.
A ce titre, je
partage l'inquiétude du secteur élection de notre parti, qui dans
un document qu’il nous a transmis écrit dans ses conclusions, je
cite « on ne soulignera jamais assez le risque pour les
présidentielles et les législatives d’habituer les électeurs
communistes à une disparition du PCF du champ électoral aux
cantonales » Effectivement notre électorat à force de
chercher les bulletins de vote du PCF, un jour il ne les cherchera
plus.
En conséquence, il faut
lever cette l’ambiguïté. Un exemple, moi je suis pour un pacte
d’union populaire, pour un projet partagé, pour un Front de Gauche
qui unit des forces contre le système capitaliste. Mais cela ne veut
pas dire pour autant que je suis pour un Front de Gauche, qui
se substitut au parti communiste à toutes les élections.
Aussi, il faut que nous
décidions ICI, si nous présentons aux élections cantonales des
candidats et des suppléants du parti communiste soutenus par le
Front de Gauche ou des candidats du Front de Gauche soutenus par le
PCF.
Cette décision est
importante parce qu’elle va conditionner toutes les élections
futures et en premier lieu l’élection présidentielles à venir.
Allons nous reproduire pour cette élection la stratégie
d'effacement du PCF au profit du Front de Gauche ? notre
candidat sera-t-il le candidat du Front de Gauche ? comme MGB a été
la candidate des antilibéraux.
Certains justifient cette
stratégie d’effacement du PCF par le fait, que si nous nous
présentons aux élections sous notre identité nous ne ferions que
1,90 %, soit le score qu’a fait MGB à l’élection
présidentielle, cela est absurde , les verts à cette même élection
ont fait 1, 57 % et Besancenot a fait 4,08 % . Aujourd’hui
qu’en est il de ces scores ? D’ailleurs ce score de 1,90 %
ne représentait pas le score du PCF, Mais le score d’une stratégie
électoraliste scabreuse avec les antilibéraux. La preuve un mois
plus tard le PCF faisait un score de 4,70 % aux élections cantonales
dans des conditions très difficiles.
A la prochaine
élection cantonale ,certains d’entre nous vont se présenter sur
des listes d’union du Front Gauche, Aussi, faisons attention à ce
que ces candidats soient bien identifiés comme les candidats du
Parti communiste et pas comme les candidats d’une nouvelle force de
gauche . En effet le parti communiste n’a pas vocation à
promouvoir un parti socialiste bis, ce que deviendrait
immanquablement le Front de Gauche, Si nous confondons union et
fusion électorale. comme l’ont fait nos camarades italiens.
Je pense par conséquence,
qu’il faut décider aujourd’hui d’une stratégie électorale
claire pour tous, pour que l’union nécessaire ne se fasse pas au
détriment du seul parti communiste.
| | Conseil national du 10 septembre 2010 | Intervention de Jean Jacques KARMAN
Le PCF doit clarifier ses
positions, pour un changement réellement anticapitaliste, en
contrant les illusions sur le Parti Socialiste ! La lutte pour le retrait
pur et simple du projet de loi sur les retraites se développe, mais
aussi les illusions sur le PS. Une clarification des vraies positions
du PS est nécessaire. Les « socialistes »
au pouvoir dans l’Union Européenne font la même politique que
celle de Sarkozy. Dominique Strauss-Khan, le principal présidentiable
du PS pour 2012, fait de même à la tête du FMI. Faire croire que les
socialistes au pouvoir feraient une autre politique, c’est trahir
la volonté de changement. Pour s’unir et gagner dans les luttes
contre la droite pour le retrait de cette loi, ou pour l’abrogation
des lois sur la « sécurité », il faut dénoncer aussi
les vraies positions du PS. Par exemple, cet été le PS s’est
prononcé pour un impôt européen payé par les citoyens. La construction d’un
« Pacte d’Union Populaire » sans clarifier le
positionnement du PS, ressemble étrangement au « Socle pour
une politique de gauche » lancé par Robert Hue en 1997, qui a
débouché sur reniements, trahisons et le recul historique du PCF.
Que Pierre Laurent pose comme l’une des conditions première du
changement la nécessité, lors d’un de ses discours, de
nationaliser les banques est une très bonne chose. Il faut « mettre
la barre » au niveau de la crise du capitalisme, et proposer
ici et maintenant un processus de rupture avec le capitalisme, qui
doit être aussi une rupture avec les positions sociales-démocrates.
L’union doit se faire sur des bases clairement anticapitalistes et
dans le respect du pluralisme et de la démocratie à toutes les
étapes du processus révolutionnaire. Le but de tout processus
est toujours largement déterminé par l’aiguillage et
l’orientation du début de celui-ci. Alors n’en rabattons pas sur
le niveau du programme « commun » des forces du
changement et sur le combat contre les idées du capital et de la
sociale-démocratie. Le CN doit impérativement
avoir à son ordre du jour le niveau du programme qu'incarnera le
candidat de rupture avec le capitalisme, lors des présidentielles –
qui pour moi devrait être un candidat issu de la lutte de classes de
sensibilité communiste. Sur la manif du 4
septembre, 30 organisations (dont le PCF) ont signé un appel pour
une manifestation contre la politique xénophobe de Sarkozy. C'est
bien, même très bien, mais dans le même texte, faire référence
à « Et nous appelons à un grand rassemblement citoyen
à l’occasion du 140ème anniversaire de
la République » est, au mieux une méconnaissance
historique, au pire une trahison... En effet, le « 140ème
anniversaire de la République », c’est du début de la
3ème République (bourgeoise), car l'an I de la
République date du 22 septembre 1792. Or la 3ème
est instaurée fin 1870, par les leaders des partis bourgeois par
peur d’une révolte du peuple de Paris. Les monarchistes,
majoritaires à l’Assemblé Nationale, ne se soucient pas de
rétablir la royauté après l’Empire (Napoléon III). Les
Républicains ne les inquiètent plus : ils sont ravis que ce
soit la toute nouvelle république qui assume la défaite face à la
Prusse et rétablisse l'ordre à Paris. Ils chargent Adolphe Thiers
de ces tâches. Adolphe Thiers est élu « chef du pouvoir
exécutif de la République française ». Quelques semaines
plus tard, depuis Versailles où s’est installé le gouvernement,
Thiers organise le siège de Paris et écrase l’insurrection des
ouvriers parisiens dans le sang. Il tuera avec l’aide de l’armé
30 000 communards en une semaine (la Semaine sanglante) comme
les 147 fusillés du mur des Fédérés, au cimetière du
Père-Lachaise. Les communards qui ne sont pas morts au combat sont
déportés au bagne de Nouvelle-Calédonie, comme par exemple Louise
Michel, et d’autres en Algérie. C’est cette 3ème
république (bourgeoise) qui poussa le peuple de Paris, les
communards insurgés à prendre comme drapeau, le drapeau Rouge. Sur
1 800 000 habitants que comptait Paris, près de 500 000
étaient des ouvriers et comme le dira Karl Marx : « La
Commune de Paris fut le premier exemple de pouvoir ouvrier ».
Cette Commune de Paris propulsa à de hautes responsabilités des
étrangers, qui n’avaient pas la citoyenneté française :
elle était par nature anti-xénophobe. Aujourd’hui, une partie
de cet appel est un contre-sens historique qu’il faut au plus vite
rectifier. Les idées de la Commune
ne sont pas mortes ! Même 140 ans après, respectons-la !
Intervention de Pasquale NOIZET
Comme l’a dit Pierre
(Laurent) à l’Université d’été, le pouvoir est affaibli,
discrédité politiquement et moralement par le racisme anti-Rom. Il
peut céder, il peut être battu, mais l’anti sarkosysme ne
suffit pas. Une fausse alternative se prépare au PS, à Europe
écologie. Qu’il soit clair dès
le début que nous ne marcherons pas dans une nouvelle tromperie
comme la « Gauche plurielle » ! En nous déclarant
fermement, nous pouvons la faire échouer dans l’œuf. Posons dès maintenant des exigences
fortes de contenu pour le « pacte d’union populaire ».
Il ne suffit pas « d’ouvrir des espaces » pour demander
aux gens d’écrire un programme qui serait idéal. Faisons des
propositions simples et claires. Les « espaces », ça me
rappelle trop les « collectifs » qui ont torpillé la
campagne de 2007. N’ayons pas peur
d’exiger la nationalisation des banques. N’ayons pas peur de
Bruxelles. L’Union européenne et l’OTAN sont des carcans qui
empêchent une véritable politique de gauche en France qui se
donne les moyens d’agir sur l’essentiel : le pouvoir de
l’argent, et la propriété des industries et des banques. Puisque
nous avons décidé d’être communistes, n’ayons pas peur du
socialisme ! Pierre dit : « Qui
peut prétendre mener demain une politique de gauche en se coulant
dans le moule des décisions prises à Bruxelles en mai dernier ? »
En effet, le traité de Lisbonne, et l’OTAN, si nous y restons,
laisseront-ils les français créer une « nouvelle
république », une nouvelle démocratie avec de nouveaux
droits ? Bien sûr que non ! Le gouvernement tente
d’instrumentaliser l’insécurité. Pierre a parfaitement raison
de souligner son échec total sur ce terrain, et même sa
complicité morale ! Mais si nous ne voulons pas faire le
lit du FN, il faut être clair : « mettre en débat »
ne suffit pas. Il faut donner à la police et à la justice les
moyens matériels que le pouvoir leur a retirés : elles doivent
protéger les plus faibles et non les expulser. Les communistes veulent
une véritable alternative ! Alors veillons à ne pas élire
Dominique Strauss-Kahn, l’homme du FMI, en 2012, pour ouvrir
la route de l’Élysée à Marine Le Pen en 2017.
| | Conseil national des 27 et 28 mars 2010 | |
Intervention de Jean Jacques KARMAN
Trois
constatations sur les élections régionales : 1. une
abstention populaire record, avec par exemple en Seine-Saint-Denis
des 72 % à Stains ou 71 % à Bobigny et Villetaneuse, des
villes à direction communiste ; 2. le
vote PS est plus un vote utile contre Sarkozy qu’un vote
d’adhésion, surtout que ce vote sur la France est en relatif
recul ; 3. le
vote Europe Ecologie et celui du Front de Gauche sont les seuls à
être en augmentation sur la France, comme l’a souligné la presse. Europe
Ecologie se greffe sur des problèmes nouveaux et réels qui
produisent un effet de mode, mais sur le fond, c’est un vote
social-démocrate d’aménagement de la société avec un certain
« capitalisme vert ». Ce vote prend la place dans
l’échiquier national de celui du MODEM. C’est une impasse. En ce qui
concerne le Front de Gauche, les résultats sont discutables et
contradictoires, puisque nous perdons entre 75 et 83 conseillers
régionaux PCF selon les prises en compte. Cette stratégie est-elle
validée par ces élections ? Dans le Puy-de-Dôme où nous
réalisons 20 %, le " oui " sera
certainement souvent la réponse. Mais en RP où nous perdons en
pourcentage et en sièges avec 6,55 %, la réponse ira du " oui
peut-être " au " non ". Les résultats
des alliances avec le NPA dans le Languedoc-Roussillon et dans
Limousin avec les 19 % au 2ème tour doivent aussi nous faire
réfléchir. Si le NPA subit un échec au plan national, dans des
villes ouvrières comme Aubervilliers et Saint-Denis par exemple, il
progresse par rapport à 2004 en frôlant les 10 %. La « ligne »
communiste lors de ces élections a été multiple. J’en ai compté
au moins 8 différentes. De ceux ralliés dès le premier tour au PS
à ceux qui étaient avec le NPA contre la décision de leur
conférence régionale, en passant par des « Fronts de Gauche
de classe » et des « Fronts de Gauche antilibéraux »,
certains tenant tête à la social-démocratie et d’autres étant
prêts à se coucher, notre parti est devenu, avec l’aval de sa
direction nationale, une vraie « auberge espagnole ». Par
contre, je me prononce contre toute exclusion. Après ces
élections, où en sommes-nous ? La crise générale du
capitalisme mondialisé est bien la réalité incontournable qui pose
en termes très clairs la question du renversement du capitalisme à
partir d’un pays ou d’un groupe de pays (le fameux maillon faible
de la chaine impérialiste). La France
est dans cette situation. Rappelons-nous que pour réussir le
changement de société, il faut pour les communistes : 1. un Parti
influent et conscient des conditions marxistes de ce changement de
société ; 2. une
démarche de rassemblement du type « Front unique du 21ème
siècle » qui peut prendre la forme de Fronts de gauches
anticapitalistes, à condition que le PCF ne passe pas sous la table,
ne se fonde pas dans le Front de gauche. L’un sans
l’autre, c’est l’échec assuré (le « solo funèbre »,
disait Marx). Par exemple l’influence « dirigeante » du
Parti ne se décrète pas, mais se conquiert, c’est une question
qualitative. Dans les luttes sociales, nous pouvons y arriver, mais
pour les présidentielles qui s’annoncent, nous avons un très gros
problème. Le savoir
faire de Mélenchon, qui joue parfaitement son rôle, l’attitude
des médias bourgeois qui le favorise et les déclarations de
certains sur un « candidat du Front de Gauche » pour les
présidentielles nous mettent déjà dans une contradiction très
difficile. Tout
communiste conscient des conditions du changement réel et au courant
des enseignements de toutes les présidentielles depuis 1965, en
particulier celle de 1974, sait que la présence d’un candidat
communiste devrait être incontournable. En 1974, on a cédé pour
élargir le mouvement du « Programme commun ». En
réalité, on a mis l’aile réformiste en position dominante et on
a vu la suite. Plus nous
attendrons, plus le problème grossira. Si nous restons dans le vague
comme actuellement, nous risquons une condamnation à l’image de
celle du NPA aux régionales, ou encore une reproduction de la
rupture des comités antilibéraux et du score désastreux qui a
suivi. Par contre, si nous cédons sur le candidat communiste, les
conditions du changement, à plus ou moins long terme, ne seront pas
réunies et la déviation opportuniste (historique) du processus
unitaire sera possible comme en 1981 et 1997. Il y a
urgence à ne pas s’insérer dans des processus présidentiels
avant le congrès de juin. Et en juin, il faut annoncer qu’il y
aura un candidat communiste. Certaines déclarations sont déjà
contre-productives. Notre candidature doit venir « chapeauter »
un vrai programme de rupture avec le capitalisme. Aujourd’hui, les
analyses de Marx sur la crise du capitalisme et sur la nécessité de
son remplacement n’ont jamais été autant d’actualité.
Proposer, avec toute la gauche, un programme antilibéral plus ou
moins avancé, même teinté de vert, ce serait reproduire dans les
conditions d’aujourd’hui la « gauche plurielle » de
1997 qui nous a fait tant de mal. Il y a un niveau de programme
nécessaire. Il faut un programme de transition pour une
socialisation globale de la société ! Nous devons être à la
hauteur du mécontentement et de l’exigence historique. Pour
terminer, une information : Claude Bartolone propose dans son
budget, en fonction de l’attitude de l'État, de réduire le
fonctionnement du Conseil général de Seine-Saint-Denis de 35 M€
en faisant des coupes dans l’insertion, la culture, le sport, en
réduisant le FSL, en supprimant les ordinateurs et les réductions
sur les transports pour les jeunes, en ne remplaçant pas 250 départs
en retraite et en licencient 150 contractuels... Voilà la
social-démocratie à l’œuvre. Voilà le niveau des programmes des
dirigeants du PS. S’aligner sur cette orientation, ce serait une
vraie trahison.
* * * * *
Intervention de Marie-Christine
BURRICAND
J’ai eu un doute ce matin en écoutant
le rapport de Pierre Laurent : s’adressait-il à nous comme
dirigeants du PCF ou comme cheville ouvrière du Front de gauche ?
L’horizon du PCF ne peut se réduire à une alliance électorale. Le rapport fait l’impasse sur deux
questions essentielles : la reconstruction de l’organisation
communiste particulièrement à l’entreprise et dans les quartiers
populaires, et le contenu communiste de la transformation sociale. Il est très largement insuffisant sur
les combats de classe à mener. -La bataille des retraites se gagne
d’ici l’été. -Presque rien sur la réforme des
collectivités territoriales qui est un véritable coup d’État
contre la république et la nation ! Exigeons un référendum
sur ces questions qui rejoignent les préoccupations du Non de 2005. L’abstention est sous-estimée. Elle
relativise fortement tous les résultats et la comparaison de Pierre
Laurent avec les législatives de 2008 est indécente car il y a
l’abstention en plus et l’élan en moins ! Posons nous la question : à quoi
a servi finalement le Front de gauche ? La direction nous avait
promis le renforcement de la gauche de combat. Le poids d’Europe
Écologie, la baisse de notre nombre d’élus démentent que cet
objectif soit atteint. L’émancipation du Ps devait être au
rendez-vous. Au second tour, à l’exception du Nord/Pas-de-Calais
et du Limousin, nous avons couru aux exécutifs sans exigence vis à
vis du PS. Nous sommes loin des effets d’annonce du début de
campagne et allons encore fabriquer des déçus. Par contre, le Front de gauche a bien
servi à diluer le PCF: la moitié des élus perdus dans les régions
et la quasi disparition des groupes communistes, une moindre
visibilité. Les meilleurs résultats sont obtenus
dans des régions où des responsables communistes populaires
conduisaient les listes, où le rassemblement a dépassé le cadre
étriqué des états-majors pour s’ancrer dans les luttes et le
monde populaire, avec des femmes et des hommes capables de rassembler
la famille communiste, loin du prêt à penser de Fabien. La direction nous propose un congrès
ficelé, petits bras, à la va vite. En l’état, la proposition est
inacceptable et antidémocratique.
Enfin, la candidature communiste à la
présidentielle est essentielle et doit se construire de loin sur le
fond et la forme pour rassembler.
Intervention de Pasquale NOIZET
J’ai milité dans le
cadre du Front de gauche, non que je place le Front de gauche sur un
piédestal mais parce que c’était une occasion au premier tour de
ne pas partir avec un PS qui s’est « droitisé », même
s’il a « gauchisé » son discours pour ces élections,
mais l’occasion au contraire de porter des propositions communistes
et d’apparaitre en tant que telle. J’entends bien la
volonté de voir la gauche s’élargir mais je mets en garde les
camarades de ce conseil national : qu’ils veillent à garder
l’équilibre entre militer dans le Front de gauche - j’ai entendu
« faire vivre le Front de gauche » - et faire vivre et
renforcer notre parti , qui se vide de ses militants et pas seulement
récemment mais depuis plusieurs années. Le Parti communiste donne
encore une image trop floue à ses électeurs potentiels et il a du
mal à être en phrase avec la demande du peuple, composé
majoritairement de citoyens qui ne se retrouvent pas dans l’offre
politique. Ce constat se fait au vu des abstentions importantes et de
la place que continue à garder le Front national. Cela doit
constituer une véritable question qui doit être débattue au sein
de notre conseil national et de notre congrès. Comment comptons-nous
agir sur cette question fondamentale ?
Transformation du parti On en parle depuis le
dernier congrès. Une commission de transformation a été créée.
Qu’en est-il sorti ? Il parait qu’elle ne se serait réunie
que deux fois. J’aimerais que l’on soit plus clair sur la
question de la transformation du parti. Le conseil national n’est-il
pas le lieu où doit être discutée la transformation du parti ?
Un an est passé mais rien sur ce sujet de la part des membres de
cette commission n’a été proposé aux membres de ce conseil. Dans
la transformation du parti, j’aimerais que soit discutée la forme
d’organisation du parti et notamment du conseil national, ainsi que
la manière dont sont nommés les camarades dans les commissions et
comment est organisé leur fonctionnement.
Sur la résolution
proposée au CN Cette résolution, je la
trouve bien trop longue. Elle devrait énoncer des propositions pour
construire un projet. Elle mériterait d’être élaguée pour faire
ressortir les préoccupations et les actions envisagées par les
membres du conseil national et mieux intégrer les propositions des
camarades.
Je regrette qu’une fois
encore nous ayons un document de cette importance à lire le jour
même et à amender dans un temps trop limité. Une base de
résolution aurait pu être envoyée à tous les membres du conseil
national et après débat, aurait pu être amendée. Je ne vais pas
pouvoir voter cette résolution telle qu’elle est présentée et
c’est frustrant de ne pas se sentir impliquée dans ce conseil
national.
Intervention de Floriane BENOIT D'abord,
rapidement en raison du temps très limité accordé pour intervenir,
une interrogation : pourquoi accorder beaucoup plus d'importance
à quelques notables qui décident de quitter le Parti qu'à des
dizaines de milliers de militants communistes qui ces dernières
années ont été laissés sur le bord de la route sans que la
direction nationale s'en soucie ?
Je
reviens aux sujets fondamentaux. Il
est impossible de parler de rassemblement de forces politiques à
gauche, qu'il s'agisse de Front populaire, de Front de gauche ou de
"Front social et intellectuel" comme présenté dans le
rapport, sans aborder la question décisive : celle du rôle
politique et du poids idéologique du Parti communiste. L'histoire
et l'expérience ont démontré sans ambigüité que c'est de la
capacité d'organisation des communistes et de la force de
l'influence de leurs idées qu'a toujours dépendu l'importance ou
l'insignifiance des avancées sociales et politiques obtenues. On
entend dire ici et là, et y compris au Conseil national, que le
recul du PCF -irréversible selon ceux qui campent sur la défensive
et la résignation- justifierait un amoindrissement des exigences de
rupture avec le capitalisme et une réduction des ambitions de
changement de société. C'est
prendre le problème à l'envers. Rappeler
la nécessité de cet outil indispensable qu'est le Parti communiste
dans un affrontement de classe qui s'exacerbe ne relève aucunement,
comme j'ai entendu une intervenante le dire, d'un quelconque
"enfermement". C'est
au contraire un gage de la richesse et de l'efficacité du débat et
du combat idéologiques et politiques. C'est dans ce cadre que se
pose la question de la redynamisation du Parti, qui passe par la
réaffirmation de notre identité révolutionnaire et par un réel
fonctionnement démocratique. Le
rapport a affirmé que, je cite : "la nouvelle étape doit
être construite avec TOUS (souligné par moi) les communistes. Le
débat nécessaire fera notre unité et donc notre force". Comment
peut-on envisager raisonnablement de permettre un débat approfondi
impliquant la participation d'un maximum d'adhérents en ne laissant
que quelques semaines pour préparer un congrès qui contrairement à
ce qui est affirmé, ne portera pas sur des questions relevant "d'un
mandat limité" ? Car,
par delà le changement de secrétaire national, c'est bien d'enjeux
essentiels qu'il va être question, des enjeux qui nécessitent le
temps d'une réflexion sérieuse et d'une vraie confrontation :
l'évaluation partagée des acquis et des limites de nos orientations
stratégiques ; la définition des axes de la transformation du
Parti ; la réflexion sur les échéances électorales à venir
(cantonales, présidentielle, législatives...). Fixer
dans l'urgence les dates du congrès aux 18, 19 et 20 juin n'est
sûrement pas le meilleur moyen de mobiliser les militants pour les
batailles à venir, alors que ne cesse de grandir et de se manifester
leur exigence d'un réel fonctionnement démocratique assurant la
participation active et constructive de chacun d'entre eux, dans la
diversité et le respect mutuel. A
moins que, contrairement aux affirmations officielles, on nous
demande de nous résigner à ce qu'une grande partie des communistes
soit exclue de la préparation d'un congrès mené au pas de charge.
Intervention de Paul BARBAZANGE
Au
cœur de nos débats, la souveraineté des communistes, l’utilité
et l’avenir du PCF. Ce matin, une camarade
l’a déjà souligné, le rapport d’introduction de Pierre Laurent
donnait l’impression de s’adresser à des dirigeants du Front de
gauche. J’ai cherché vainement une aide à ma réflexion de
dirigeant national du PCF par la prise en compte des contradictions
au-delà de la diversité. Ici, nous sommes des dirigeants du PCF,
pour beaucoup attachés à notre parti. A ce titre, nous avons écrit
à quelques uns une proposition d’analyse de la situation
radicalement différente. Les signataires en ont demandé la
publication dans « L’Huma » au titre de
l’information, de l’échange et de la prise en compte des
diversités d’approches. Nous verrons ce qu’il advient de cette
demande. Deux points de divergence
ont été soulignés depuis ce matin : la façon d’analyser
l’abstention populaire, 70 % des ouvriers, employés…
Excusez du peu ! Et surtout le moyen d’y remédier par une
réponse communiste, moderne, simple, radicale, en un mot
compréhensible par les exploités. Les faits nous forcent à
adopter. Ce doit être une clarification politique nette. Quelques mots sur mon
expérience en Languedoc-Roussillon, surtout sans chercher à
relancer un échange qui a déjà occupé trop de temps dans nos
travaux sur le devenir d’ex-camarades qui ont favorisé l’élection
du populiste Frêche. Regardons plutôt ce que nous disent la masse
des communistes actifs, ceux qui ont constitué et de loin
l’essentiel des participants aux activités (300 débats, des
centaines de milliers de tracts diffusés) par la liste de Front de
gauche élargie au NPA, à la Fase et quelques autres. Deux questions ont
émergé : L’accompagnement social-démocrate, social-libéral
de la crise peut-il continuer, les exploités y ont-ils le moindre
intérêt ? Comment faire pour que la colère des exploités
puisse à nouveau s’exprimer dans un vote de classe porté par le
PCF ? Le mouvement est lancé.
Gayssot et ceux qui se déclarent encore comme leur soutien « de
gauche » dans le PCF peuvent tempêter et se présenter en
victimes. La nouvelle construction idéologique et politique est en
marche. L’espace politique laissé libre par la crise; et sa
gestion impuissante par le PS, les Verts et autres
sociaux-démocrates, par l’UMP et ses satellites, peut être
occupé. Ne laissons cet espace à
personne. C’est aux communistes dans et par leur parti de
l’occuper. Dans cette région nous en avons encore la possibilité. Aucun communiste ne se
satisferait d’un congrès bâclé. Donnons nous l’année pleine à
la prise en compte de l’avis des camarades. D’ici mi-juin, c’est
impossible. Ceux qui ont mené campagne ont le devoir de se reposer,
puis il y a le muguet, les vacances scolaires, les week-end à
rallonge… soyons matérialistes et pragmatiques ! Écoutons
nos camarades, donnons-nous le temps pour que la souveraineté des
communistes s’exprime dans des débats à la base partout. Donc
donnons aux militants le temps nécessaire à la circulation dans
tous les sens des idées. Je voterai contre un congrès « à la
hussarde » en juin.
Intervention d'Alain DE POILLY
J'ai
fait partie de ceux qui ont voté la poursuite du Front de gauche,
parce que je pense que nous ne gagnerons pas tous seuls la bataille
contre le capitalisme .Mais déjà au dernier conseil national,
j'avais émis une crainte au vu des premières négociations, c'est
que dans ces négociations, le Parti communiste passe sous la table. Or,
force est de constater aujourd'hui au vu des résultats, que nous
sommes effectivement passés sous la table. Bien sûr, les résultats
sont inégaux. Mais globalement, nous passons de 185 élus PCF en
2004 à 95 élus en 2010. Dans
le Val-de-Marne, où on a progressé légèrement en pourcentage et
où le Parti communiste représente 95 % des militants et de
l'électorat du Front de gauche, nous avions 4 élus PCF en 2004 et
nous n'avons plus que 2 élus PCF aujourd'hui. Alors pourquoi notre
parti a-t-il dans cette élection perdu environs 50 % de ses
élus ? D'abord
parce le Front de gauche n'a pas créé la dynamique électorale
attendue, c'est donc un échec. Mais surtout parce que dans les
négociations, nous avons privilégié l'intérêt du Front de gauche
sur celui du Parti communiste. Nous avons négocié avec de très
petits partis qui n'existaient pas électoralement. En conséquence,
nous avons accepté de partager avec eux notre propre électorat. Il
suffit pour s'en convaincre de constater que là ou le Front de
gauche fait ses meilleurs scores, c'est là où le Parti communiste
est le plus dynamique. Aussi
un Front de gauche qui fait perdre au Parti communiste la moitié de
ses élus n'a pas d'utilité, donc n'a pas d'avenir. Il
faut donc changer la nature de ce Front de gauche en y intégrant
plus d'acteurs du mouvement social et moins de dirigeants de minis
partis grands consommateurs de mandats électifs. Il faut en faire un
front de luttes qui s'appuie sur les mouvements populaires. Mais sur
le plan électoral, il faut arrêter que ce Front de gauche soit
mortifère pour le Parti communiste. Nous
allons avoir des élections cantonales l'année prochaine. Je vous
rappelle que notre parti a fait un score de 8,77 % à ces
élections en 2008. En 2011, allons-nous accepter de perdre la moitié
de nos conseillers généraux au profit du Parti de gauche, de Gauche
unitaire et des Alternatifs ? Avec les conséquences que cela
entraînera automatiquement sur les élections sénatoriales et par
conséquent, sur les moyens dont notre parti disposera dans l'avenir
pour conduire la lutte contre le système capitaliste. Je
pense que l'usage qui a été fait du Front de gauche est contraire
au vote des communistes sur la poursuite du Front de gauche. Il y a
détournement d'usage, parce que nous avons permis au Front de gauche
de se comporter comme une nouvelle force de gauche, comme un nouveau
parti au détriment du Parti communiste. On
nous annonce un congrès pour le 18-19-20 juin. Or, compte tenu de la
situation actuelle, nous ne pouvons plus éviter certains débats,
sur la démocratie interne, sur l'avenir du parti, sur le communiste
du 21ème siècle . Ce n'est pas en fuyant les problèmes que nous
allons les résoudre, il est temps d'affronter notre réalité. Mais
pour cela il faut donner aux communistes le temps nécessaire aux
débats.
Intervention d'Eric JALADE
Sur
le bilan des élections Nous avons tenu dans la
semaine un Conseil départemental (dans le Tarn), avec un échange
approfondi sur le bilan, à la fois de la campagne et sur les
résultats. Les communistes, au-delà
de leurs appréciations sur la stratégie, se sont largement
mobilisés dans la campagne, avec notre tête de liste
départementale, qui est aujourd’hui élue communiste à la région. Si nous maintenons une
élue dans le Tarn, au total, en Midi-Pyrénées, ce sont 4
départements qui n’auront plus de conseiller régional communiste. Entre les deux tours,
nous avons subi notamment les conséquences d’un mauvais accord
avec les autres formations du Front de gauche, notamment avec le PG –
accord conclu par la direction nationale de notre parti – et qui
minore notre influence, avec 4 élus (au lieu de 9), 2 élus pour le
PG (qui avait 2 sortants ex-PS) et un élu pour la Gauche Unitaire. Notre objectif était de
peser davantage dans les majorités pour infléchir les orientations
prises à la région : avec 4 élus communistes sur 69 élus de
gauche (socialistes, radicaux et Europe Écologie), nous pesons bien
moins aujourd’hui qu’avant l’élection et c’est le PS qui se
trouve renforcé. C’est le même phénomène ailleurs. Le bilan au plan national
est, au mieux, très mitigé. Il n’est pas bon en
nombre d’élus, puisque nous perdons environ la moitié de nos
conseillers régionaux. En termes chiffrés, les
listes du Front de gauche (alliées au NPA dans 3 régions)
obtiennent un peu moins de 7% ; si l’on compare avec les
élections européennes, il faut ajouter alors dans ces trois régions
le résultat cumulé du NPA et du Front de gauche – en faisant
cette comparaison, on parvient à un résultat de 7,24 % pour
les européennes. On est donc plutôt devant une stagnation que
devant un progrès électoral. Dire le contraire, c’est
quand même, me semble-t-il, prendre vraiment des libertés avec la
réalité. Cela n’enlève rien aux
bons résultats obtenus dans certaines régions, en particulier les 4
régions où nous dépassons les 10 % des suffrages exprimés,
où, vous aurez remarqué comme moi, c’étaient des communistes
(élus connus et respectés) qui conduisaient ces listes. La donnée principale de
ce scrutin, c’est un vote sanction à l’encontre du pouvoir et de
la politique de Nicolas Sarkozy. De prime abord, les
principaux bénéficiaires de ce vote sanction, ce sont le Parti
Socialiste (phénomène encore amplifié en Midi-Pyrénées), Europe
Écologie et – plus inquiétant, le Front National. Bien entendu,
l’abstention participe fortement de ce vote sanction. La carte de
l’abstention recoupe assez largement celle du Front National. Eric
Dupin relevait à juste titre dans « Les
Echos » que « la grève des urnes et le soutien
au parti d’extrême droite ont ainsi été plus marqués dans les
régions industrielles » les plus touchées par la crise.
Ainsi, dans notre département, dans le sud du département et dans
plusieurs secteurs industriels particulièrement touchés par la
hausse du chômage (+ 17 % en un an, avec un niveau qui
était déjà supérieur à la moyenne régionale et nationale).
Plusieurs enquêtes indiquent que 62 % des ouvriers et des
employés se sont abstenus, contre 47 % des cadres supérieurs.
De même, le Front National réalise entre 19 et 22 % chez les
ouvriers. Le décrochage des
couches populaires et du monde du travail – qui se sont largement
abstenus - dans un contexte de crise exacerbée, où les difficultés
quotidiennes s’accroissent pour de plus en plus de Français (le
médiateur de la République J.P. Delevoye rappelait que 15 millions
de nos compatriotes terminaient le mois avec moins de 100 €),
cela doit être notre premier sujet de préoccupation. Dans un contexte de
luttes (dans de nombreux secteurs, notamment dans l'Éducation
Nationale et chez les postiers, dans le Tarn ces dernières
semaines), nous ne sommes pas parvenus à capitaliser de manière
significative et à incarner le vote sanction contre la politique de
la droite et du MEDEF. Pour le coup, à l’aune
de ce fait politique essentiel, il me semble difficile de souligner,
comme le fait le rapport, que « le Front de gauche s’ancre et
s’enracine », au lendemain de ce scrutin. Toute notre action doit
se tourner vers la conquête et la reconquête des milieux
populaires, des salariés, en partant des préoccupations et des
souffrances quotidiennes de notre peuple. De ce point de vue, les
propositions du rapport (par exemple celle de mener une bataille
idéologique d’ampleur sur la question des retraites) me semblent
intéressantes. De même, nous devons
être à l’offensive contre la réforme des collectivités
territoriales, c’est un enjeu décisif pour la démocratie,
notamment pour la défense des communes ; nous pourrions aussi
impulser des luttes sur la question du logement… Mais pour porter ces
propositions et ces batailles, il y a besoin d’un parti, d’un
parti de classe et de masse.
Deux
mots sur le congrès et sur les transformations du parti Beaucoup de camarades, et
c’est l’avis de la quasi unanimité du CD comme le mien, pensent
que tenir un congrès en quelques semaines, au lendemain d’une
campagne électorale, ce n’est pas sérieux. Sur les transformations
du Parti, j’ai entendu tout à l’heure Patrice Cohen-Séat nous
dire qu’il fallait impérativement avancer dans le choix de la
transformation du parti, en oubliant, fortuitement, j’imagine,
d’évoquer que les communistes ont très majoritairement décidé
de continuer et de faire vivre le PCF. On voit donc bien
aujourd’hui que certains souhaitent utiliser le Front de gauche
pour parvenir à une métamorphose (même si le mot n’est plus en
vogue) du PCF. La gravité de la crise
du capitalisme, l’urgence à trouver les voies d’une alternative
à la politique du capital, démontrent le besoin pour notre peuple
d’un parti communiste à l’offensive, tout le contraire d’un
effacement du PCF. L’urgence aujourd’hui,
c’est vraiment de travailler à rassembler les communistes dans
l’action – c’est une demande des communistes et cela devrait
vraiment être le rôle de la direction du parti.
| | Conseil national du 15 janvier 2010 | Intervention de Jean-Pierre MEYER
Chères
et Chers Camarades,
Je
tiens ici, une fois encore, à malheureusement dénoncer le déficit
de notre fonctionnement démocratique interne et à vous faire part
de la colère et de l’insatisfaction de la très grande majorité
des communistes varois. A
85 %, ils ont adopté l’offre nationale relative au Front de
Gauche élargi, désigné Jean-Marc COPOLA comme chef de file
régional et Alain BOLLA comme tête de liste départementale. Cette
architecture ne semblait poser aucun problème, jusqu’à ces
derniers jours, où le Parti de Gauche a revendiqué la tête de
liste varoise. De ce moment, nous avons eu à subir toutes sortes de
pressions et d’appels très discutables à la « responsabilité »,
jusqu’à l’intervention personnelle de Marie-George BUFFET pour
nous demander de céder, renvoyant à la Conférence régionale du 12
janvier, la décision finale sur la désignation de la tête de liste
du Var, qui devenait un enjeu national et la cause d’un blocage
général !!!* Le
9 janvier, alors que les communistes de notre département étaient
réunis en Assemblée générale, pour traiter de ces derniers
soubresauts et qu’à la quasi unanimité, ils confirmaient leur
choix précédent et refusaient de céder aux injonctions qui leur
étaient faites, L’Humanité, Var Matin, La
Provence, dans leurs éditions du même jour, annonçaient que
tout était réglé, que le Parti de Gauche aurait, entre autres, 19
têtes de listes départementales, dont le Var ! L’Histoire
était donc écrite, exit le vote des communistes, le choix de la
Conférence régionale devant se réunir trois jours plus tard était
déjà dicté ! (acquis ?). C’est inacceptable ! Après
avoir ainsi cédé au Parti de Gauche, à cette heure, comme vient de
le confirmer Pierre DHARREVILLE dans le rapport introductif, le PG
reste insatisfait et refuse toujours de signer l’accord électoral
local, considérant ne pas avoir assez d’élus potentiels !!!
Pourquoi se gêner ?! Cette
nouvelle aventure me conduit à vous livrer l’appréciation et
l’état d’esprit de la très grande majorité de mes camarades du
Var : Nous
n’attribuons pas cette situation à des manquements ou des erreurs.
Nous pensons fermement qu’il s’agit de choix délibérés qui
s’inscrivent dans une opération de recomposition politique dans le
Var et dans la région.
Nos
adversaires de classe n’ont jamais renoncé à vouloir tuer le PCF,
cette perspective est plus que jamais à l’ordre du jour pour
celles et ceux qui travaillent d’arrache-pied aux recompositions
politiques pour l’alternance. Nous
ne partageons donc pas les choix qui sont faits, nous ne les
cautionnons pas, nous ne prendrons pas la responsabilité des dégâts
qu’ils peuvent entraîner. On
nous impose des conditions inacceptables, elles ne nous détourneront
pas de notre volonté de faire du Front de Gauche élargi un outil
politique de lutte, de transformation sociale et d’alternative
politique et surtout pas d’en faire à terme une organisation. Pour
ce faire, nous ferons donc une campagne visible, lucide du
Parti Communiste, pour faire élire, au sein du Front de
Gauche, le plus possible de nos camarades du Parti Communiste
Français. Toutefois, l’affaire ne saurait en rester là, jusqu’aux
prochaines échéances électorales où les mêmes schémas pourront
se reproduire. Il y a urgence à revoir précisément nos règles de
vie, pour que la souveraineté des adhérents ne soit plus un gadget,
mais bien une réalité !
Intervention de Pasquale NOIZET
Je
voudrais attirer l'attention de mes camarades du conseil national sur
un litige que je juge préjudiciable à l'image du Parti communiste
français, mais aussi à son éthique, et allant à l'encontre de sa
démocratie interne. Il
s'agit de l'expulsion obtenue devant les tribunaux par la Fédération
de Paris de la section des premier et deuxième arrondissements, de
son local du 62, rue Montmartre. La section est représentée par sa
secrétaire Simonne Goenvic, ancienne conseillère d'arrondissement
et militante respectée. Ce local a été acquis et géré depuis 39
ans par les militants de cette section qui en ont réglé tous les
frais. La Fédération s'appuie sur une donation de la section à la
SA Rochechouart, cession qui visait à protéger le local acquis en
SCI (société civile immobilière) et non pas à en être dépossédé.
La Fédération a désigné d'office un nouveau secrétaire de
section. Consultée, la commission des conflits a donné tort à la
Fédération et reconnu la légitimité de Simonne Goenvic en tant
que secrétaire de section. Ce
litige entre communistes ne doit pas être réglé devant les
tribunaux. Il faut trouver un compromis acceptable qui respecte les
droits des militants de la section qui sont privés de leur local et
même de leurs cartes d'adhérent. Marie-George,
tu as reçu une lettre le 2 octobre 2009 pour t'alerter sur cette
situation, signée par moi et d'autres camarades du conseil
départemental parisien et elle est restée sans réponse de ta part.
Tu viens de recevoir une pétition signée à ce jour par trois cents
communistes, dont 4 secrétaires fédéraux et 14 membres du CN.
Quelle réponse donnes-tu ? Est-ce l'envoi des huissiers qui ont
procédé sous la protection de la police avant-hier au changement
des serrures du 62 rue Montmartre ? Cette
affaire montre un déficit de démocratie et fraternité, ces
camarades auraient peut-être accepté un accord amiable si on leur
avait expliqué la raison de la vente de leur local et si on leur en
avait proposé un autre. De tels procédés sont incompatibles avec
l'idée que je me fais du communisme. MG
Buffet a refusé de répondre sur la question concernant la situation
des camarades des 1er et 2ème arrdt. Pasquale a donc interpellé une
seconde fois MGB (se levant) et lui a demandé s'il lui plaisait de
lui répondre et elle a dit : "Ce n'est pas le lieu".
Pasquale a alors acté que le Conseil National n'était pas le lieu
du débat de notre démocratie interne.
Intervention de Paul BARBAZANGE
La situation
en Languedoc- Roussillon est inédite ;
je ne reprendrai pas les aspects que vient de donner Martine Gayraud,
secrétaire départementale du Gard, et j'insisterai sur l’apport
politique possible à la réflexion nationale du processus en
construction. Un accord politique
a été conclu, Martine a omis dans les signataires la FASE et
les Objecteurs de Croissance. Ainsi il
ne manque pas grand monde à la « gauche de la gauche ».
Les forces politiques décidées à construire une alternative
régionale aux gestions sociales-démocrates et sociales-libérales
construisent leur rassemblement. L’individu Frêche son
comportement réactionnaire et souvent odieux ne doivent pas occulter
le contenu des ruptures en cours. Nous disposons d’un bon protocole
d’accord signé dès le 2 décembre et validé par tous le 22, son
contenu anticapitaliste est point par point évident. L’enjeu
de la campagne est de faire que le maximum de communistes s’en
emparent pour convaincre. Caractériser l’exploitation
capitaliste et les possibilités de rupture au plan régional. La
prise en compte de l’état désastreux des forces productives,
12,5 % de chômeurs, 470 000 pauvres, les luttes… Martine
a insisté sur ces aspects. Mais aussi une meilleure compréhension
de l’expérience négative de l’accompagnement de la gestion de
la crise à la région pendant 6 ans, nous aidera. L’apport des
militants communistes sera décisif.
Les militants du PG ou du NPA soit n’ont pas ces objectifs, soit
n’ont pas les moyens de leur politique. Les cinq
vice-présidents communistes sortants sont absents de la liste
unitaire, quatre sont contre
l’avis à 87 % de leur parti sur la liste Frêche- droite-
MODEM. La bande des quatre combat notre parti. Quels que soient les
statuts, il faudra une expression claire de notre organisation. Si
non les électeurs, après les communistes, n’y comprendront rien. L’ambition
est grande. Nous sommes en position de gagner la région par la
rupture même de notre alignement sur les socio-démocrates. L’accord
a été possible dans cette région par le respect scrupuleux du
mandat d’élargissement du Front de Gauche donné en conférence
régionale, nourri d’une ancienne pratique unitaire…
souvenez-vous de la candidature Maffre de Baugé il y a 30 ans !
Mais aussi et surtout parce que la population a encore en tête la
victoire du NON de gauche au référendum. Dans une configuration
politique semblable, nous avions fait voter la majorité des
électeurs PS contre les consignes de leur parti. L’ambition
politique est aujourd’hui au même niveau. Nous
pouvons gagner, l’accord avec les verts pour le second tour est
dans les tuyaux. Dire que le
mouvement en cours est porteur est en dessous des réalités. Les
dirigeants de nos 5 fédérations ont bien fait de retenir pour le
meeting régional une salle de 4 000 places, en dépit de l’état
pas très bon de l’organisation communiste. A nous de
profiter de ces deux mois d’intense campagne d’un Front de Gauche
qui en réussissant son
élargissement a changé de forme et fait surgir son propre
dépassement. De nombreux
communistes de l’extérieur, anciens en particulier, mais aussi des
jeunes, s’y retrouvent. On a fait en Biterrois quelques
adhésions/ré-adhésions. Le PCF peut sortir de cette campagne
électorale renforcé au plan politique ; enfin lisible et
organisationnellement mieux par notre choix de rassemblement
anticapitaliste et révolutionnaire.
Intervention de Jean Jacques KARMAN Deux remarques : un,
le Front de gauche. Ma deuxième remarque concerne la 5ème
Internationale.
Un front de gauche n’est
valable qu’à deux conditions, qu’il soit réellement
anticapitaliste et que le PCF n’y soit pas neutralisé et y joue
tout son rôle sur des positions de luttes des classes. Le meeting du
10 à ce sujet est rassurant, les sans-papiers, Gaza, les luttes de
la classe ouvrière et des jeunes. Mais attention au Parti de gauche,
surtout après la déclaration de Jean-Luc Mélenchon sur son blog.
Je le cite : « Si les Verts écartent le Modem, compte
tenu du rapport de force électoral, ils ont vocation à mes yeux à
être le centre de gravité de la recomposition générale de la
gauche dont le pays a besoin. » Dans le titre de la
liste, le mot anticapitaliste serait le bien venu. Le soir du 1er tour,
l’analyse sur le PCF sera amputée de 23 % de régions où le
PCF est sur les listes du PS. Que les candidatures soient traitées
au niveau régional, rien de plus normal, mais que la stratégie
d’alliance ne soit pas que nationale, c’est un contre-sens, une
dérive de nos statuts. Ces alliances à la carte auront forcément
des conséquences négatives.
Ma deuxième remarque
concerne l’international. Les statuts précisent, je cite :
« 1.6a. Convergences d’activités aux niveaux européen et
international. Solidaires de toutes les forces qui se mobilisent sur
la planète pour émanciper la mondialisation de l’hégémonie
financière, pour un monde de justice, de co-développement et de
paix, les communistes travaillent à la construction de convergences,
d’espaces d’activités et de formes politiques inédites, à
l’échelle de l’Europe comme au plan international. » Or, lors d’une récente
rencontre internationale, qui s’est tenue à Caracas, où notre
parti était représenté aux côtés de 54 autres partis communistes
et organisations de gauche pour le socialisme, un comité
préparatoire à la constitution d’une 5ème Internationale a été
proposé. Plusieurs partis ont déjà répondu présents. Je demande que le comité
national se prononce sur notre participation à ce comité
préparatoire même à titre d’observateur, et qu’ensuite les
conditions de formation de cette 5ème Internationale soient soumises
à la décision des adhérents.
Intervention de Caroline ANDREANI
J’ai
été assez surprise de la réponse donnée par Jacques Fath
concernant l’initiative proposée par Hugo Chavez en avril de
constituer un comité préparatoire à une « 5e
Internationale ». Personnellement,
les arguments donnés ne me convainquent pas. D’abord,
ce n’est pas une initiative personnelle de Chavez : sept
partis politiques de différents pays d’Amérique latine ont appelé
à la réunion du 10 avril à Caracas. Ensuite,
employer l’argument selon lequel Chavez serait un populiste me
choque. C’est exactement ce que l’on peut lire dans le Figaro
ou dans Libération.
La question n’est pas là. Ce qu’il faut savoir, c’est si oui
ou non les Vénézuéliens vivent mieux depuis l’arrivée au
pouvoir de Chavez (qui n’est pas seul à diriger le pays, mais qui
est à la tête d’une coalition de partis progressistes). Les plus
riches, je ne suis pas sûre, mais les plus pauvres, c’est certain. Ensuite,
à propos de la solidarité exprimée par Chavez à l’encontre de
l’Iran. C’est une solidarité entre pays opprimés par le même
oppresseur, les Etats-Unis, qui n’hésitent pas à détruire des
pays à coups de tonnes de bombes : souvenons-nous de la
Yougoslavie, de l’Irak (à deux reprises), de l’Afghanistan.
Chavez n’est pas un imbécile mais un anti-impérialiste. Il ne
confond pas un régime théocratique et la construction du socialisme
au 21e
siècle. Il n’a jamais proposé que l’Iran fasse partie de la 5e
Internationale. Ensuite
il y a la question de la pertinence. Personnellement, je ne donnerais
pas de leçons à un régime progressiste, qui affronte directement
chaque jour l’impérialisme. Regardons plutôt où nous en sommes
en France, où en sont nos aspirations révolutionnaires. Je ne fais
pas de l’Amérique latine un modèle, je constate que c’est en
Amérique latine que ces dix dernières années s’est construit une
opposition réelle à l’impérialisme grâce à Cuba et au
Venezuela. Je constate aussi que l’impérialisme est organisé,
efficace, mais que les progressistes, eux, ont besoin d’un outil
pour réfléchir, organiser, développer la solidarité. Enfin,
participer à un comité préparatoire ne signifie pas que l’on se
range derrière un homme ou une idéologie. On y va pour voir ce qui
est proposé, si on peut influer ou non. A ce compte-là, nous
n’aurions jamais du participer aux forums altermondialistes. C’est
pourquoi je pense que Pcf a toute sa place dans cette initiative, au
moins à titre d’observateur. Enfin,
pour terminer, je souhaiterais dire ma solidarité pleine et entière
vis-à-vis des camarades des 1er
et 2e
injustement spoliés par la Fédération de Paris.
Intervention de Alain DE POILLY
Au
dernier CN, j'ai voté pour la poursuite du Front de gauche parce que
la direction de notre parti affirmait que ce front élargi ne
conduirait pas à l'effacement du parti communiste, bien au
contraire. En clair, le Parti communiste ne passerait pas
sous la table. Or,
force est de constater aujourd'hui, que le Parti communiste est en
train de passer
sous la table. Sur
ce thème, le collectif électoral ainsi que l'exécutif
départemental du Val-de-Marne a écrit à Pierre Laurent et à
Marie-George Buffet pour leur faire part de leur
sentiment sur la conduite des négociations en ces termes. Je cite :
« la direction nationale semble subir les négociations plutôt
que d'anticiper les différentes
problématiques rencontrées, les concessions faites par notre parti
sont trop
importantes notamment en Ile-de-France », « Quant aux
propositions d'éligibles,
elle ne sont pas conformes aux réalités des rapports de forces dans
une région comme la nôtre. » Malheureusement,
les concessions importantes ne se limitent pas à l'Ile-de-France. Nous
arrivons a un constat : plus le Front de gauche s'élargit à de
petites associations
et plus la place du Parti communiste dans ce front rétrécit. Encore
un
élargissement de ce type et notre parti sera complètement noyé
dans une force
aux contours mal définis Or,
il est évident que les élections régionales ne se gagneront pas
sur le nombre de micro-associations composants le Front de gauche,
dont les adhérents d'ailleurs
pratiquent la double appartenance, mais ces élections se gagneront
sur la qualité
du projet dont sera porteur le Front de gauche. C'est
pourquoi il est regrettable qu'une fois plus, la direction du parti
ait privilégié les accords d'états-majors, en s'enfermant dans des
tractations sur la répartition des places avec des
micro-associations dont les électeurs ignorent même
l'existence et cela au détriment du projet politique et idéologique,
qui seul peut
mobiliser les victimes du système capitaliste et ainsi les faire
sortir de l'abstentionnisme dans lequel il se sont réfugiés dans
l'attente d'un projet crédible à
gauche. Ceci
dit, aujourd'hui l'heure n'est pas au bilan, mais à la mobilisation
pour que les
listes Front de gauche fassent le meilleur score possible, sans que
pour autant dans cette campagne notre parti renonce à son identité.
Cela est important pour l'avenir.
|
|