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Conseil national du 24 et 25 octobre 2009
Intervention de Jean Jacques Karman

Il y a des moments en politique, où on se demande pourquoi les autres ne se rendent pas compte de l’évidence ? Même si elle marque une avancée, l’offre politique qui est proposée aujourd’hui n’est pas à la hauteur. Beaucoup qui attendent les résultats de notre CN - CN annoncé pour une fois par la télé - risquent d’être déçus si nous ne la clarifions pas.

Pour moi il y a, aujourd’hui, une opportunité politique à ne pas louper qui nécessite un positionnement avant tout national clair et non de type « auberge espagnole » au niveau des régions : il faut bien voir que la crise du capitalisme est loin d’être terminée et même que le pire reste à venir.

Dans le rapport annuel d’un organisme de tutelle des banques étatsuniennes, on apprend que le marché des produits dérivés continue de croître, et qu’ils sont contrôlés par 5 banques américaines pour un montant dépassant les 200 000 milliards de dollars, c’est-à-dire près de 4 fois le PIB mondial. Les banques continuent de spéculer à tout va et donc la crise va s’aggraver et des explosions sont possibles.

Dans ces conditions, il est impératif de se positionner en rupture avec le système capitaliste dans une démarche globale et nationale, par des luttes comme celle contre tous les licenciements, et au niveau des élections, par des alliances anticapitaliste nettes, non contradictoires avec la démarche de rupture avec le capitalisme. Aux régionales, par exemple, en refusant de continuer les vieilles pratiques d’union avec la sociale-démocratie pour « sauver » soi disant dans quelques endroits, quelques postes d’élus -et ce n’est même pas sûr-, alors qu’elles nous mènent à l’impasse réformiste sans avenir. Surtout quand la presse annonce dans plusieurs régions que des accords PS/PCF sont pratiquement conclus.

Par contre, construire, dès maintenant une union anticapitaliste solide, où le parti communiste joue tout son rôle, c’est ouvrir une vraie perspective. Cette voie nous sera bénéfique, à tout point de vue, même en nombre d’élus.

Le front de gauche, créé à l’initiative du PCF, peut devenir demain le vrai front de gauche anticapitaliste pour le changement de société. Encore faut-il ne pas rater les régionales et la direction de la direction du parti communiste doit clarifier son discours qui est pour le moment plus que brouillé.

Par exemple, la semaine dernière lors de l’assemblée des communistes d’Aubervilliers, toutes les interventions, et pas seulement celles des communistes qui partagent mes idées, je dis bien toutes, Hervé Bramy présent peut en témoigner, disaient : il faut arrêter de laisser entendre que nous pourrions faire l’union au 1er tour avec le parti socialiste. En tout cas, il faut dire clairement que nous recherchons une autre union, une union avec un contenu anticapitaliste qui ne peut intégrer, dans l’état actuel des positionnements, le parti socialiste. Par exemple les grandes régions sont au cœur du dispositif de l’Union européenne et le parti socialiste est complètement d’accord avec.

A quoi joue-t-on ? Je n’ai pas rencontré une seule personne qui réclame l’union avec le PS. J’ai lu le positionnement du parti de gauche, du NPA et des autres organisations. Franchement si on le veut, l’accord est possible pour des listes autonomes du PS et des Verts au premier tour où le PCF jouerait le rôle moteur. Par contre si l’on veut le contraire, le résultat est connu d’avance.

En région parisienne, après avoir entendu Jean Luc Mélenchon (qui joue pleinement son rôle) revendiquer la tête de liste, peut-être pour faire pression dans le cadre de la négociation nationale, je le dis clairement, il n’en n’est pas question. La tête de liste doit être un élu communiste, le mieux à même de défendre un positionnement anticapitaliste sur les questions particulières de la région parisienne, surtout au moment du coup d’Etat contre l’Etat républicain. Un élu communiste au cœur des luttes et des contradictions de cette société pourrissante. Un élu communiste capable de rassembler les communistes, mais aussi au-delà de nos forces. N’ayons pas peur d’y inclure les trotskystes, nous l’avons fait dans certaines villes aux municipales et cela a été positif.

Pour le 2ème tour je ne vois pas de problème insurmontable : tout faire pour battre la droite. Pour ceux qui ne voudraient pas fusionner, ils ne seront pas sur les listes au 2ème tour et pour ceux qui refusent de participer aux exécutifs, ils n’en feront pas partie. Chacun est libre et chacun prendra ses responsabilités.

Pour le moment nous sommes à la traîne, nous sommes mal perçus. Reprenons la tête du front de gauche pour ouvrir une vraie perspective politique au peuple de gauche, y compris à des électeurs et des adhérents socialistes. Il faut bien avoir conscience que l’appareil et l’idéologie du parti socialiste seront les derniers remparts au changement réel de société, donc ne nous amputons pas nous-mêmes.

Pour moi, la vraie question au 2ème tour sur les exécutifs, ce n’est pas la non participation du NPA, mais celle du PCF dans les régions où le parti socialiste est pour l’ouverture au MODEM.

Au soir des résultats des régionales, c’est notre résultat au plan national qui sera analysé et qui sera un signal ou non pour les couches populaires. Par contre se fondre au 1er tour dans des listes avec le parti socialiste, c’est le sauver et nous faire disparaître.


Intervention de Pasquale NOIZET

Nous voici de nouveau entrés dans une période électorale avec pour enjeux la reconnaissance des propositions communistes, et des dispositions de large rassemblement à gauche que, pour ma part, j’envisage pour le second tour. Outre le fait qu’il nous faut avancer des propositions concrètes en phase avec la demande sociale, il s’agit de ne pas cacher aux militants et aux citoyens lambda qu’il y a péril en la demeure. La réforme des collectivités territoriales est une atteinte à la démocratie. Je vais rappeler succinctement les conséquences les plus graves de cette réforme :

Affaiblissement ou disparition des prérogatives des élus municipaux, départementaux et régionaux au profit d’intercommunalités, de « grandes communes », de métropoles, et pleins pouvoirs aux préfets pour élargir leurs compétences au dépens des communes et des départements . Cette réforme implique la création autoritaire de nouvelles entités institutionnelles aux doux noms de métropoles, type « Grand Paris » et de communes nouvelles aux dépens des institutions qui font vivre la démocratie locale en France depuis la Révolution française. Il s’agit d’une manœuvre pour éloigner les citoyens de leurs élus sur un territoire de proximité,  pour mener sans contrôle une politique libérale supra nationale dictée par les cadres institutionnels de l’Union Européenne clairement identifiés comme étant une Europe des régions. Il s’agit à terme de faire éclater le cadre national et de mettre tous les territoires en concurrence en développant des métropoles et des super-régions dotées d’autonomie.

Le mode de scrutin préconisé (scrutin uninominal à un tour) est clairement choisi pour éliminer les élus de notre parti.

Il est de notre responsabilité d’interpeller sur cette réforme les citoyens et de réclamer un référendum. Laurent Fabius, l’Éléphant le moins libéral du PS l’a fait, alors qu’attendons-nous pour demander ce référendum et l’accompagner d’un outil d’information pédagogique comme nous avons su si bien le faire lors de la campagne contre la constitution européenne ?


Intervention de Floriane BENOIT

Que ce soit hier, à l'occasion des élections européennes, ou aujourd'hui pour les régionales, la mise en œuvre systématique de la politique d'alliance sous forme de fronts amène de nombreux communistes à s'interroger sur le risque de dilution de l'identité communiste induit par une telle démarche.

Ce risque n'a rien d'invraisemblable. Invitée au conseil départemental de l'Isère, Marie-Christine Vergiat, toute nouvelle députée européenne de la région Sud-est, n'avait pas hésité à se féliciter, en parlant du Front de gauche, de -je cite- "la création d'un nouveau parti".

N'oublions surtout pas que, aux yeux du peuple de France, notre identité communiste symbolise la défense des intérêts de tous ceux qui subissent l'exploitation capitaliste et en souffrent. Elle symbolise l'espérance d'une rupture, même lointaine, avec le système en place.

En décembre 2010, il y aura 90 ans que le Parti communiste français naissait au congrès de Tours. Il naissait de la volonté d'hommes et de femmes de rompre avec une idéologie sociale-démocrate et un Parti socialiste plus soucieux de réformer la capitalisme pour en atténuer les aspects les plus insupportables que de changer radicalement le société et de supprimer l'exploitation des uns par les autres.

Cet anniversaire est une occasion à ne pas manquer. Une occasion de rappeler à l'ensemble de la société pourquoi et pour qui existe le Parti communiste, à quoi et à qui il sert, quels intérêts il défend. En quoi il est différent du reste de la classe politique.

Le mouvement de la jeunesse communiste a décidé de fêter à l'occasion de son congrès l'anniversaire de sa propre création. Je n'ai pas connaissance qu'une initiative d'ampleur soit à ce jour envisagée concernant les 90 ans du Parti. Il n'est pas trop tôt pour en parler, car un tel événement exige une préparation rigoureuse.

En ces temps où la perte des repères idéologiques brouille la conscience de classe et handicape les luttes, nous ne pouvons pas nous permettre de rater ce qui constituera d'évidence un rendez-vous politique majeur.

Cet anniversaire doit être un moment privilégié de réflexion théorique, historique, critique. Une occasion de s'adresser à toux ceux qui attendent de nous des gestes forts. Une opportunité de revivifier la fraternité entre tous ceux qui ont en partage des convictions et un engagement sans compromissions.

Tous ceux qui, en un mot, partagent un idéal. En ces temps de renoncement au nom d'un soi-disant "réalisme", en ces temps où le sentiment de leur impuissance accule par dizaines des salariés au suicide, ce mot devenu trop rare, idéal, mérite de retrouver ses lettres de noblesse.

N'oublions pas en effet que ce sont les utopies qui ont, au fil de l'histoire, permis aux hommes de transformer le réel. En leur absence la société est condamnée à stagner, si ce n'est à régresser.


Intervention de Paul BARBAZANGE

Intervenant 93 ème dans les débats j’ai vu mon temps de parole fortement réduit (il est normal que tous les inscrits puissent parler),  j’ai donc du réduire mon intervention à un style télégraphique, ce qui peut entraîner quelques distorsion; En voici la rédaction précise.

A fin de débats du CN prenons acte d’où se trouve la difficulté. Quels que soient les rassemblements: Liste communiste de large rassemblement, liste Front de gauche plus ou moins élargi; quels que soient le niveau de responsabilités qu’auront à assumer les communistes la question est de savoir quel rôle jouera l’élection et en suite l’action des élus pour la structuration du parti communiste de demain. Des camarades se sont exprimés sur la situation en Languedoc Roussillon, la brutalité de l’exploitation capitaliste s’y accentue. G. Frêche et sa majorité régionale tente d’installer à Sète une société organisant l’exploitation coloniale des agriculteurs palestiniens spoliés de leurs terres… Sarkozy fait détenir pendant 72 H trois de nos camarades dirigeants de la cellule communiste de Saint Pons section de Béziers par la division nationale anti-terroriste … il est vrai que ces militants ont su rassembler et porter des coups aux exploiteurs locaux.  Les violences de la classe dominante, (voir aussi ce qui se passe à EDF), la profondeur, la généralisation de la crise nous imposent  une autre politique, d’autres rassemblements, des élus se comportant de façon nouvelle, ne craignant pas de désobéir aux règles institutionnelles, dans son introduction Marie Georges a employé la formule : « Cultiver les fleurs de la désobéissance » ma formule est  certes moins poétique, elle à le mérite d’être au cœur du débat sur la gestion à venir. Nos élus doivent redevenir des  militants de base rendant en permanence des comptes à leurs camarades de parti. Nos camarades ressentent de plus en plus ces besoins, les expriment, disent qu’il faut rompre avec les dernières décennies d’accompagnement réformiste.

Cette expérience politique formalisée chaque fois que le parti continue à s’organiser en proximité- fait beaucoup plus que les foucades de G Frêche la situation régionale.

Ce triste sire n’est que n’est que la pointe la plus brutale de la politique nationale et européenne d’accompagnement de la crise par le PS et les sociaux-libéraux. Il a promu avec des responsables  communistes hélas ! le Modem à Montpellier, il développe à l’envie l’anti communisme de base. Ceux d’entre nous qui n’ont pas mesuré à temps cette réalité sont disqualifiés pour organiser au quotidien la politique communiste et toute liste sur laquelle figureront les communistes au plan régional.

Mesurons que des forces et leur expression électorale existent pour faire face : militants communistes se dégageant des échecs reconduits à satiété de la gauche plurielle et d’autres ailleurs dans diverses organisations qui tentent d’échapper à l’emprise de l’idéologie dominante et des pratiques institutionnelles.

Contribuons aux rassemblements possibles. Au premier tour, en veillant à ce que la place des communistes corresponde à leur influence politique et électorale: En Languedoc Roussillon la première et à ce qu’au second tour, sur la base des résultats conquis le rassemblement pour la rupture avec le capitalisme soit justement représenté composante communiste comprise, participe de ce fait à la victoire de la gauche et puisse oeuvrer à la gestion de la région en toute indépendance.

Il incombe aujourd’hui aux communistes dans leurs organisations de base et d’abord là de décider des positionnements dans les luttes, des rassemblements électoraux et de leur pratique militante et organisationnelle.

Je conclurai sur ce point la démocratie et les conditions de sa mise en œuvre dans le parti : la gestion nationale des cartes, la « carte plastique » comme on dit dans les cellules est ingérable : trop d’erreurs matérielles et de retards, trop de manques d’ordre divers et ce ne sont pas les camarades qui travaillent à leur confection et leur transmissions qui sont en cause … Revenons à la remise des cartes immédiate par  la cellule ou la section, revenons à la souveraineté des communistes dans leurs organisations de base, cellules et section.  Des milliers d’adhésions en dépendent, la vie du parti aussi.  L’expérience hypercentralisatrice est faite. C’est un échec, avec le congrès corrigeons.

Conseil national du 4 septembre 2009
Intervention de Jean Jacques Karman

Marie-George a raison de déclarer, dans l’Huma, que la préoccupation première des travailleurs, c’est la crise du capitalisme et son cortège de licenciements et non la lutte des places pour les prochaines élections. Oui Marie-George, je suis d’accord avec toi, il faut interdire les licenciements et je te site « se prononcer clairement pour des nationalisations ». Mais alors, pourquoi ne va-t-ont pas au bout du raisonnement, en proposant des initiatives contre les licenciements, à la hauteur de la gravité de la situation, comme par exemple une marche unitaire, sur Paris, pour l’interdiction de tous les licenciements ?

On ne peut pas critiquer certaines formes de lutte, si nous mêmes et les directions syndicales ne sont pas à la hauteur de la situation. Pendant mes vacances j’ai été à Châtellerault à la manif pour soutenir les travailleurs de l’entreprise Fabry. Les communistes du coin étaient présents avec des drapeaux du PCF, c’est très bien mais aucune direction syndicale nationale, comme l’a souligné le secrétaire de la CGT de l’entreprise. Mieux une dirigeante nationale de la CGT de passage dans ce secteur fin aout a critiqué la lutte des Fabrys. Pour moi c’est une honte, au mieux elle devrait se taire. Il y a bien un vrai problème pour la lutte de classe au niveau de la direction nationale de la CGT. Et malheureusement le problème est aussi au niveau de la direction actuelle de notre parti, car celle-ci ne va pas au bout de son raisonnement, elle s’arrête au milieu du chemin. C’est une position centriste entre réformistes et révolutionnaires. L’exemple des licenciements est parlant, mais aussi sur la question des alliances. Un non au Modem est une position juste mais elle n’a de sens que si nous construisons un Front de Gauche de classe c’est-à-dire anticapitaliste, en refusant clairement toutes alliances avec des partis convertis à l’économie de marché capitaliste, donc en disant clairement non à des alliances au 1er tour avec le Parti socialiste pour les élections régionales. Construire le Front de Gauche anticapitaliste, pour les communistes, c’est être les meilleurs, la force propulsive de ce Front de Gauche et non comme parfois actuellement être à la remorque des initiatives du Parti de gauche, comme par exemple l’élargissement de celui-ci au NPA et à d’autres de la vraie gauche. Construire un vrai front de gauche c’est tout le contraire d’un retrait de l’organisation du Parti communiste. Pour réussir il faut aussi un Parti communiste fort, antistalinien, branché sur le marxisme novateur. En cette rentrée, beaucoup disent, de nouveau, que Marx avait raison. Le marxisme est bien, en effet, l’idée la plus neuve de notre époque.


Intervention de Caroline Andreani

Les élections régionales sont un moment important de la vie politique. Mais ce dont nous avons besoin, c'est d'un bilan des élus communistes dans les régions, et d'un programme, d'idées de propositions.

Le Pcf a tout intérêt à bien réfléchir aux alliances dans ces élections. Je ne suis pas contre a priori des alliances du type « front de gauche anticapitaliste », sur un contenu défini avec des partenaires. Cela ne doit pas empêcher, par ailleurs, le Parti de mener campagne sur ses propres propositions : nous devons être capables, comme au moment des élections européennes, de mener de front une campagne unitaire et de défendre nos propositions.

Par contre, je suis opposée au principe d'une alliance globale pour les régionales, les présidentielles et les législatives comme le propose JL Mélenchon : à terme, cela serait la dissolution du Pcf.

Les régionales ne sont qu'un moment dans la vie politique. Ce qui est beaucoup plus important, c'est la crise du capitalisme. Elle s'aggrave chaque jour, et c'est le monde du travail qui en est la principale victime. On parle de certaines fermetures emblématiques : les Conti, Goodyear, etc. Mais chaque jour, ce sont des dizaines de petites entreprises qui ferment, ces centaines de personnes licenciées. Face à cela, nous devons avoir un discours clair et des propositions. L'interdiction des licenciements me paraît être une bonne formule. Mais il faut aller au delà.

Par exemple, cet été, plusieurs usines de cartonnage, dont le capital est détenu par des fonds de pension américains, ont été fermées parce que ces fonds estimaient que l'activité n'était plus rentable. Mais faut-il que le capital de ces usines soit détenu par des fonds de pension US pour qu'elles fonctionnent ? En quoi est-il essentiel que le capital américain fasse main basse sur des usines et les ferment dans le cadre de leur stratégie de redéploiement de production à l'échelle internationale ? Je pense que nous aurions tout intérêt de réfléchir à des propositions concrètes de reprise et de maintien de l'activité industrielle.

Dans les années 70, les LIP avaient refusé la fermeture de leur usine et poursuivi leur activité en coopérative. Ils ont échoué parce que le capital a tout fait pour. Mais dans les circonstances actuelles, avec l'approfondissement de la crise, nous devons être en mesure de proposer des solutions alternatives audacieuses. Déplorer les fermetures de sites et de soutenir les délégués syndicaux et les salariés qui se battent pour de meilleurs plans sociaux, c'est normal mais insuffisant face aux enjeux actuels. Proposons partout où cela est possible le maintien de l'activité par les salariés, en réquisitionnant l'outil de production, et exigeons la sanction des patrons-voyous.


Intervention de Marie-Christine BURRICAND

Que nous propose-t-on aujourd'hui ? Libérer le courant révolutionnaire de la tutelle du PS, ouvrir une alternative de transformation sociale ? Il me semble qu'il s'agit plutôt de remplacer une tutelle par une autre en enfermant le PCF dans une alliance obligée avec le Front de gauche dont le Parti de gauche est le principal bénéficiaire. A moins qu'il ne s'agisse d'une gestion à courte vue de la situation électorale pour justifier à priori des positions à géométrie variable ?

N'occultons pas ce que veut Mélenchon, le Front de gauche à toutes les élections jusqu'en 2012 ! Sommes-nous en train de renoncer à présenter partout et à chaque élection des candidats du PCF ?

De même, en ce qui concerne les luttes, allons nous reproduire le scénario de ces derniers mois qui a finalement permis au patronat et à Sarkozy de reprendre la main ?

Je regrette aussi que le rapport n'ait pas abordé la criminalisation de l'activité syndicale, exprimé notre solidarité aux salariés qui sont en train de tout perdre et, en légitime défense, répondent par la violence à la violence du capital.

L'hypothèse de listes autonomes du PCF n'est pas mise en débat.

Le rapport nous parle d'élus communistes et d'offre politique à gauche mais fait l'impasse sur la nécessaire remontée de l'influence du PCF.

Les camarades qui en 2004 avaient fait le choix de listes communistes dans leur région vont-ils devoir y renoncer ? C'est une logique de dilution.

Le refus de former un groupe communiste à l'Assemblée nationale, Marie-Christine Vergiat coordinatrice des élus européens, cela aussi s'inscrit dans une logique de dilution.

Nous nous enfermons dans une vision limitée à notre place dans les institutions. Quand engageons-nous la bataille idéologique au niveau nécessaire, c'est à dire au-delà de ce qui se conçoit dans les institutions ?

On nous parle beaucoup de projets pour les régions. Mais ces projets n'ont de sens que si nous les plaçons dans un projet de rupture avec le capitalisme.

Enfin, pensons-nous pouvoir faire l'économie des explications nécessaires avec les citoyens, quant à nos alliances à géométrie variable ?

Prenons l'exemple de Rhône-Alpes. Depuis 10 ans nous gérons la région avec le PS sans avoir jamais bougé une oreille. A Lyon, nous participons à une majorité ouverte à des transfuges du MODEM. A Grenoble, nous participons à une majorité ouverte au MODEM.

En Rhône-Alpes, relevons-nous le pari d'une liste de large rassemblement conduite par un communiste ?

Enfin, pas de calendrier bâclé : les communistes doivent pouvoir décider.


Intervention de Pasquale Noizet

Il est beaucoup question de la politique de la gauche, des régionales et moins du mouvement social, des attentes du peuple que je ne considère ni de gauche ni de droite mais dans toute sa diversité avec sa somme de malheurs : chômage (9,5%), pression et chantage patronal,souffrance au travail qui a pour conséquence maladie, suicides (télécom), école au rabais, droits du travail en régression, déshumanisation à tous les niveaux de la société que ce soit vis à vis des étrangers vivant en France, y compris les enfants. Folie des grandeurs des décideurs financiers et mépris vis à vis de celui qui ne possède rien sinon sa force de travail et encore lorsqu'on ne le rejette pas car ou trop jeune ou trop vieux ou trop diplomé ou pas assez. Bref une crise qui s'étire depuis des années, et aujourd'hui exprime avec force l'injustice criante d'un système capitaliste en éternelle recomposition faute d'une réponse anticapitaliste crédible.

Alors excusez moi du peu, mais les régionales et la reconstruction de la gauche, oui, bien sûr, c'est important et comme le souligne à juste titre Pierre Laurent il y va de la reconquête du développement des services publics, des transports, de l'éducation, du logement etc. Mais dans le contexte du traité de Lisbonne, les régions ne sont qu'une manière de plus d'affaiblir la souveraineté de notre pays, elle jouent contre le national et le local, les deux lieux d'une politique démocratique. Rappelons nous : notre parti sous son propre drapeau a obtenu plus de voix dans la moitié renouvellable des cantons en 2008 que le Front de Gauche en 2009.

L'Europe libérale est bien l'une des pierres de touche de la politique de Sarkozy et aussi du PS, voué à la gestion de ce système qui pour lui semble pouvoir fonctionner à 2 vitesses. Que voulons nous au juste, nous les communistes? Des fronts d'actions à gauche ? Mais cela n'a-til pas toujours été ainsi pour le parti communiste qui a toujours voulu le rassemblement? En quoi innovons nous? Ne sommes nous pas une fois de plus en train de nous fourvoyer sur tous les fronts d'actions dont nous ne tarissons pas mais où je ne vois pas concrètement l'effet positif et constructif sur notre société, au service des Français qui souffrent de ce système qui perdurent dans l'iniquité?

J'entends les propositions de riposte mais suffisent-elles face à l'offensive capitaliste?. Je le demande ici : allons nous proposer au premier tour des régionales, des actions concrètes et communistes? Si nous voulons que ce front de gauche porte au-delà d'un petit cercle d'amis (Mélenchon est sympatique mais il ne représente pas grand chose que sa propre ambition!), il doit relayer avant tout le mouvement social et non chercher à gérer au coup par coup un héritage électoral. C'est parce que notre parti a su le faire autrefois qu'il est devenu une force, et qu'il a eu des élus, et non l'inverse.

Conseil national des 19 et 20 juin 2009
Intervention de Pasquale Noizet

Nous ne pouvons que nous réjouir d’avoir conservé trois députés communistes aux élections européennes mais ne nous faisons aucune illusion sur leurs possibilités réelles d’intervention.

Les 60% d'abstention nous rappellent les 55% du « non » à la constitution européenne et nous ramènent au réel, à la crise qui touche de plus en plus de catégories sociales et professionnelles et que le capitalisme utilise pour se renforcer.

Je rêve d’un Parti communiste français qui place toute son énergie au service du peuple pour changer radicalement la société. Je rêve d’un Parti communiste qui défend une ligne résolument anti capitaliste et marxiste, et dont la vocation ne se limite pas à construire des fronts politiques d’élection en élection. Faire vivre et renforcer le parti à travers les luttes pour  répondre aux aspirations populaires, tel doit être notre objectif principal.

Les citoyens n’ont plus confiance. De déception en déception, ils croient de  moins en moins en la capacité des partis politiques à redonner espoir en l’avenir. Le peuple en a marre et il a ses raisons. Elles sont légitimes. Elle  est bien loin la victoire du  Front populaire, et elles ont bien fondu les avancées sociales acquises par nos grands parents !  La crise créée par les capitalistes n’atteint pas tout le monde de la même manière. Ceux qui restent sur le pavé ne sont ni des grands patrons ni des banquiers mais des travailleurs, des précaires, des chômeurs. Il est temps pour notre parti d’accompagner le réveil douloureux qui s’exprime dans les luttes qui traversent  la France et qui réunissent aussi des salariés du privé.

L’appel des 8 syndicats pour une journée d’envergure le 13 Juin a fait un terrible flop. Il est temps de regarder en face ces échecs syndicaux successifs. Cet échec est aussi le nôtre, celui du PCF qui a du mal à proposer une ligne claire en cette période sociale très critique qui est un défi pour nous, le  défi de proposer une alternative politique, non de compromis et de consensus mous des diverses gauches mais un projet de société radicalement neuf basé sur la critique marxiste du système capitaliste, qui actuellement fait l’objet d’une remise en question dépassant nos propres rangs.

Les  initiatives pour populariser les propositions de loi des députés communistes - notamment contre les licenciements et les délocalisations - sont en effet ce que nous pouvions faire de mieux dans cette période où il n’était question que d'Europe. Mais au-delà des élections quelles propositions avons-nous ici et maintenant ? C’est le moment ou jamais de mettre en œuvre une grande campagne nationale sur l’hôpital, la poste, la casse du service public, et une mobilisation générale contre les licenciements, sur le terrain, dans les entreprises et à leur porte, avec le peuple et ses élus, à étendre dans toute la France.

J’ai souhaité participer à une commission mais je n’ai eu aucun retour à ma demande. Notre fonctionnement interne est trop opaque. Nous parlons ici de contenus, d’initiatives mais quels moyens nous donnons nous collectivement pour les mettre en œuvre ? J’attends une réponse concrète.


Intervention d'Eric Jalade

Sur la question des élections européennes.

Les résultats sont dans notre département appréciés globalement de manière positive par les camarades, avec les remarques dont je voudrais vous faire part.
Dans l’ensemble, la liste du Front de Gauche obtient en moyenne 2,5% de plus que la liste communiste en 2004, avec un gain d’environ 3000 voix. Sans entrer dans le détail, quelques observations générales :
Les meilleurs résultats ont été obtenus dans les communes où nous avons une forte influence, où nous sommes en responsabilité : ainsi à Saint-Benoît de Carmaux, dans le Bassin Minier, nous passons de 24,8% à 35%, à Labastide-Rouairoux, de 16,5% à plus de 23%. Cela correspond aussi à des secteurs où des luttes se sont déroulées, notamment avec l’implication des communistes et de leurs élus, pour la défense du Service Public (de la Poste, de l’école…).
Cela dit, l’abstention est plus forte et les progrès sont plus mesurés, là où notre électorat est davantage composé d’actifs, de salariés, plus jeune.
Le Parti Socialiste perd 13,5% et 16 000 voix, à 18%, la droite mobilise son électorat (l’UMP atteint 26,5%) sans retrouver le total en voix et en pourcentage de 2004. La liste Europe Ecologie, même si sa progression est moins spectaculaire qu’au plan national, progresse d’environ 6%.
Evidemment la caractéristique majeure de ce résultat, c’est bien entendu l’abstention (à près de 52% dans le Tarn, soit près de 2 points de plus qu’en 2004), dont le niveau, est, on a pu le vérifier par bureaux de vote, notamment en ville, bien plus élevé dans les quartiers populaires et dans les bureaux où le « non » avait réalisé ses meilleurs résultats.
C’est un fait politique majeur sur lequel nous devons vraiment porter toute notre attention.
Sur l’électorat proprement dit, on peut considérer qu’il provient en grande majorité de l’électorat communiste, avec un apport lié à la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui a permis de mordre un peu sur un électorat traditionnellement socialiste.
Nous ne progressons pas vraiment dans les milieux populaires et dans le monde du travail, alors que dans le même temps, beaucoup de responsables et de militants syndicaux, avaient signé l’appel à voter.
Cela fait partie des contradictions sur lesquelles, là encore, il va nous falloir travailler : la non-traduction de la colère et de la mobilisation sociales dans un vote massif, alors que ce mécontentement et ces luttes restent - même de manière moins forte qu’en janvier ou en mars - une donnée permanente dans notre pays.
Pour notre part, nous avons veillé, tout au long de la campagne à relier le vote communiste au vote Front de Gauche, avec, dès que nous le pensions nécessaire, une expression du parti, ainsi, dans la dernière semaine, sur le risque que l’abstention, au final, laisse les mains libres à Nicolas Sarkozy et au gouvernement pour suivre les recommandations du Conseil de l’Union Européenne « dans la voie de la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles ». Peut-être aurions nous dû faire davantage sur cette question et sur le prolongement du « non »  du 29 mai 2005, à l’occasion de ce scrutin.
L’implication des communistes de notre département a été satisfaisante dans la campagne, où notre démarche a été de relier identité et expression du PCF et rassemblement, démarche unitaire.

Sur les axes de travail proposés, je me félicite de la proposition de continuer la bataille du parti et une pétition pour populariser nos propositions et particulièrement celles des députés communistes, dans le prolongement du 28 mai. La défense de l’emploi, des salariés est totalement en phase avec les préoccupations quotidiennes des gens, on a pu le constater dans les luttes et aussi le 13 juin. Réfléchissons à des initiatives audacieuses pour la défense de l’emploi industriel. Les suppressions d’emplois dans ce domaine (dont le rythme s’est considérablement aggravé avec la crise) pèsent aussi beaucoup sur les consciences, il engendre du fatalisme, alimenté par l’expérience d’échecs successifs dans ces batailles.
Les luttes pour la défense des services publics (La Poste, l’Hopital, l’école …), pour la défense du statut de la Fonction Publique et de l’emploi, sont aussi décisives pour notre peuple.
Une absence toutefois dans ces axes ; c’est celle de la bataille pour la Paix, le désarmement et la sortie de la France de l’OTAN. Sur cette question, nous pouvons rassembler très largement dans la population, c’est un choix de société fondamental qui se pose à travers cette question de la paix et elle est au cœur de notre idéal communiste. Nous devons redevenir le « parti de la paix ».

J’en viens à la question du parti
Il nous faut, me semble-t-il, dissocier les questions du rassemblement et celle des transformations du parti, qui découleraient, selon certains, mécaniquement, du succès du Front de Gauche.
Un camarade de notre fédération a participé à la première réunion de la commission. Nous souhaiterions avoir des éclaircissements sur le périmètre et la nature des transformations qui vont être proposées.
En tout cas, s’il y a une préoccupation qui doit être la pierre angulaire de nos réflexions : c’est de savoir comment tisser à nouveau des liens étroits avec le monde du travail, avec les quartiers populaires, alors qu’ils sont terriblement impactés et fragilisés par la crise, la montée du chômage et la précarité.
En tout état de cause, a fortiori dans les conditions actuelles - qui sont celles d’une crise systémique majeure du capitalisme – je ne crois pas à un avenir pour une force « post-communiste » métamorphosée, à l’identité et au contenu flous, fussent-ils mâtinés de poésie. Il n’y a pas un exemple au monde où une mutation génétique d’un PC conduise au succès, y compris sur un plan électoral.
En revanche, il y a un avenir pour un parti communiste pour peu qu’il joue pleinement son rôle de parti révolutionnaire, sur des bases de classe, dans toutes ses dimensions – dans les luttes comme dans les institutions – dans la perspective d’un socialisme du XXIe siècle.


Intervention de Floriane Benoit

Le rapport de Pierre Laurent a évoqué, trop brièvement, l'ampleur de l'abstention. Un phénomène récurent qui nous impose de réfléchir à la responsabilité qui nous incombe pour parvenir à convaincre les citoyens, les salariés notamment, de réinvestir le terrain de la politique, et cela pas seulement lors des échéances électorales.

Jean-François Taldéï l'a souligné dans son intervention, dans ce contexte "la réimplantation d'organisations du Parti dans les entreprises est une tache prioritaire". N'oublions pas en effet que c'est sur le lieu de travail que les salariés sont ensemble le plus directement confrontés à un capitalisme dévastateur et sans merci. Ils en font l'expérience concrète et permanente au travers de leurs conditions de travail qui génèrent notamment un stress de plus en plus destructeur, de salaires qui trop souvent leur permettent à peine de survivre, et de vagues de licenciements qui brisent des vies.

C'est aussi au sein de l'entreprise que les salariés ont le plus d'opportunités de toucher du doigt et de mesurer la convergence de leurs intérêts d'exploités par un système qui nie l'homme. Mais cette prise de conscience n'a rien de spontané. Le syndicalisme n'y suffit pas, en témoignent entre autre les difficultés du mouvement social de ces derniers mois à s'inscrire dans une perspective politique. La conscience de classe implique l'institution sur le lieu de travail d'un débat idéologique permanent, au sein duquel les communistes ont un rôle majeur à jouer.

Mais encore faut-il pour cela qu'ils soient présents et actifs, qu'ils soient organisés en tant que Parti dans les entreprises, ce qui malheureusement a cessé le plus souvent d'être le cas.

Il y a donc, dans ce domaine, du pain sur la planche et il est temps de passer à l'acte. Et de discuter ensemble des moyens que nous allons nous donner pour y parvenir.


Intervention de Alain de POILLY 

Quelles leçons tirer de l'élection européenne
D'abord sur le plan européen,
L'abstention de 57 % des électeurs en Europe démontre que les citoyens européens, non seulement ne croient plus à l'europe actuelle, mais qu'ils ne croient plus non plus que l'on puisse changer cette Europe à partir du parlement européen.
Nous avons 5 députés européens, qui doivent beaucoup à la bonne mobilisation des militants et des élus de notre parti. Je pense que ces 5 députés vont faire un excellent travail. Mais il faut voir la réalité en face, ce n'est pas avec 5 députés du Front de Gauche et un groupe de la gauche unitaire européenne de 34 députés sur 736 députés européens, que nous allons pouvoir tenir notre promesse électorale de faire une Europe sociale par la voie parlementaire.
Notre parti ferait bien de rouvrir le débat sur notre stratégie politique vis à vis de l'Europe. En effet l'expérience démontre que le niveau le plus efficace pour remettre en cause le carcan ultra-libérale de cette Europe reste la nation, comme en 2005 lors du référendum.

En suite sur le plan national
Le Front de gauche avec 6,5 % des suffrages exprimés ne fait guère plus que le Parti communiste en 2004 avec 5,9 % . Visiblement il n'a pas créé la dynamique d'union attendue.
Pourquoi ?
D'abord parce que l'union ne se décrète pas par des accords au sommet, nous l'avions déjà expérimenté lors de l'élection présidentielle, l'union se construit dans le temps, dans les luttes, dans les consciences, autour d'un projet de société.
Ensuite parce que ce Front de Gauche s'est comporté comme un nouvelle force de gauche, force qui si elle n'a pas réussi à capter l'électorat populaire à réussi à faire disparaître le parti communiste des débats électoraux
Aussi, la question aujourd'hui ,ce n'est pas, faut il poursuivre ou non le Front de Gauche ? mais quel rôle doit jouer le Front de Gauche dans l'avenir.
En effet, ce Front de Gauche ne doit pas devenir un obstacle à une union plus large, ne cherchons pas à faire rentrer à tout prix dans ce Front de Gauche les formations politiques anticapitaliste qui s'y refusent. Ce ne doit pas être le Front de Gauche ou rien.
Ne nous enfermons pas dans un front de Gauche qui se résumerai à un tête à tête Parti communiste, Parti de la Gauche, cela entretiendrai la confusion sur une fusion à la Die Linke, objectif affiché par Mélanchon et certains de nos dirigeants.
Notre parti a besoin de retrouver son identité pour donner un prolongement politique aux luttes. Nous l'avons vu lors de cette élection, il ne suffit pas qu'il y ait des luttes de haut niveau pour que cela se traduise dans les urnes, faut il encore que ceux qui luttent, acquièrent une conscience de classe, là est l'utilité du parti communiste.
En conséquence le peuple de gauche aujourd'hui a plus besoin d'un front de luttes anticapitalistes porteur d'un projet de société qui rassemble toute la gauche anticapitaliste, que d'un Front de Gauche qui se réduit à mettre en place une nouvelle force de gauche qui se substituerait au parti communiste dans tous les scrutins à venir.
Après la fusion disparition mise en échec lors de notre 34 ème congrès, ne mettons pas en place avec le Front de Gauche la disparition sans fusion.
La direction du parti propose de poursuivre le Front de Gauche, alors faut il présenter des candidats du front de gauche aux élections régionales? Comme aux élections européennes. Je pense que cette décision qui engage notre existence doit faire l'objet d'un débat dans le parti, effectivement l'existence d'un parti politique est conditionnée par sa présence aux élections.
Nous sommes tous pour poursuivre l'union engagée avec le Front de Gauche, cette union étant indispensable pour changer la société; Le choix n'est donc pas entre union ou repli sur soi, mais entre :
Faut-il faire une union qui implique la disparition du parti communiste dans toutes les échéance électorales à venir ?
ou
Faut-il faire une union qui implique un renforcement du parti communiste, afin d'affronter les échéances électorales à venir, notamment en présentant au premier tour des élections régionales des candidats du parti communiste, l'union de toutes les forces de gauche se faisant au deuxième tour .
Moi, je suis pour le renforcement du parti communiste, donc pour des candidats du parti communiste aux élections régionales.


Intervention de Dominique NEGRI

Mon intervention porte sur trois points du rapport.

1 - Résultats des européennes et Front de gauche.
Le rapport revient avec insistance sur le succès du Front de gauche, le début de dynamique. Regardons la réalité !
Nous avons maintenu, très légèrement amélioré, le résultat des listes PCF de 2004. C’est essentiellement le résultat de la campagne du PCF, sur la base de leur travail quotidien. Une raison de plus d’arrêter de douter du potentiel des communistes !
Dans notre section, à Saint-Martin-d’Hères, nous obtenons le meilleur résultat de l’agglomération grenobloise.
Mais cela ne peut pas masquer le fait majeur : l’abstention que nous devons analyser avec attention. Je prends 4 bureaux de quartiers populaires de Saint-Martin-d’Hères. Langevin : 69,11% d’abstention en 2009, 72,29% de votes NON en 2005. Barbusse : 68,58% et 75,52%. Paul Bert : 72,07% et 70,07%. Aragon : 71,33 et 71,67%.
C’est clair : l’électorat du NON s’est largement abstenu. C’est bien plus qu’une « défiance » vis-à-vis de l’Union européenne, c’est un rejet de l’UE du capital et le rejet de l’illusion d’une réorientation sociale. Entendons-le et sachons nous appuyer sur lui contre la politique du gouvernement de Sarkozy !
Au final, nous arrivons au même nombre d’élus du Parti. Je me permets de rappeler que les communistes n’ont pas approuvé la répartition des têtes de listes entre les organisations du Front de gauche alors que nous en sommes la seule vraie force politique.

2 – Les conditions du combat politique en lien avec les luttes.
Nous ne pouvons que souscrire à cet objectif du rapport. Mais nous devons constater que le rapport de forces social est resté invisible dans le vote alors que la perspective politique part des luttes.
Aussi, dès à présent, renforçons le contenu politique communiste de nos interventions ! Tout nous invite à mettre en avant nos analyses marxistes. Travaillons à la convergence des luttes !
La privatisation de la Poste est largement rejetée par la population. Avançons la nécessité de la défense et de la reconquête du monopole public, seul garant d’un service public de qualité pour tous. Les directives européennes de marchandisation, de mise en concurrence sont disqualifiées.
La marchandisation de la santé est tout autant refusée. Nous le voyons avec le succès dans notre section de la pétition pour le retrait de la loi Bachelot, pour la défense de l’hôpital public, 1 200 signatures en quelques semaines.
Un PCF bien vivant, visible, actif dans les luttes, utile pour dégager la perspective : c’est le préalable au rassemblement et à l’unité.

3 – Les « transformations » du PCF.
De quoi parle-t-on ? Une « transformation » du PCF est un sujet grave qui doit être pris avec sérieux et demande le temps nécessaire aux débats dans toutes les structures du Parti. Ce n’est pas possible dans le cadre du « congrès d’étape » annoncé par Pierre Laurent, dans la foulée des élections régionales qui auront mobilisé à fond les camarades. Pour ne pas voler ces débats aux communistes, il faut un autre calendrier.
Pourquoi cette précipitation ? Pour forcer une transformation du PCF avec son effacement au sein d’une structuration du Front de Gauche ? Non !
Alors que chaque jour, avec cette crise majeure du capitalisme, la nécessité de l’existence et du renforcement de notre
parti, comme outil politique indispensable pour les travailleurs, se confirme !

Conseil national du 13 mai 2009

Intervention de Paul Barbazange au CN du 13 mai 2009

Le principal risque du vote du 7 est une abstention massive des exploités, pas seulement due au désintérêt, ce sera une abstention relevant d'un choix politique volontaire. Comment assurer au mieux l'intérêt de classe, bien au delà du passage obligé électoral face à la violence de la crise, à son caractère remettant en cause aux yeux de beaucoup le devenir du système ? Nous pouvons dégager une perspective communiste, sans laquelle il n'y aura pas de réelle sortie de crise : mettre en avant l'idée d'un devenir possible en rupture avec l'insupportable présent. Cette nécessité n'est pas en contradiction avec l'idée et la pratique de « Front(s) ». Cette nécessité entre en contradiction avec toutes les « propositions d'accompagnements » que peuvent nourrir beaucoup de nos attitudes, qu'il s'agisse de JC Gayssot se faisant photographier dans le bureau de Dominique Strauss-Kahn à New York en ventant « la qualité du travail du directeur du FMI », futur présidentiable socialiste, ou plus grave, quand chacun d'entre nous laisse entendre dans les luttes ou en politique que des compromis avec le capitalisme sont inévitables. La contradiction n'est pas dans la recherche de rassemblement avec des citoyens différents de nous, elle est dans notre incapacité à porter un message révolutionnaire.
Comme l'écrivait J. Broda, un sociologue hier dans L'Huma :« Le plus grave ce n'est pas Sarko, c'est la dépolitisation des mouvements sociaux. ». Pierre Laurent a bien eu raison de citer une autre phrase de cet article marquant, dans son rapport.

Lors du dernier CN, il y a six semaines, Marie-Georges Buffet nous avait appelé à intervenir en communiste dans la campagne du Front de Gauche. A Béziers, nous nous y sommes consacrés, à notre façon, autour du mot d'ordre « Faisons péter l'Europe capitaliste ». L'observation des expériences est qu'en toutes circonstances, ce mot d'ordre communiste, adapté à la situation électorale, est compris, aussi bien dans les escaliers HLM que dans un débat universitaire. Partagé, il suscite des interrogations constructives.

Le 1er mai, ce mot d'ordre, allié dans la manifestation à la faucille et au marteau... il nous a permis de donner du contenu derrière et à côté de la banderole du Front de gauche auxquels quelques-uns du PG et d'ailleurs auraient bien voulu nous limiter.

Même constatation lors du meeting de Mélenchon : le tract de la section du PC et les pancartes autour de ce mot d'ordre ont été bien vécus surtout quand après un discours dont nous aurions quasiment pu reprendre l'essentiel, Mélenchon s'est cru autorisé à conclure par « le vote inévitable à gauche aux seconds tours » au nom de la discipline républicaine... alors qu'il est tête de liste dans une élection à un tour. Cette formulation a, au moment où elle a été faite et que Bayrou se prépare, ouvert quelques yeux !

Quant aux communistes encartés ou non, constatons qu'ils se retrouvent dans la combativité de classe exprimée par ce mot d'ordre, certains, trop peu encore, retrouvant le chemin de la ré-adhésion au PCF. Nous en sommes à 20 adhésions depuis janvier dans ma section.
Quand l'énorme majorité d'entre nous s'interroge et le dit sur la « lisibilité » de notre politique, constatons que l'expression autonome de l'organisation de classe, loin de nuire aux rassemblements, y donne de la couleur et du tonus.


Intervention de Pasquale NOIZET

1 - Seulement un jour à l'avance, un dossier de 25 pages intitulé UNION EUROPENNE/MONDE est parvenu aux membres du Conseil National afin d'être porté à la discussion à l'ordre du jour. Le débat sur le fond n'est pas possible, les délais n'étant pas suffisants pour que nous puissions prendre en compte ce document. La date du Conseil National ayant été modifiée et avancée, un grand nombre d'entre nous n'ont pu être présents.

2 - Dans ce document, l'idée que l'Union européenne ait une politique étrangère n'est pas contestée dans son principe, alors qu'il s'agit d'un empiètement sur les prérogatives centrales de la souveraineté des États membres ! Sa mise en œuvre, même dans le cas de bonnes propositions, aboutirait à créer une supranationalité au détriment des peuples des États membres. La mise en avant de ces bonnes demandes dans un cadre européen (par exemple sur la Palestine), vu le rapport de force défavorable, aboutira à la confiscation du débat au détriment des parlements nationaux et à crédibiliser les décisions libérales et impérialistes qui les auront facilement mis en minorité.

3 - Le constat est juste d'une Europe libérale inféodée aux États Unis, organiquement liée à l'OTAN, et en déficit de démocratie. Seulement, je ne vois pas comment nous pouvons améliorer une construction purement capitaliste et anti-démocratique sans un projet de socialisme.
La solidarité internationale ne doit pas prendre la forme d'une ingérence aussi bien intentionnée soit-elle, dans la politique intérieure des pays concernés. Sinon nous risquons de basculer dans le paternalisme néo colonial.
Toute forme de solidarité concrète avec les mouvements ouvriers progressistes et révolutionnaires du monde est absente du document.

4 - Je relève néanmoins quelques points positifs :

  • demande de levée du blocus de Cuba,

  • appel à la responsabilité et renoncement à soutenir le séparatisme tibétain en ce qui concerne la Chine,

  • position juste sur la Palestine,

  • dissoudre l'OTAN, c'est souhaitable, mais plutôt que d'attendre les calendes grecques, je propose que nous commencions par contribuer à en faire sortir la France !


Intervention d'Alain DE POILLY

D'abord je tiens à préciser pour être bien compris, qu'il faut tout faire pour faire élire un maximum de candidats de la liste de Front de Gauche.
Par contre, il faut le dire, cette campagne des européennes engendre des effets contradictoires :
- d'un coté, les camarades sont pour un front de gauche
- de l'autre, ils regrettent la disparition dans cette campagne du Parti communiste.

Dans notre électorat, certains font la confusion entre la gauche et le Front de Gauche : ils pensent bien sûr à tort que le Front de Gauche est le nouveau parti de Mélanchon. D'ailleurs à ce sujet, je dois dire que Mélanchon entretien cette confusion. Dans plusieurs journaux, il a déclaré, notamment dans Le Monde du 4 mai : « Mon objectif est de poursuivre ce front de gauche, un peu comme Die Linke en Allemagne ». Or Die Linke est la fusion dans un seul parti de l'aile gauche du PS allemand de Oskar Lafontaine et du PC allemand.

Aussi, j'ai une question à poser à Marie Georges Buffet ou à Pierre Laurent : la direction du Parti partage-t-elle l'objectif de Mélanchon sur la suite à donner au Front de gauche après les élections européennes ? Car dans ce cas cette élection européenne serait un vrai piège pour les communistes.

En effet, si le Front de Gauche fait un bon score, la preuve est apportée que le Front de Gauche est la solution d'avenir comme le préconise Mélanchon. Ou le Front de Gauche fait un mauvais score et la preuve est apportée que le Parti communiste, qui est à l'initiative de ce front, est en perte d'influence et qu'il est temps de le métamorphoser en une force de gauche, comme cela à été dit par certains après l'échec de l'élection présidentielle.

C'est à dire que dans les deux cas, le Parti communiste joue perdant/perdant. Je tiens à le dire aujourd'hui, pour qu'on nous refasse pas la coup du déclin du Parti communiste comme après les présidentielles. Il ne s'agira pas dans cette élection de conclure à l'échec du PCF, mais à l'échec d'une stratégie électorale et politique, sur la forme à donner à l'union des forces de gauche.

Conseil national des 28 et 29 mars 2009
Intervention de Caroline ANDREANI (débat sur la réforme Balladur)

La réforme préconisée par le comité Balladur-Mauroy pose de nombreuses questions aux communistes. Tout d'abord, le nom de Mauroy est rarement cité, ce qui constitue une erreur d'appréciation. Car il faut bien comprendre que le Parti socialiste est en grande majorité pour cette réforme. Il n'y a qu'a voir le grand Paris de Delanoé ou Lille-Métropole de Martine Aubry.

Deuxièmement, cette réforme s'inscrit dans la construction de l'Union européenne. Quels sont les objectifs de la réforme : en premier lieu, refondre le cadre institutionnel français en supprimant les 36 000 communes pour les recomposer dans le cadre de grandes intercommunalités. En second, supprimer l'échelon départemental. On substitue le cadre institutionnel communes-départements-régions-Etat au cadre intercommunalités-grandes régions-UE.

C'est très exactement le cadre institutionnel voulu par l'Union Européenne, qui aboutit non seulement à supprimer l'échelon communal -qui reste le plus démocratique-, et à confier les prérogatives de l'Etat aux grandes régions.

Dans ce cadre, nous sommes une fois de plus confrontés à une contradiction politique. Car accepter la construction européenne, comme le fait le Parti de la gauche européenne et donc le Pcf, c'est accepter cette réforme institutionnelle. La refuser, c'est remettre en cause un des fondements de l'Union europeenne.

Car après tout, pourquoi vouloir réduire l'Etat français, centralisé, héritier de l'Etat jacobin, à un Etat de type fédéral ? Tout simplement pour détruire le cadre national, qui est par essence le cadre privilégié de la résistance populaire. Idem en détruisant les communes, on réduit un échelon démocratique essentiel. Le tout vise à affaiblir la résistance des peuples par la destruction du cadre national.

Je pense que si nous voulons être conséquents, il faut non seulement se battre contre le projet de réforme Balladur-Mauroy, mais également dénoncer le cadre institutionnel imposé par l'Union européenne, et donc, en dernière analyse, l'Union européenne elle-même.


Jean-Pierre MEYER, section de Sanary, fédération du Var, membre du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (débat sur les élections européennes)

Je n'ai pas l'intention de réanimer le moindre débat, sur les conditions de la définition de notre stratégie relative aux prochaines élections européennes, ni de revenir sur la question de l'opportunité du Front de Gauche, tel qu'il est conçu. Le vin est tiré, il faut le boire, le temps viendra de tirer les analyses. Chaque chose en son temps. Pour l'heure, quoiqu'on pense de tout cela et sans s'interdire de le dire, ce qui importe est de se mettre tous en ordre de marche. Ce n'est pas simple, d'autant que beaucoup de réticence existe chez de nombreux militants. Il nous faut, en conscience, les surmonter. Cependant, encore faudrait-il que ne se rajoutent pas de nouvelles difficultés, aux sources déjà bien réelles des désaccords et des insatisfactions. Ainsi, les conditions de consultation des adhérents souverains, sur la composition de nos listes est absolument inacceptable. Ainsi, pour le Sud-Est et particulièrement pour le Var, comment faire admettre à nos Camarades, qu'ils devaient se prononcer sur une liste incomplète, encore mouvante, dans des délais irréalistes et alors que dans le même temps il était fait totalement litière des points de vue qu'ils avaient exprimé, à savoir : un(e) tête de liste PCF et une candidature varoise au moins dans les dix premiers, pour ce département, qui lors des dernières élections du même type, avait été en 4ème position du nombre de voix recueillies. Il y a un fort sentiment de dénie démocratique interne, qui objectivement ne favorise pas la dynamique militante, même de celles et ceux prêts aux plus gros efforts. Comme l'a déjà fait notre secrétaire fédéral, je demande que des dispositions sérieuses soient prises, pour permettre l'expression démocratique la plus large, de nos adhérents souverains.


Intervention de Paul BARBAZANGE, section de Béziers, membre du réseau "Faire vivre et renforcer le PCF" (débat sur les élections européennes)

A cette étape du débat je rebondis sur les interventions de Marie Georges Buffet et de Yves Dimicoli ; Marie Georges en appelle à notre responsabilité d’intervenir en tant que communiste, sur un contenu communiste, lors des divers moments de la campagne du Front de gauche. Elle nous cite ce qu’elle s’est attachée à faire lors du meeting du Zenith.

Bien, on ne peut être que d’accord.

Mais sortons de l’obsession des pratiques électorales! ¨Pour être en équilibre solide il faut s’appuyer sur deux jambes. L’autre, c’est la présence anticapitaliste des communistes dans les luttes. Cette activité déterminera tout, y compris les résultats électoraux. Dans ma section, les camarades ont participé cette semaine à trois luttes; deux fois sur des grèves salariales, une fois dans la chimie privée, l’autre aux côtés des salariés d’EDF ripostant par la grève à une provocation de la direction au cours des négociations salariales et la troisième au cœur de la luttes de parents d’élèves contre les suppressions de postes. Attardons nous un peu sur cette question: le plus gros plan de suppression d’emplois pour 2009 c’est Sarkozy et les parlementaires UMP, avec les suppressions d’emplois publics, pour eux ça devrait continuer en 2010. Dans les écoles des quartiers populaires ce sont des dizaines de milliers d’enfants privés de leurs maîtres, des centaines de milliers en souffrance comme leurs parents qui sont les seuls « usagers » réellement organisés dans toute la France. Quel espace de luttes si nous exigions un collectif budgétaire pour qu’un maintien ici n’entraîne pas une fermeture ailleurs !

Donc deux jambes dans la lutte des classes; réorienter notre intervention dans le Front de gauche, avoir une activité pleine et entière comme l‘a dit Yves en fonction de la misère populaire produite par la crise. Front de gauche, c’est un minima permis, dépassé par les luttes, allons vers le Front populaire, cela correspond à notre histoire révolutionnaire et même vers le Front de classe, crise oblige. La classe dominante est en difficultés idéologiques, créons lui l’impasse politique. Je termine, en biterrois, les communistes mèneront campagne dans, ce dans est important, le Front de gauche sur le slogan : « Faire péter l’Europe capitaliste ». Il se passe de commentaires devant les entreprises en lutte ou non et dans les escaliers des quartiers populaires, sachons entendre la souffrance des peuples.


Marie-Christine BURRICAND, débat sur la réforme Balladur

Nous pouvons rassembler largement contre la réforme des collectivités locales et faire reculer Sarkozy, la droite et l'Union européenne.
Contrairement à ce qui est développé dans cette réforme, l'attachement des citoyens à leurs collectivités de proximité et à leurs élus est forte.
Faisons nous comprendre en partant du plus proche et du plus visible pour les gens, la commune.
La situation sociale est un atout.
Face à la crise, les collectivités locales que nous dirigeons sont vécues comme les premières sur le front du soutien aux populations.
Menons la bataillle au bon niveau : opposons une logique républicaine, démocratique, sociale et populaire à cette attaque contre la république et la nation.
Car c'est de cela qu'il s'agit. Cela fait plusieurs années que les gouvernements successifs tentent de liquider les institutions républicaines, pas pour plus de modernité, mais pour moins de justice, d'égalité, de démocratie et dans l'ojectif d'en finir avec les acquis démocratiques et populaires de 1789, 1936, 1945, 1968... il faut à tout prix faire rentrer la France dans le cadre des institutions européennes.
Il s'agit de  remplacer le tryptique, commune, département, nation, par le trio métropole, région, Europe, qui renforcera le poids des élites technocratiques et éloignera encore plus le peuple des décisions.N'en doutons pas, l'étape pour le capital aprés cette réforme, c'est la supra nationalité pour liquider la souveraineté populaire et le cadre national.
La bataille contre cette réforme devrait être un point essentiel de la campagne communiste aux européennes.
Enfin, il nous faut éclairer l'objectif du capital de libérer de nouveaux terrains pour la marchandisation et les profits. La casse des services publics -crêches, centres de loisirs, cantines....-, quelle manne pour le capital!

Je suis favorable à ce que nous portions l'exigence d'un référendum sur cette réforme.

Intervention non prononcée de Jean Jacques KARMAN

L’argumentaire pour les élections européennes est catastrophique.

  • Les 80 % des lois votées par le parlement français, qui sont des transcriptions de l’UE, sont présentés comme un fait positif : c’est débile.
  • Le 3ème argument est dirigé contre l’idée de sortie de l’UE. C’est comme si on se tirait une balle dans le pied.
  • Le texte cite les transports, l’énergie, l’automobile et les banques. Mais à aucun moment le mot nationalisation n’apparaît. Sommes-nous, oui ou non, dans la plus grande crise du capitalisme qui peut déboucher sur une situation révolutionnaire ?
  • Pire, le 11ème argument, je cite : « L’UE doit œuvrer à un partenariat stratégique avec les États-Unis pour démocratiser en profondeur l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale. » L’impérialisme US serait devenu un élément de démocratisation ! Mais qui a pu écrire cela ?
  • Rien sur l’interdiction des licenciements. Heureusement que le groupe à l’Assemblée vient de déposer un projet de loi !
  • On ne demande plus la sortie ou la dissolution immédiate de l’OTAN, on reste dedans pour créer les conditions de sa dissolution future. Et maintenant, on défend « l’Europe de la défense » !
  • Rien n’est dit sur l’aménagement du territoire alors qu’en fonction des directives de l’UE, des propositions anti-démocratiques sont faites par le comité Balladur/Mauroy.
Oui, je dis bien Mauroy, car celui-ci en était le vice-président, et qu’il a voté 89 % des mesures avancées, dont celle-ci, je cite : « L’objectif à atteindre est, à terme, que les intercommunalités se transforment en communes de plein exercice, ce qui permettrait à la France de compter des communes fortes, en nombre raisonnable ». Fin de citation. On le voit, avec la suppression des cantons, l’intercommunalité forcée pour toutes les villes, d’ici à 2014, c’est la structure républicaine et démocratique héritée de la Révolution française qui est en cause. A terme, c’est le remplacement de la commune, du département et de la nation par les grandes intercommunalités, les grandes régions et l’UE.

La défense de la république française est aujourd’hui un enjeu de classe et une démarche réellement internationaliste.
Mais nous n’avons rien à gagner à ce que le PCF recule, donc avec mes amis, nous ferons campagne sur nos positions, pour l’élection d’un maximum de candidats du front de gauche.


Conseil national du 1er mars 2009

Intervention de Jean Jacques KARMAN

La création de 15 grandes régions, d’un grand Paris, de 11 et plus grandes métropoles, la généralisation de l’intercommunalité forcée par la fin des syndicats territoriaux, des pays et parallèlement, la limitation à la portion congrue des compétences des départements, des communes, de leur regroupement forcé, la suppression des cantons et de services de l'État comme l’annonce la commission Balladur/Mauroy, n’est pas une lubie sarkozienne, C’est avant tout une exigence de l’Union Européenne.

Les trois échelons démocratiques de la République française, issus de la Révolution française, commune, département et État, seront à terme remplacés par les grandes intercommunalités, les grandes régions et l’Union Européenne, si nous y restons. Dès l’origine de l’Union Européenne, de la régionalisation, et en 1999 de l’intercommunalité, le PCF a été le seul à dire NON. C’était juste et cela reste juste. En 1952 lors de la Communauté européenne de défense, en 1969 lors de la régionalisation et en 2005 lors de la "Constitution" européenne, nous avons dit NON et avec le peuple de France, nous avons remporté la victoire.

Aujourd’hui la direction du PCF déclare qu’elle n’est pas contre l’Union Européenne et même qu’elle est pour, Simplement, elle contre ses prises de position et il faut être positif. Une association est refusée dans le « Front de gauche » et interdite de parole dans les meetings, parce qu’elle est contre l’Union Européenne, pour une autre Europe, une Europe démocratique.

Être positif, cela me rappelle « Bouge l’Europe ! » et son résultat. Avant de proposer une nouvelle Europe il faut avoir le courage de dire NON à l’Union Européenne, rassembler sur la base d’un NON comme à chaque fois que nous avons gagné contre l’organisme capitaliste qu’est l’Union Européenne.

Avec mes camarades, je suis pour la sortie de l’organisme capitaliste qu’est l’Union Européenne, comme je suis pour la sortie de l’OTAN. Pas pour un repliement sur les frontières nationales, mais pour créer une rupture qui seule, avec d’autres peuples, permettra de construire une autre Europe, Car comme Marx nous l’enseigne, un organisme créé par les capitalistes pour les capitalistes ne peut pas servir le peuple. Nous sommes, encore, minoritaires sur cette question de la sortie, mais pour le refus de l’Union européenne, je ne le crois pas. Alors il n’est pas trop tard pour rectifier. Surtout que dans le texte du congrès, l’idée que le PCF est pour l’Union Européenne n’existe pas. Au contraire, il est dit pour les élections européenne, je cite : « Nous voulons faire en sorte qu'une part significative de la vague de contestation, qui ne cesse de monter à l'encontre d'un modèle de société qui a failli, s'exprime à cette occasion ». Ne divisons pas, rassemblons en premier lieu la classe ouvrière qui a dit NON à 80 % à cette Union Européenne lors du référendum, sur la base de son vécu. Alors :

NON au capitalisme et à sa crise, NON aux licenciements, NON au démantèlement de la République, NON à l’Union Européenne

Appelons à voter pour un Front de Gauche anti capitaliste.

POUR l’augmentation des salaires, retraites et pensions, POUR la République, la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, POUR la construction de l’Europe anti-capitaliste des peuples

Conseil national du 7 février 2009
Intervention de Caroline ANDREANI

JM Coppola expliquait que les députés au parlement européen étaient élus depuis 1978. Je crois qu'il serait bon de tirer un bilan de leur action. Comme il serait bon de tirer un bilan de l'action de nos deux députés européens.

Si nous tirons un bilan des dix dernières années sur les droits sociaux, nous constatons :

  • que le travail de nuit des femmes a été réintroduit par l'UE, au nom de l'égalité des sexes

  • la casse des régimes de retraite, et la volonté politique clairement affirmée de développer le travail des personnes de plus de 65 ans

  • l'abaissement de l'âge du travail, avec l'introduction sans tambour ni trompette du travail des enfants à partir de 14 ans dans le cadre de l'apprentissage

  • la mise en concurrence des territoires facilitant les délocalisations dans les pays où la main d'œuvre est moins chère

  • la possibilité pour une entreprise d'un pays tiers d'employer des salariés selon le code du travail et les prix du pays

  • la casse des services publics au nom de la concurrence libre et non faussée, dont nous voyons les ravages avec la privatisation d'EDF/ GDF

  • les lois anti-immigration scandaleuses

Nous savons tous que le parlement européen n'a pas de poids réel, que c'est la commission européenne qui légifère. Le rôle, le poids du parlement, ne permettent pas la réorientation de l'UE, car les parlementaires ratifient les propositions plus qu'il ne les votent.

N'allons pas nous fourvoyer sur l'Europe sociale : il faudrait un rapport de forces à un niveau tel que cet objectif est parfaitement inatteignable. D'ailleurs, quand on parle de remise en cause des fondements libéraux de l'UE, il ne faut pas prendre nos désirs pour des réalités.

Si nous voulons faire le lien entre le local et le national, il faut rappeler le rôle mortifère de l'UE dans la crise actuelle du système. Ce n'est pas seulement Sarkozy ou les banquiers qui sont responsables, ou le système financier international. C'est aussi l'Union européenne qui a donné les outils permettant aux banques, aux établissements financiers et aux grandes entreprises de faire de l'UE un terrain de jeu de la dérèglementation financière.

Je préférerais, personnellement, que nous soyons honnêtes, que nous disions que nous voulons des élus pour savoir ce qui se passe et alerter les peuples des mesures anti-sociales de l'UE.

Si vraiment nous repartons sur les enjeux locaux, il faudra être conséquents avec nous et avec le peuple, et proposer la sortie de l'Union européenne. Alors là, nous prendrons une initiative politique forte, de rupture, en un mot révolutionnaire.


Intervention non prononcée de Jean Jacques KARMAN

Le contexte politique au moment de l’élection européenne sera, n’en doutons pas, marqué par les politiques de la droite et des réformistes, dans leur tentative de faire payer la crise à la classe ouvrière et au peuple de France.

C’est tout à l’honneur des députés communistes de ne pas avoir voté le plan de Sarkozy. La nature des propositions socialistes n’est pas différente de celle de la droite. Elles s’inscrivent toutes deux dans une tentative de replâtrage, qui poussera la crise capitaliste à un autre niveau, encore plus grave pour les travailleurs.

L’Union Européenne, par ses directives pour le profit maximum, est l’un des facteurs aggravants de la crise mondiale du capitalisme. Cette Union Européenne a été créée, constituée, façonnée pour les intérêts capitalistes. Il n’est pas possible, demain, de la faire agir pour le bien des peuples, elle n’a pas été faite pour cela.

Marx nous enseigne qu’il faut une rupture avec l'État bourgeois qui ne peut pas fonctionner positivement pour le peuple car sa fonction est d’aider à une exploitation maximum de ce même peuple. Il en est de même pour l’Union Européenne. Faire croire que l’on peut démocratiser l’Union Européenne et aller avec elle vers une Europe sociale, c’est un mensonge, c’est tromper les travailleurs.

La seule position juste, pour les travailleurs, c’est la sortie, non pas de l’Europe, mais de cet organisme pro-capitaliste qu’est l’Union Européenne. Non pas pour un repliement sur les frontières nationales, mais pour enclencher une rupture et comme pour le NON avec d’autres, construire une autre Europe respectueuse des acquis sociaux, de l’histoire et de la culture de chaque peuple.

La victoire du NON s’est construite sur la base d’un refus, d’un rejet de cette Union Européenne, la classe ouvrière sur la base de son vécu a voté à 80 % NON. Aujourd’hui il faut dire NON une nouvelle fois en sortant de cette Union Européenne pour ouvrir une perspective.

C’est sur cette base que doit être recherchée une union avec d’autres et non le contraire. Concernant l’union avec le Parti de Gauche, au delà du discours qui est parfois plus à gauche que celui de notre direction, je suis hésitant car je me rappelle par exemple qu’en 1965, il n’y avait pas de socialistes à Aubervilliers et que c’est nous qui les avons aidés à se constituer. Nous connaissons la suite. Sur la réponse du NPA, il y a une logique, nous ne pouvons pas faire des alliances contraires d’une élection à l’autre. D’autant que les régionales et les européennes sont très liées. Aucune illusion, le NPA ira seul à l’élection européenne.

Prenons l’exemple de la réforme institutionnelle de la commission Balladur-Mauroy : il s’agit bien de façonner une nouvelle organisation des territoires pour les intérêts capitalistes : transformer à terme les départements en arrondissements de régions, transformer les communes en arrondissements d’intercommunalités…et dans ce contexte de prédominance de l’Europe des régions, faire de la France un arrondissement de l’Union européenne. La suppression de la taxe professionnelle est un mauvais coup de plus dont la portée sera très grave pour les villes et les départements.

Faut-il se rappeler que cette nouvelle étape intervient au moment même où le président de la République prenait la présidence de l’Union Européenne avec pour mot d’ordre la « cohésion territoriale », à savoir la politique de l’Union Européenne qui ne connaît que les grandes régions au détriment de notre République une et indivisible. La fin des départements, c’est la politique de régionalisation européenne issue du traité de Lisbonne, un outil institutionnel pour permettre la mise en œuvre de la politique de l’Union Européenne de dislocation des conquêtes sociales. C’est l’Union Européenne par sa politique régionaliste qui pousse à l’éclatement des nations, c’est elle qui vise à anéantir tous les acquis sociaux arrachés par la lutte des classes.

Alors, pour l’élection européenne, avant l’union, le contenu. Pour les candidats, personnellement je n’ai aucune opposition de personne. Encore une fois c’est le contenu qui sera déterminant.