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| Conseil national du 24 et 25 octobre 2009 | Intervention de Jean Jacques Karman
Il y a des moments en
politique, où on se demande pourquoi les autres ne se rendent pas
compte de l’évidence ? Même si elle marque une avancée,
l’offre politique qui est proposée aujourd’hui n’est pas à la
hauteur. Beaucoup qui attendent les résultats de notre CN - CN
annoncé pour une fois par la télé - risquent d’être déçus si
nous ne la clarifions pas.
Pour moi il y a,
aujourd’hui, une opportunité politique à ne pas louper qui
nécessite un positionnement avant tout national clair et non de type
« auberge espagnole » au niveau des régions : il
faut bien voir que la crise du capitalisme est loin d’être
terminée et même que le pire reste à venir.
Dans le rapport annuel
d’un organisme de tutelle des banques étatsuniennes, on apprend
que le marché des produits dérivés continue de croître, et qu’ils
sont contrôlés par 5 banques américaines pour un montant dépassant
les 200 000 milliards de dollars, c’est-à-dire près de 4
fois le PIB mondial. Les banques continuent de spéculer à tout va
et donc la crise va s’aggraver et des explosions sont possibles.
Dans ces conditions, il
est impératif de se positionner en rupture avec le système
capitaliste dans une démarche globale et nationale, par des luttes
comme celle contre tous les licenciements, et au niveau des
élections, par des alliances anticapitaliste nettes, non
contradictoires avec la démarche de rupture avec le capitalisme. Aux
régionales, par exemple, en refusant de continuer les vieilles
pratiques d’union avec la sociale-démocratie pour « sauver »
soi disant dans quelques endroits, quelques postes d’élus -et ce
n’est même pas sûr-, alors qu’elles nous mènent à l’impasse
réformiste sans avenir. Surtout quand la presse annonce dans
plusieurs régions que des accords PS/PCF sont pratiquement conclus.
Par contre, construire,
dès maintenant une union anticapitaliste solide, où le parti
communiste joue tout son rôle, c’est ouvrir une vraie perspective.
Cette voie nous sera bénéfique, à tout point de vue, même en
nombre d’élus.
Le front de gauche, créé
à l’initiative du PCF, peut devenir demain le vrai front de gauche
anticapitaliste pour le changement de société. Encore faut-il ne
pas rater les régionales et la direction de la direction du parti
communiste doit clarifier son discours qui est pour le moment plus
que brouillé.
Par exemple, la semaine
dernière lors de l’assemblée des communistes d’Aubervilliers,
toutes les interventions, et pas seulement celles des communistes qui
partagent mes idées, je dis bien toutes, Hervé Bramy présent peut
en témoigner, disaient : il faut arrêter de laisser entendre
que nous pourrions faire l’union au 1er tour avec le parti
socialiste. En tout cas, il faut dire clairement que nous recherchons
une autre union, une union avec un contenu anticapitaliste qui ne
peut intégrer, dans l’état actuel des positionnements, le parti
socialiste. Par exemple les grandes régions sont au cœur du
dispositif de l’Union européenne et le parti socialiste est
complètement d’accord avec.
A quoi joue-t-on ?
Je n’ai pas rencontré une seule personne qui réclame l’union
avec le PS. J’ai lu le positionnement du parti de gauche, du NPA et
des autres organisations. Franchement si on le veut, l’accord est
possible pour des listes autonomes du PS et des Verts au premier tour
où le PCF jouerait le rôle moteur. Par contre si l’on veut le
contraire, le résultat est connu d’avance.
En région parisienne,
après avoir entendu Jean Luc Mélenchon (qui joue pleinement son
rôle) revendiquer la tête de liste, peut-être pour faire pression
dans le cadre de la négociation nationale, je le dis clairement, il
n’en n’est pas question. La tête de liste doit être un élu
communiste, le mieux à même de défendre un positionnement
anticapitaliste sur les questions particulières de la région
parisienne, surtout au moment du coup d’Etat contre l’Etat
républicain. Un élu communiste au cœur des luttes et des
contradictions de cette société pourrissante. Un élu communiste
capable de rassembler les communistes, mais aussi au-delà de nos
forces. N’ayons pas peur d’y inclure les trotskystes, nous
l’avons fait dans certaines villes aux municipales et cela a été
positif.
Pour le 2ème tour je ne
vois pas de problème insurmontable : tout faire pour battre la
droite. Pour ceux qui ne voudraient pas fusionner, ils ne seront pas
sur les listes au 2ème tour et pour ceux qui refusent de participer
aux exécutifs, ils n’en feront pas partie. Chacun est libre et
chacun prendra ses responsabilités.
Pour le moment nous
sommes à la traîne, nous sommes mal perçus. Reprenons la tête du
front de gauche pour ouvrir une vraie perspective politique au peuple
de gauche, y compris à des électeurs et des adhérents socialistes.
Il faut bien avoir conscience que l’appareil et l’idéologie du
parti socialiste seront les derniers remparts au changement réel de
société, donc ne nous amputons pas nous-mêmes.
Pour moi, la vraie
question au 2ème tour sur les exécutifs, ce n’est pas la non
participation du NPA, mais celle du PCF dans les régions où le
parti socialiste est pour l’ouverture au MODEM.
Au soir des résultats
des régionales, c’est notre résultat au plan national qui sera
analysé et qui sera un signal ou non pour les couches populaires.
Par contre se fondre au 1er tour dans des listes avec le parti
socialiste, c’est le sauver et nous faire disparaître.
Intervention de Pasquale NOIZET Nous
voici de nouveau entrés dans une période électorale avec pour
enjeux la reconnaissance des propositions communistes, et des
dispositions de large rassemblement à gauche que, pour ma part,
j’envisage pour le second tour. Outre le fait qu’il nous faut
avancer des propositions concrètes en phase avec la demande sociale,
il s’agit de ne pas cacher aux militants et aux citoyens lambda
qu’il y a péril en la demeure. La réforme des collectivités
territoriales est une atteinte à la démocratie. Je vais rappeler
succinctement les conséquences les plus graves de cette réforme :
Affaiblissement
ou disparition des prérogatives des élus municipaux, départementaux
et régionaux au profit d’intercommunalités, de « grandes
communes », de métropoles, et pleins pouvoirs aux préfets
pour élargir leurs compétences au dépens des communes et des
départements . Cette réforme implique la création autoritaire de
nouvelles entités institutionnelles aux doux noms de métropoles,
type « Grand Paris » et de communes nouvelles aux dépens
des institutions qui font vivre la démocratie locale en France
depuis la Révolution française. Il s’agit d’une manœuvre pour
éloigner les citoyens de leurs élus sur un territoire de proximité,
pour mener sans contrôle une politique libérale supra
nationale dictée par les cadres institutionnels de l’Union
Européenne clairement identifiés comme étant une Europe des
régions. Il s’agit à terme de faire éclater le cadre national et
de mettre tous les territoires en concurrence en développant des
métropoles et des super-régions dotées d’autonomie.
Le
mode de scrutin préconisé (scrutin uninominal à un tour) est
clairement choisi pour éliminer les élus de notre parti.
Il
est de notre responsabilité d’interpeller sur cette réforme les
citoyens et de réclamer un référendum. Laurent Fabius, l’Éléphant
le moins libéral du PS l’a fait, alors qu’attendons-nous
pour demander ce référendum et l’accompagner d’un outil
d’information pédagogique comme nous avons su si bien le faire
lors de la campagne contre la constitution européenne ?
Intervention de Floriane BENOIT Que
ce soit hier, à l'occasion des élections européennes, ou
aujourd'hui pour les régionales, la mise en œuvre systématique de
la politique d'alliance sous forme de fronts amène de nombreux
communistes à s'interroger sur le risque de dilution de l'identité
communiste induit par une telle démarche.
Ce
risque n'a rien d'invraisemblable. Invitée au conseil départemental
de l'Isère, Marie-Christine Vergiat, toute nouvelle députée
européenne de la région Sud-est, n'avait pas hésité à se
féliciter, en parlant du Front de gauche, de -je cite- "la
création d'un nouveau parti".
N'oublions
surtout pas que, aux yeux du peuple de France, notre identité
communiste symbolise la défense des intérêts de tous ceux qui
subissent l'exploitation capitaliste et en souffrent. Elle symbolise
l'espérance d'une rupture, même lointaine, avec le système en
place.
En
décembre 2010, il y aura 90 ans que le Parti communiste français
naissait au congrès de Tours. Il naissait de la volonté d'hommes et
de femmes de rompre avec une idéologie sociale-démocrate et un
Parti socialiste plus soucieux de réformer la capitalisme pour en
atténuer les aspects les plus insupportables que de changer
radicalement le société et de supprimer l'exploitation des uns par
les autres.
Cet
anniversaire est une occasion à ne pas manquer. Une occasion de
rappeler à l'ensemble de la société pourquoi et pour qui existe le
Parti communiste, à quoi et à qui il sert, quels intérêts il
défend. En quoi il est différent du reste de la classe politique.
Le
mouvement de la jeunesse communiste a décidé de fêter à
l'occasion de son congrès l'anniversaire de sa propre création. Je
n'ai pas connaissance qu'une initiative d'ampleur soit à ce jour
envisagée concernant les 90 ans du Parti. Il n'est pas trop tôt
pour en parler, car un tel événement exige une préparation
rigoureuse.
En
ces temps où la perte des repères idéologiques brouille la
conscience de classe et handicape les luttes, nous ne pouvons pas
nous permettre de rater ce qui constituera d'évidence un rendez-vous
politique majeur.
Cet
anniversaire doit être un moment privilégié de réflexion
théorique, historique, critique. Une occasion de s'adresser à toux
ceux qui attendent de nous des gestes forts. Une opportunité de
revivifier la fraternité entre tous ceux qui ont en partage des
convictions et un engagement sans compromissions.
Tous
ceux qui, en un mot, partagent un idéal. En ces temps de renoncement
au nom d'un soi-disant "réalisme", en ces temps où le
sentiment de leur impuissance accule par dizaines des salariés au
suicide, ce mot devenu trop rare, idéal, mérite de retrouver ses
lettres de noblesse.
N'oublions
pas en effet que ce sont les utopies qui ont, au fil de l'histoire,
permis aux hommes de transformer le réel. En leur absence la société
est condamnée à stagner, si ce n'est à régresser.
Intervention de Paul BARBAZANGE
Intervenant
93 ème dans les débats j’ai vu mon temps de parole fortement
réduit (il est normal que tous les inscrits puissent parler),
j’ai donc du réduire mon intervention à un style télégraphique,
ce qui peut entraîner quelques distorsion;
En voici la rédaction précise.
A fin de
débats du CN prenons acte d’où se trouve la difficulté. Quels
que soient les rassemblements: Liste communiste de large
rassemblement, liste Front de gauche plus ou moins élargi; quels que
soient le niveau de responsabilités qu’auront à assumer les
communistes la question est de savoir quel rôle jouera l’élection
et en suite l’action des élus pour la structuration du parti
communiste de demain. Des camarades se sont exprimés sur la
situation en Languedoc Roussillon, la brutalité de l’exploitation
capitaliste s’y accentue. G. Frêche et sa majorité régionale
tente d’installer à Sète une société organisant l’exploitation
coloniale des agriculteurs palestiniens spoliés de leurs terres…
Sarkozy fait détenir pendant 72 H trois de nos camarades dirigeants
de la cellule communiste de Saint Pons section de Béziers par la
division nationale anti-terroriste … il est vrai que ces militants
ont su rassembler et porter des coups aux exploiteurs locaux.
Les violences de la classe dominante, (voir aussi ce qui se passe à
EDF), la profondeur, la généralisation de la crise nous imposent
une autre politique, d’autres rassemblements, des élus se
comportant de façon nouvelle, ne craignant pas de désobéir aux
règles institutionnelles, dans son introduction Marie Georges a
employé la formule : « Cultiver les fleurs de la
désobéissance » ma formule est certes moins
poétique, elle à le mérite d’être au cœur du débat sur la
gestion à venir. Nos élus doivent redevenir des militants de
base rendant en permanence des comptes à leurs camarades de parti.
Nos camarades ressentent de plus en plus ces besoins, les expriment,
disent qu’il faut rompre avec les dernières décennies
d’accompagnement réformiste.
Cette
expérience politique formalisée chaque fois que le parti continue à
s’organiser en proximité- fait beaucoup plus que les foucades de G
Frêche la situation régionale.
Ce triste
sire n’est que n’est que la pointe la plus brutale de la
politique nationale et européenne d’accompagnement de la crise par
le PS et les sociaux-libéraux. Il a promu avec des responsables
communistes hélas ! le Modem à Montpellier, il développe à
l’envie l’anti communisme de base. Ceux d’entre nous qui
n’ont pas mesuré à temps cette réalité sont disqualifiés pour
organiser au quotidien la politique communiste et toute liste sur
laquelle figureront les communistes au plan régional.
Mesurons que
des forces et leur expression électorale existent pour faire face :
militants communistes se dégageant des échecs reconduits à satiété
de la gauche plurielle et d’autres ailleurs dans diverses
organisations qui tentent d’échapper à l’emprise de l’idéologie
dominante et des pratiques institutionnelles.
Contribuons
aux rassemblements possibles. Au premier tour, en veillant à ce que
la place des communistes corresponde à leur influence politique et
électorale: En Languedoc Roussillon la première et à ce qu’au
second tour, sur la base des résultats conquis le
rassemblement pour la rupture avec le capitalisme soit justement
représenté composante communiste comprise, participe de ce fait à
la victoire de la gauche et puisse oeuvrer à la gestion de la
région en toute indépendance.
Il incombe
aujourd’hui aux communistes dans leurs organisations de base et
d’abord là de décider des positionnements dans les luttes, des
rassemblements électoraux et de leur pratique militante et
organisationnelle.
Je conclurai
sur ce point la démocratie et les conditions de sa mise en œuvre
dans le parti : la gestion nationale des cartes, la « carte
plastique » comme on dit dans les cellules est ingérable :
trop d’erreurs matérielles et de retards, trop de manques d’ordre
divers et ce ne sont pas les camarades qui travaillent à leur
confection et leur transmissions qui sont en cause … Revenons à la
remise des cartes immédiate par la cellule ou la section,
revenons à la souveraineté des communistes dans leurs organisations
de base, cellules et section. Des milliers d’adhésions en
dépendent, la vie du parti aussi. L’expérience
hypercentralisatrice est faite. C’est un échec, avec le congrès
corrigeons.
| | Conseil national du 4 septembre 2009 | Intervention de Jean Jacques Karman
Marie-George a raison de déclarer, dans l’Huma,
que la préoccupation première des travailleurs, c’est la crise du
capitalisme et son cortège de licenciements et non la lutte des
places pour les prochaines élections. Oui Marie-George, je suis
d’accord avec toi, il faut interdire les licenciements et je te
site « se prononcer clairement pour des nationalisations ».
Mais alors, pourquoi ne va-t-ont pas au bout du raisonnement, en
proposant des initiatives contre les licenciements, à la hauteur de
la gravité de la situation, comme par exemple une marche unitaire,
sur Paris, pour l’interdiction de tous les licenciements ?
On ne peut pas critiquer certaines formes de lutte,
si nous mêmes et les directions syndicales ne sont pas à la hauteur
de la situation. Pendant mes vacances j’ai été à Châtellerault
à la manif pour soutenir les travailleurs de l’entreprise Fabry.
Les communistes du coin étaient présents avec des drapeaux du PCF,
c’est très bien mais aucune direction syndicale nationale, comme
l’a souligné le secrétaire de la CGT de l’entreprise. Mieux une
dirigeante nationale de la CGT de passage dans ce secteur fin aout a
critiqué la lutte des Fabrys. Pour moi c’est une honte, au mieux
elle devrait se taire. Il y a bien un vrai problème pour la lutte de
classe au niveau de la direction nationale de la CGT. Et
malheureusement le problème est aussi au niveau de la direction
actuelle de notre parti, car celle-ci ne va pas au bout de son
raisonnement, elle s’arrête au milieu du chemin. C’est une
position centriste entre réformistes et révolutionnaires. L’exemple
des licenciements est parlant, mais aussi sur la question des
alliances. Un non au Modem est une position juste mais elle n’a de
sens que si nous construisons un Front de Gauche de classe
c’est-à-dire anticapitaliste, en refusant clairement toutes
alliances avec des partis convertis à l’économie de marché
capitaliste, donc en disant clairement non à des alliances au 1er
tour avec le Parti socialiste pour les élections régionales.
Construire le Front de Gauche anticapitaliste, pour les communistes,
c’est être les meilleurs, la force propulsive de ce Front de
Gauche et non comme parfois actuellement être à la remorque des
initiatives du Parti de gauche, comme par exemple l’élargissement
de celui-ci au NPA et à d’autres de la vraie gauche. Construire un
vrai front de gauche c’est tout le contraire d’un retrait de
l’organisation du Parti communiste. Pour réussir il faut aussi un
Parti communiste fort, antistalinien, branché sur le marxisme
novateur. En cette rentrée, beaucoup disent, de nouveau, que Marx
avait raison. Le marxisme est bien, en effet, l’idée la plus neuve
de notre époque. Intervention de Caroline Andreani
Les élections régionales
sont un moment important de la vie politique. Mais ce dont nous avons
besoin, c'est d'un bilan des élus communistes dans les régions, et
d'un programme, d'idées de propositions.
Le Pcf a tout intérêt à
bien réfléchir aux alliances dans ces élections. Je ne suis pas
contre a priori des alliances du type « front de gauche
anticapitaliste », sur un contenu défini avec des partenaires.
Cela ne doit pas empêcher, par ailleurs, le Parti de mener campagne
sur ses propres propositions : nous devons être capables, comme au
moment des élections européennes, de mener de front une campagne
unitaire et de défendre nos propositions.
Par contre, je suis
opposée au principe d'une alliance globale pour les régionales, les
présidentielles et les législatives comme le propose JL Mélenchon
: à terme, cela serait la dissolution du Pcf.
Les régionales ne sont
qu'un moment dans la vie politique. Ce qui est beaucoup plus
important, c'est la crise du capitalisme. Elle s'aggrave chaque jour,
et c'est le monde du travail qui en est la principale victime. On
parle de certaines fermetures emblématiques : les Conti, Goodyear,
etc. Mais chaque jour, ce sont des dizaines de petites entreprises
qui ferment, ces centaines de personnes licenciées. Face à cela,
nous devons avoir un discours clair et des propositions.
L'interdiction des licenciements me paraît être une bonne formule.
Mais il faut aller au delà.
Par exemple, cet été,
plusieurs usines de cartonnage, dont le capital est détenu par des
fonds de pension américains, ont été fermées parce que ces fonds
estimaient que l'activité n'était plus rentable. Mais faut-il que
le capital de ces usines soit détenu par des fonds de pension US
pour qu'elles fonctionnent ? En quoi est-il essentiel que le
capital américain fasse main basse sur des usines et les ferment
dans le cadre de leur stratégie de redéploiement de production à
l'échelle internationale ? Je pense que nous aurions tout
intérêt de réfléchir à des propositions concrètes de reprise et
de maintien de l'activité industrielle.
Dans les années 70, les
LIP avaient refusé la fermeture de leur usine et poursuivi leur
activité en coopérative. Ils ont échoué parce que le capital a
tout fait pour. Mais dans les circonstances actuelles, avec
l'approfondissement de la crise, nous devons être en mesure de
proposer des solutions alternatives audacieuses. Déplorer les
fermetures de sites et de soutenir les délégués syndicaux et les
salariés qui se battent pour de meilleurs plans sociaux, c'est
normal mais insuffisant face aux enjeux actuels. Proposons partout
où cela est possible le maintien de l'activité par les salariés,
en réquisitionnant l'outil de production, et exigeons la sanction
des patrons-voyous.
Intervention de Marie-Christine BURRICAND Que nous propose-t-on
aujourd'hui ? Libérer le courant révolutionnaire de la tutelle
du PS, ouvrir une alternative de transformation sociale ? Il me
semble qu'il s'agit plutôt de remplacer une tutelle par une autre en
enfermant le PCF dans une alliance obligée avec le Front de gauche
dont le Parti de gauche est le principal bénéficiaire. A moins
qu'il ne s'agisse d'une gestion à courte vue de la situation
électorale pour justifier à priori des positions à géométrie
variable ?
N'occultons pas ce que veut Mélenchon,
le Front de gauche à toutes les élections jusqu'en 2012 !
Sommes-nous en train de renoncer à présenter partout et à chaque
élection des candidats du PCF ?
De même, en ce qui concerne les
luttes, allons nous reproduire le scénario de ces derniers mois qui
a finalement permis au patronat et à Sarkozy de reprendre la main ?
Je regrette aussi que le rapport n'ait
pas abordé la criminalisation de l'activité syndicale, exprimé
notre solidarité aux salariés qui sont en train de tout perdre et,
en légitime défense, répondent par la violence à la violence du
capital.
L'hypothèse de listes autonomes du PCF
n'est pas mise en débat.
Le rapport nous parle d'élus
communistes et d'offre politique à gauche mais fait l'impasse sur la
nécessaire remontée de l'influence du PCF.
Les camarades qui en 2004 avaient fait
le choix de listes communistes dans leur région vont-ils devoir y
renoncer ? C'est une logique de dilution.
Le refus de former un groupe communiste
à l'Assemblée nationale, Marie-Christine Vergiat coordinatrice des
élus européens, cela aussi s'inscrit dans une logique de dilution.
Nous nous enfermons dans une vision
limitée à notre place dans les institutions. Quand engageons-nous
la bataille idéologique au niveau nécessaire, c'est à dire au-delà
de ce qui se conçoit dans les institutions ?
On nous parle beaucoup de projets pour
les régions. Mais ces projets n'ont de sens que si nous les plaçons
dans un projet de rupture avec le capitalisme.
Enfin, pensons-nous pouvoir faire
l'économie des explications nécessaires avec les citoyens, quant à
nos alliances à géométrie variable ?
Prenons l'exemple de Rhône-Alpes.
Depuis 10 ans nous gérons la région avec le PS sans avoir jamais
bougé une oreille. A Lyon, nous participons à une majorité ouverte
à des transfuges du MODEM. A Grenoble, nous participons à une
majorité ouverte au MODEM.
En Rhône-Alpes, relevons-nous le pari
d'une liste de large rassemblement conduite par un communiste ?
Enfin, pas de calendrier bâclé :
les communistes doivent pouvoir décider.
Intervention de Pasquale Noizet
Il
est beaucoup question de la politique de la gauche, des régionales et
moins du mouvement social, des attentes du peuple que je ne considère
ni de gauche ni de droite mais dans toute sa diversité avec sa somme de
malheurs : chômage (9,5%), pression et chantage patronal,souffrance au
travail qui a pour conséquence maladie, suicides (télécom), école au
rabais, droits du travail en régression, déshumanisation à tous les
niveaux de la société que ce soit vis à vis des étrangers vivant en
France, y compris les enfants. Folie des grandeurs des décideurs
financiers et mépris vis à vis de celui qui ne possède rien sinon sa
force de travail et encore lorsqu'on ne le rejette pas car ou trop
jeune ou trop vieux ou trop diplomé ou pas assez. Bref une crise qui
s'étire depuis des années, et aujourd'hui exprime avec force
l'injustice criante d'un système capitaliste en éternelle recomposition
faute d'une réponse anticapitaliste crédible.
Alors
excusez moi du peu, mais les régionales et la reconstruction de la
gauche, oui, bien sûr, c'est important et comme le souligne à juste
titre Pierre Laurent il y va de la reconquête du développement des
services publics, des transports, de l'éducation, du logement etc. Mais
dans le contexte du traité de Lisbonne, les régions ne sont qu'une
manière de plus d'affaiblir la souveraineté de notre pays, elle jouent
contre le national et le local, les deux lieux d'une politique
démocratique. Rappelons nous : notre parti sous son propre drapeau a
obtenu plus de voix dans la moitié renouvellable des cantons en 2008
que le Front de Gauche en 2009.
L'Europe libérale est bien l'une des pierres de touche de la politique
de Sarkozy et aussi du PS, voué à la gestion de ce système qui pour lui
semble pouvoir fonctionner à 2 vitesses. Que voulons nous au juste,
nous les communistes? Des fronts d'actions à gauche ? Mais cela n'a-til
pas toujours été ainsi pour le parti communiste qui a toujours voulu le
rassemblement? En quoi innovons nous? Ne sommes nous pas une fois de
plus en train de nous fourvoyer sur tous les fronts d'actions dont nous
ne tarissons pas mais où je ne vois pas concrètement l'effet positif et
constructif sur notre société, au service des Français qui souffrent de
ce système qui perdurent dans l'iniquité?
J'entends
les propositions de riposte mais suffisent-elles face à l'offensive
capitaliste?. Je le demande ici : allons nous proposer au premier tour
des régionales, des actions concrètes et communistes? Si nous voulons
que ce front de gauche porte au-delà d'un petit cercle d'amis
(Mélenchon est sympatique mais il ne représente pas grand chose que sa
propre ambition!), il doit relayer avant tout le mouvement social et
non chercher à gérer au coup par coup un héritage électoral. C'est
parce que notre parti a su le faire autrefois qu'il est devenu une
force, et qu'il a eu des élus, et non l'inverse.
| | Conseil national des 19 et 20 juin 2009 | Intervention de Pasquale Noizet
Nous ne
pouvons que nous réjouir d’avoir conservé trois députés
communistes aux élections européennes mais ne nous faisons aucune
illusion sur leurs possibilités réelles d’intervention.
Les 60%
d'abstention nous rappellent les 55% du « non » à la
constitution européenne et nous ramènent au réel, à la crise qui
touche de plus en plus de catégories sociales et professionnelles et
que le capitalisme utilise pour se renforcer.
Je rêve
d’un Parti communiste français qui place toute son énergie au
service du peuple pour changer radicalement la société. Je rêve
d’un Parti communiste qui défend une ligne résolument anti
capitaliste et marxiste, et dont la vocation ne se limite pas à
construire des fronts politiques d’élection en élection. Faire
vivre et renforcer le parti à travers les luttes pour répondre
aux aspirations populaires, tel doit être notre objectif principal.
Les citoyens
n’ont plus confiance. De déception en déception, ils croient de
moins en moins en la capacité des partis politiques à redonner
espoir en l’avenir. Le peuple en a marre et il a ses raisons. Elles
sont légitimes. Elle est bien loin la victoire du Front
populaire, et elles ont bien fondu les avancées sociales acquises
par nos grands parents ! La crise créée par les
capitalistes n’atteint pas tout le monde de la même manière. Ceux
qui restent sur le pavé ne sont ni des grands patrons ni des
banquiers mais des travailleurs, des précaires, des chômeurs. Il
est temps pour notre parti d’accompagner le réveil douloureux qui
s’exprime dans les luttes qui traversent la France et qui
réunissent aussi des salariés du privé.
L’appel des 8 syndicats
pour une journée d’envergure le 13 Juin a fait un terrible flop.
Il est temps de regarder en face ces échecs syndicaux successifs.
Cet échec est aussi le nôtre, celui du PCF qui a du mal à proposer
une ligne claire en cette période sociale très critique qui est un
défi pour nous, le défi de proposer une alternative
politique, non de compromis et de consensus mous des diverses gauches
mais un projet de société radicalement neuf basé sur la critique
marxiste du système capitaliste, qui actuellement fait l’objet
d’une remise en question dépassant nos propres rangs.
Les
initiatives pour populariser les propositions de loi des députés
communistes - notamment contre les licenciements et les
délocalisations - sont en effet ce que nous pouvions faire de mieux
dans cette période où il n’était question que d'Europe. Mais
au-delà des élections quelles propositions avons-nous ici et
maintenant ? C’est le moment ou jamais de mettre en œuvre
une grande campagne nationale sur l’hôpital, la poste, la casse du
service public, et une mobilisation générale contre les
licenciements, sur le terrain, dans les entreprises et à leur porte,
avec le peuple et ses élus, à étendre dans toute la France.
J’ai
souhaité participer à une commission mais je n’ai eu aucun retour
à ma demande. Notre fonctionnement interne est trop opaque. Nous
parlons ici de contenus, d’initiatives mais quels moyens nous
donnons nous collectivement pour les mettre en œuvre ?
J’attends une réponse concrète.
Intervention d'Eric Jalade Sur la question des
élections européennes.
Les résultats sont dans
notre département appréciés globalement de manière positive par
les camarades, avec les remarques dont je voudrais vous faire part. Dans l’ensemble, la
liste du Front de Gauche obtient en moyenne 2,5% de plus que la liste
communiste en 2004, avec un gain d’environ 3000 voix. Sans entrer
dans le détail, quelques observations générales : Les meilleurs résultats
ont été obtenus dans les communes où nous avons une forte
influence, où nous sommes en responsabilité : ainsi à
Saint-Benoît de Carmaux, dans le Bassin Minier, nous passons de
24,8% à 35%, à Labastide-Rouairoux, de 16,5% à plus de 23%. Cela
correspond aussi à des secteurs où des luttes se sont déroulées,
notamment avec l’implication des communistes et de leurs élus,
pour la défense du Service Public (de la Poste, de l’école…). Cela dit, l’abstention
est plus forte et les progrès sont plus mesurés, là où notre
électorat est davantage composé d’actifs, de salariés, plus
jeune. Le Parti Socialiste perd
13,5% et 16 000 voix, à 18%, la droite mobilise son électorat
(l’UMP atteint 26,5%) sans retrouver le total en voix et en
pourcentage de 2004. La liste Europe Ecologie, même si sa
progression est moins spectaculaire qu’au plan national, progresse
d’environ 6%. Evidemment la
caractéristique majeure de ce résultat, c’est bien entendu
l’abstention (à près de 52% dans le Tarn, soit près de 2 points
de plus qu’en 2004), dont le niveau, est, on a pu le vérifier par
bureaux de vote, notamment en ville, bien plus élevé dans les
quartiers populaires et dans les bureaux où le « non »
avait réalisé ses meilleurs résultats. C’est un fait politique
majeur sur lequel nous devons vraiment porter toute notre attention. Sur l’électorat
proprement dit, on peut considérer qu’il provient en grande
majorité de l’électorat communiste, avec un apport lié à la
personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui a permis de mordre un peu
sur un électorat traditionnellement socialiste. Nous ne progressons pas
vraiment dans les milieux populaires et dans le monde du travail,
alors que dans le même temps, beaucoup de responsables et de
militants syndicaux, avaient signé l’appel à voter. Cela fait partie des
contradictions sur lesquelles, là encore, il va nous falloir
travailler : la non-traduction de la colère et de la
mobilisation sociales dans un vote massif, alors que ce
mécontentement et ces luttes restent - même de manière moins forte
qu’en janvier ou en mars - une donnée permanente dans notre pays. Pour notre part, nous
avons veillé, tout au long de la campagne à relier le vote
communiste au vote Front de Gauche, avec, dès que nous le pensions
nécessaire, une expression du parti, ainsi, dans la dernière
semaine, sur le risque que l’abstention, au final, laisse les mains
libres à Nicolas Sarkozy et au gouvernement pour suivre les
recommandations du Conseil de l’Union Européenne « dans la voie
de la poursuite de la mise en œuvre des réformes structurelles ».
Peut-être aurions nous dû faire davantage sur cette question et sur
le prolongement du « non » du 29 mai 2005, à
l’occasion de ce scrutin. L’implication des
communistes de notre département a été satisfaisante dans la
campagne, où notre démarche a été de relier identité et
expression du PCF et rassemblement, démarche unitaire.
Sur les axes de
travail proposés, je me félicite de la proposition de continuer
la bataille du parti et une pétition pour populariser nos
propositions et particulièrement celles des députés communistes,
dans le prolongement du 28 mai. La défense de l’emploi, des
salariés est totalement en phase avec les préoccupations
quotidiennes des gens, on a pu le constater dans les luttes et aussi
le 13 juin. Réfléchissons à des initiatives audacieuses pour la
défense de l’emploi industriel. Les suppressions d’emplois dans
ce domaine (dont le rythme s’est considérablement aggravé avec la
crise) pèsent aussi beaucoup sur les consciences, il engendre du
fatalisme, alimenté par l’expérience d’échecs successifs dans
ces batailles. Les luttes pour la
défense des services publics (La Poste, l’Hopital, l’école …),
pour la défense du statut de la Fonction Publique et de l’emploi,
sont aussi décisives pour notre peuple. Une absence toutefois
dans ces axes ; c’est celle de la bataille pour la Paix, le
désarmement et la sortie de la France de l’OTAN. Sur cette
question, nous pouvons rassembler très largement dans la population,
c’est un choix de société fondamental qui se pose à travers
cette question de la paix et elle est au cœur de notre idéal
communiste. Nous devons redevenir le « parti de la paix ».
J’en viens à la
question du parti Il nous faut, me
semble-t-il, dissocier les questions du rassemblement et celle des
transformations du parti, qui découleraient, selon certains,
mécaniquement, du succès du Front de Gauche. Un camarade de notre
fédération a participé à la première réunion de la commission.
Nous souhaiterions avoir des éclaircissements sur le périmètre et
la nature des transformations qui vont être proposées. En tout cas, s’il y a
une préoccupation qui doit être la pierre angulaire de nos
réflexions : c’est de savoir comment tisser à nouveau des
liens étroits avec le monde du travail, avec les quartiers
populaires, alors qu’ils sont terriblement impactés et fragilisés
par la crise, la montée du chômage et la précarité. En tout état de cause, a
fortiori dans les conditions actuelles - qui sont celles d’une
crise systémique majeure du capitalisme – je ne crois pas à un
avenir pour une force « post-communiste » métamorphosée,
à l’identité et au contenu flous, fussent-ils mâtinés de
poésie. Il n’y a pas un exemple au monde où une mutation
génétique d’un PC conduise au succès, y compris sur un plan
électoral. En revanche, il y a un
avenir pour un parti communiste pour peu qu’il joue pleinement son
rôle de parti révolutionnaire, sur des bases de classe, dans toutes
ses dimensions – dans les luttes comme dans les institutions –
dans la perspective d’un socialisme du XXIe siècle.
Intervention de Floriane Benoit Le
rapport de Pierre Laurent a évoqué, trop brièvement, l'ampleur de
l'abstention. Un phénomène récurent qui nous impose de réfléchir
à la responsabilité qui nous incombe pour parvenir à convaincre
les citoyens, les salariés notamment, de réinvestir le terrain de
la politique, et cela pas seulement lors des échéances électorales.
Jean-François
Taldéï l'a souligné dans son intervention, dans ce contexte "la
réimplantation d'organisations du Parti dans les entreprises est une
tache prioritaire". N'oublions pas en effet que c'est sur le
lieu de travail que les salariés sont ensemble le plus directement
confrontés à un capitalisme dévastateur et sans merci. Ils en font
l'expérience concrète et permanente au travers de leurs conditions
de travail qui génèrent notamment un stress de plus en plus
destructeur, de salaires qui trop souvent leur permettent à peine de
survivre, et de vagues de licenciements qui brisent des vies.
C'est
aussi au sein de l'entreprise que les salariés ont le plus
d'opportunités de toucher du doigt et de mesurer la convergence de
leurs intérêts d'exploités par un système qui nie l'homme. Mais
cette prise de conscience n'a rien de spontané. Le syndicalisme n'y
suffit pas, en témoignent entre autre les difficultés du mouvement
social de ces derniers mois à s'inscrire dans une perspective
politique. La conscience de classe implique l'institution sur le lieu
de travail d'un débat idéologique permanent, au sein duquel les
communistes ont un rôle majeur à jouer.
Mais
encore faut-il pour cela qu'ils soient présents et actifs, qu'ils
soient organisés en tant que Parti dans les entreprises, ce qui
malheureusement a cessé le plus souvent d'être le cas.
Il
y a donc, dans ce domaine, du pain sur la planche et il est temps de
passer à l'acte. Et de discuter ensemble des moyens que nous allons
nous donner pour y parvenir.
Intervention
de Alain de POILLY
Quelles
leçons tirer de l'élection européenne D'abord
sur le plan européen, L'abstention
de 57 % des électeurs en Europe démontre que les citoyens
européens, non seulement ne croient plus à l'europe actuelle, mais
qu'ils ne croient plus non plus que l'on puisse changer cette Europe
à partir du parlement européen. Nous avons 5
députés européens, qui doivent beaucoup à la bonne mobilisation
des militants et des élus de notre parti. Je pense que ces 5 députés
vont faire un excellent travail. Mais il faut voir la réalité en
face, ce n'est pas avec 5 députés du Front de Gauche et un groupe
de la gauche unitaire européenne de 34 députés sur 736 députés
européens, que nous allons pouvoir tenir notre promesse électorale
de faire une Europe sociale par la voie parlementaire. Notre parti
ferait bien de rouvrir le débat sur notre stratégie politique vis à
vis de l'Europe. En effet l'expérience démontre que le niveau le
plus efficace pour remettre en cause le carcan ultra-libérale de
cette Europe reste la nation, comme en 2005 lors du référendum.
En suite
sur le plan national Le Front de
gauche avec 6,5 % des suffrages exprimés ne fait guère plus que le
Parti communiste en 2004 avec 5,9 % . Visiblement il n'a pas créé
la dynamique d'union attendue. Pourquoi ? D'abord
parce que l'union ne se décrète pas par des accords au sommet, nous
l'avions déjà expérimenté lors de l'élection présidentielle,
l'union se construit dans le temps, dans les luttes, dans les
consciences, autour d'un projet de société. Ensuite
parce que ce Front de Gauche s'est comporté comme un nouvelle force
de gauche, force qui si elle n'a pas réussi à capter l'électorat
populaire à réussi à faire disparaître le parti communiste des
débats électoraux Aussi, la
question aujourd'hui ,ce n'est pas, faut il poursuivre ou non le
Front de Gauche ? mais quel rôle doit jouer le Front de Gauche dans
l'avenir. En effet, ce
Front de Gauche ne doit pas devenir un obstacle à une union plus
large, ne cherchons pas à faire rentrer à tout prix dans ce Front
de Gauche les formations politiques anticapitaliste qui s'y refusent.
Ce ne doit pas être le Front de Gauche ou rien. Ne nous
enfermons pas dans un front de Gauche qui se résumerai à un tête à
tête Parti communiste, Parti de la Gauche, cela entretiendrai la
confusion sur une fusion à la Die Linke, objectif affiché par
Mélanchon et certains de nos dirigeants. Notre parti
a besoin de retrouver son identité pour donner un prolongement
politique aux luttes. Nous l'avons vu lors de cette élection, il ne
suffit pas qu'il y ait des luttes de haut niveau pour que cela se
traduise dans les urnes, faut il encore que ceux qui luttent,
acquièrent une conscience de classe, là est l'utilité du parti
communiste. En
conséquence le peuple de gauche aujourd'hui a plus besoin d'un front
de luttes anticapitalistes porteur d'un projet de société qui
rassemble toute la gauche anticapitaliste, que d'un Front de Gauche
qui se réduit à mettre en place une nouvelle force de gauche qui se
substituerait au parti communiste dans tous les scrutins à venir. Après la
fusion disparition mise en échec lors de notre 34 ème congrès, ne
mettons pas en place avec le Front de Gauche la disparition sans
fusion. La direction
du parti propose de poursuivre le Front de Gauche, alors faut il
présenter des candidats du front de gauche aux élections
régionales? Comme aux élections européennes. Je pense que cette
décision qui engage notre existence doit faire l'objet d'un débat
dans le parti, effectivement l'existence d'un parti politique est
conditionnée par sa présence aux élections. Nous sommes
tous pour poursuivre l'union engagée avec le Front de Gauche, cette
union étant indispensable pour changer la société; Le choix n'est
donc pas entre union ou repli sur soi, mais entre : Faut-il
faire une union qui implique la disparition du parti communiste dans
toutes les échéance électorales à venir ? ou Faut-il
faire une union qui implique un renforcement du parti communiste,
afin d'affronter les échéances électorales à venir, notamment en
présentant au premier tour des élections régionales des candidats
du parti communiste, l'union de toutes les forces de gauche se
faisant au deuxième tour . Moi, je
suis pour le renforcement du parti communiste, donc pour des
candidats du parti communiste aux élections régionales.
Intervention de Dominique NEGRI Mon intervention porte sur trois points
du rapport.
1 - Résultats des européennes
et Front de gauche. Le rapport revient avec
insistance sur le succès du Front de gauche, le début de dynamique.
Regardons la réalité ! Nous avons maintenu, très
légèrement amélioré, le résultat des listes PCF de 2004. C’est
essentiellement le résultat de la campagne du PCF, sur la base de
leur travail quotidien. Une raison de plus d’arrêter de douter du
potentiel des communistes ! Dans notre section, à
Saint-Martin-d’Hères, nous obtenons le meilleur résultat de
l’agglomération grenobloise. Mais cela ne peut pas
masquer le fait majeur : l’abstention que nous devons analyser
avec attention. Je prends 4 bureaux de quartiers populaires de
Saint-Martin-d’Hères. Langevin : 69,11% d’abstention en
2009, 72,29% de votes NON en 2005. Barbusse : 68,58% et 75,52%.
Paul Bert : 72,07% et 70,07%. Aragon : 71,33 et 71,67%. C’est clair :
l’électorat du NON s’est largement abstenu. C’est bien plus
qu’une « défiance » vis-à-vis de l’Union
européenne, c’est un rejet de l’UE du capital et le rejet de
l’illusion d’une réorientation sociale. Entendons-le et sachons
nous appuyer sur lui contre la politique du gouvernement de Sarkozy ! Au final, nous arrivons
au même nombre d’élus du Parti. Je me permets de rappeler que les
communistes n’ont pas approuvé la répartition des têtes de
listes entre les organisations du Front de gauche alors que nous en
sommes la seule vraie force politique.
2 – Les
conditions du combat politique en lien avec les luttes. Nous ne pouvons que
souscrire à cet objectif du rapport. Mais nous devons constater que
le rapport de forces social est resté invisible dans le vote alors
que la perspective politique part des luttes. Aussi, dès à présent,
renforçons le contenu politique communiste de nos interventions !
Tout nous invite à mettre en avant nos analyses marxistes.
Travaillons à la convergence des luttes ! La privatisation de la
Poste est largement rejetée par la population. Avançons la
nécessité de la défense et de la reconquête du monopole public,
seul garant d’un service public de qualité pour tous. Les
directives européennes de marchandisation, de mise en concurrence
sont disqualifiées. La marchandisation de la
santé est tout autant refusée. Nous le voyons avec le succès dans
notre section de la pétition pour le retrait de la loi Bachelot,
pour la défense de l’hôpital public, 1 200 signatures en
quelques semaines. Un PCF bien vivant,
visible, actif dans les luttes, utile pour dégager la perspective :
c’est le préalable au rassemblement et à l’unité.
3 – Les
« transformations » du PCF. De quoi parle-t-on ?
Une « transformation » du PCF est un sujet grave qui doit
être pris avec sérieux et demande le temps nécessaire aux débats
dans toutes les structures du Parti. Ce n’est pas possible dans le
cadre du « congrès d’étape » annoncé par Pierre
Laurent, dans la foulée des élections régionales qui auront
mobilisé à fond les camarades. Pour ne pas voler ces débats aux
communistes, il faut un autre calendrier. Pourquoi cette
précipitation ? Pour forcer une transformation du PCF avec son
effacement au sein d’une structuration du Front de Gauche ?
Non ! Alors que chaque jour,
avec cette crise majeure du capitalisme, la nécessité de
l’existence et du renforcement de notre parti, comme outil politique
indispensable pour les travailleurs, se confirme !
| | Conseil national du 13 mai 2009 |
Intervention
de Paul Barbazange au CN du 13 mai 2009
Le principal
risque du vote du 7 est une abstention massive des exploités, pas
seulement due au désintérêt, ce sera une abstention relevant d'un
choix politique volontaire. Comment assurer au mieux l'intérêt de
classe, bien au delà du passage obligé électoral face à la
violence de la crise, à son caractère remettant en cause aux yeux
de beaucoup le devenir du système ? Nous pouvons dégager une
perspective communiste, sans laquelle il n'y aura pas de réelle
sortie de crise : mettre en avant l'idée d'un devenir possible
en rupture avec l'insupportable présent. Cette nécessité n'est pas
en contradiction avec l'idée et la pratique de « Front(s) ».
Cette nécessité entre en contradiction avec toutes les
« propositions d'accompagnements » que peuvent nourrir
beaucoup de nos attitudes, qu'il s'agisse de JC Gayssot se faisant
photographier dans le bureau de Dominique Strauss-Kahn à New York en
ventant « la qualité du travail du directeur du FMI »,
futur présidentiable socialiste, ou plus grave, quand chacun d'entre
nous laisse entendre dans les luttes ou en politique que des
compromis avec le capitalisme sont inévitables. La contradiction
n'est pas dans la recherche de rassemblement avec des citoyens
différents de nous, elle est dans notre incapacité à porter un
message révolutionnaire. Comme l'écrivait J. Broda, un
sociologue hier dans L'Huma :« Le plus grave ce
n'est pas Sarko, c'est la dépolitisation des mouvements sociaux. ».
Pierre Laurent a bien eu raison de citer une autre phrase de cet
article marquant, dans son rapport.
Lors du
dernier CN, il y a six semaines, Marie-Georges Buffet nous avait
appelé à intervenir en communiste dans la campagne du Front de
Gauche. A Béziers, nous nous y sommes consacrés, à notre façon,
autour du mot d'ordre « Faisons péter l'Europe capitaliste ».
L'observation des expériences est qu'en toutes circonstances, ce mot
d'ordre communiste, adapté à la situation électorale, est compris,
aussi bien dans les escaliers HLM que dans un débat universitaire.
Partagé, il suscite des interrogations constructives.
Le 1er mai,
ce mot d'ordre, allié dans la manifestation à la faucille et au
marteau... il nous a permis de donner du contenu derrière et à côté
de la banderole du Front de gauche auxquels quelques-uns du PG et
d'ailleurs auraient bien voulu nous limiter.
Même
constatation lors du meeting de Mélenchon : le tract de la
section du PC et les pancartes autour de ce mot d'ordre ont été
bien vécus surtout quand après un discours dont nous aurions
quasiment pu reprendre l'essentiel, Mélenchon s'est cru autorisé à
conclure par « le vote inévitable à gauche aux seconds
tours » au nom de la discipline républicaine... alors qu'il
est tête de liste dans une élection à un tour. Cette formulation
a, au moment où elle a été faite et que Bayrou se prépare, ouvert
quelques yeux !
Quant aux
communistes encartés ou non, constatons qu'ils se retrouvent dans la
combativité de classe exprimée par ce mot d'ordre, certains, trop
peu encore, retrouvant le chemin de la ré-adhésion au PCF. Nous en
sommes à 20 adhésions depuis janvier dans ma section. Quand
l'énorme majorité d'entre nous s'interroge et le dit sur la
« lisibilité » de notre politique, constatons que
l'expression autonome de l'organisation de classe, loin de nuire aux
rassemblements, y donne de la couleur et du tonus.
Intervention de Pasquale NOIZET 1 -
Seulement un jour à l'avance, un dossier de 25 pages intitulé UNION
EUROPENNE/MONDE est parvenu aux membres du Conseil National afin
d'être porté à la discussion à l'ordre du jour. Le débat sur le
fond n'est pas possible, les délais n'étant pas suffisants pour que
nous puissions prendre en compte ce document. La date du Conseil
National ayant été modifiée et avancée, un grand nombre d'entre
nous n'ont pu être présents.
2 - Dans ce
document, l'idée que l'Union européenne ait une politique étrangère
n'est pas contestée dans son principe, alors qu'il s'agit d'un
empiètement sur les prérogatives centrales de la souveraineté des
États membres ! Sa mise en œuvre, même dans le cas de bonnes
propositions, aboutirait à créer une supranationalité au détriment
des peuples des États membres. La mise en avant de ces bonnes
demandes dans un cadre européen (par exemple sur la Palestine), vu
le rapport de force défavorable, aboutira à la confiscation du
débat au détriment des parlements nationaux et à crédibiliser les
décisions libérales et impérialistes qui les auront facilement mis
en minorité.
3 - Le
constat est juste d'une Europe libérale inféodée aux États Unis,
organiquement liée à l'OTAN, et en déficit de démocratie.
Seulement, je ne vois pas comment nous pouvons améliorer une
construction purement capitaliste et anti-démocratique sans un
projet de socialisme. La
solidarité internationale ne doit pas prendre la forme d'une
ingérence aussi bien intentionnée soit-elle, dans la politique
intérieure des pays concernés. Sinon nous risquons de basculer dans
le paternalisme néo colonial. Toute forme
de solidarité concrète avec les mouvements ouvriers progressistes
et révolutionnaires du monde est absente du document.
4 - Je
relève néanmoins quelques points positifs :
demande
de levée du blocus de Cuba,
appel à
la responsabilité et renoncement à soutenir le séparatisme
tibétain en ce qui concerne la Chine,
position
juste sur la Palestine,
dissoudre
l'OTAN, c'est souhaitable, mais plutôt que d'attendre les calendes
grecques, je propose que nous commencions par contribuer à en faire
sortir la France !
Intervention d'Alain DE POILLY
D'abord
je tiens à préciser pour être bien compris, qu'il faut tout faire
pour faire élire un maximum de candidats de la liste de Front de
Gauche. Par
contre, il faut le dire, cette campagne des européennes engendre des
effets contradictoires : -
d'un coté, les camarades sont pour un front de gauche - de
l'autre, ils regrettent la disparition dans cette campagne du Parti
communiste.
Dans
notre électorat, certains font la confusion entre la gauche et le
Front de Gauche : ils pensent bien sûr à tort que le Front de
Gauche est le nouveau parti de Mélanchon. D'ailleurs à ce sujet, je
dois dire que Mélanchon entretien cette confusion. Dans plusieurs
journaux, il a déclaré, notamment dans Le Monde du 4 mai :
« Mon objectif est de poursuivre ce front de gauche, un peu
comme Die Linke en Allemagne ».
Or Die Linke est la fusion dans un seul parti de l'aile gauche du PS
allemand de Oskar Lafontaine et du PC allemand.
Aussi,
j'ai une question à poser à Marie Georges Buffet ou à Pierre
Laurent : la direction du Parti partage-t-elle l'objectif de
Mélanchon sur la suite à donner au Front de gauche après les
élections européennes ? Car dans ce cas cette élection
européenne serait un vrai piège pour les communistes.
En
effet, si le Front de Gauche fait un bon score, la preuve est
apportée que le Front de Gauche est la solution d'avenir comme le
préconise Mélanchon. Ou le Front de Gauche fait un mauvais score et
la preuve est apportée que le Parti communiste, qui est à
l'initiative de ce front, est en perte d'influence et qu'il est temps
de le métamorphoser en une force de gauche, comme cela à été dit
par certains après l'échec de l'élection présidentielle.
C'est
à dire que dans les deux cas, le Parti communiste joue
perdant/perdant. Je tiens à le dire aujourd'hui, pour qu'on nous
refasse pas la coup du déclin du Parti communiste comme après les
présidentielles. Il ne s'agira pas dans cette élection de conclure
à l'échec du PCF, mais à l'échec d'une stratégie électorale et
politique, sur la forme à donner à l'union des forces de gauche.
| | Conseil national des 28 et 29 mars 2009 | Intervention de Caroline ANDREANI (débat sur la réforme Balladur)
La réforme préconisée par le comité
Balladur-Mauroy pose de nombreuses questions aux communistes. Tout
d'abord, le nom de Mauroy est rarement cité, ce qui constitue une
erreur d'appréciation. Car il faut bien comprendre que le Parti
socialiste est en grande majorité pour cette réforme. Il n'y a qu'a
voir le grand Paris de Delanoé ou Lille-Métropole de Martine Aubry. Deuxièmement, cette réforme s'inscrit
dans la construction de l'Union européenne. Quels sont les objectifs
de la réforme : en premier lieu, refondre le cadre institutionnel
français en supprimant les 36 000 communes pour les recomposer
dans le cadre de grandes intercommunalités. En second, supprimer
l'échelon départemental. On substitue le cadre institutionnel
communes-départements-régions-Etat au cadre
intercommunalités-grandes régions-UE.
C'est très exactement le cadre
institutionnel voulu par l'Union Européenne, qui aboutit non
seulement à supprimer l'échelon communal -qui reste le plus
démocratique-, et à confier les prérogatives de l'Etat aux grandes
régions.
Dans ce cadre, nous sommes une fois de
plus confrontés à une contradiction politique. Car accepter la
construction européenne, comme le fait le Parti de la gauche
européenne et donc le Pcf, c'est accepter cette réforme
institutionnelle. La refuser, c'est remettre en cause un des
fondements de l'Union europeenne.
Car
après tout, pourquoi vouloir réduire l'Etat français, centralisé,
héritier de l'Etat jacobin, à un Etat de type fédéral ? Tout
simplement pour détruire le cadre national, qui est par essence le
cadre privilégié de la résistance populaire. Idem en détruisant
les communes, on réduit un échelon démocratique essentiel. Le tout
vise à affaiblir la résistance des peuples par la destruction du
cadre national.
Je pense que si nous voulons être
conséquents, il faut non seulement se battre contre le projet de
réforme Balladur-Mauroy, mais également dénoncer le cadre
institutionnel imposé par l'Union européenne, et donc, en dernière
analyse, l'Union européenne elle-même.
Jean-Pierre MEYER, section de Sanary, fédération du Var, membre du réseau "Faire vivre
et renforcer le PCF" (débat sur les élections européennes) Je
n'ai pas l'intention de réanimer le moindre débat, sur les
conditions de la définition de notre stratégie relative aux
prochaines élections européennes, ni de revenir sur la question de
l'opportunité du Front de Gauche, tel qu'il est conçu. Le vin est
tiré, il faut le boire, le temps viendra de tirer les analyses.
Chaque chose en son temps. Pour l'heure, quoiqu'on pense de tout cela
et sans s'interdire de le dire, ce qui importe est de se mettre tous
en ordre de marche. Ce n'est pas simple, d'autant que beaucoup de
réticence existe chez de nombreux militants. Il nous faut, en
conscience, les surmonter. Cependant, encore faudrait-il que ne se
rajoutent pas de nouvelles difficultés, aux sources déjà bien
réelles des désaccords et des insatisfactions. Ainsi, les
conditions de consultation des adhérents souverains, sur la
composition de nos listes est absolument inacceptable. Ainsi, pour le
Sud-Est et particulièrement pour le Var, comment faire admettre à
nos Camarades, qu'ils devaient se prononcer sur une liste incomplète,
encore mouvante, dans des délais irréalistes et alors que dans le
même temps il était fait totalement litière des points de vue
qu'ils avaient exprimé, à savoir : un(e) tête de liste PCF et une
candidature varoise au moins dans les dix premiers, pour ce
département, qui lors des dernières élections du même type, avait
été en 4ème
position du nombre de voix recueillies. Il y a un fort sentiment de
dénie démocratique interne, qui objectivement ne favorise pas la
dynamique militante, même de celles et ceux prêts aux plus gros
efforts. Comme l'a déjà fait notre secrétaire fédéral, je
demande que des dispositions sérieuses soient prises, pour permettre
l'expression démocratique la plus large, de nos adhérents
souverains.
Intervention
de Paul BARBAZANGE, section de Béziers, membre du réseau "Faire vivre
et renforcer le PCF" (débat sur les élections européennes) A cette étape du débat je rebondis
sur les interventions de Marie Georges Buffet et de Yves Dimicoli ;
Marie Georges en appelle à notre responsabilité d’intervenir en
tant que communiste, sur un contenu communiste, lors des divers
moments de la campagne du Front de gauche. Elle nous cite ce qu’elle
s’est attachée à faire lors du meeting du Zenith.
Bien, on ne peut être que d’accord.
Mais sortons de l’obsession des
pratiques électorales! ¨Pour être en équilibre solide il faut
s’appuyer sur deux jambes. L’autre, c’est la présence
anticapitaliste des communistes dans les luttes. Cette activité
déterminera tout, y compris les résultats électoraux. Dans ma
section, les camarades ont participé cette semaine à trois luttes;
deux fois sur des grèves salariales, une fois dans la chimie privée,
l’autre aux côtés des salariés d’EDF ripostant par la grève à
une provocation de la direction au cours des négociations salariales
et la troisième au cœur de la luttes de parents d’élèves contre
les suppressions de postes. Attardons nous un peu sur cette question:
le plus gros plan de suppression d’emplois pour 2009 c’est
Sarkozy et les parlementaires UMP, avec les suppressions d’emplois
publics, pour eux ça devrait continuer en 2010. Dans les écoles des
quartiers populaires ce sont des dizaines de milliers d’enfants
privés de leurs maîtres, des centaines de milliers en souffrance
comme leurs parents qui sont les seuls « usagers »
réellement organisés dans toute la France. Quel espace de luttes si
nous exigions un collectif budgétaire pour qu’un maintien ici
n’entraîne pas une fermeture ailleurs !
Donc deux jambes dans la lutte des
classes; réorienter notre intervention dans le Front de gauche,
avoir une activité pleine et entière comme l‘a dit Yves en
fonction de la misère populaire produite par la crise. Front de
gauche, c’est un minima permis, dépassé par les luttes, allons
vers le Front populaire, cela correspond à notre histoire
révolutionnaire et même vers le Front de classe, crise oblige. La
classe dominante est en difficultés idéologiques, créons lui
l’impasse politique. Je termine, en biterrois, les communistes
mèneront campagne dans, ce dans est important, le Front de
gauche sur le slogan : « Faire péter l’Europe
capitaliste ». Il se passe de commentaires devant les
entreprises en lutte ou non et dans les escaliers des quartiers
populaires, sachons entendre la souffrance des peuples.
Marie-Christine BURRICAND, débat sur la réforme Balladur
Nous pouvons
rassembler largement contre la réforme des collectivités locales et faire
reculer Sarkozy, la droite et l'Union européenne. Contrairement à ce
qui est développé dans cette réforme, l'attachement des citoyens à leurs
collectivités de proximité et à leurs élus est forte. Faisons nous
comprendre en partant du plus proche et du plus visible pour les gens, la
commune. La situation
sociale est un atout. Face à la crise,
les collectivités locales que nous dirigeons sont vécues comme les premières sur
le front du soutien aux populations. Menons la
bataillle au bon niveau : opposons une logique républicaine, démocratique,
sociale et populaire à cette attaque contre la république et la
nation. Car c'est de cela
qu'il s'agit. Cela fait plusieurs années que les gouvernements successifs
tentent de liquider les institutions républicaines, pas pour plus de modernité,
mais pour moins de justice, d'égalité, de démocratie et dans l'ojectif d'en
finir avec les acquis démocratiques et populaires de 1789, 1936, 1945, 1968...
il faut à tout prix faire rentrer la France dans le cadre des institutions
européennes. Il s'agit de
remplacer le tryptique, commune, département, nation, par le trio métropole,
région, Europe, qui renforcera le poids des élites technocratiques et éloignera
encore plus le peuple des décisions.N'en doutons pas, l'étape pour le capital
aprés cette réforme, c'est la supra nationalité pour liquider la souveraineté
populaire et le cadre national. La bataille contre
cette réforme devrait être un point essentiel de la campagne communiste aux
européennes. Enfin, il nous
faut éclairer l'objectif du capital de libérer de nouveaux terrains pour la
marchandisation et les profits. La casse des services publics -crêches, centres
de loisirs, cantines....-, quelle manne pour le capital! Je suis favorable à ce que nous portions l'exigence d'un
référendum sur cette réforme.
Intervention non
prononcée de Jean Jacques KARMAN
L’argumentaire
pour les élections européennes est catastrophique.
- Les
80 % des lois votées par le parlement français, qui sont des
transcriptions de l’UE, sont présentés comme un fait positif :
c’est débile.
- Le
3ème argument est dirigé contre l’idée de sortie de l’UE.
C’est comme si on se tirait une balle dans le pied.
- Le
texte cite les transports, l’énergie, l’automobile et les
banques. Mais à aucun moment le mot nationalisation n’apparaît.
Sommes-nous, oui ou non, dans la plus grande crise du capitalisme qui
peut déboucher sur une situation révolutionnaire ?
- Pire,
le 11ème argument, je cite : « L’UE doit œuvrer à un
partenariat stratégique avec les États-Unis pour démocratiser en
profondeur l’OMC, le FMI et la Banque Mondiale. »
L’impérialisme US serait devenu un élément de démocratisation !
Mais qui a pu écrire cela ?
- Rien
sur l’interdiction des licenciements. Heureusement que le groupe à
l’Assemblée vient de déposer un projet de loi !
- On
ne demande plus la sortie ou la dissolution immédiate de l’OTAN,
on reste dedans pour créer les conditions de sa dissolution future.
Et maintenant, on défend « l’Europe de la défense » !
- Rien
n’est dit sur l’aménagement du territoire alors qu’en fonction
des directives de l’UE, des propositions anti-démocratiques sont
faites par le comité Balladur/Mauroy.
Oui,
je dis bien Mauroy, car celui-ci en était le vice-président, et
qu’il a voté 89 % des mesures avancées, dont celle-ci, je
cite : « L’objectif à atteindre est, à terme, que les
intercommunalités se transforment en communes de plein exercice, ce
qui permettrait à la France de compter des communes fortes, en
nombre raisonnable ». Fin de citation. On le voit, avec la
suppression des cantons, l’intercommunalité forcée pour toutes
les villes, d’ici à 2014, c’est la structure républicaine et
démocratique héritée de la Révolution française qui est en
cause. A terme, c’est le remplacement de la commune, du département
et de la nation par les grandes intercommunalités, les grandes
régions et l’UE.
La
défense de la république française est aujourd’hui un enjeu de
classe et une démarche réellement internationaliste. Mais
nous n’avons rien à gagner à ce que le PCF recule, donc avec mes
amis, nous ferons campagne sur nos positions, pour l’élection d’un
maximum de candidats du front de gauche.
| | Conseil national du 1er mars 2009 | |
Intervention de Jean Jacques KARMAN La
création de 15 grandes régions, d’un grand Paris, de 11 et plus
grandes métropoles, la généralisation de l’intercommunalité
forcée par la fin des syndicats territoriaux, des pays et
parallèlement, la limitation à la portion congrue des compétences
des départements, des communes, de leur regroupement forcé, la
suppression des cantons et de services de l'État comme l’annonce
la commission Balladur/Mauroy, n’est pas une lubie sarkozienne,
C’est avant tout une exigence de l’Union Européenne.
Les
trois échelons démocratiques de la République française, issus de
la Révolution française, commune, département et État, seront à
terme remplacés par les grandes intercommunalités, les grandes
régions et l’Union Européenne, si nous y restons. Dès l’origine
de l’Union Européenne, de la régionalisation, et en 1999 de
l’intercommunalité, le PCF a été le seul à dire NON. C’était
juste et cela reste juste. En 1952 lors de la Communauté européenne
de défense, en 1969 lors de la régionalisation et en 2005 lors de
la "Constitution" européenne, nous avons dit NON et avec
le peuple de France, nous avons remporté la victoire.
Aujourd’hui
la direction du PCF déclare qu’elle n’est pas contre l’Union
Européenne et même qu’elle est pour, Simplement, elle contre ses
prises de position et il faut être positif. Une association est
refusée dans le « Front de gauche » et interdite de
parole dans les meetings, parce qu’elle est contre l’Union
Européenne, pour une autre Europe, une Europe démocratique.
Être
positif, cela me rappelle « Bouge l’Europe ! » et
son résultat. Avant de proposer une nouvelle Europe il faut avoir le
courage de dire NON à l’Union Européenne, rassembler sur la base
d’un NON comme à chaque fois que nous avons gagné contre
l’organisme capitaliste qu’est l’Union Européenne.
Avec
mes camarades, je suis pour la sortie de l’organisme capitaliste
qu’est l’Union Européenne, comme je suis pour la sortie de
l’OTAN. Pas pour un repliement sur les frontières nationales, mais
pour créer une rupture qui seule, avec d’autres peuples, permettra
de construire une autre Europe, Car comme Marx nous l’enseigne, un
organisme créé par les capitalistes pour les capitalistes ne peut
pas servir le peuple. Nous sommes, encore, minoritaires sur cette
question de la sortie, mais pour le refus de l’Union européenne,
je ne le crois pas. Alors il n’est pas trop tard pour rectifier.
Surtout que dans le texte du congrès, l’idée que le PCF est pour
l’Union Européenne n’existe pas. Au contraire, il est dit pour
les élections européenne, je cite : « Nous voulons faire
en sorte qu'une part significative de la vague de contestation, qui
ne cesse de monter à l'encontre d'un modèle de société qui a
failli, s'exprime à cette occasion ». Ne divisons pas,
rassemblons en premier lieu la classe ouvrière qui a dit NON à 80 %
à cette Union Européenne lors du référendum, sur la base de son
vécu. Alors :
NON
au capitalisme et à sa crise, NON aux licenciements, NON au
démantèlement de la République, NON à l’Union Européenne
Appelons
à voter pour un Front de Gauche anti capitaliste.
POUR
l’augmentation des salaires, retraites et pensions, POUR la
République, la Liberté, l'Égalité et la Fraternité, POUR la
construction de l’Europe anti-capitaliste des peuples | | Conseil national du 7 février 2009 | Intervention de Caroline ANDREANI
JM Coppola expliquait que
les députés au parlement européen étaient élus depuis 1978. Je
crois qu'il serait bon de tirer un bilan de leur action. Comme il
serait bon de tirer un bilan de l'action de nos deux députés
européens.
Si nous tirons un bilan
des dix dernières années sur les droits sociaux, nous constatons :
que le travail de
nuit des femmes a été réintroduit par l'UE, au nom de l'égalité
des sexes
la casse des régimes
de retraite, et la volonté politique clairement affirmée de
développer le travail des personnes de plus de 65 ans
l'abaissement de
l'âge du travail, avec l'introduction sans tambour ni trompette du
travail des enfants à partir de 14 ans dans le cadre de
l'apprentissage
la mise en
concurrence des territoires facilitant les délocalisations dans les
pays où la main d'œuvre est moins chère
la possibilité pour
une entreprise d'un pays tiers d'employer des salariés selon le
code du travail et les prix du pays
la casse des services
publics au nom de la concurrence libre et non faussée, dont nous
voyons les ravages avec la privatisation d'EDF/ GDF
les lois
anti-immigration scandaleuses
Nous savons tous que le
parlement européen n'a pas de poids réel, que c'est la commission
européenne qui légifère. Le rôle, le poids du parlement, ne
permettent pas la réorientation de l'UE, car les parlementaires
ratifient les propositions plus qu'il ne les votent.
N'allons pas nous
fourvoyer sur l'Europe sociale : il faudrait un rapport de forces à
un niveau tel que cet objectif est parfaitement inatteignable.
D'ailleurs, quand on parle de remise en cause des fondements libéraux
de l'UE, il ne faut pas prendre nos désirs pour des réalités.
Si nous voulons faire le
lien entre le local et le national, il faut rappeler le rôle
mortifère de l'UE dans la crise actuelle du système. Ce n'est pas
seulement Sarkozy ou les banquiers qui sont responsables, ou le
système financier international. C'est aussi l'Union européenne qui
a donné les outils permettant aux banques, aux établissements
financiers et aux grandes entreprises de faire de l'UE un terrain de
jeu de la dérèglementation financière.
Je préférerais,
personnellement, que nous soyons honnêtes, que nous disions que nous
voulons des élus pour savoir ce qui se passe et alerter les peuples
des mesures anti-sociales de l'UE.
Si vraiment nous repartons
sur les enjeux locaux, il faudra être conséquents avec nous et avec
le peuple, et proposer la sortie de l'Union européenne. Alors là,
nous prendrons une initiative politique forte, de rupture, en un mot
révolutionnaire.
Intervention non prononcée de Jean Jacques KARMAN Le
contexte politique au moment de l’élection européenne sera, n’en
doutons pas, marqué par les politiques de la droite et des
réformistes, dans leur tentative de faire payer la crise à la
classe ouvrière et au peuple de France.
C’est
tout à l’honneur des députés communistes de ne pas avoir voté
le plan de Sarkozy. La nature des propositions socialistes n’est
pas différente de celle de la droite. Elles s’inscrivent toutes
deux dans une tentative de replâtrage, qui poussera la crise
capitaliste à un autre niveau, encore plus grave pour les
travailleurs.
L’Union
Européenne, par ses directives pour le profit maximum, est l’un
des facteurs aggravants de la crise mondiale du capitalisme. Cette
Union Européenne a été créée, constituée, façonnée pour les
intérêts capitalistes. Il n’est pas possible, demain, de la faire
agir pour le bien des peuples, elle n’a pas été faite pour cela.
Marx
nous enseigne qu’il faut une rupture avec l'État bourgeois qui ne
peut pas fonctionner positivement pour le peuple car sa fonction est
d’aider à une exploitation maximum de ce même peuple. Il en est
de même pour l’Union Européenne. Faire croire que l’on peut
démocratiser l’Union Européenne et aller avec elle vers une
Europe sociale, c’est un mensonge, c’est tromper les
travailleurs.
La
seule position juste, pour les travailleurs, c’est la sortie, non
pas de l’Europe, mais de cet organisme pro-capitaliste qu’est
l’Union Européenne. Non pas pour un repliement sur les frontières
nationales, mais pour enclencher une rupture et comme pour le NON
avec d’autres, construire une autre Europe respectueuse des acquis
sociaux, de l’histoire et de la culture de chaque peuple.
La
victoire du NON s’est construite sur la base d’un refus, d’un
rejet de cette Union Européenne, la classe ouvrière sur la base de
son vécu a voté à 80 % NON. Aujourd’hui il faut dire NON
une nouvelle fois en sortant de cette Union Européenne pour ouvrir
une perspective.
C’est
sur cette base que doit être recherchée une union avec d’autres
et non le contraire. Concernant l’union avec le Parti de Gauche, au
delà du discours qui est parfois plus à gauche que celui de notre
direction, je suis hésitant car je me rappelle par exemple qu’en
1965, il n’y avait pas de socialistes à Aubervilliers et que c’est
nous qui les avons aidés à se constituer. Nous connaissons la
suite. Sur la réponse du NPA, il y a une logique, nous ne pouvons
pas faire des alliances contraires d’une élection à l’autre.
D’autant que les régionales et les européennes sont très liées.
Aucune illusion, le NPA ira seul à l’élection européenne.
Prenons
l’exemple de la réforme institutionnelle de la commission
Balladur-Mauroy : il s’agit bien de façonner une nouvelle
organisation des territoires pour les intérêts capitalistes :
transformer à terme les départements en arrondissements de régions,
transformer les communes en arrondissements d’intercommunalités…et
dans ce contexte de prédominance de l’Europe des régions, faire
de la France un arrondissement de l’Union européenne. La
suppression de la taxe professionnelle est un mauvais coup de plus
dont la portée sera très grave pour les villes et les départements.
Faut-il
se rappeler que cette nouvelle étape intervient au moment même où
le président de la République prenait la présidence de l’Union
Européenne avec pour mot d’ordre la « cohésion
territoriale », à savoir la politique de l’Union Européenne
qui ne connaît que les grandes régions au détriment de notre
République une et indivisible. La fin des départements, c’est la
politique de régionalisation européenne issue du traité de
Lisbonne, un outil institutionnel pour permettre la mise en œuvre de
la politique de l’Union Européenne de dislocation des conquêtes
sociales. C’est l’Union Européenne par sa politique régionaliste
qui pousse à l’éclatement des nations, c’est elle qui vise à
anéantir tous les acquis sociaux arrachés par la lutte des classes.
Alors,
pour l’élection européenne, avant l’union, le contenu. Pour les
candidats, personnellement je n’ai aucune opposition de personne.
Encore une fois c’est le contenu qui sera déterminant.
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