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Conseil national des 8 et 9 avril 2011
Jean Jacques KARMAN

Les déclarations récentes de certains dirigeants du PCF sont préoccupantes. Elles confirment qu’ils ont fait le choix de la candidature de Jean Luc Mélenchon pour 2012. Leur but est, peut-être, de créer un rapport de force électoral pour obtenir quelques postes ministériels dans un gouvernement dirigé par le Parti Socialiste. Pour cela, la candidature de Jean Luc Mélenchon pourrait les servir.

Et pourtant, c’est bien le but recherché par un parti qui commande son programme, qui lui-même détermine le choix de son candidat. Quel est donc le but du PCF ? C’est « par l’émancipation de chacun-e, la maîtrise sociale, la mise en commun et le partage des connaissances, des pouvoirs, des richesses… » Cette définition communiste minimum contenue dans l’introduction de nos statuts est totalement contradictoire avec une participation à un gouvernement social-libéral en 2012.

Le « programme partagé » proposé par la direction du PCF fera peut-être de bonnes propositions, mais soyons clairs : nous sommes face au plus haut degré de la crise du capitalisme et celle-ci va s’aggraver. Le niveau du programme doit être à cette hauteur, « le programme partagé » doit avant tout lier les revendications sociales immédiates et les premières mesures de ruptures avec le capitalisme. Les faits actuels en Europe et dans le Monde et les arguments théoriques et politiques ne manquent pas pour soutenir ces mesures incontournables. Malheureusement, elles contredisent les déclarations récentes de certains dirigeants de notre parti. Pour les revendications sociales immédiates :

1. Interdiction de tous les licenciements.
2. Retraite à 60 ans pour tous, à taux plein.
3. Augmentations générales des salaires, pensions et prestations sociales.
4. Construction d’un million de logements sociaux, sans surloyer.

Pour les mesures de ruptures immédiates avec le capitalisme :
1. Nationalisation / socialisation des banques et de grandes entreprises stratégiques.
2. Sortie de l’Union Européenne et de suite, nouvelles relations internationales.
3. Assemblée constituante pour la première République sociale de France.
4. Annulation de l’ensemble de la dette publique.

Ces têtes de ponts déterminantes pour sortir de la crise du capitalisme en sortant du capitalisme lui-même, enclencheront automatiquement un grand nombre d’autres mesures comme par exemple les droits nouveaux pour les travailleurs pour le contrôle de l’économie et créeront un mouvement social en Europe et dans le monde, comme l’histoire nous l’enseigne, …

Précisons que si l’on ne prend pas ces mesures de base, il n’y aura pas de rupture avec le capitalisme. Et la collaboration de classe l’emportera, les désillusions et les déceptions suivront et ouvriront la porte, à court terme, à l’extrême droite.

Dans ces conditions, le candidat du PCF doit être de sensibilité communiste. La direction du parti doit respecter nos statuts. C’est aux communistes de décider de leur candidat et au plus vite.

Mais que cherche la direction du PCF ? Elle aurait décidé d’imposer la candidature de Mélenchon, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Par exemple, elle a demandé à André Chasseigne, à la veille de la fête de l’Huma, de se porter candidat pour occuper le terrain et rassurer les militants. André Chasseigne déclare qu’il est candidat pour être le candidat du Front de Gauche et qu’il se retirera si Jean Luc Mélenchon est mieux placé électoralement. Soyons clair, le résultat est connu d’avance, car les médias ont fait leur choix et Jean Luc Mélenchon « joue » très bien son rôle. Mais la direction du PCF n’avait pas prévu que dans le PCF, les militants seraient même prêts à imposer leur choix.

Il y a donc urgence à convaincre pour rappeler le but d’un PC, obtenir ce programme et désigner, parmi plusieurs possibilités, notre candidat de sensibilité communiste.

"Le texte de la direction amendé a d’ailleurs été adopté après des débats houleux, qui ont duré jusqu’en début de soirée, par 80 voix, 34 contre et 3 abstentions."


Caroline ANDREANI

La discussion que nous avons actuellement va engager le Parti communiste pour les années qui viennent. La position prise par Pierre Laurent a le mérite de la clarté. Elle est cohérente avec tous les signaux politiques donnés par la direction nationale jusqu'à présent.

J'entends dans ce Conseil national les interventions qui portent le Front de gauche au pinacle et qui concluent que la candidature de Mélenchon est la seule possible dans le cadre du Front de gauche.

Je crois qu'il faut être prudent sur la tentation d'imposer une décision qui serait à l'opposé du sentiment majoritaire des communistes et de notre électorat. Le Front de gauche, inéluctable, véritable bouée de sauvetage pour le Pcf, est une vision biaisée, comme les collectifs anti-libéraux l'ont été. Or, il y a un moment où la réalité politique se rappelle à nous et nous force à ouvrir les yeux.

A Aubervilliers, nous avons présenté un candidat communiste dans le cadre d'un Front de gauche élargi. Ça ne nous a pas posé problème, même si nous avons perdu beaucoup de temps avec nos « partenaires » dans des discussions interminables. Mais pour les habitants, les électeurs, ou nos sympathisants, le Front de gauche n'a pas représenté un plus, tout simplement parce qu'il n'avait pas de réalité et que sur le terrain, ils ne rencontraient que des militants communistes. Dans l'assemblée générale qui a suivi le 2e tour et la victoire du candidat communiste , nous avons par contre eu la surprise d'entendre nos partenaires avoir une idée très arrêtée sur notre avenir commun...

Soyons réalistes : dans le cadre du Front de gauche, le rôle des communistes est de devenir le bras armé de micro-organisations qui pensent et décident à leur place. Cela ne se fera pas, parce que j'imagine mal les communistes l'accepter. Et en dernière analyse, si les communistes refusent de faire la campagne de Mélenchon, cette candidature sera un échec cinglant. L'imposer au communistes, c'est toujours possible. Mais c'est prendre le risque d'avoir à en assumer l'échec, comme il a fallu assumer l'échec de la stratégie des collectifs antilibéraux.

J'ai été signataire avec d'autres camarades d'un appel qui rassemble aujourd'hui 1200 signatures et qui défend la proposition d'un candidat communiste à la présidentielle. Nous n'avons pas pour ambition d'imposer un candidat communiste mais nous voulons un véritable débat et une consultation des adhérents dans la clarté. Et surtout, nous voulons le respect du choix des communistes.

Nous devons analyser sereinement ce que représente Mélenchon et l'opération politique qu'il mène. Mélenchon est un socialiste en rupture de ban, mais c'est bien un socialiste, ie quelqu'un qui ne défend pas le principe de la rupture avec le système capitaliste, mais un aménagement du système. Qui plus est, il construit son parti à nos dépens, en grappillant des élus et des postes sur nous.

Je suis surprise que la direction nationale, au lieu d'avoir à cœur les intérêts du Parti, défende les intérêts d'un autre parti. En faisant le choix de Mélenchon, nous allons disparaître de la scène politique nationale lors d'une élection où nous pourrions au contraire bénéficier d'une tribune pour défendre nos idées. Au lieu de quoi, on nous propose de servir de supplétifs pour porter les idées d'un autre. Cela posera évidemment un problème d'image et de crédibilité dès les législatives.

Se rallier à la candidature Mélenchon, c'est aussi porter le message que nous n'avons pas d'idées, pas de programme, pas d'ambition. Cela va à contre-courant total des attentes de nos concitoyens, auxquelles nous avons été confrontés sur le terrain, ie la volonté de changement, de rupture avec le système. Mesurons bien la colère qui gronde dans les milieux populaires, mesurons bien la souffrance sociale, et les défis que cela représente pour un parti communiste.

Mais se rallier à la candidature Mélenchon peut aussi avoir un autre objectif, celui de forcer les communistes à accepter la constitution d'une nouvelle force politique où le Parti communiste serait dilué. Que l'on ne vienne pas nous dire que ce n'est pas le cas. Tout montre au contraire qu'une partie de notre direction a fait le choix du Front de gauche contre le Parti communiste.

Pour conclure, je pense que le choix de Mélenchon serait une grave erreur politique. Je souhaite que les communistes soient consultés, et que le choix majoritaire, quel qu'il soit, soit respecté.

Il y a toujours un lendemain aux élections présidentielles. Je n'aimerais pas qu'au lendemain de 2012, nous vivions le même retour d'expérience dans cette assemblée que lors de la présidentielle de 2007.


André GERIN

Le niveau atteint par l’abstention, le poids du vote en faveur du Front national, donnent la mesure de la crise politique, sociale, morale et culturelle que nous connaissons. Il conviendrait d’y réfléchir en profondeur car c’est tout le principe de la démocratie représentative sur le lequel se fonde la République qui est dans l’impasse.

Des millions de français sont en rupture à l’égard des partis dits « de gouvernement » PS – UMP. Cette érosion de la confiance devenue déchirure et gouffre s’explique par toutes les politiques mises en œuvre depuis 30 ans, faites de promesses puis de reniements, d’aveux d’impuissance et de désillusions.

La raison d’être du Parti communiste est de reconquérir cet électorat populaire mais issu aussi des couches moyennes, du monde du travail. Ce n’est pas aisé si nous considérons que nous nous sommes fourvoyés, nous aussi, dans cette œuvre de désespérance, en participant à des alliances et à des gouvernements qui nous ont fait perdre notre âme.

Or, que nous proposent aujourd’hui Pierre Laurent et la direction du Parti ? Un paquet-cadeau empoisonné avec une candidature aux présidentielles abandonnée à Jean-Luc Mélenchon et des négociations de marchands de tapis pour les législatives. En clair, une désertion communiste contre un hochet.

La direction nous dit que la décision appartient aux communistes. De qui se moque-t-on ? Voilà des mois que le choix est arrêté.

D’ailleurs, que se passe-t-il si Jean-Luc Mélenchon n’est pas élu à la conférence nationale ? Pierre Laurent nous a dit que ce n’était pas possible parce que nos partenaires ne l’accepteraient pas et que cela ne faisait pas partie du contrat. On a donc bien trompé les communistes au mois de janvier. On nous a dit « toutes les possibilités sont ouvertes » « La candidature peut être celle d’un communiste ou d’une autre personnalité ». Jean-Luc Mélenchon aujourd’hui, c’est l’option de Pierre Laurent et de la direction du Parti communiste. C’est bien là que commence le marché de dupes. La souveraineté des communistes est bafouée.

Je pose la question « va-t-on organiser une consultation des communistes ? Va-t-on organiser une consultation nationale pour que les communistes décident du candidat des communistes ? Un candidat des communistes qui exprime la volonté de millions de gens d’éradiquer la logique capitaliste. Créer un engagement de masse au niveau du pays, dans les milieux populaires en faveur du candidat communiste. La meilleure manière de refuser ce marché de dupes, de rétablir la confiance, c’est le vote des communistes avant la conférence nationale pour que les délégués des départements disposent d’un mandat car les risques existent que la souveraineté des communistes soit une nouvelle fois bafouée.


Marie-Christine BURRICAND

Les communistes pourront-ils désigner leur candidat ?

Pierre Laurent dit dans son rapport que les communistes doivent pouvoir disposer de tous les éléments pour décider. A ce titre, il confirme qu’il est favorable à la candidature Mélenchon.

Il manque pourtant un élément essentiel à la discussion : quel seraient les avantages d’une candidature communiste, y compris dans le cadre du Front de gauche.

Cette question ne peut être posée qu’au regard de la situation politique et des forces sociales à mettre en mouvement. Nous ne pouvons décider sous la pression de nos partenaires, sous la menace de la rupture.

Et je trouve surprenant qu’on nous dise d’un côté -le Front de gauche a une existence et une dynamique qui renforce le PCF- et de l’autre, nos partenaires, le PG, la GU, pourraient tout faire péter juste parce que tout simplement et naturellement nous posons la question d’un candidat communiste.

Pour moi, il y a au moins deux avantages à désigner un candidat communiste : c’est mieux pour incarner la rupture avec le capitalisme, c’est mieux pour rassembler largement.

Au delà de nos propres résultats, les cantonales confirment le décalage entre les citoyens et la représentation politique, la crise du système politique.

Derrière cela, il y a une exigence de rupture avec le système capitaliste, c’est là que peut se regagner un renouveau populaire de la politique, capable de battre les fausses solutions du capital, la détestable préférence nationale du FN ou le capitalisme vert.

Un candidat de rupture qui porte un programme de propositions immédiates et lisibles sur les deux questions essentielles du pouvoir d’achat et de l’emploi, un candidat qui porte dans un même mouvement le vote et les luttes avant pendant et après l’élection, sans quoi l’élection ne pourra déboucher que sur une alternance source de nouvelles déceptions.

Ce n’est pas un candidat étiqueté par beaucoup comme un ex socialiste qui règle ses comptes avec son parti qui peut porter une telle exigence de rupture, c’est un communiste, de par notre ancrage populaire et notre histoire.

Sur le rassemblement, une décision aussi importante que la candidature aux présidentielles ne peut résulter d’un seul accord entre trois organisations, dont deux quasi inexistantes sur le terrain sans nous.

Ou alors, c’est qu’on reste enfermé dans une conception du rassemblement à la gauche de la gauche dont l’ambition se limite à peser sur le Parti socialiste.

Sortons du sommet et du concert médiatique, déterminons nous en fonction des forces sociales qui doivent se mettre en mouvement, dans les quartiers populaires et les entreprises. Pense t-on vraiment que Mélenchon pèse plus qu’un candidat communiste ?

En tous cas, ce ne serait pas une preuve de courage que de renoncer sans avoir mené la bataille d’un candidat communiste et nous alimenterions nous-mêmes l’idée de notre faiblesse et d’un PCF qui ne serait pas indispensable.

Les communistes doivent pouvoir décider et plutôt deux fois qu’une !

Oui, il faut une consultation des communistes avant la Conférence nationale pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce qu’ils veulent.

Oui, il faudra une consultation après pour valider ou pas la proposition de la conférence.


Jean-Pierre MEYER

Demande déposée le 08.04.11 à 9h30, intervention le 09.04.11 à 9h51.

Hier matin, selon le relevé que j’ai effectué, 53% des intervenants ont fait part de leur accord avec le rapport présenté par Pierre LAURENT.

L’après-midi, les chiffres s’inversent et voilà que jusqu’à présent, ce sont 58% des intervenants qui font part de leurs fortes réserves et désapprobations du dit rapport et des propositions dont il est porteur.

Si l’ordre des interventions avait été inversé, la presse aurait-elle pu titrer : « Le PCF choisi le tribun Mélenchon » ?

De là à dire que la gestion de la circulation de la parole n’est pas neutre au Conseil National, il y a un pas… que je n’hésite pas à franchir.

C’est un fait anecdotique, mais révélateur d’un déficit démocratique interne, que j’ai déjà, ici même, eu l’occasion de dénoncer.

De plus, le fait qu’une délégation restreinte de Camarades engage tout le PCF sur « le texte d’accord du Front de Gauche pour la présidentielle et les législatives », sans qu’un mandat préalable lui ait été donné en ce sens, ne semble pas choquer plus que ça, le plus grand nombre dans cette enceinte. Le Comité National, direction du Parti, est mis, une fois encore, devant le fait accompli, ça devient une banalité. C’est très inquiétant et c’est totalement inacceptable. Alain Bolla, hier soir, demandait un vote du CN sur cette question, je réitère cette demande.

Certains livrent à la presse que le PCF soutiendra Mélenchon, mais les communistes seront appelés à se prononcer en juin ! Je vous le dis comme je le ressens, c’est insupportable.

Comme d’autres camarades l’ont réclamé, je demande que les adhérents puissent se prononcer sur le candidat communiste de leur choix pour la présidentielle et cela avant la Conférence Nationale. Et de grâce, arrêtons de caricaturer cette question en la résumant à un simple match entre Mélenchon et Chassaigne, ou tout autre candidature. Avec les personnes il y a des visées, des projets, des stratégies différentes, nul ici ne l’ignore.

Je demande que cette proposition soit soumise au vote du CN, afin que chacun de ses membres s’exprime clairement sur ce point.

Pour finir, je vous avoue une grande lassitude, face à des pratiques internes qui sont aux antipodes de ce que nous exigeons pourtant, en matière de démocratie pour la société et qu’on est visiblement incapable de faire vivre au sein même du Parti !

Cela a déjà fait beaucoup de dégâts, trop de dégâts, va-t-on enfin permettre aux communistes « d’en bas » d’exercer vraiment leur souveraineté, d’avoir vraiment la parole et le pouvoir d’information, du tout savoir, pour décider démocratiquement en pleine conscience ? Le CN peut autoriser cela… ou pas !

COMMENTAIRE :

La demande que les adhérents puissent se prononcer sur le candidat communiste de leur choix pour la présidentielle et cela avant la Conférence Nationale, a finalement été mise au vote, sous la pression d’une partie du CN. Bien sûr, seuls les membres de la direction nationale ont voté. Les nombreux Secrétaires Fédéraux présents dans la salle et dont beaucoup avaient exprimé leur désaccord, lors du débat général, n’ont donc pas pris part au vote, ce qui explique pour partie, le décalage entre les pourcentages donnés par Jean-Pierre Meyer au début de son intervention et les résultats des votes. Pour partie, car nous avons pu noter également, des comportements surprenants, de la part de camarades ayant exprimé leur désaccord lors du débat, mais pour voter (à main levée) à sens contraire au final !

Résultat :

Votants : 115 ; NPPV : 3 ; Exprimés : 112 ; Pour : 29 (25,89%) ; Contre : 80 (74,11%).

Immédiatement après, est soumis au vote le « projet de résolution du Conseil National du 8 et 9 avril 2011 ».

Résultat :

Votants : 126 ; Abst. : 9 ; Exprimés : 117 ; Pour : 87 (74,36%) ; Contre : 30 (25,64%)

Chacun aura noté la différence de 11 votants entre les deux votes, qui se sont faits pourtant dans la foulée, démontrant ainsi le caractère aléatoire de la comptabilisation des votes « à main levée ». Un vote à bulletin secret ne serait-il pas plus fiable en la matière et ne réduirait-il pas les contradictions entre discours et vote ?


Paul BARBAZANGE

Après une journée et demi de débats, il n’y a pas lieu de répéter beaucoup de ce qui a été dit, parfois avec véhémence et inquiétude en opposition au rapport introductif. J’essaie donc d’apporter des précisions relevant du travail collectif des sections de l’ouest biterrois. Avec un certain nombre de candidats présentés par le PCF -pour ma part dans le cadre du Front de Gauche-, mais d’autres n’ont pas voulu s’y inclure, nous avons mené une campagne communiste, anticapitaliste marquée par sa diversité, de rassemblement. Révolte, rupture, révolution ont été les trois articulations de cette perspective de rassemblement appuyé d’abord sur le développement des luttes sociales en liaison avec les échéances électorales.

Les questions institutionnelles se sont imposées : proportionnelle, fin de l’élection du Président de la République au suffrage universel. Cette campagne a mobilisé plus nettement que lors des précédentes législatives, 4 adhésions au PCF sur deux cantons et la réunion de cellules qui ne l’avaient pas fait depuis des mois, des années. Des communistes très divers qui retrouvent un début de possibilité de "travailler ensemble". Je choisis de retenir cette réflexion d’une jeune citoyenne d’un quartier populaire exprimant sa satisfaction "de pouvoir passer d’un vote par dépit à un vote de conviction", effaçant de ce fait un vote (une abstention politique !) de résignation.

Ne résume-t-elle pas le sens du mouvement encore à créer ? Pour vaincre cet obstacle que nous mesurons tous, de l’abstention, acte de refus politique de la part des plus exploités. Recréer un vote d’envie, de mobilisation de classe. Veillons à ce qu’il puisse en être de même aux présidentielles. Comment poursuivre, accentuer ce mouvement ?

Nous avons dans notre calendrier de parti, 10 semaines d’ici la Conférence Nationale, 12 d’ici le vote des communistes, pour avancer sur la question de ce programme communiste et du candidat.

Les débats, de ces deux jours, ont largement montré que Mélenchon par son incapacité au travail collectif, ses outrances dans les médias, le contenu même du projet avancé ne peut être ce candidat. L’évolution des sondages n’est qu’une mesure de ce que vivent les électeurs, communistes dans leur diversité, dans leur proximité ou leur éloignement relatif au PCF.

En opposition, au travers d’obstacles lourds venant souvent de nos rangs, des possibilités se sont construites dans le PCF ces derniers mois : Chassaigne, Gérin et surtout leur capacité à tous deux à travailler ensemble, mettant leurs différences plus en synergie qu’en concurrence -sans aucun soutien de la direction nationale- ont montré la capacité collective du parti à construire. Donnons nous, donnons leur au plan départemental, local la possibilité de s’exprimer directement dans des débats vivants avec les communistes et nous avancerons ensemble. Diffuser les positions respectives des candidats, c’est quand même le minimum du minimum, créer un débat vivant public partout indépendant des manipulations médiatiques, ce sera bien autre chose.

Nous le pouvons.

Le cadre ou non du Front de Gauche selon l’un ou l’autre c’est un élément du débat. Ce n’est pas l’essentiel. Ce qui réunira demain une majorité de communistes, c’est le cadre de construction communiste : révolte, rupture, révolution, rassemblement.

N’oublions pas qu’au delà des adhérents actuels, il y a des centaines de milliers de citoyens qui se reconnaissent dans l’espoir communiste : le partage, la fraternité comme le disent les deux André.

Maintenant nous avons une décision d’importance à prendre ; allons-nous choisir la possibilité pour chaque communiste, chacun comptant pour un, un homme une voix, de s’exprimer sans ambiguïté, de se compter pour s’unir dans le cadre de la préparation de la conférence nationale, en choisissant à bulletin secret son candidat communiste ou non ? Pour l’instant cette disposition n’est pas retenue dans le projet de résolution. Plusieurs membres du CN ont proposé un amendement le permettant, son adoption ou son rejet seront chargés de sens. Comme le vote de chacun d’entre nous.

De toute façon, fédération par fédération, section par section, cellules par cellules, nous allons agir pour mandater nos délégués à la conférence nationale de façon précise, dans les meilleures conditions. Même si la disposition finalement retenue n’aide pas. L’absence de toute ambiguïté ne peut être liée qu’à un vote de mandatement par tête, sans cela se poursuivrait le cours difficile qui marque notre vie depuis des années particulièrement apparent dans ce CN.


Alain DE POILLY

Compte tenu du peu temps de parole qui nous est accordé, je vais aller droit au but. Le choix du candidat à l'élection présidentielle va être déterminant pour l'avenir du Front de Gauche

 En effet nous voyons s'affronter pour les présidentielles deux conceptions antagonistes du Front de Gauche avec les candidatures de Jean-Luc Mélenchon et de André Chassaigne.

 Jean-Luc Mélenchon qui s'est donné comme objectif de transformer le Front de Gauche en un parti Politique qui se constituerait à partir de la fusion du PCF, du PG et du GU.

 André Chassaigne qui lui déclare : que le Front de Gauche n'est pas la configuration d'une future organisation politique, que nous avons besoin d'un parti révolutionnaire comme le parti communiste, que le Front de Gauche est conçu pour faire du collectif, pas pour être au service d'une personnalité charismatique.

 En conséquence choisir entre ces deux candidature c'est forcement choisir entre ces deux conceptions du Front de Gauche.

 Par ailleurs, il faut être conscient que c'est avec le candidat du premier tour qu'on négocie le deuxième tour et les législatives. 

Au sujet des législatives, nous avons négocié un paquet avec les présidentielles . Les communistes soutiendraient la candidature de J.L Mélenchon à l'élection présidentielle et Mélenchon soutiendrait des candidats communistes à l'élection législative selon la répartition suivante PCF 50 %, PG 30% et GU 20%, cela est un vrai marché de dupes qui rappelle celui des élections régionales ou notre parti a perdu 50 % de ses élus et pire cela interdirait tout accord ultérieur avec le PS ou le NPA., nous inféodant ainsi à la stratégie de Mélenchon de la guerre des gauches contre le parti socialiste. 

Pour justifier l'effacement du parti communiste à l'élection présidentielle, on nous dit que nous avons négocié le partage des temps de parole, ce qui est complètement illusoire, l'élection présidentielle est une élection ou s'affronte des personnalités, la campagne officielle s'organise autour des candidats. Or, les médias qui sont au service du capital ont intérêt à promouvoir la candidature de J.L Mélenchon et à ne pas donner la parole aux communistes, parce qu'ils voient dans la candidature de J.L Mélenchon la fin du PCF, la fin de leurs cauchemars. D'ailleurs ils soutiennent déjà sa candidature en le présentant comme le meilleur candidat du Front de Gauche, qui a l'ambition de François Mitterand et l'impertinence de Guy Bedos.

 Jean-Luc Mélenchon a compris que si il veut que sa conception du Front de Gauche s'impose qu'il faut absolument qu'il soit le candidat du Front de Gauche à l'élection présidentielle. Comme tous les petits courants politiques qui se présentent, il sait qu'il ne va pas faire un bon score à cause du vote utile. Mais il sait comme eux que pour exister politiquement il faut être présent au premier tour des élections présidentielles. Cette présence est vitale pour lui c'est ce qui explique d'ailleurs la dureté de l'ultimatum qu'il a adressé au parti communiste « ou vous vous rangez derrière moi ou il n y a plus de front de gauche » attitude méprisante pour ceux qui ont mis leur espoir dans le Front de Gauche, personne est propriétaire du Front de Gauche. Comme le dit André Chassaigne « le Front de Gauche est conçu pour faire du collectif pas pour être au service d'une personnalité charismatique »

 Pour ceux qui ont peur et qui pensent qu'il faut mieux que ce soit Jean-Luc Mélenchon qui fasse un mauvais score que le Parti communiste, il faut qu'ils se souviennent que la dernière fois ou nous ne nous sommes pas présentés à la présidentielle c'est avec Mitterrand et aux législatives suivantes il nous a marginalisé, ne laissons pas Mélenchon terminer le travail de François Mitterrand, qu'il présente comme son maître à penser. Il appartient donc à tous les adhérents du parti qui représentent 98 % des forces organisées du Front de Gauche de décider si ils veulent oui ou non exister dans cette élection présidentielle. Cette décision doit être prise par un vote des adhérents avant la conférence nationale. On ne peut conditionner la décision de présenter Jean-Luc Mélenchon ou André Chassaigne au vote de la seule conférence nationale, qui est une instance de direction, sur laquelle la direction du parti est très influente. Je dis cela pour mon camarade André Chassaigne. Si tu conditionnes ta candidature à la seule décision de la conférence nationale, alors tu peux retirer ta candidature tout de suite. Ta candidature doit dépendre du vote des communnistes, de eux seuls.

 La détresse des français est grande, le fait qu'ils se réfugient dans l'abstention et le vote Le Pen n'est pas bon signe, c'est le signe que l'offre politique de l'opposition de gauche n'est pas à la hauteur de leurs attentes. La crise systémique du capitaliste fait que les propositions des communistes redeviennent d'actualité. Aussi, ce n'est pas le moment pour notre parti de s'effacer en s'enfermant dans une petite gauche, alors que la situation exige de la radicalité, que la situation exige l'union de toute la gauche autour d'un projet non pas partagé entre dirigeants du Front de Gauche, mais imposé par les luttes des travailleurs. Il faut sortir du piège dans lequel la direction du parti nous a enfermé, il faut qu'il y ait un candidat issu du parti communiste à l'élection présidentielle.

Conseil national du 7 janvier 2011
Marie-Christine BURRICAND

Qui a peur de quoi ici ?

Le nombre de camarades qui viennent nous dire depuis ce matin -pas de salut hors Mélenchon- traduit pour le moins une certaine fébrilité par rapport à ce qui se passe dans le parti ces dernières semaines.
J’attends toujours des arguments objectifs et rationnels justifiant qu’un communiste ne serait pas le mieux à même de porter un rassemblement qui doit aller bien au delà du Front de gauche, quand même il en aurait fait la démonstration dans de multiples actions et élections.
Attention, les français n’ont besoin ni d’un champion ni d’un miroir aux alouettes.

Noisy et Corbeil montrent qu’il n’y a pas de dynamique automatique à gauche ou à la gauche de la gauche. Une leçon à retenir pour les cantonales et les présidentielles.
En 2007, les communistes ont dit qu’ils voulaient continuer le PCF.
Depuis plusieurs semaines, un mouvement profond s’est enclenché, divers et large, pour dire qu’il fallait un candidat communiste. Il faut bien en tenir compte, y compris en renonçant au "package" du congrès d’étape et en revenant aux statuts.

La convocation d’une conférence nationale et l’appel à candidatures sont une bonne nouvelle, une porte ouverte par les communistes dont ils doivent se saisir sans se laisser impressionner par le rouleau compresseur d’une partie de la direction en faveur de Jean-Luc Mélenchon.

Oui à un candidat communiste parce qu’il y a un espace à occuper pour les idées communistes, la pratique et l’ancrage populaire que nous représentons. Occuper cet espace renforcera toute la gauche, affaiblira le Front national, créera les conditions d’un rassemblement populaire qui transcendera les clivages des organisations.
Et franchement, si nous sommes 1000 candidats, il n’y a aucune raison que nous n’ayons pas dans nos parlementaires les femmes et hommes populaires capables de mener cette bataille.
Je considère que nous proposer aujourd’hui une adresse à adopter pour demain sans possibilité de discussion avec nos organisations de base est un déni de démocratie.

Je refuse de mettre sur le même plan, une candidature issue du PCF et une candidature venue d’une autre force.
Je regrette que les proposition de cette adresse soient en dessous d’un programme communiste.
Je demande que les communistes puissent à l’issue de la conférence nationale se prononcer sur la candidature communiste, les principaux éléments du programme et le cadre du rassemblement.


Paul BARBAZANGE

En ce début de CN trois types de réflexions sur le projet d’adresse aux communistes qui nous est remis sur table,

D’abord lequel d’entre nous, élu syndical, élu politique accepterait de se voir remis sur table un document d’orientation important, dans ces conditions. Quel mépris à l’égard des communistes, c’est à eux de travailler tous les textes d’orientation, à nous au CN de nous faire un écho juste du débat et de trancher. La question est d’importance, elle touche à la démocratie. Sans cette démarche par aller-retour pas de réelle mobilisation possible des communistes.

Il demeure que dans les propos du rapporteur, je trouve une vraie avancée : la place enfin redonnée au patient travail de construction du parti : par l’adhésion, sa structuration de classe dans les cellules et les sections. S’il s’agit bien à nouveau de porter toute l’attention nécessaire à la construction du parti politique de la classe des exploités se vivant enfin à nouveau ”Pour soi”, il ne s’agit pas de rien. Nous revenons de loin, travaillons.

La décision de proposer le report du Congrès National de un an et quatre mois à l’automne 2012 me parait dans ce sens juste : avec le contenu prévu, une préparation hâtive à ce printemps aurait accentué chez les militants le sentiment de liquidation voulue, programmée par certains.

A ce printemps nous aurons fort à faire : surtout dans les cellules et les sections pour que tous les communistes soient pleinement informés, discutent, se prononcent sur toutes les candidatures aux présidentielles issues de leur rang. Affirmer, enfin ! “Nous allons respecter les statuts actuels” va aider. Après l’avoir dit, faisons le, et la surmédiatisation de la candidature Mélenchon parfois appuyée par des communistes, y compris des dirigeants, passera pour ce qu’elle est : une tentative d’imposer une candidature de l’extérieur aux communistes. La candidature du principal responsable d’une formation politique qui se définit d’abord dans ses textes comme conccurente-remplaçante du PCF.

Par contre, je combat l’appréciation qui est donnée dans le début du projet d’adresse sur le mouvement de lutte pour les retraites. Ramené dans le texte à, je cite ”Ce pouvoir, ces méthodes, ça ne peut plus durer”, les guillemets sont dans le projet d’adresse.

Non, camarades, les 7.000.000 de citoyens dans l’action pendant plusieurs trimestres ont fait autre chose que clamer “Tout sauf Sarkozy”. Le sentiment, la conscience anticapitaliste de masse ont progressé. Ce que vous proposez de retenir c’est la vision social démocrate, partielle et limitée du contenu politique de l’action. Le peuple pour une bonne part est heureusement au delà, il a crié qu’il faut “rompre avec le capitalisme, chercher dans un autre ordre social les solutions”, certes de façon encore nettement minoritaire, non isolée et en forte croissance dans le mouvement. Ce n’est pas par hasard si un tiers des adhésions faites au plan national cette année l’ont été dans le mouvement et encore avons-nous été partout attentifs ? offensifs ? Dans ma section, sur l’année, croissance de plus d’un quart des effectifs de départ et les deux tiers dans les manifs ! Des jeunes et beaucoup de retours “naturels” au parti de leur classe.

La lutte des Fralib à Aubagne - Marseille rappelée par Pierre Dharéville dans l’intervention précédente, c’est cette capacité, ce besoin aussi dicté par les conditions d’exploitation et de la lutte de remettre en cause jusqu’aux rapports d’exploitation capitalistes pour préserver leurs emplois dans la production. Donnons encore mieux à cette lutte toute sa place nationale. Donnons aux contenus de classe toute leur place dans les propositions proposées aux communistes.

La mise en cause du capitalisme, la rupture pour construire autre chose est rendue possible par la crise, par l’indignation, mais surtout par les puissantes luttes de résistance “à la française”. Dans les mois et les années qui viennent nous ne pourrons en rester au “soutien aux luttes”. Nous nous ravalerions nous-même au rang d’accompagnateurs, nous sommes des acteurs politiques ou nous ne sommes rien.

Proposons un programme de rupture socialiste, communiste à la française ; “Le programme partagé”, élément essentiel du nécessaire rassemblement, ne peut venir qu’en son heure sur ce socle encore à construire de perspectives anticapitalistes conséquentes, socialistes, communistes. Construisons aujourd’hui ce socle, avec tous les communistes : dans le parti bien sûr, mais aussi en gardant un œil attentif et fraternel sur ce que proposent tant d’autres, qu’ils se réclament ou non du communisme, mais ont conscience de la nécessité d’en finir. Ils sont nos futurs militants pour beaucoup.

C’est avec un parti communiste porteur de ce bagage à toutes les élections, dans toutes les luttes que nous redeviendrons visibles, lisibles, utiles certainement. La vie politique du parti force autonome des exploités est bien essentielle.


Jean Jacques KARMAN

(intervention non prononcée)

Les déclarations récentes de certains dirigeants du PCF sont préoccupantes. Elles confirment qu’ils ont fait le choix de la candidature de Jean Luc Mélenchon pour 2012. Leur but est, peut-être, de créer un rapport de force électoral pour obtenir quelques postes ministériels dans un gouvernement dirigé par le Parti Socialiste. Pour cela, la candidature de Jean Luc Mélenchon pourrait les servir.

Et pourtant, c’est bien le but recherché par un parti qui commande son programme, qui lui-même détermine le choix de son candidat. Quel est donc le but du PCF ? C’est « par l’émancipation de chacun-e, la maîtrise sociale, la mise en commun et le partage des connaissances, des pouvoirs, des richesses… » Cette définition communiste minimum contenue dans l’introduction de nos statuts est totalement contradictoire avec une participation à un gouvernement social-libéral en 2012.

Le « programme partagé » proposé par la direction du PCF fera peut-être de bonnes propositions, mais soyons clairs : nous sommes face au plus haut degré de la crise du capitalisme et celle-ci va s’aggraver. Le niveau du programme doit être à cette hauteur, « le programme partagé » doit avant tout lier les revendications sociales immédiates et les premières mesures de ruptures avec le capitalisme. Les faits actuels en Europe et dans le Monde et les arguments théoriques et politiques ne manquent pas pour soutenir ces mesures incontournables. Malheureusement, elles contredisent les déclarations récentes de certains dirigeants de notre parti. 

Pour les revendications sociales immédiates :

1. Interdiction de tous les licenciements.
2. Retraite à 60 ans pour tous, à taux plein.
3. Augmentations générales des salaires, pensions et prestations sociales.
4. Construction d’un million de logements sociaux, sans surloyer.

Pour les mesures de ruptures immédiates avec le capitalisme :

1. Nationalisation / socialisation des banques et de grandes entreprises stratégiques.
2. Sortie de l’Union Européenne et de suite, nouvelles relations internationales.
3. Assemblée constituante pour la première République sociale de France.
4. Annulation de l’ensemble de la dette publique.

Ces têtes de ponts déterminantes pour sortir de la crise du capitalisme en sortant du capitalisme lui-même, enclencheront automatiquement un grand nombre d’autres mesures comme par exemple les droits nouveaux pour les travailleurs pour le contrôle de l’économie et créeront un mouvement social en Europe et dans le monde, comme l’histoire nous l’enseigne, …

Précisons que si l’on ne prend pas ces mesures de base, il n’y aura pas de rupture avec le capitalisme. Et la collaboration de classe l’emportera, les désillusions et les déceptions suivront et ouvriront la porte, à court terme, à l’extrême droite.

Dans ces conditions, le candidat du PCF doit être de sensibilité communiste. La direction du parti doit respecter nos statuts. C’est aux communistes de décider de leur candidat et au plus vite.

Mais que cherche la direction du PCF ? Elle aurait décidé d’imposer la candidature de Mélenchon, qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Par exemple, elle a demandé à André Chasseigne, à la veille de la fête de l’Huma, de se porter candidat pour occuper le terrain et rassurer les militants. André Chasseigne déclare qu’il est candidat pour être le candidat du Front de Gauche et qu’il se retirera si Jean Luc Mélenchon est mieux placé électoralement. Soyons clair, le résultat est connu d’avance, car les médias ont fait leur choix et Jean Luc Mélenchon « joue » très bien son rôle. Mais la direction du PCF n’avait pas prévu que dans le PCF, les militants seraient même prêts à imposer leur choix.

Il y a donc urgence à convaincre pour rappeler le but d’un PC, obtenir ce programme et désigner, parmi plusieurs possibilités, notre candidat de sensibilité communiste.

"Le texte de la direction amendé a d’ailleurs été adopté après des débats houleux, qui ont duré jusqu’en début de soirée, par 80 voix, 34 contre et 3 abstentions."

Floriane BENOIT

(Intervention non prononcée)

Dans le prolongement d’un certain nombre d’interventions prônant la candidature de Jean-Luc Mélenchon au nom notamment du déclin électoral irrémédiable du PCF, j’aimerais poser une question simple : le Parti communiste a-t-il ou non des raisons essentielles d’exister, de continuer à exister ?

Pour moi, comme pour les innombrables militants communistes qui ne rechignent pas à être présents sur le terrain malgré les difficultés, comme pour ceux -notamment les jeunes- qui rejoignent le PCF, un parti communiste porteur de valeurs révolutionnaire est indispensable pour peser dans le sens d’un changement radical de société. Affirmer cela n’a rien à voir avec un "repli identitaire", pour reprendre une formule caricaturale fréquemment utilisée, faute d’arguments sérieux, pour jeter le discrédit sur ceux qui se réclament de l’actualité du projet et de l’engagement communiste.

Je ne crois non plus pas qu’aujourd’hui nous soyons menacés par un quelconque tentation de céder à l’autosatisfaction. C’est plutôt, à l’inverse, dans les marais de l’auto flagellation permanente qu’il y a risque de s’embourber. Il est urgent de cesser de nous rabaisser en permanence, comme le font certains ici et ailleurs, à nos propres yeux, aux yeux des communistes et de l’ensemble de la population. C’est une attitude mortifère.

Si l’idée communiste était si peu crédible, comment expliquer par exemple la renaissance du Mouvement de la jeunesse communiste aux quatre coins de la France, actuellement une centaine d’adhérents dans l’Isère ? Et comment expliquer l’acharnement de certains à vouloir nous rayer de la carte politique par n’importe quel moyen ?

Pourquoi si nos idées sont moribondes certains de nos partenaires exigent-ils de faire disparaître la référence au PCF lors des élections alors qu’eux-mêmes ne cessent de se projeter sur le devant de la scène, comme c’est le cas de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de la présidentielle ?

J’entends aussi des membres du Conseil national évoquer des peurs et des craintes irrationnelles face aux attitudes du Parti de gauche, alors qu’il s’agit d’être lucides et de ne pas renouveler les erreurs du passé, lorsque notre naïveté face à Mitterrand lui a permis de réussir dans son entreprise pour réduire singulièrement l’influence du PCF. J’entends aussi suggérer que les communistes devraient se méfier de la tentation hégémonique dans leurs relations avec les partenaires du Front de gauche. Dans la pratique, ce ne sont pas les communistes qui mettent le rassemblement en danger, lorsque par exemple à Saint-Martin d’Hères (Isère) le Parti de gauche présente un candidat PG contre le conseiller général sortant, le maire communiste René Proby. Il ne s’agit pas de diaboliser qui que ce soit, y compris nos partenaires. Mais cessons de nous diaboliser nous-mêmes.

Au lieu de promouvoir à tout va, comme l’ont fait un certain nombre d’intervenants, la candidature de Jean-Luc Mélenchon qui serait à leur yeux incontournable parce qu’elle n’est pas issue du Parti communiste, donnons, comme le prévoient les statuts, la parole à ceux qui font la réalité du PCF : les adhérents.


Alain DE POILLY

(Intervention non prononcée)

En 2011, notre parti a plusieurs rendez-vous importants pour son avenir. Elections, cantonales, sénatoriales, désignation de son candidat à l’élection présidentielle.

Or, dans un article paru dans l’Humanité ma camarade Brigitte Dionnet, qui est membre de l’exécutif national responsable de la promotion des militants suggère que le courage dans le parti aujourd’hui pour un militant serait de soutenir la candidature de Mélenchon à l’élection présidentielle.

Cette contribution est importante parce qu’elle est révélatrice du niveau des débats au seins de l’exécutif national, bien sur Brigitte ne parle pas au nom de l’exécutif national, mais c’est la première fois que nous avons une opinion claire d’un membre de l’exécutif national sur l’élection présidentielle et je l’en remercie En effet jusqu'à ce jour nous avions eu le droit qu’à des formules floues du type: on désignera le meilleur.

Or aujourd’hui, on nous dit qui est le meilleur, le débat dans le parti peut donc s’ouvrir. Non pas uniquement sur notre futur candidat à l’élection présidentielle, car nous avons d’autres combats importants à mener avant l’élection présidentielle, mais sur le fond, car à l’évidence au vu de cette déclaration, il y a dans le parti deux conceptions très différentes du Front de Gauche.

En clair, le Front de Gauche est-il une union de forces ? ou une fusion de forces ? cela est effectivement très différent.

Dans le cas d’un Front de Gauche de type union de force, la candidature d’un communiste membre du Front de Gauche ne pose aucun problème, chacun gardant son identité , mais dans le cas d’un Front de Gauche de type fusion de force, là effectivement il y a un problème, car il faut partager les mandats. En effet le parti de gauche avec lequel nous fusionnons électoralement à quasiment pas de mandats et il n’apporte pas suffisamment de voix pour nous permettre de conquérir de nouveaux mandats. En conséquence il nous faut partager les mandats du parti communiste, c’est ce que nous avons fait aux élections régionales et c’est ce que nous demande de poursuivre le parti gauche dans un article signé de Matthias Tavel dans l’Humanité. Je site : Celui qui aura la plus grosse partie des circonscriptions législatives ne peut avoir la candidature à la présidentielle - si non, c’est la fin du Front de Gauche.

C’est clair, non !

Tu vois Brigitte, le choix du candidat pour l’élection présidentielle n’est pas uniquement une question de courage, mais une question de choix politiques.

Doit-on poursuivre cette conception du Front de Gauche, reposant sur une fusion électorale, qui a conduit à la perte de 50 % de nos élus régionaux au profit du parti gauche et de d’autres micro-partis? Faut-il accepter de nous effacer au profit du Parti Gauche comme il nous le demande, soit à l’élection présidentielle, soit aux législatives ? Et prendre ainsi le risque d’affaiblir encore un peu plus notre parti. Notamment en laissant Mélenchon devenir le candidat du Front de Gauche à l’élection présidentielle, avec les répercutions inévitables sur les élections législatives six mois après ?

A mon avis non.

C’est pourtant le choix que semble avoir fait jusqu'à ce jour notre direction. En effet elle s’enferme dans sa formule «on désignera le meilleur ». Aussi, après il ne faut pas qu’ils s’étonnent que les Médias cherchent à nous imposer Mélenchon comme le meilleur candidat du Front de Gauche, en organisant sa promotion. Comme ils organisent celle de DSK comme le meilleur candidat du PS.

Je suis pour le Front de Gauche, mais je ne suis pas pour l’effacement du parti communiste au profit de ce qui pourrait devenir dans l’avenir un parti socialiste bis, comme en Italie

Le parti devrait se souvenir de la leçon de la dernière élection présidentielle, ou il s’était enfermé dans un processus de désignation du candidat semblable à celui d’aujourd’hui, ne reproduisons pas toujours les mêmes erreurs, qui consistent à faire des montages électoraux où dans les tous les cas de figures nous sommes perdants.

En effet, soit nous présentons un candidat du parti communiste à l’élection présidentielle et s’en est fini du Front de Gauche, comme là écrit Matthias Tavel. Soit nous présentons Mélenchon comme candidat et s’est l’éclatement à l’intérieur du parti communiste.

Pour ma part, j’ai choisi de signer les deux appels pour une candidature issue du parti communiste à l’élection présidentielle, parce que, je pense que ces deux appels redonnent bien au Parti Communiste et au Front de Gauche leurs raisons d’être.


Pasquale NOIZET

J’ai fait partie des 20 camarades inscrits qui n’ont pas pu s’exprimer pour réagir à l’ensemble du projet d’adresse aux communistes. Alors qu’il avait été convenu que chaque inscrit avait 4 minutes maximum pour s’exprimer, beaucoup de camarades, sans pour autant être rappelés à l’ordre par les animateurs, ont pu s’exprimer durant 6, 7 ou 8 minutes. Je ne parle pas des camarades qui étaient à la tribune qui eux ont largement mordu sur le temps de parole des inscrits qui n’ont pas pu passer pour manque de temps.
J’ai cependant pu intervenir succinctement avec mes amendements du texte en reprenant les arguments qui faisaient partie de mon intervention initiale.
J’ai fait partie des 34 camarades qui ont voté contre le texte. Certains ont voté contre par principe. En effet, le jour même, porter à la connaissance des membres du CN  ce projet d’adresse de 8 pages pour amendements, pour être remis  dès le lendemain à la conférence des secrétaires de sections, n’est ni démocratique ni très sérieux.
Le texte a été voté avec 80 voix pour, 34 contre et 3 abstentions.

Intervention initiale

A propos du projet d’adresse aux communistes, je constate que rassembler la gauche est l’enjeu principal du parti communiste. Je n’ai rien contre rassembler à gauche, dans les luttes, et débattre ensemble, à condition que le PCF reste visible dans ses propositions et que celles-ci s’appuient sur la colère et les revendications populaires.

Ce projet d’adresse aux communistes m’apparait en deçà des exigences et ambitions que notre Parti devrait porter dans un contexte de crise du capitalisme. Il y a plusieurs points dans le texte que je  voudrais souligner et il y a des amendements que je souhaite proposer :

Si comme il est préconisé, le mot d’ordre doit être partout, en toutes circonstances : « debout et solidaires contre la crise », il me semble très insuffisant et incomplet. Je propose de dire plutôt : « Debout et solidaires pour contrer la crise du capitalisme »

Je constate l’abandon de la nationalisation/socialisation des banques qui peut être effectivement en contradiction avec un autre point exprimé plus loin dans le texte, qui prône la création monétaire de la BCE. Je pense que l’on ne peut pas nationaliser et socialiser les banques si l’on prétend réformer la BCE même avec les meilleures intentions du monde.  Et si ce n’est pas contradictoire alors pourquoi ne pas insister pour que la nationalisation/socialisation des banques soit un de nos objectifs surtout dans le contexte de crise que traverse notre société ? J’attends, sur ce sujet, une réponse de mes camarades de la commission économie.

Nous sommes contre la personnalisation des hommes politiques mais dans ce texte le nom de Sarkozy revient de nombreuses fois alors que « droite » ne figure pas. « Battre Sarkozy » ce n’est pas  comme battre un tapis ! Il s’agit bien de battre la droite.et le MEDEF.  Je propose d’ajouter « battre la droite  et le Medef» à la place de « Battre Sarkozy  et sa majorité».

Une camarade s’inquiète que notre Parti ne se saisisse pas de la question sur la sécurité. Elle a raison de poser la question. Il ne faut pas laisser ce sujet à la droite et à Marine Le Pen (qui monte dans les sondages en surfant sur les sujets sensibles qui intéressent de nombreux abstentionnistes). J’informe donc cette camarade que depuis deux mois, un collectif « Sécurité », auquel je participe, s’est mis en place. 

NB : Aucun de mes amendements n’a été retenu par le président de séance (Bob Injey) mais je suis remontée au créneau (en bon petit soldat)  et un d'entre eux a été (en partie seulement) retenu : « battre la droite » sans pour autant ajouter « et le MEDEF ». Aucun des autres n’a été retenu ni n’est passé, bien que j'aie interpelé les camarades notamment les plus intéressés par la question.

J’ai heureusement entendu au CN « nationaliser les banques » par la bouche d’un camarade, ainsi qu’à la conférence des secrétaires de section samedi, où le MEDEF a été cité comme ennemi principal à battre avec la droite. Mais quelle piètre consolation au vu des positions que devraient à mon sens tenir notre parti et qui plus est, dans un tel contexte !


Caroline ANDREANI

(Intervention non prononcée)

Ce conseil national, une fois n'est pas coutume, risque de peser lourd dans l'évolution du Parti communiste.

En effet, on nous proposer d'accepter un programme partagé qui n'est pas discuté par les communistes, mais par un ensemble d'acteurs de la vie politique, syndicale et associative issus de cercles parfois très restreints.

Par ailleurs, on est en train de nous vendre la candidature de Jean Luc Mélenchon comme la meilleure qui soit, parce que soi disant crédité dans les sondages de 6 ou 7% des intentions de votes. Je rappellerai que José Bové était lui aussi crédité de 7% d'intentions de votes en 2007. Mais les intentions ne sont pas les votes, loin de là!

Nous irions donc à une élection importante, même si j'entends bien les morceaux de bravoure autour du refus de la 5e République, sur un programme non décidé par les communistes, avec un candidat qui ne sera pas issu des rangs du Parti. J'aimerais savoir s'il existe en France une seule organisation politique qui accepterait cela ? A ma connaissance, aucune, sauf peut être des organisations tellement groupusculaires qu'elles n'ont pas d'autres choix. Ce n'est pas encore notre cas.

Ce serait une erreur stratégique fondamentale que de ne pas présenter de candidat communiste à une élection aussi importante que l'élection présidentielle. Cela revient à dire à l'opinion publique que nous n'avons plus rien à proposer, plus de programme sur lequel nous battre, plus de candidat à présenter.

Par ailleurs, aucun de nous n'ignore que Jean Luc Mélenchon tente une OPA sur notre parti. En soutenant sa candidature, non seulement nous acceptons cette tentative mais nous lui facilitons les choses. On nous dit que nous n'avons pas à être frileux ou inquiets. Mais la question ne se pose pas dans ces termes. La question, c'est voulons-nous disparaître, à l'image de Refondazione comunista, ou pensons-nous qu'il faut un parti communiste dans ce pays ?

Pour ma part, je pense que nous avons besoin plus que jamais d'une force politique qui défend la rupture avec le système capitaliste, avec ses suppôts que sont le FMI et l'Union européenne, pour construire une nouvelle société, socialiste.

Les communistes sont inquiets. J'observe que la direction, suite à plusieurs appels en faveur d'une candidature communiste, propose d'observer les statuts et de proposer les candidatures au vote des communistes. Pour moi, je souhaiterais que nous posions d'abord aux communistes la question suivante : voulez-vous un candidat communiste avec un programme communiste ou un candidat du Front de Gauche sur un programme populaire partagé ?