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Questions transversales
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La famine mondiale
Michel CHOSSUDOVSKY source : www.mondialisation.ca - mai 2008 En cette époque d'après-guerre
froide, l'humanité est confrontée à une crise économique et sociale d'une
ampleur sans précédent et qui entraîne un appauvrissement rapide de larges secteurs
de la population mondiale. Les économies nationales s'effondrent, le chômage
est endémique. Des famines se déclarent en Afrique subsaharienne, en Asie du
Sud et dans certaines parties de l'Amérique latine. Cette « mondialisation
de la pauvreté », qui a annulé bon nombre des progrès de la décolonisation
d'après-guerre, a commencé dans le tiers-monde avec la crise de la dette du
début des années 1980 et l'imposition des réformes économiques meurtrières du
Fonds monétaires international (FMI). Ce Nouvel Ordre Mondial se nourrit
de la pauvreté humaine et de la destruction de l'environnement. Il engendre la
ségrégation sociale, il encourage le racisme et les conflits ethniques et
s'attaque aux droits des femmes et il précipite souvent les pays dans des affrontements
destructeurs entre les nationalités. Depuis les années 1990, il s'étend, par
l'entremise du « libre marché », dans toutes les régions du monde y
compris l'Amérique du Nord, l'Europe occidentale, les pays de l'ex-bloc
soviétique et les « nouveaux pays industriels » (NPI) de l'Asie du
Sud-est et de l'Extrême-Orient. Cette crise planétaire est encore
plus dévastatrice que la Grande Dépression des années 1930. Elle a de lourdes
conséquences géopolitiques; le démembrement économique donne lieu à des guerres
régionales, à la fracture des sociétés nationales et, dans certains cas, à
l'anéantissement de pays. Elle constitue de loin la plus grave crise économique
des temps modernes (livre de Michel Chossudovsky intitulé Mondialisation de
la pauvreté et le nouvel ordre mondial). Introduction La famine est le résultat d'un
processus de restructuration en « marché libre » de l'économie
mondiale qui prend ses assises dans la crise de la dette du début des années
1980. Ce n'est pas un phénomène récent, tel qu'il a été suggéré par plusieurs
reportages des médias occidentaux, en se concentrant strictement sur l'offre et
la demande à court terme des produits agricoles de base. La pauvreté et la
sous-alimentation chronique sont des conditions qui préexistaient avant les
récentes hausses des prix des produits alimentaires. Ces derniers frappent de
plein fouet une population appauvrie, qui a à peine les moyens de survivre. Des émeutes de la faim ont éclaté
presque simultanément dans toutes les grandes régions du monde : « Les
prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en
moins d'un an, avec le coût des produits de première nécessité tels que le riz
qui a doublé... Au Bangladesh, [à la fin avril 2008] quelques 20 000
travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l'augmentation
vertigineuse des prix des produits alimentaires et aussi pour demander des
salaires plus élevés. Le prix du riz dans le pays a doublé au cours de la
dernière année, menaçant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de
seulement 25 $ et qui ont faim. En Égypte, des protestations de
travailleurs concernant les prix des produits alimentaires a secoué le centre
industriel du textile de Mahalla al-Kobra, au nord du Caire, pendant deux jours
la semaine dernière, où deux personnes ont été abattues par les forces de
sécurité. Des centaines de personnes ont été arrêtées et le gouvernement a
envoyé des policiers en civil dans les usines pour forcer les travailleurs à
travailler. Les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 40 % en
Égypte au cours de la dernière année... Plus tôt ce mois-ci, en Côte d'Ivoire,
des milliers de personnes ont marché vers la maison du président Laurent
Gbagbo, scandant « nous sommes affamés » et « la vie est trop
chère, vous allez nous tuer ». Des manifestations de même nature
ainsi que des grèves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au Pérou,
au Mexique, en Indonésie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzbékistan, en
Thaïlande, au Yémen, en Éthiopie et à travers la majeure partie de l'Afrique
subsaharienne. » (Bill Van
Auken, “Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry”,
Global Research, April 2008) Avec de grands pans de la
population mondiale déjà bien en dessous du seuil de pauvreté, la hausse des
prix des denrées alimentaires de base qui se produit sur une courte période est
dévastatrice. Des millions de personnes dans le monde sont dans l'incapacité
d'acheter de la nourriture pour leur survie Ces augmentations contribuent
d'une manière très réelle à « éliminer les pauvres » à travers
« la mort par la famine. » Dit dans les mots de Henry
Kissinger : « Contrôlez le pétrole et vous contrôlerez les nations,
contrôlez la nourriture et vous contrôlerez la population. » À cet égard,
Kissinger a fait savoir à travers le « Mémorandum d'études sur la sécurité
nationale de 1974 : Les implications de la croissance de la population
mondiale sur la sécurité et les intérêts étrangers des Etats-Unis » que
des famines récurrentes pourraient constituer de facto un instrument de
contrôle de la population. Selon l'Organisation des Nations
Unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des céréales a augmenté de
88 % depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181 % sur une
période de trois ans. Le prix du riz a augmenté de 50 % dans les trois
derniers mois (Voir Ian Angus, Food Crisis: "The greatest demonstration of
the historical failure of the capitalist model", Global Research, April
2008) : « La plus populaire variété de riz de la Thaïlande se vendait
il y a 5 ans 198 $ US et à 323 $ la tonne l'an dernier. En avril
2008, le prix a atteint 1 000 $. Les augmentations sont encore plus
élevées sur les marchés locaux ; en Haïti, le prix d'un sac de 50 kilos de
riz a doublé en une semaine à la fin mars 2008. Ces augmentations sont
catastrophiques pour les 2,6 milliards de personnes dans le monde qui vivent
avec moins de 2 $ US par jour et qui consacrent de 60 % à 80 %
de leurs revenus à l'alimentation. Des centaines de millions de personnes n'ont
pas les moyens de manger » (Ibid). Deux dimensions interdépendantes Il y a deux dimensions
interdépendantes dans la crise alimentaire mondiale en cours, qui plonge des
millions de personnes à travers le monde dans la famine et la privation
chronique, une situation où des populations entières n'ont plus les moyens
d'acheter de la nourriture. Tout d'abord, il y a un processus
historique à long terme de politiques de réforme macroéconomiques et de
restructuration économique mondiale, qui a contribué à baisser le niveau de vie
partout dans le monde, autant dans les pays développés que dans les pays en
développement. Deuxièmement, ces conditions
historiques préexistantes de pauvreté de masse ont été exacerbées et aggravées
par la récente flambée des prix des céréales, qui a entraîné dans certains cas,
le doublement du prix de détail des denrées alimentaires de base. Ces hausses
de prix sont en grande partie le résultat de la spéculation boursière sur les
denrées alimentaires de base. La soudaine augmentation
spéculative sur le prix des céréales Les médias ont induit en erreur
l'opinion publique sur les causes de ces hausses de prix, en se concentrant
presque exclusivement sur la question des coûts de production, le climat et
d'autres facteurs qui ont pour effet de réduire l'offre et qui pourraient
contribuer à gonfler les prix des aliments de base. Bien que ces facteurs
puissent entrer en jeu, ils ne peuvent expliquer à eux seuls l'impressionnante
et spectaculaire hausse des prix des produits de base. L'escalade des prix des produits
alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché.
Elle est en grande partie attribuable à la spéculation boursière sur les
marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement
gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés
boursiers de New York et de Chicago. Il est intéressant de noter qu'en 2007, le
Chicago Board of Trade (CBOT), a fusionné avec le Chicago Mercantile Exchange,
formant la plus importante entité au monde traitant dans le commerce des
produits de base et comptant un large éventail d'instruments spéculatifs (les
options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels, etc.) Des transactions spéculatives sur
le blé, le riz ou le maïs, peuvent se produire sans qu'il y ait de transactions
réelles de ces produits. Les institutions, qui actuellement
spéculent sur le marché des céréales, ne sont pas nécessairement impliquées
dans la vente ou la livraison des grains. Les transactions peuvent se faire par
fonds indiciels qui permettent de parier sur la hausse ou la baisse en général
de la variation des prix des marchandises. Une
« option de vente »
est un pari que les prix vont baisser, une « option
d'achat » est un
pari que les prix vont augmenter. Grâce à la manipulation
concertée, les
opérateurs institutionnels et les institutions
financières font augmenter les
prix. Ils placent alors leurs paris sur la hausse du prix d'un produit
en
particulier. La spéculation génère la
volatilité du marché. À son tour,
l'instabilité
qui en résulte encourage la poursuite de l'activité
spéculative. Les bénéfices sont réalisés
lorsque le prix monte. En revanche, si le spéculateur est un short-selling (1),
le bénéfice sera réalisé lorsque le prix diminuera. Cette récente flambée spéculative
des prix des denrées alimentaires a engendré un processus mondial de création
de la famine à une échelle sans précédent. Ces opérations spéculatives ne
devraient pas pouvoir engendrer délibérément la famine. Ce qui cause la famine
est l'absence de procédures réglementaires relatives au commerce spéculatif
(les options, les options sur contrat à terme, les fonds indiciels). Dans le
contexte actuel, un gel des transactions spéculatives sur les produits
alimentaires de base, décrété par décision politique, contribuerait
immédiatement à faire baisser les prix des produits alimentaires. Rien n'empêche que ces opérations
soient neutralisées et désamorcées par un ensemble soigneusement élaboré de
mesures réglementaires. Visiblement, ce n'est pas ce qui
est proposé par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI). Le rôle du FMI et de la Banque
mondiale La Banque mondiale et le FMI ont
présenté un plan d'urgence, afin d'accroître l'agriculture en réponse à la
« crise alimentaire ». Cependant, les causes de cette crise ne sont
pas prises en compte. Robert B. Zoellick, le président
de la Banque mondiale décrit cette initiative comme un « new deal »,
un plan d'action « pour un accroissement à long terme de la production
agricole », qui consiste entre autres à doubler les prêts agricoles pour
les agriculteurs africains. « Nous devons dépenser notre
argent en fonction des besoins réels. » (We have to put our money where our mouth is now so we can put food into
hungry mouths) (Robert Zoellick, président de la Banque mondiale, BBC, 2 mai
2008) La « médecine
économique » du FMI et de la Banque mondiale n'est pas la
« solution », elle est plutôt en grande partie la « cause »
de la famine dans les pays en développement. Plus le FMI et la Banque mondiale
prêtent « pour accroître l'agriculture » et plus ils augmenteront les
niveaux d'endettement. La « politique de
prêts » de la Banque mondiale consiste à accorder des prêts à la condition
que les pays se conforment à l'agenda politique néolibéral qui, depuis le début
des années 1980, a été propice à l'effondrement de l'agriculture alimentaire
locale. La « stabilisation
macro-économique » et les programmes d'ajustement structurel imposés par
le FMI et la Banque mondiale aux pays en développement (comme condition de
renégociation de leur dette extérieure) ont conduit à l'appauvrissement de
centaines de millions de personnes. Les dures réalités économiques et
sociales derrières les interventions du FMI sont les causes de l'augmentation
démesurée des prix des produits alimentaires, des famine au niveau local, des
licenciements massifs de travailleurs urbains et de fonctionnaires et de la
destruction des programmes sociaux. Le pouvoir d'achat interne s'est effondré,
les cliniques de santé contre la famine et les écoles ont été fermées, des
centaines de millions d'enfants ont été privés du droit à l'enseignement
primaire. La déréglementation des marchés
céréaliers Depuis
les années 1980, les
marchés céréaliers ont été
déréglementés sous la supervision de la Banque
mondiale
et des surplus céréaliers des États-Unis et de
l'Union européenne ont
systématiquement été utilisés pour
détruire la paysannerie et pour déstabiliser
l'agriculture alimentaire nationale. À cet égard, les
prêts de la Banque
mondiale exigent la levée des barrières commerciales sur
les importations de
produits agricoles de base, conduisant au dumping des surplus
céréaliers des
États-Unis et de l'Union européenne sur le marché
local. Ces mesures, ainsi que
d'autres mesures, ont mené les producteurs agricoles locaux
à la faillite. Un « marché céréalier
libre », imposé par le FMI et la Banque mondiale, détruit l'économie
paysanne et affaibli la « sécurité alimentaire ». Le Malawi et le
Zimbabwe étaient auparavant des pays prospères en excédent céréalier, le Rwanda
était pratiquement autosuffisant en matière alimentaire jusqu'à 1990, date à
laquelle le FMI a ordonné le dumping des excédents céréaliers de l'Union
européenne et des États-Unis sur le marché intérieur, précipitant ainsi les
petits agriculteurs en faillite. En 1991-1992, la famine a frappé le Kenya, un
pays qui connaissait un succès pour ses surplus céréaliers. Le gouvernement de
Nairobi avait précédemment été mis sur une liste noire pour ne pas avoir obéi à
des recommandations du FMI. La déréglementation du marché des céréales a été
exigée comme une des conditions pour le rééchelonnement de la dette extérieure
de Nairobi avec les créanciers officiels du Club de Paris (Michel Chossudovsky,
Mondialisation de la pauvreté et le nouvel ordre mondial). Dans toute l'Afrique, ainsi qu'en
Asie du Sud-est et en Amérique latine, le modèle des « ajustements
structurels » dans l'agriculture sous la tutelle des institutions de
Bretton Woods a servi de manière sans équivoque à la disparition de la sécurité
alimentaire. La dépendance vis-à-vis du marché mondial a été renforcée,
entraînant une augmentation des importations de céréales commerciales, ainsi
qu'une augmentation de l'afflux « d'aide alimentaire ». Les producteurs agricoles ont été
encouragés à abandonner l'agriculture alimentaire et à se convertir dans des
cultures de « haute valeur » à des fins d'exportation, souvent au
détriment de l'autosuffisance alimentaire. Les produits de grande valeur ainsi
que les cultures à des fins d'exportation ont été soutenus par des prêts de la
Banque mondiale. Les famines à l'ère de la
mondialisation sont le résultat de ces politiques. La famine n'est pas la
conséquence d'un manque de nourriture, c'est en fait tout le contraire :
les surplus alimentaires mondiaux sont utilisés pour déstabiliser la production
agricole dans les pays en développement. Strictement réglementée et
contrôlée par l'industrie agroalimentaire internationale, cette offre
excédentaire est finalement propice à la stagnation de la production et de la
consommation des produits alimentaires de base essentiels et à
l'appauvrissement des agriculteurs dans le monde. En outre, en cette époque de
mondialisation, les programmes d'ajustement structurel du FMI et de la Banque
mondiale ont un lien direct sur le processus de développement de la famine, car
ils affaiblissent systématiquement toutes les catégories d'activités
économiques urbaines ou rurales, qui ne servent pas directement les intérêts du
marché mondial. Les revenus des agriculteurs dans
les pays riches et dans les pays pauvres sont réduits par une poignée
d'industriels du secteur de l'agroalimentaire mondial qui en même temps
contrôlent les marchés des céréales, les intrants agricoles, les semences et la
transformation des aliments. La géante société Cargill Inc avec plus de 140
filiales et sociétés affiliées à travers le monde contrôle une part importante
du commerce international des céréales. Depuis les années 1950, Cargill est
devenue le principal contractant pour « l'aide alimentaire » des
États-Unis financée par la Loi Publique 480 (1954). L'agriculture mondiale a pour la
première fois de l'histoire, la capacité de satisfaire les besoins alimentaires
de toute la planète, mais la nature même du marché mondial de ce système ne
permet pas que ça se réalise. La capacité de produire de la nourriture est
immense, mais les niveaux de consommation alimentaire restent extrêmement
faibles, car une grande partie de la population mondiale vit dans des
conditions d'extrême pauvreté et de privation. En outre, le processus de
« modernisation » de l'agriculture a conduit à la dépossession des
paysans et à l'augmentation du niveau de dégradation des terres et de
l'environnement. Autrement dit, les forces mêmes qui encouragent la production
alimentaire mondiale à se développer favorisent également une diminution du
niveau de vie et une baisse de la demande de nourriture. Le traitement choc du FMI Historiquement,
les escalades de
prix des produits alimentaires au niveau du commerce en détail
ont été
déclenchées par la dévaluation des monnaies, qui
ont toujours été le résultat
invariable d'une situation hyper inflationniste. Par exemple, en
août 1990 au
Pérou, sur les ordres du FMI, du jour au lendemain le prix du
carburant a été
multiplié par 30 et le prix du pain a été
multiplié par 12 :
« Partout dans le tiers-monde, la situation est celle du
désespoir social
et de la désolation d'une population appauvrie par l'interaction
des forces du
marché. Les émeutes contre les programmes d'ajustement
structurel et les soulèvements
populaires sont sauvagement réprimées: À Caracas,
en 1989, le président Carlos
Andres Perez qui après avoir dénoncé avec
éloquence le FMI d'exercer « un
totalitarisme économique qui ne tue pas par des balles mais par
la
famine », a déclaré un état d'urgence
et a régulièrement envoyé des unités
d'infanterie et des commandos de la marine dans les quartiers pauvres
(barrios
de ranchos) sur les collines surplombant la capitale. Les
émeutes anti-FMI de
Caracas ont été déclenchées à la
suite d'une augmentation de 200 % du prix
du pain. Hommes, femmes et enfants ont essuyé des tirs sans
discernement :
« Il a été rapporté que la morgue de
Caracas comptait jusqu'à 200 cadavres
de personnes tuées dans les trois premiers jours ... et elle a
avisé qu'elle
était à court de cercueils. Officieusement plus d'un
millier de personnes ont
été tuées. Tunis, en janvier 1984 : les
émeutes du pain instiguées en
grande partie par de jeunes chômeurs pour protester contre la
hausse des prix
alimentaires. Au Nigeria en 1989 : les émeutes des
étudiants contre les
programmes d'ajustement structurel ont entraîné la
fermeture de six universités
du pays par les Forces armées. Au Maroc, en 1990 : une
grève générale et
un soulèvement populaire contre les réformes du
gouvernement parrainées par le
FMI. » (Michel Chossudovsky, op cit.) Les semences génétiquement
modifiées Coïncidant avec la création de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 1995, un autre important
changement historique a eu lieu dans la structure de l'agriculture mondiale. Dans le cadre du contrat de
l'Organisation mondiale du commerce (OMC), les géants de l'agroalimentaire ont
une entière liberté d'entrer dans les marchés céréaliers des pays en
développement. L'acquisition de « droits de propriété intellectuelle »
exclusifs sur les variétés végétales par des intérêts agro-industriels favorise
aussi la destruction de la biodiversité. Agissant au nom d'une poignée de
conglomérats de biotechnologie, des semences OGM ont été imposées aux
agriculteurs, souvent dans le cadre de « programmes d'aide
alimentaire ». Par exemple, en Éthiopie des trousses de semences OGM ont
été remis aux agriculteurs pauvres afin de rétablir la production agricole à la
suite d'une grande sécheresse. Les semences OGM ont été plantées, donnant une
seule récolte. Mais après, les agriculteurs ont réalisé que les semences OGM ne
pourraient pas être replantées sans payer de redevances à Monsanto, Arch Daniel
Midland et al. Ensuite, les agriculteurs ont découvert que les graines ne
pousseraient que s'ils utilisaient les intrants agricoles, soit les engrais,
les insecticides et les herbicides qui sont produits et distribués par les
entreprises agroalimentaires de biotechnologie. Toute l'économie paysanne est
dorénavant enfermée entre les mains des conglomérats de l'agro-industrie. Avec l'adoption généralisée de
semences OGM, une transition majeure a eu lieu dans la structure et dans
l'histoire de l'agriculture depuis sa création il y a 10 000 ans. La reproduction de semences au
niveau des villages et chez les producteurs de semences a été perturbée par
l'utilisation de semences génétiquement modifiées. Le cycle agricole, qui
permet aux agriculteurs de stocker leurs semences biologiques et de les semer
pour en tirer la prochaine récolte a été brisé. Ce concept destructeur,
produisant invariablement la famine, est reproduit partout, pays après pays,
conduisant à la disparition de l'économie paysanne mondiale. mai 2008
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