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Iran
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Les Etats-Unis intensifient les préparatifs de guerre contre l’Iran Peter SYMONDS 1er février 2007, World Socialist Web Site, http://www.wsws.org On assiste actuellement à une intensification américaine
continue et manifeste des préparatifs de guerre contre l’Iran. Les préparatifs
militaires s’accompagnent d’un déluge de propagande contre Téhéran, en
provenance de sources américaines, et relayé sans esprit critique par des
médias serviles. La principale accusation actuellement portée contre le régime
iranien est que ses agents appuient et arment des milices chiites en Irak pour
qu’elles attaquent les troupes américaines — accusation à laquelle à ce jour
aucune preuve concrète n’a été fournie. Le
mois dernier, le président Bush a non seulement ordonné
à
l’armée américaine de « rechercher et
détruire » les réseaux iraniens
en Irak, mais a confirmé la semaine dernière qu’il
avait autorisé les troupes
américaines à capturer ou tuer les agents iraniens. Ce
lundi, dans un entretien
accordé à la radio publique nationale, Bush a
réitéré que « Si l’Iran
intensifie
son activité militaire en Irak au détriment de nos
troupes et/ou du peuple
irakien innocent, nous allons riposter avec fermeté. » Lors des audiences de confirmation du Congrès américain
cette semaine, les personnes nouvellement nommées par Bush se sont fait l’écho
du même message. John Negroponte, qui a été nommé au poste de secrétaire d’Etat
adjoint, a déclaré ce mardi devant la commission sénatoriale sur les relations
avec l’étranger que « le comportement [de l’Iran], tel le soutien aux
extrémistes chiites en Irak, ne devrait pas continuer sans réaction de notre
part. S’ils ont le sentiment qu’ils peuvent continuer ce genre d’activité en
toute impunité, alors cela nuira à la sécurité en Irak et à nos intérêts dans
ce pays. » L’amiral William Fallon, nommé à la tête des forces armées
américaines au Moyen-Orient, a déclaré ce mardi devant la commission
sénatoriale des forces armées, que l’implication de l’Iran dans le terrorisme
et la violence sectaire avait un caractère « déstabilisant et troublant ».
« Ils n’ont pas aidé en Irak. Il me semble que dans la région, alors
qu’ils augmentent leurs moyens militaires, nous devrons étudier attentivement
ce qu’ils font et ce qu’ils pourraient amener à la table », a-t-il ajouté. Fallon a indiqué qu’il avait l’intention de contribuer à la
construction d’une coalition régionale « pour faire face aux actes de
l’Iran ». Fallon est le premier officier de la marine jamais nommé à la
tête des forces armées américaines au Moyen-Orient et son rôle ne se limitera
évidemment pas à la diplomatie. Fallon dirigera la très importante flotte
américaine actuellement dans le golfe Persique, qui, pour la première fois
depuis l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis en 2003, comprendra deux groupes
de porte-avions. Le Jerusalem Post a signalé que le navire d’assaut,
USS Bataan, avait traversé le canal de Suez mardi, en route vers le golfe
Persique. Le groupe de combat, comprenant sept vaisseaux, compte 2 200
soldats et marins américains, des hélicoptères et des avions de chasse Harrier.
Le porte-avion USS John C. Stennis et les navires qui l’accompagnent sont
attendus dans la région dans le courant de ce mois-ci, où ils rejoindront le
porte-avion Dwight D. Eisenhower qui se trouve déjà dans le golfe. En tout,
Fallon pourra compter sur quelque cinquante navires ainsi que sur des centaines
d’avions. Un commentaire paru dans le quotidien français Le Figaro
le 27 janvier notait qu’avec deux porte-avions « les États-Unis ont
désormais la capacité d'engager une offensive aérienne 24 heures sur 24 pendant
trente ou quarante jours. Ils peuvent s'appuyer sur le quartier général de la
5e Flotte au Bahreïn, sur l'immense base aérienne d'al-Udaïd au Qatar et son
centre de commandement opérationnel, ainsi que sur la base de Diego Garcia dans
l'océan Indien pour le ravitaillement. Les satellites américains auraient
identifié 1 500 cibles liées au programme d'armement nucléaire iranien,
réparties sur 18 sites principaux. Nul ne doute que des dommages considérables
pourraient leur être infligés. Des cibles industrielles et pétrolières
pourraient s’ajouter à cette liste. » De façon inquiétante, un article paru mercredi dans le Los
Angeles Times donnait un aperçu de projets prévoyant des patrouilles plus
agressives le long de la frontière entre l’Iran et l’Irak, par les avions de
guerre américains, soi-disant pour empêcher la contrebande d’armes vers l’Irak.
Un important officiel du Pentagone a
déclaré : « La puissance aérienne joue des rôles importants, et l’un
de ces rôles consiste à être une force dissuasive, que ce soit par le contrôle
des frontières, la souveraineté aérienne ou quelque chose de plus
cinétique. » Comme l’a fait remarquer le Times,
« cinétique » est un terme utilisé pour signifier une action
militaire offensive. Quel que soit l’objectif avoué, la provocation des
patrouilles aériennes américaines près de l’espace aérien iranien pourrait
rapidement se transformer en conflit militaire ouvert. Bien que de hauts représentants américains ne cessent de
répéter, comme s’il s’agissait de faits avérés, que des agents iraniens sont
engagés à soutenir des milices antiaméricaines en Irak, aucune preuve n’a été
fournie pour appuyer ces affirmations. L’ambassadeur américain en Irak, Zalmay
Khalilzad, devait présenter mercredi un « dossier » sur des preuves
concrètes d’envois d’armes iraniennes en Irak, incluant les numéros de série et
les documents de livraison. Mais ce projet a été repoussé, démontrant que les
« preuves » sont tout aussi minces que les mensonges concernant les
armes de destruction massive, qui avaient été concoctés pour justifier
l’occupation militaire de l’Irak. Une guerre de propagande Le manque de preuve n’a pas empêché les médias américains de
publier des articles qui ont tout l’air d’avoir été concoctés par
l’administration Bush, la CIA ou le Pentagone. Mercredi, un article paru dans
le New York Times, basé sur des sources anonymes des Etats-Unis et de
l’Irak, a insinué que des agents iraniens étaient impliqués dans l’attaque, le
20 janvier à Karbala, d’une enceinte protégée où cinq soldats américains
avaient été tués. L’article
fournissait des détails concernant l’attaque,
mettant l’accent sur le fait qu’elle avait
nécessité une grande organisation :
l’utilisation de cartes d’identité contrefaites,
d’uniformes et de
mitraillettes de type « américain », de
véhicules utilitaires de
sport et d’outils de communication. Mais il ne présentait
pas la moindre preuve
que des Iraniens, et encore moins des agents du gouvernement iranien,
étaient
impliqués. La seule « preuve »
présentée était que l’opération
était
trop complexe pour que des insurgés irakiens l’aient
menée seuls. Un
haut représentant irakien qui n’a pas été
nommé a soutenu
que des francs-tireurs de l’Armée du Mahdi de l’imam
chiite Moqtada al-Sadr
étaient armés et contrôlés directement de
l’Iran. Un représentant de l’armée
américaine a suggéré la possibilité
d’une vaste conspiration impliquant de
hauts représentants irakiens, lorsqu’il a
demandé : « Est-ce que le
gouverneur [de Karbala] était impliqué ? Est-ce que
la police irakienne en
service était complice ou tout simplement
incompétente ? » Le New York Times a exprimé très ouvertement le
véritable objectif de cet article, qui a été repris et diffusé par l’ensemble
des médias : « Lier l’Iran à cette attaque meurtrière pourrait aider
l’administration Bush, engagée avec l’Iran dans une guerre de paroles qui va
s’intensifiant. » L’article faisait suite à un autre reportage douteux du New
York Times publié le 29 janvier alléguant que les « renseignements
iraniens » avaient été impliqués dans l’assassinat de l’ambassadeur
égyptien en Irak, Ihab Al Sharif, peu de temps après son arrivée en Irak en
juin 2005. L’article se basait sur un article publié en une du journal égyptien
Al Ahram, qui ne fournissait aucune autre preuve que les commentaires de
sources anonymes. Les ministres des Affaires étrangères iranien et égyptien ont
tout deux nié les allégations. À l’époque, al-Qaïda avait revendiqué
l’assassinat. Rien de tout cela n’a cependant empêché le New York Times
de présenter cette histoire comme véridique. Il est certainement possible que les services de
renseignement iraniens opèrent en Irak, comme le font d’autres pays, y compris
des alliés des Américains comme l’Arabie saoudite et la Jordanie. L’Iran
entretient des liens étroits avec des partis et des milices chiites, dont ceux
qui participent au gouvernement fantoche des Etats-Unis à Bagdad, et pourrait
bien leur fournir de l’aide. Il est également possible que les insurgés
achètent des armes légalement ou illégalement en Iran, ainsi que dans d’autres
pays. Mais il n’y a aucune preuve que le gouvernement iranien appuie
l’insurrection anti-américaine en Irak. Dans des commentaires publiés sur le site Internet du
Conseil des relations étrangères (Council on Foreign Relations) basé aux
États-Unis, Kenneth Pollack de l’Institut Brookings notait :
« L’administration Bush semble voir les Iraniens comme la source de
beaucoup, sinon de tous, les problèmes de l’Irak aujourd’hui. Pour moi, cela
rappelle dangereusement la manière dont ils parlaient de la Syrie en 2004 et
2005, lorsqu’ils exagéraient de façon ridicule le rôle de la Syrie dans
l’insurrection sunnite. » Un article paru dans le Los Angeles Times du 23
janvier notait : «Malgré toute sa rhétorique agressive, l’administration
Bush n’a fourni que des preuves très limitées pour appuyer ses prétentions [de
l’implication iranienne]. Les journalistes qui voyagent avec les troupes
américaines n’ont pas vu non plus de signes importants d’implication iranienne.
Durant une récente offensive dans un bastion d’insurgés sunnites ici, on n’a
trouvé qu’une seule mitrailleuse iranienne parmi les dizaines de caches d’armes
découvertes par les Américains. Les officiels britanniques ont accusé de la
même manière l’Iran d’être impliqué en Irak, mais disent ne pas avoir trouvé
d’armes de fabrication iranienne dans les zones où ils patrouillent. » Dans une interview accordée le 29 janvier à un journaliste
manifestement hostile du New York Times, l’ambassadeur iranien en Irak,
Hassan Kazemi Oumi, a vigoureusement nié tout soutien de l’Iran à des milices
anti-américaines. Il a rejeté les preuves saisies par les troupes américaines
lors de raids provocateurs durant lesquels un certain nombre d’Iraniens avaient
été détenus en décembre et janvier. « Il a ridiculisé les preuves que les militaires
américains disent avoir recueillies, incluant des cartes de Bagdad délimitant
les quartiers sunnites, chiites et mixtes — le type de cartes qui, selon les
officiels américains, serait utile à une milice préparant un massacre ethnique.
M. Oumi a répondu que ce type de cartes est si commun et facile à obtenir qu’il
ne prouve rien », cita le journal. Dans les semaines à venir, l’offensive propagandiste
américaine va sans aucun doute s’intensifier dans le but d’obscurcir les
véritables raisons des préparatifs de guerre contre l’Iran. En premier lieu,
Washington est déterminé à empêcher l’Iran d’étendre son influence suite aux
désastres créés par les États-Unis dans l’Irak et l’Afghanistan voisins. Plus
largement, cependant, l’administration Bush voit l’assujettissement de l’Iran
qui s’en suivra comme une étape nécessaire dans le plan depuis longtemps
élaboré de domination américaine sur le Moyen-Orient et l’Asie centrale et
leurs riches réserves de pétrole et de gaz. |
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