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Europe
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La Hongrie qui assurera
pour 6 mois à partir du 1er janvier 2011 la présidence de l’UE
(Union Européenne), subit très fortement les conséquences d’une
crise financière qui n’en finit pas. Pourtant pas si éloignée
des objectifs de Maastricht en matière de déficit (3,8 %
en 2008), la Hongrie devient le premier pays de l’Union européenne
à obtenir un soutien financier de la Troïka FMI, UE et Banque
mondiale. L’extrême droite entre au Parlement La Hongrie, auparavant
gouvernée par les sociaux-démocrates, avait réussi à sauvegarder
un système social relativement protecteur, mais l’application, sur
injonction du FMI, de telles mesures d’austérité a mécontenté
la population et bénéficié à la droite conservatrice qui a
remporté les élections législatives d’avril 2010. Pourtant, la
victoire du nouveau premier ministre conservateur, Viktor Orban, est
aussitôt saluée par l’agence de notation Fitch Ratings qui estime
que son parti, le Fidesz, obtenant la majorité nécessaire pour
modifier la Constitution, « représente une opportunité
pour introduire des réformes structurelles » |1|.
Les sociaux-démocrates ont ainsi connu une défaite historique et
ont ouvert un boulevard à l’extrême-droite (Jobbik) qui est
entrée au Parlement pour la première fois avec un score de 16,6 %.
Taxer le capital ou le travail ? Pour réduire son déficit
à 3,8% du PIB en 2010 comme le réclame le FMI et l’UE, le
gouvernement prépare l’instauration d’une taxe temporaire sur
l’ensemble du secteur financier, qui permettrait de prélever 0,45%
de l’actif net des banques (calculée non pas sur les bénéfices,
mais sur le chiffre d’affaires), de taxer à hauteur de 5,2% les
revenus des compagnies d’assurance et de 5,6 % pour les autres
entités financières (bourse, agents financiers, gérants de fonds
d’investissement…). La Hongrie surenchérit ainsi sur Obama qui a
timidement évoqué une taxe de seulement 0,15 % sur les
banques. Mais cette mesure qui devrait rapporter environ 650 millions
d’euros de recettes annuelles pendant deux ans (en 2010 et 2011),
soit environ 0,8 % du PIB selon le gouvernement, ne plait pas
aux banques : celles-ci font pression et menacent de retirer
leurs investissements en Hongrie. Quand au FMI, il stoppe toute
négociation et menace de fermer le robinet du crédit accordé en
2008. Le plan devant initialement expirer en mars 2010 avait pourtant
été prolongé jusqu’à octobre de la même année. « C’est soit la taxe bancaire, soit l’austérité » Christoph Rosenberg, qui conduisait la délégation du FMI en Hongrie, a indiqué que l’organisation internationale souhaitait obtenir davantage de précisions sur le budget de l’année prochaine : "Lorsque nous viendrons la prochaine fois, à moins que nous ne venions la semaine prochaine, le gouvernement aura logiquement avancé sur le budget 2011 et ce sera un budget très important", a-t-il dit |2|. Une fois de plus le FMI s’apprête à revoir la copie du gouvernement et intervenir directement dans l’élaboration du budget hongrois au dépend de toute souveraineté. En attendant, le FMI estime que le pays va devoir prendre « des mesures supplémentaires » d’austérité pour parvenir aux objectifs de déficit qu’il a lui-même fixé. De son côté, le ministre de l’Economie Gyorgy Matolcsy déclare lors d’un entretien : « Nous avons dit que nous ne pouvions pas mettre en place de nouvelles mesures de rigueur [...]. Cela fait cinq ans que nous appliquons des mesures d’austérité, c’est pourquoi nous en sommes là ». « Nous allons imposer la taxe bancaire, nous savons que c’est un lourd fardeau supplémentaire, mais nous savons également que nous pouvons atteindre (l’objectif) d’un déficit de 3,8% », « C’est soit la taxe bancaire, soit l’austérité », a-t-il par ailleurs ajouté |3|. Afin de se protéger d’une extrême droite en pleine ascension lors des prochaines élections municipales début octobre, la droite conservatrice au pouvoir veut éviter des mesures trop impopulaires et rejette toute poursuite de négociation avec le Fonds. Rupture consommée entre la Hongrie et le FMI ? Le 17 juillet le FMI
suspend la négociation et par voie de conséquence, le versement de
nouvelles tranches. Dans un premier temps, la sanction des marchés ne
s’est pas fait attendre et la monnaie nationale, le forint reculait
d’environ 2,4% à l’ouverture, tandis que la Bourse perdait plus
de 4%. Le premier ministre, Viktor Orban, monte au créneau et
réussit à calmer les spéculations en remerciant le FMI pour son
« aide de trois ans » tout en indiquant que
« l’accord sur le prêt expirait en octobre, et qu’il
n’y avait donc rien à suspendre. ». « Les banques
étaient à l’origine de la crise mondiale, il est normal qu’elles
contribuent au rétablissement » de la situation,
a-t-il souligné |4|.
Le journal “Le Monde” soutient les créanciers Contrairement aux dire du
journal français Le Monde |5|
dans son édition du 20 juillet, il faut soutenir l’insoumission
affichée du gouvernement hongrois envers le FMI et défendre l’idée
qu’il en fasse de même avec son autre créancier, l’Union
européenne. Prendre ses distances envers ces créanciers ne
constitue en rien une insulte envers le peuple hongrois qui devra in
fine rembourser une dette dont les conditions imposées par le FMI et
l’UE sont déjà un lourd fardeau pour la population. Notes |1| Hongrie : Fitch salue le résultat électoral, Le Figaro, 26 avril 2010 : http://www.lefigaro.fr/flash-eco/20... |2| http://tempsreel.nouvelobs.com/actu... |3| http://fr.reuters.com/article/frEur... |4| http://www.lesechos.fr/info/inter/a... |5| « M. Orban affiche ouvertement une insultante désinvolture à l’adresse de ses créanciers », Le Monde, 19 juillet 2010. http://www.lemonde.fr/idees/article... |6| Discours de Thomas SANKARA à Addis-Abeba, le 29 Juillet 1987, quelques mois avant sa mort.
Source : Comité pour l’annulation de la dette du Tiers-monde CADTM |
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