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"La nation et le rôle national de la classe ouvrière"

 Ecole élémentaire du Parti communiste français, n° 2, novembre 1959
édité par le comité central du Pcf

Sommaire

Introduction

I. LA NATION
a) LA NATION : UNE COMMUNAUTE HUMAINE, STABLE, HISTORIQUEMENT CONSTITUEE
b) COMMUNAUTE DE LANGUE
c) COMMUNAUTE DE TERRITOIRE
d) COMMUNAUTE DE VIE ECONOMIQUE
e) MENTALITE COMMUNE S’EXPRIMANT DANS LA CULTURE NATIONALE

II. LES MONOPOLES CONTRE LA NATION
1) LES INTERÊTS DE LA BOURGEOISIE ONT COÏNCIDE, A UNE EPOQUE, AVEC L’INTERET NATIONAL
2) A NOTRE EPOQUE, LA DOMINATION ET LA POLITIQUE DES MONOPOLES SONT CONTRAIRES A L’INTERET NATIONAL DANS TOUS LES DOMAINES
3) LA GRANDE BOURGEOISIE TENTE DE MASQUER LE CARACTERE ANTINATIONAL DE SA POLITIQUE

III. LE ROLE NATIONAL DE LA CLASSE OUVRIERE
1) LA CLASSE OUVRIERE, CLASSE DE L'AVENIR, LUTTE POUR LA NATION TOUTE ENTIERE
2) DANS LE PRESENT, LA CLASSE OUVRIERE EXPRIME ET DEFEND TOUS LES GRANDS INTERETS NATIONAUX

IV. LE PARTI COMMUNISTE A LA POINTE DU COMBAT POUR LA DEFENSE DES INTERETS NATIONAUX
1)LA CLASSE OUVRIERE EST LA FORCE DIRIGEANTE DE LA LUTTE POUR LA RENOVATION NATIONALE
2)L'UNITE DE LA CLASSE OUVRIERE : CONDITION DU RASSEMBLMENT DE TOUTES LES FORCES DEMOCRATIQUES ET NATIONALES
3)L'ALLIANCE DE LA CLASSE OUVRIERE ET DES COUCHES MOYENNES, CONDITION DE LA RENOVATION NATIONALE ET DEMOCRATIQUE
4) LE PROGRAMME IMMEDIAT DE RENOIVATION NATIONALE ET DEMOCRATIQUE DU PARTI COMMUNISTE
5) L’ATTACHEMENT IDEFECTIBLE DES COMMUNISTES A L’INTERNATIONALISME PROMETARIEN CORRESPOND A L’INTERET BIEN COMPRIS DU PEUPLE DE FRANCE

Conclusion

INTRODUCTION

De nos jours, la grande bourgeoisie mène une politique contraire à l’intérêt national. La classe ouvrière au contraire est à la pointe du combat pour la défense des intérêts nationaux.

Le Parti communiste français est la force dirigeante de ce combat.

L’avenir de la nation préoccupe au plus haut degré les communistes.

Ils luttent de toutes leurs forces pour que se réalise l’union de tous ceux qui sont intéressés à l’indépendance et à la grandeur de la France.

Pour étudier et comprendre cette question, il est nécessaire de se référer constamment aux principes marxistes-léninistes concernant les classes sociales, la lutte des classes et la nation.


I. LA NATION

La nation est une communauté humaine stable qui s’est constituée historiquement, sur la base de quatre caractères fondamentaux : la communauté de langue, la communauté de territoire, la communauté de vie économique, une mentalité commune s’exprimant dans la culture nationale.

a) LA NATION : UNE COMMUNAUTE HUMAINE, STABLE, HISTORIQUEMENT CONSTITUEE

La nation française est le produit d’un long développement : elle s’est constituée de vingt races : Ligures, Ibères, Celtes, Romains, Germains, Arabes, Normands… qui, à travers les siècles, se sont installés sur son sol et l’ont tous marquée de leur empreinte. Ces peuples se sont peu à peu fondus dans cet immense et bouillonnant creuset que fut et que reste notre pays.

Ainsi les Français n’ont pas été réunis par une race, mais par une histoire commune.

Cette communauté humaine, historiquement constituée, est une communauté stable, qu’il serait vain aujourd’hui de vouloir démanteler.

L’exemple de la nation française – comme de toutes les autres – montre la fausseté des théories racistes, produit de l’idéologie bourgeoise.

Instrument du fascisme, la thèse selon laquelle race et nation seraient deux données qui se confondraient, a servi de justification à maintes agressions impérialistes contre telle ou telle nation (exemple : agressions hitlériennes en Europe).

Aujourd’hui, elle sert encore d’instrument aux colonialistes qui visent à maintenir dans un état de sujétion les peuples d’outre-mer et qui, dans ce but, prétendent que ces derniers appartiennent à des races inférieures.

b) COMMUNAUTE DE LANGUE

La communauté de langue est un des caractères fondamentaux sur la base desquels naît la nation. Il est nécessaire, que d’un bout à l’autre du territoire, les hommes puissent se comprendre. En France, une seule langue commune est parlée par tous et enseignée (bien que des patois, dialectes dans lesquels s’expriment les traditions populaires, aient encore des emplois locaux).

La langue française, aux origines latines, provient de l’ancien langage de l’Ile-de-France (autrefois domaine royal) qui s’est enrichi d’autres éléments et transformé peu à peu.

c) COMMUNAUTE DE TERRITOIRE

La communauté de langue ne suffit pas ; l’histoire des Etats-Unis est à ce sujet très caractéristique. Les Anglais, transplantés, sur le Nouveau Continent, coupés de leur nation d’origine, se sont mêlés à d’autres hommes venant d’autres nations d’Europe. Avec eux, sur une territoire nouveau, ils ont fondé une nouvelle nation : la nation nord-américaine.

La réunion sur un même territoire des individus parlant la même langue est un des éléments constitutifs de la nation.

d) COMMUNAUTE DE VIE ECONOMIQUE

La cohésion économique entre les différentes parties du territoire intéressé est aussi un élément constitutif de la nation. En supprimant les douanes intérieures, en développant les moyens de communication, la Révolution de 1789 resserra, du point de vue économique, les liens entre les différentes régions de France.

Quant en France, au Moyen Age, chaque région travaillait pour elle, produisant et fabriquant ce qui lui était nécessaire (blé, cuir, etc.), quand il fallait payer des droits pour transporter les marchandises d’une province, voire d’une ville à une autre ; quand les poids et les mesures variaient d’un endroit à l’autre, l’unité nationale ne pouvait être considérée comme réelle. C’est la raison pour laquelle, si l’unité française a de lointaines origines, elle est cependant un fait moderne. La nation française s’est constituée à l’époque du capitalisme ascendant, sous la direction de la bourgeoisie en lutte contre le morcellement féodal, pour la formation d’un marché national unique.

e) MENTALITE COMMUNE S’EXPRIMANT DANS LA CULTURE NATIONALE

Il y a une esprit français, comme il y a un esprit anglais ou italien, que l’on retrouve aussi bien dans la manière de cultiver le sol et de composer le chansons, d’aimer ou de se tenir au combat, de faire la cuisine ou de concevoir la vie. Cet esprit français se manifeste de façon originale dans les œuvres des écrivains et des artistes de notre pays.

Ce caractère national français s’est trempé, formé dans les épreuves, les succès, les revers, toutes les gloires et les misères partagées en commun par ceux qui ont travaillé le sol de notre pays.

* * *

Ainsi, la nation est une réalité ; les liens qui unissent les Français sont des liens réels. La division de la société en classes antagonistes ne nie en aucune manière la réalité de la nation ; tous les indices sont communs à toutes les classes de la nation ; leurs intérêts de classe opposent les ouvriers aux capitalistes et les unissent aux ouvriers des autres pays ; cependant les ouvriers français ont en commun avec les autres classes de la population la langue, le territoire, une histoire commune, etc.

La nation française est le produit d’une longue histoire, des combats et des efforts de tout un peuple.

Cet héritage, il convient non seulement de le conserver mais de la faire fructifier.

Qui peut continuer la France dans le sens de la vraie grandeur ? Cela nous amène à étudier le rôle des différentes classes dans la nation.


II. LES MONOPOLES CONTRE LA NATION

1) LES INTERÊTS DE LA BOURGEOISIE ONT COÏNCIDE, A UNE EPOQUE, AVEC L’INTERET NATIONAL

- A la fin du XVIII° siècle, le régime féodal constituait un obstacle au développement du mode de production (1) capitaliste qui s’était formé dans son sein. Le développement des forces productives (2) du capitalisme, était freiné par les entraves corporatives qui excluaient la liberté d’entreprise, la liberté du commerce, etc. par les douanes provinciales, etc., instituées par le régime féodal. Pour se développer, le capitalisme avait aussi besoin d’ouvriers « libres » ; or, la grande majorité des paysans étaient serfs, attachés à la terre, etc.

- La domination de la classe féodale était un obstacle à la marche en avant de la société.

Pour défendre son régime contre les forces économiques nouvelles, la classe féodale chercha appui auprès de la réaction étrangère (Prusse, Autriche…) Elle s’était détachée de la nation et la trahissait ouvertement.

- Par contre, à cette époque, la lutte de bourgeoisie, alors classe montante, pour la destruction du régime féodal, coïncidait avec l’intérêt national : en luttant pour ses intérêts de classe, pour la destruction du régime féodal, elle libérait les masses paysannes de l’oppression féodale, détruisait les entraves qui gênaient l’essor économique et la formation d’un marché national unique, extirpait les racines de la trahison.

Ces faits sont l’illustration d’une des lois que l’étude scientifique des sociétés humaines a permis de dégager :

Quand une classe a achevé son rôle historique et devient en conséquence un obstacle au développement de la société, elle se détache de la nation, tandis que les intérêts de la classe montante coïncident avec l’intérêt national.

Cette loi historique se vérifie à nouveau de nos jours.

(1) Mode de production : manière dont les biens matériels sont produits dans une société donnée.

(2) Forces productives : englobent les moyens de production-fabriques, machines-outils, etc.) et les hommes qui les utilisent.

2) A NOTRE EPOQUE, LA DOMINATION ET LA POLITIQUE DES MONOPOLES SONT CONTRAIRES A L’INTERET NATIONAL DANS TOUS LES DOMAINES

a) Les intérêts de la classe de la bourgeoisie sont en contradiction avec ceux de la nation.

Le développement du capitalisme a donné naissance aux monopoles (1). La bourgeoisie a achevé sa mission historique : le régime capitaliste, fondé sur la propriété privée des moyens de production, est devenu un obstacle au développement de la société.

La grande bourgeoisie, qui tire du système capitaliste des profits énormes, cherche à tout prix à la maintenir. La politique qu’elle mène en conséquence pour imposer sa domination l’oppose à la nation et la mène à la trahison ouverte de ses intérêts fondamentaux. Cette contradiction entre les intérêts de classe de la bourgeoisie et ceux de la nation se manifeste dans tous les domaines, en politique intérieure, comme en politique extérieure.

Cette contradiction entre les intérêts de classe de la bourgeoisie et ceux de la nation se manifeste dans tous les domaines, en politique intérieure comme en politique extérieure.

(1) Voir cours n° 1 : Les classes sociales et l’exploitation capitaliste

b) La recherche exclusive du profit est une source d’affaiblissement de la nation

La recherche exclusive du profit est le but de la production capitaliste. Il en résulte la paupérisation de la classe ouvrière, sa dégradation physique et intellectuelle ; ainsi la domination des monopoles s’accompagne du gaspillage et de la destruction de la plus importante des forces productives : la classe ouvrière.

La domination des monopoles a aussi pour conséquence la paupérisation et la ruine de la majorité de la paysannerie ; l’aggravation de la tendance à la prolétarisation des artisans, petits commerçants…

En accumulant la richesse à un pôle de la société dans un nombre de mains de plus en plus restreint, et la misère à l’autre, du côté de ceux qui produisent les richesses, elle conduit à l’aggravation des antagonismes de classes et, de fait, accentue la division de la nation.

La recherche exclusive du profit engendre une tendance au freinage de certaines branches de l’économie.

Plutôt que d’investir leurs capitaux en France, où ils permettraient d’améliorer l’équipement national et d’accroître les richesses, les capitalistes préfèrent les « exporter » notamment vers les pays coloniaux ou dépendants, où les manières premières et la main d’œuvre sont bon marché : c’est ainsi par exemple que les gisements pétrolifères du Sud Ouest de la France sont négligés.

De la même manière, la recherche exclusive du profit conduit très souvent les capitalistes à entraver le progrès technique ; les trusts du pétrole font obstacle à l’utilisation de l’énergie nucléaire et au développement de la production charbonnière.

c) La limitation de la démocratie est contraire à l’intérêt national

-Pour imposer le maintien de sa domination et de sa politique de classe, pour tenter d’entraver la lutte de la classe ouvrière et des masses laborieuses, la bourgeoisie s’efforce de limiter, voire de liquider la démocratie.

Elle s’efforce de restreindre les plus possible la participation des masses à la vie politique (truquage électoral réduisant la représentation populaire, atteintes aux libertés communales, restrictions apportées au droit de grève, aux libertés syndicales, etc.)

-Elle détourne l’armée de sa véritable mission en l’utilisant contre la volonté d’indépendance des peuples opprimés et en voulant lui faire jouer un rôle de police dirigée contre les forces vives de la nation.

-La masse des travailleurs se voit refuser l’accès à l’éducation et à la culture ; faute de revenus suffisants, les travailleurs ne peuvent faire poursuivre des études secondaires ou supérieures à leurs enfants ; faute de ressources et de loisirs, ils ne peuvent accéder à de nombreuses sources de culture (livres, théâtre, etc.)

-Le développement de la culture et de science est entravé.

La politique de la bourgeoisie entraîne des dépenses militaires considérables et prive ainsi le budget de l’éducation nationale et de la recherche scientifique des crédits indispensables. La recherche est en outre orientée aux fins de ses intérêts et de sa politique, ce qui ne permet pas à la science et à la pensée de contribuer à la grandeur française (l’étude des applications pacifiques de l’énergie nucléaire par exemple est sacrifiée à la fabrication d’une bombe A).

-N’ayant plus confiance dans la science, dans l’avenir, la bourgeoisie a recours à une offensive obscurantiste et cléricale (politique d’asphyxie de l’école publique – mise à l’écart de la réforme de l’enseignement, offensive anti-laïque, etc.)

d) Par intérêt de classe, la grande bourgeoisie pratique vis-à-vis des peuples coloniaux une politique contraire à l’intérêt national.

Depuis 15 ans, la bourgeoisie s’est révélée incapable de résoudre les problèmes posés par le mouvement de libération des peuples coloniaux.

Le colonialisme, s’il assure des profits élevés à une poignée de capitalistes, a par contre des conséquences matérielles, humaines et morales néfastes pour la nation. Les guerres coloniales affaiblissent la nation : elles sacrifient des dizaines de milliers de vies humaines ; elles portent atteinte au moral de la jeunesse ; elles mettent en difficulté l’économie nationale et la paralysent à double titre : en premier lieu, parce qu’elles investissent une fraction très importante des ressources nationales dans des dépenses improductives (armements, etc.) ; en second lieu, parce qu’elles empêchent l’établissement de relations nouvelles avec les peuples qui accèdent à l’indépendance (Viêt-nam, Tunisie, Maroc, Guinée) et privent ainsi notre économie d’échanges commerciaux très fructueux. Enfin, les guerres coloniales constituent un danger pour la démocratie ; elles favorisent les entreprises fascistes : c’est la guerre d’Algérie qui a rendu possible le complot du 13 mai.

e) La politique étrangère de la grande bourgeoisie tourne dos, dans tous les domaines, à l’intérêt national

La trahison de la bourgeoisie n’est pas une donnée récente.

En France, la trahison de la grande bourgeoisie s’est déjà manifestée lors de la guerre franco-allemande de 1870-71 et de la répression de la Commune de Paris, mais elle a acquis un caractère plus profond, permanent à l’époque actuelle, en raison de la nature décadente du capitalisme à l’époque de l’impérialisme (1).

-Les monopoles, en effet, sont reliés par mille combinaisons financières qui passent par dessus les frontières : par exemple, Schneider a d’importantes participations dans le grand trust sidérurgique luxembourgeois Arbed. L’Arbed elle-même est liée en Allemagne aux Tréfileries et Laminoirs « Felten et Guillaume Carlswerk » (firme dans laquelle Pferdemenges, conseiller d’Adenauer, représente les intérêts allemands…), etc.

-A ceci s’ajoute que la grande bourgeoisie, pour assurer la maintien de ses privilèges contre les forces démocratiques, par peur du peuple, n’hésite pas à chercher appui auprès de la réaction étrangère.

Les accords de Muncih, en septembre 1938, par lesquels les gouvernements anglais et français laissent à Hitler et Mussolini les mains libres à l’Est sont un exemple typique de cette collusion criminelle du grand capital avec les forces réactionnaires étrangères, mortellement ennemies de la nation française ; dès 1936, les hommes du grand capital disaient : « Plutôt Hitler que le Front Populaire » ; la France fut la première victime de cette politique : Hitler attaqua d’abord à l’Ouest.

Par la suite, la collaboration avec les hitlériens, pendant l’occupation, fut une trahison ouvert e de l’intérêt national.

La trahison de la grande bourgeoisie n’a pas cessé avec la défaite hitlérienne. Elle se poursuit de nos jours par sa collusion avec le grand capital américain et allemand.

L’acceptation du plan Marshall, puis l’adhésion au Pacte Atlantique et la participation à la guerre froide menée sous direction US, aujourd’hui, la mise en application du Traité de Marché Commun, la création de l’axe Bonn-Paris ont placé et placent la France dans la dépendance économique, politique et militaire à l’égard des impérialistes américains et allemands.

-Cette politique sacrifie les intérêts de l’immense majorité de la nation.

Le Marché Commun, par exemple, aboutit à l’abaissement du niveau de vie des travailleurs, ouvriers et paysans ; nombre de petites et moyennes entreprises françaises seront victimes de la concurrence des grands monopoles étrangers.

La politique de guerre froide, en privant notre économie d’échanges avec l’Union soviétique, la Chine, les démocraties populaires, met obstacle à son développement et affecte aussi bien les classes moyennes que la classe ouvrière.

-Cette politique, qui se traduit par le sacrifice de l’indépendance nationale, constitue en outre une menace pour la sécurité même de la France. Elle affaiblit sans cesse notre pays vis-à-vis d’une Allemagne de l’Ouest revancharde qui se renforce constamment et qui pourrait voie en elle une proie plus facile encore qu’en 1940, car la France est plus faible et plus isolée aujourd’hui qu’elle n’était alors.

(1) Impérialisme : étape nouvelle dans laquelle est entré le capitalisme depuis le début du XX° siècle et qui est caractérisée essentiellement par la domination des monopoles dans la vie de la nation.

3) LA GRANDE BOURGEOISIE TENTE DE MASQUER LE CARACTERE ANTINATIONAL DE SA POLITIQUE

a)Elle développe des théories nationalistes et chauvines : c’est-à-dire qu’elle tente d’utiliser les sentiments nationaux légitimes du peuple, l’amour de la patrie, au profit de ses intérêts de classe ; elle prétend notamment que la prospérité et la grandeur de la France seraient liées à l’exploitation des peuples coloniaux ; elle pousse à un nationalisme exacerbé (chauvinisme) : « Qu’il ait tort ou qu’il ait raison, mon pays est mont pays », « tout ce qu’il fait est bien », ce qui vise à rien moins que justifier par exemple les tortures en Algérie.

-Elle utilise les sentiments internationalistes, pacifiques du peuple ; elle s’efforce de les faire servir ses intérêts de classe ; elle tente par exemple de justifier la CECA, le Marché Commun, etc. – qui ne correspondent qu’aux intérêts de la grande bourgeoisie – en invoquant la nécessité de « faire l’Europe », de réaliser ma « réconciliation franco-allemande », d’assurer la consolidation de la paix, etc.

-Elle recourt à l’anticommunisme. C’est ainsi par exemple que la bourgeoisie pour tenter de justifier sa politique d’aliénation de l’indépendance nationale : le Pacte Atlantique, l’installation de bases US dans notre pays, le soutien à la remilitarisation de l’Allemagne de l’Ouest, etc., invoque la prétendue agressivité de l’Union soviétique.

b)La social-démocratie s’efforce de faire pénétrer dans la classe ouvrière ces thèses de la bourgeoisie :

C’est ainsi que Guy Mollet soutient que « les Algériens arriérés sont incapables de se gouverner », justifiant ainsi la poursuite de la guerre d’Algérie. De même les dirigeants socialistes ne cessent de prôner des idées « européennes » (« l’idée de la souveraineté nationale est une idée périmée ») qui font le jeu du grand capital français, allemand et américain et apportent leur soutien à toutes les campagnes anticommunistes et antisoviétiques.


III. LE ROLE NATIONAL DE LA CLASSE OUVRIERE

La bourgeoisie a achevé sa mission historique ; c'est la classe ouvrière qui incarne et exprime les intérêts de la nation trahie par la bourgeoisie.

1) LA CLASSE OUVRIERE, CLASSE DE L'AVENIR, LUTTE POUR LA NATION TOUTE ENTIERE

a)La classe ouvrière, seule classe révolutionnaire de la société capitaliste

La classe ouvrière est liée à la forme la plus avancée de la production, c'est à dire à la forme de l'économie qui a l'avenir devant elle. Sa concentration dans les grandes entreprises et dans les grands centres prolétariens facilite son développement politique, la formation de sa conscience de classe et son organisation.

Enfin, elle est éminemment révolutionnaire car elle n'a rien à perdre dans la transformation de la société.

« Les prolétaires n'ont rien à perdre, que leurs chaînes. Ils ont un monde à y gagner ». 

Manifeste du Parti communiste

b) La classe ouvrière pour la nation tout entière

*La production est devenue une opération de plus en plus collective, sociale. Les moyens de production (1) sont restés propriété privée. Il y a donc une contradiction entre la forme privée de la propriété et le caractère social de la production. La propriété privée constitue un obstacle croissant au développement des forces productives (2). Le développement de la production, de l technique et de la science exige un régime social nouveau: le socialisme, où la forme de la propriété est en harmonie avec le caractère nouveau de la production.


C'est la classe ouvrière , alliée aux classes moyennes, qui met en harmonie la forme de la propriété avec le caractère de la production, en instaurant le socialisme, faisant accomplir ainsi à la société un bond décisif. Pour cette raison essentielle, la classe ouvrière est la classe de progrès, la classe montante.

*Le régime socialiste libère la nation de toute exploitation. Dans le passé, lorsqu'un système social était remplacé par un autre (le système féodal par le système capitaliste par exemple), l'exploitation demeurait du fait du maintien de la propriété privée des moyens de production. La classe ouvrière au contraire, en faisant des moyens de production la propriété du peuple, instaure une société dans laquelle toute exploitation est abolie.

La « lutte a atteint une étape où la classe exploitée (le prolétariat) ne peut plus se libérer de la classe qui l'exploite et l'opprime sans libérer EN MEME TEMPS ET POUR TOUJOURS la société tout entière de l'exploitation, de l'oppression et des luttes de classes. » 

Engels

En supprimant les antagonismes de classes, la société socialiste réalise l'unité morale et politique de la nation ; elle assure la satisfaction des besoins croissants de tous les membres de la société et la prospérité de la nation. En engendrant l'essor de la culture, des sciences et des techniques, en établissant une démocratie véritable, en menant une politique extérieure garantissant l'indépendance du pays et la paix, la société socialiste assure la grandeur nationale.

(1) Moyens de production : usines, mines, machines, outils, terre, moyens de transport et de communication, etc.

(2) Forces productives : ensemble des moyens de production et des hommes qui les utilisent ; voir démonstration chapitre II, point 2, paragraphes b et c.

2) DANS LE PRESENT, LA CLASSE OUVRIERE EXPRIME ET DEFEND TOUS LES GRANDS INTERETS NATIONAUX

a)La lutte contre l'exploitation capitaliste

En luttant contre l'exploitation et la surexploitation dont elle est victime, la classe ouvrière lutte d'abord pour la santé et la vie normale du peuple, seule façon d'assurer l'avenir de la France.

Sa lutte pour l'augmentation des salaires, la limitation des profits capitalistes favorise l'accroissement de la demande, la reprise et l'extension des affaires dont les couches moyennes sont également bénéficiaires (paysans, commerçants) ; elle contribue donc au développement de l'économie française.

b)La lutte pour la démocratie

Le pouvoir personnel, fondé sur le mépris de l'homme, n'attend que du génie d'un seul le salut et l'avenir.

La démocratie seule, en faisant appel à l'initiative créatrice de chaque citoyen, assure la véritable grandeur nationale.

c)La lutte contre l'obscurantisme

La classe ouvrière lutte contre la régression intellectuelle, l'obscurantisme et l'offensive antilaïque, pour la réforme de l'enseignement nécessaire pour continuer et grandir la France.

d)La lutte pour des rapports nouveaux avec les peuples coloniaux

-Guidée par le Parti communiste, la classe ouvrière de notre pays lutte pour la paix en Algérie, pour la négociation avec les représentants du gouvernement provisoire de la République algérienne, sur la base de la reconnaissance du droit du peuple algérien à l'indépendance.

Elle combat pour l'établissement de rapports nouveaux avec les peuples coloniaux, basés sur l'égalité des droits et la réciprocité des avantages.

-Ces objectifs sont conformes à l'intérêt national. La reconnaissance des aspirations légitimes du peuple algérien et des autres peuples à l'indépendance favoriserait le développement économique, social et culturel de notre pays.

L'Algérie, Madagascar, les pays d'Afrique noire, devenus indépendants auraient d'énormes besoins. Ils chercheraient à s'industrialiser, à moderniser leur agriculture, à construire des routes, des barrages, etc. Pour cela la coopération des pays plus avancés économiquement leur serait nécessaire ; entre la France et les peuples coloniaux, des liens existent sur les plans économique, culturel, qui se sont établis au cours de l'histoire. Il n'est pas douteux qu'ils se tourneraient alors vers notre pays qui aurait ainsi la possibilité d'accroître considérablement ses échanges (actuellement les exportations françaises vers les pays coloniaux ne représentent que 3% du total des exportations). Des accords pourraient être signés, avec l'Algérie par exemple, y compris en ce qui concerne l'exploitation du pétrole saharien.

Par ailleurs beaucoup d'intellectuels algériens ont été formés dans les universités françaises ; ils se sont attachés à notre culture et écrivent souvent leurs oeuvres en français. Il serait donc possible d'espérer que dans une Algérie indépendante, aux côtés de l'arabe qui aurait reconquis sa juste place dans l'enseignement et la culture nationale, le français bénéficierait d'une position privilégiée. la culture française serait appelée à un développement qui n'aurait absolument rien de comparable l'état de chose actuel.

Enfin la reconnaissance de l'indépendance des peuples coloniaux contribuerait à la restauration de l'indépendance nationale française ; elle faciliterait la lutte pour la restauration de la démocratie en France.

e)La lutte pour l'indépendance nationale et la paix

La classe ouvrière est à la tête de la lutte pour l'indépendance nationale et pour la paix.

Le respect des principes de la coexistence pacifique des Etats ayant des systèmes économiques et sociaux différents, leur reconnaissance comme base de la politique extérieure de notre pays, rétablirait du même coup l'indépendance et la souveraineté nationale, aujourd'hui aliénées par la vassalité atlantique et la sujétion à la Petite Europe. Il entraînerait l'interdiction des armes de destruction massive et le désarmement, faciliterait la liquidation du militarisme allemand. Il conduirait à la coopération et au développement des relations commerciales et culturelles avec tous les pays sans discrimination.

Les effets d'une telle politique se conçoivent :

Elle favoriserait l'essor économique, social et culturel de la France.

Elle assurerait en même temps sa sécurité.

Elle grandirait enfin son autorité et son rayonnement dans le monde.

* * *

Ainsi, étant donné sa place au sein de la société capitaliste, la classe ouvrière est porteuse des intérêts présents et à venir de la nation.

Cependant, elle ne joue pas son rôle spontanément. Pour cela, la direction du Parti communiste est nécessaire.

C'est grâce à l'activité du Parti que la classe ouvrière est intervenue de plus en plus dans l’histoire nationale comme la continuatrice de la France. Il suffit d'énumérer quelques grands chapitres de sa lutte : contre l'occupation de la Ruhr : 1923 et la guerre du Maroc : 1925 ; pour le front populaire antifasciste ; contre la non-intervention en Espagne et la trahison de Munich ; pour la libération nationale pendant l'occupation hitlérienne ; pour la renaissance nationale : 1945-1947 et la restauration de la souveraineté nationale française ensuite.

Aujourd'hui, sous la direction du Parti communiste, la classe ouvrière est à l'avant-garde du combat pour la rénovation démocratique et nationale.


IV. LE PARTI COMMUNISTE A LA POINTE DU COMBAT POUR LA DEFENSE DES INTERETS NATIONAUX

Le Parti communiste est le parti de la classe ouvrière dont les intérêts s'identifient à ceux de la nation. Il est armé de la théorie marxiste qui lui permet d'apporter des solutions justes aux problèmes posés devant le pays à chaque étape de son histoire.

C'est pourquoi il est à la pointe du combat pour la défense de tous les grands intérêts nationaux.

Le Parti communiste joue aujourd'hui son rôle de représentant de l'intérêt national authentique en travaillant de toutes ses forces à l'unité de la classe ouvrière et au rassemblement de la classe ouvrière et de toutes les victimes des monopoles.

1)LA CLASSE OUVRIERE EST LA FORCE DIRIGEANTE DE LA LUTTE POUR LA RENOVATION NATIONALE

Parce qu'elle est la classe dont les intérêts sont en contradiction absolue avec ceux de la bourgeoisie, la classe ouvrière est objectivement la force dirigeante de la bataille commune contre les monopoles pour la rénovation de la démocratie, pour la paix, pour la rénovation nationale.

Seule, de nos jours, elle peut rassembler autour d'elle les victimes de la domination et de la politique des monopoles.

Les classes moyennes, du fait de leur manque d'homogénéité, du fait qu'elles jouent un rôle secondaire dans la production et qu'elles n'ont pas d'intérêts communs fondamentaux ,e peuvent assumer ce rôle dirigeant.

La classe ouvrière ne peut jouer pleinement son rôle de force dirigeante de la lutte nationale que dans la mesure où elle est unie :; elle ne peut d'autre part réaliser ses objectifs immédiats et d'avenir et en conséquence assurer la grandeur nationale que dans la mesure où se rassemblent autour d'elle toutes les victimes des monopoles.

2)L'UNITE DE LA CLASSE OUVRIERE : CONDITION DU RASSEMBLMENT DE TOUTES LES FORCES DEMOCRATIQUES ET NATIONALES

Divisée, la classe ouvrière ne peut atteindre, ni ses objectifs d'avenir, ni simplement ses objectifs immédiats. L'unité est la condition du succès de toutes les luttes économiques et politiques.

L'histoire en fournit de nombreux exemples : unie, la classe ouvrière a pu, en 1936, imposer la constitution d'un gouvernement de progrès social ; elle a pu obtenir la semaine de 40 heures, les congés payés, etc. ; divisée en mai 1958 et dans la période qui a précédé, elle n'a pu s'opposer victorieusement à l'instauration du pouvoir personnel.

Unie, la classe ouvrière devient capable d'entraîner dans sa lutte d'autres couches de la population. Les classes moyennes de par leur nature, sont hésitantes politiquement ; si leurs intérêts les opposent en fait au grand capital, leur idéologie est bien souvent au contraire celle de la bourgeoisie, ce qui les entraîne à se méprendre sur le sens de la lutte à mener. Elles sont particulièrement sensibles au rapport des forces entre la classe ouvrière et la capitalisme et ont naturellement tendance à s'unir au plus fort dans l'espoir de défendre leurs intérêts.

C'est pourquoi l'union de la classe ouvrière et l'efficacité que cette union donne à son action sont la condition essentielle de l'intervention des classes moyennes dans la lutte à ses côtés? L'histoire le prouve également? Après 1934 la force de la classe ouvrière, unie dans l'action, devint irrésistible ; elle entraîna avec elle les classes moyennes contre les « 200 familles » ; le « Front populaire », mot d'ordre des communistes, devint le mot d'ordre du peuple, qui le réalisé et le fit triompher aux élections de 1936.

Par contre lors du complot de 1958, et après, les classes moyennes par suite de la faiblesse relative de la classe ouvrière due à sa désunion se tournèrent vers De Gaulle.

3)L'ALLIANCE DE LA CLASSE OUVRIERE ET DES COUCHES MOYENNES, CONDITION DE LA RENOVATION NATIONALE ET DEMOCRATIQUE

« La question de savoir qui, du prolétariat ou du grand capital monopoliste, les entraînera finalement (les classes moyennes) de son côté est une des plus importantes que nous ayons eu à résoudre pour l'avenir comme pour l'immédiat ».
Maurice Thorez, rapport au XV° Congrès

L'alliance avec les classes moyennes est un principe fondamental, permanent de la politique du Parti communiste.

a)C'est une nécessité à toutes les étapes de la lutte

La classe ouvrière, même unie, ne peut vaincre seule. A l'heure actuelle, seul un mouvement d'une très grande ampleur peut mettre en échec le pouvoir personnel et il n'atteindra l'ampleur nécessaire que dans la mesure où il associera toutes les couches qui sont victimes de la politique gaulliste, ouvriers, paysans, anciens combattants, laïques, intellectuels, artisans, petits et moyens commerçants, petits fabricants, etc., etc.

De même, la classe ouvrière n'instaurera pas seule le socialisme. La Révolution d'octobre 1917 en Russie ne fut victorieuse que parce que la classe ouvrière sut entraîner dans le combat l'immense masse des travailleurs paysans.

b)L'alliance de la classe ouvrière et des classes moyennes est possible :

  • à la campagne :

Les petits propriétaires et les petits fermiers ont tout à gagner au progrès et à la victoire du prolétariat.

La majorité de la paysannerie, y compris les paysans moyens et même les paysans aisés, est aujourd'hui victime des monopoles qui rejettent sur elle, comme sur la classe ouvrière, les charges de leur politique. Elle a intérêt à ce que cette politique soit mise en échec, donc à unir ses forces avec celles de la classe ouvrière et autres couches qui luttent contre le pouvoir personnel.

La paysannerie travailleuse est l'alliée principale du prolétariat.

  • à la ville :

La grande masse des employés et des fonctionnaires se trouve e,n fait dans la situation des travailleurs salariés ; le niveau de leur rémunération dépend pour beaucoup du salaire ouvrier. Leur sort est donc lié à celui de la classe ouvrière.

Les intérêts de la petite bourgeoisie artisanale et commerçante sont objectivement en contradiction avec ceux des monopoles ; la lutte aux côtés de laclasse ouvrière contre ces derniers correspond à leurs intérêts réels.

La couche des ingénieurs, cadres et techniciens comporte une grande diversité de situations sociales.

Cependant, si ces éléments supérieurs sont liés avec les milieux capitalistes, il n'en reste pas moins que l'avenir des ingénieurs et des techniciens comme réalisateurs et créateurs, dépend du libre développement des forces productives, donc de la transformation de la société.

Ainsi, dans leur majorité, les éléments des classes moyennes peuvent être gagnés à la cause de la classe ouvrière, à la cause de la démocratie.

c)L'alliance de la classe ouvrière et des classes moyennes des villes et des campagnes a pour base la lutte pour la défense des intérêts communs contre la politique des monopoles.

Elle ne se réalise pas spontanément. Elle exige que :

« La classe ouvrière et son Parti défendent résolument les revendications de la paysannerie laborieuse, des intellectuels, des ingénieurs, cadres et techniciens, ainsi que des artisans, des petits commerçants et fabricants et des autres couches moyennes, contre la politique du capital financier par exemple, contre les privilèges accordés aux monopoles,, contre la fiscalité antidémocratique, contre les prix de monopole imposés par les trusts, contre la réduction des crédits destinés à l'habitat, à l'équipement rural et à la santé publique, contre la destruction des libertés républicaines, contre le démantèlement de l'université, l'étouffement et l'assujettissement de la Recherche scientifique, contre la politique antinationale du Pacte atlantique, du Marché commun, de la guerre d'Algérie.

Ces revendications démocratiques et nationales correspondent aux intérêts de classe du prolétariat, avant-garde consciente et résolue de la lutte pour la rénovation de la démocratie, pour l'avenir de la nation et de la culture? »

Thèses du XV° Congrès, point 23

4) LE PROGRAMME IMMEDIAT DE RENOIVATION NATIONALE ET DEMOCRATIQUE DU PARTI COMMUNISTE

Pour donner une plate-forme concrète à l’alliance entre la classe ouvrière, la paysannerie laborieuse, les intellectuels, les classes moyennes des villes, à l’alliance du Parti communiste et des autres partis démocratiques, le XV° Congrès du Parti communiste français à élaboré un programme de rénovation des institutions républicaines et de la vie nationale.

Ce programme propose :

-sur le plan politique :

L’adoption d’un système de gouvernement vraiment démocratique, garantissant le rétablissement des libertés publiques.

-sur le plan économique :

Assurer les bases matérielles de l’indépendance et de la grandeur du pays, pourvoir au développement d’une économie moderne et à la mise en œuvre de tourtes les ressources nationales.

-sur le plan social et culturel :

des mesures destinées à relever le niveau de vie de la classe ouvrière, de la paysannerie laborieuse, des classes moyennes des ville, de la jeunesse, à faire progresser la culture, l’enseignement et la science française.

-dans le domaine des rapports avec les peuples coloniaux :

L’établissement de rapports nouveaux basés sur la franche reconnaissance de leur indépendance, de l’égalité des droits et des avantages mutuels.

-en politique extérieure :

Une politique indépendante fondée sur la reconnaissance du principe de la coexistence pacifique, visant au désarmement, s’opposant au réarmement allemand, travaillant à la coopération dans tous les domaines avec tous les pays sans discrimination.

Ce programme correspond aux intérêts fondamentaux de la nation ; il conduit à une France libre, forte et heureuse.

La faire connaître et lutter pour sa réalisation est une tâche essentielle. Il peut jouer en effet, dans la pratique, un rôle mobilisateur considérable.

« Il indique la voie de l’avenir aux masses les plus larges de travailleurs et de petites gens, que la défense des revendications immédiates éveille dès maintenant à l’action. Il permet leur rassemblement pour des intérêts communs bien réels et en vue d’une perspective clairement définie. Sur la base du programme, le mouvement des masses, seul moyen de remporter la victoire sur lé régime autoritaire et la réaction peut se développer avec ampleur, avec assurance. »

Maurice Thorez, XV° Congrès

5) L’ATTACHEMENT IDEFECTIBLE DES COMMUNISTES A L’INTERNATIONALISME PROMETARIEN CORRESPOND A L’INTERET BIEN COMPRIS DU PEUPLE DE FRANCE

L’internationalisme prolétarien a pour base la communauté d’intérêt de la classe qui unit les travailleurs du monde entier en lutte pour leur émancipation. La classe ouvrière d’un pays n’a pas d’intérêts opposés à ceux du prolétariat d’un autre pays ? bien plus, en étant tous intéressés à l’abolition de l’exploitation capitaliste ainsi qu’à la garantie de la paix et de l’indépendance nationale, les travailleurs du monde entier sont tous solidaires.

Aujourd’hui par exemple, la classe ouvrière et l’ensemble du peuple de France, ainsi que les peuples de l’URSS et des pays socialistes, ont un intérêt vital au désarmement, à bannir définitivement la guerre de la vie de l’humanité, à écarter la menace représentée par le militarisme allemand, danger principal pour la paix en Europe.

Le succès de la lutte du peuple de France pour sa sécurité, la paix, l’indépendance nationale, exigent la solidarité avec les pays socialistes, en particulier avec l’Union soviétique, rempart de la paix et de l’indépendance des peuples. Elle exige aussi la solidarité avec tous les peuples épris de paix et surtout le peuple allemand (RDA et forces pacifiques de l’Allemagne de l’Ouest).

En luttant pour l’amitié avec l’URSS, dont les intérêts ne sont nulle part en contradiction avec ceux de la France, avec les autres pays socialistes et tous les peuples, le Parti communiste est donc le champion le plus conséquent et le plus efficace de la défense des intérêts nationaux.

De même, le combat commun des peuples français et algérien contre leur ennemi commun, la grande bourgeoisie monopoliste, est une condition nécessaire pour la fin des hostilités en Algérie.

En témoignant au peuple algérien sa solidarité, le Parti communiste ait en pleine conformité avec les intérêts nationaux qui exigent la fin rapide de la guerre, l’établissement de rapports nouveaux ouvrant la voie à la collaboration amicale entre les deux peuple. Ces exemples montrent qu’une politique de véritable grandeur nationale ne peut être fondée que sur l’amitié avec tous les peuples.



CONCLUSION

La classe ouvrière et avec elle toutes les forces démocratiques et nationales peuvent seules assurer la renaissance démocratique et nationale de notre pays.

Les masses populaires par leur lutte peuvent remporter certains succès et limiter les effets néfastes du pouvoir personnel pour la nation.

Cependant, une politique véritable et conséquente de progrès social, de paix et d’indépendance nationale, de rénovation de la culture, de grandeur française exige la restauration et la rénovation de la démocratie.

C’est le peuple qui assurera le progrès de la nation dans tous les domaines économique, social, politique, culturel, etc.

L’union la plus large de toutes les forces démocratiques et nationales est indispensable pour parvenir à ce but.

Le Parti communiste français, en travaillant à cette union, crée les conditions pour que la nation française puisse progresser dans la voie de la prospérité et de la grandeur.