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LA LUTTE POUR LA PAIX Edité par le Comité central du Parti communiste français, n° 4, novembre 1959 INTRODUCTION Depuis le début du
siècle, la France a subi deux guerres terriblement meurtrières et
dévastatrices. Depuis 1945, elle n'a pratiquement pas cessé de
faire la guerre : au Viet-Nam, puis en Algérie. Elle est
assujettie à la coalition antisoviétique du Pacte Atlantique, sous
la direction des impérialistes américains. Elle est entrainée dans
la politique de guerre froide. I .ORIGINE DES GUERRES La guerre n'est pas un
phénomène accidentel, elle ne résulte pas de la méchanceté des
hommes, des fautes commises par les dirigeants de tel ou tel Etat ou
d'une prétendue volonté divine. 1- LE REGIME CAPITALISTE : CAUSE PROFONDE DES GUERRES *De nos jours, l'origine profonde du danger de guerre réside dans l'existence du capitalisme. Accumuler des profits, multiplier ses richesses, tel est le but de la classe dominante. Pour assurer le maximum de profits, les capitalistes sont amenés, outre le renforcement de l'exploitation de la classe ouvrière de leur propre pays, à rechercher sans cesse, hors des frontières nationales, de nouveaux débouchés pour écouler leurs marchandises, de nouvelles sources de matières premières pour alimenter leur industrie. Cette nécessité est d'autant plus impérieuse que les monopoles capitalistes (Monopoles : groupements capitalistes géants résultant d'ententes et de fusions entre plusieurs grandes entreprises capitalistes ou d'absorption de concurrents plus faibles) – qui possèdent un appareil de production énorme – et les banques, règnent en maîtres au sein des Etats capitalistes. *Dans la lutte pour les marchés, les intérêts des capitalistes s'opposent, d'où une première source de conflits. Les pays capitalistes se développant de façon inégale, les pays qui devancent les autres sur le plan économique sont tentés d'accaparer les richesses et d'asservir leurs concurrents plus faibles. Dans le passé, le développement inégal des pays capitalistes et la rupture d'équilibre dans le rapport des forces qui en est résulté, a donné naissance à la première et à la deuxième guerres mondiales. Aujourd'hui, les antagonismes subsistent. Mais la puissance du camp socialiste met un frein à la tentation des capitalistes de régler leurs différends par la guerre et les amène à rechercher de nouvelles méthodes pour se répartir les sources de profit. *La volonté de conserver leurs débouchés et sources de matières premières à bon marché explique aussi que les capitalistes ne se résignent pas à la perte de leurs colonies dont ils ont tiré tant de profits. Cela se traduit par la guerre (exemple : guerre d'Algérie). Cependant, dans la situation internationale nouvelle, devant la volonté irrésistible des peuples coloniaux d'accéder à l'indépendance, les impérialistes qui ont subi échec sur échec (Égypte, Vietnam, Irak, etc.) sont contraints de plus en plus à rechercher des moyens nouveaux pour réaliser des profits dans ces pays. *Depuis la deuxième guerre mondiale, la course aux armements et la militarisation ont été un des moyens essentiels utilisés par les capitalistes pour pallier, dans une certaine mesure, la menace de crise économique et obtenir des profits fabuleux. Dans les conditions actuelles, à l'âge des fusées et de la bombe H, la course aux armements fait courir à l'humanité des risques effroyables. *La révolution d'octobre constitue le début de la transformation socialiste du monde. A partir de 1917, bien que des contradictions les opposent les uns aux autres,n les capitalistes vont considérer le socialisme victorieux, point d'appui et exemple pour les travailleurs du monde, comme leur ennemi principal. Leur objectif va consister à essayer d'abattre l'Union soviétique ; leurs tentatives échouent ; une nouvelle série de pays s'arrachent à la domination capitaliste à l'issue de la deuxième guerre mondiale. Mais le capitalisme condamné à la disparition et ne voulant pas mourir de sa belle mort, essaie jusqu'au bout de se maintenir. Depuis la fin de la guerre, les impérialistes ont pris toute une série de mesures agressives contre l'URSS et les pays socialistes. * * * Ainsi, de par sa structure économique et sociale, les capitalisme engendre des tendances agressives et le militarisme. Est-ce à dire qu'à l'avenir, le capitalisme subsistant dans plusieurs grands pays, l'humanité doit être inévitablement entraînée dans de nouvelles guerres ? C'est ce que nous allons étudier maintenant. 2-LA GUERRE N'EST PAS FATALE Si les causes profondes des guerres résident dans l'existence de l'impérialisme (i), cela ne signifie pas que les guerres doivent éclater inévitablement, quelles que soient les conditions. La guerre n'est pas seulement, en effet, un phénomène économique. « Dans la question de savoir si la guerre aura lieu ou non, le rapport des forces de classe, des forces politiques, le degré d'organisation et la volonté consciente des hommes ont une grande importance. Bien plus, dans certaines conditions, la lutte des forces sociales et politiques d'avant-garde peut jouer à cet égard un rôle décisif. » N. Khrouchtchev, rapport du XX° Congrès du PCUS Les guerres sont faites par les peuples et les impérialistes doivent compter avec eux. Il est évident que si les masses populaires qui supportent ordinairement tout le fardeau des guerres, se refusaient à les faire, celles-ci deviendraient impossibles. Mais pour qu'il en soit ainsi, les masses populaires doivent être conscientes, solidaires, organisées et actives ; elles doivent non seulement comprendre les causes et les objectifs des guerres, mais aussi être capables d'y mettre fin. Ces conditions ne pouvaient être remplies tant que les conditions préalables faisaient défaut. a)Avant la première guerre mondiale : le capitalisme régnait sans partage sur le globe. La classe ouvrière était divisée, affaiblie par l politique des dirigeants socialistes ; seuls les bolcheviks russes combattirent en adversaires intransigeants de la guerre impérialiste. Les impérialistes purent déclencher la guerre. b)Avant la seconde guerre mondiale :la situation était déjà différente. Le capitalisme n'est plus un système mondial unique. Il faut compter avec l'existence de l'Union soviétique, dont la politique extérieure, tendant à organiser la riposte collective à l'agresseur et à tenir en respect les fauteurs de guerres fascistes, aident puissamment la lutte des peuples pour la paix. La réalisation du front des démocraties, préconisé par elle, aurait rendu difficile, sinon impossible, l'agression fasciste. Mais les pays occidentaux se refusèrent à réaliser ce front uni et pratiquèrent une politique d'abandon et de capitulation devant l'hitlérisme (abandon de l'Espagne républicaine, Munich, etc.) Cette politique pratiquée et soutenue par les dirigeants socialistes conduisit à la dislocation du Front populaire dans notre pays. Divisées, les forces pacifiques furent incapables d'empêcher les impérialistes de déclencher la guerre? c)Après la seconde guerre mondiale :des changements profonds sont intervenus dans la situation internationale. Le problème de la guerre ou de la paix ne se pose plus de la même façon qu'avant la première ou la deuxième guerre mondiale. De nos jours, les forces de paix sont devenues si puissantes qu'il est effectivement possible d'empêcher la guerre. Des forces sociales existent qui disposent de moyens suffisants, politiques, mais aussi matériels pour s'acquitter de cette tâche. II. LES POSSIBILITES NOUVELLES DE FAIRE ECHEC A LA GUERRE A NOTRE EPOQUE 1- LES PROGRES CONSIDERABLES DES FORCES DU SOCIALISME ET DE LA PAIX a) L'existence et le renforcement du système socialiste mondial ; facteur décisif de la supériorité des forces de paix. Après la deuxième guerre mondiale, le socialisme a cessé d'être limité à un seul pays : l'U.R.S.S., pour devenir un système mondial. Ce système englobe plus du tiers (36 %) de la population mondiale, environ un quart (26 %) de sa superficie et fournit plus du tiers de sa production industrielle. Les forces des États socialistes augmentent beaucoup plus rapidement que celles des pays impérialistes. Avec la naissance et le développement du système socialiste mondial est apparu le marché mondial socialiste. Des relations, inconnues jusqu'ici, basées sur l'égalité et l'intérêt mutuel, se sont établies entre les pays socialistes. La coopération étroite qui les unit, la coordination des plans économiques nationaux, sont des facteurs de progrès rapide et de renforcement constant. La puissance des pays socialistes, de l'U.R.S.S. et de la Chine en premier lieu, exerce une influence de plus en plus grande sur la marche des événements internationaux. La réalisation du plan septennal de l'U.R.S.S. et des plans économiques des autres pays socialistes d'Europe et d'Asie, créera des conditions nouvelles, encore plus favorables, pour empêcher une guerre mondiale. Lorsque l'U.R.S.S. deviendra la première puissance industrielle du monde, lorsque la Chine deviendra, elle aussi, une grande puissance industrielle et que tous les pays socialistes livreront ensemble plus de la moitié de la production industrielle mondiale, la situation internationale se trouvera changée radicalement. Les possibilités réelles de sauvegarder la paix l'emporteront toujours davantage sur les facteurs de guerre. b) L'U.R.S.S. est la force de paix essentielle dans le monde. Ce rôle découle de la nature économique et sociale de la société socialiste : le socialisme, c'est la paix. La disparition du système capitaliste et son remplacement par une économie socialiste suppriment la cause même de la guerre : la recherche du profit maximum ; elles suppriment par conséquent la nécessité de conquérir des territoires, des sources de matières premières, etc. L'économie socialiste ignore les crises et n'a donc pas besoin de chercher dans la guerre la solution à des crises qu'elle ne connaît pas. La paix est nécessaire à la société socialiste pour se développer et aller vers la satisfaction des besoins croissants des hommes ; la guerre ne pourrait, en apportant des destructions immenses, que freiner l'édification de la société communiste. Le système politique du socialisme, en assurant la démocratie véritable et le pouvoir aux travailleurs fait de l'État socialiste un instrument qui traduit nécessairement la volonté pacifique du peuple. L'U.R.S.S. met au service de la paix sa puissance matérielle toujours plus grande, ses progrès dans tous les domaines : économique, scientifique et militaire. L'envoi des fusées cosmiques a mis en évidence, aux yeux des milieux impérialistes les plus agressifs, la supériorité militaire de l'Union Soviétique. Le volume global de la production industrielle de l'U.R.S.S. dépasse de loin celui des pays européens les plus avancés. Elle a mis au point l'industrie de l'atome, construit la première centrale atomique, lancé la fusée intercontinentale et le premier satellite artificiel de la terre, etc. Elle se propose de rattraper et de dépasser, dans un court délai, les pays capitalistes les plus avancés, sur le plan économique, par la quantité de produits par habitant. Sa politique extérieure, qui s'appuie sur le principe de la coexistence pacifique des États aux régimes sociaux différents, tend au règlement pacifique de tous les problèmes litigieux, à mettre fin à la guerre froide, à assurer la détente internationale, l'interdiction et la destruction des armes atomiques et le désarmement. c) Le renforcement et l'élargissement de la zone de paix accentuent la supériorité des forces de paix. Avec les pays socialistes, toute une série d'États, qui ne font pas partie du système socialiste, condamnent la politique de préparation à la guerre et luttent activement contre la création de blocs et alliances agressifs. Ce sont Surtout les États souverains qui se sont constitués dans les pays coloniaux d'Asie et d'Afrique. La conférence de Bandoeng (1955) et celle du Caire (1957) ont montré que ces pays, leurs gouvernements et leurs peuples, entendent consolider leur indépendance et vivre dans la paix. Les problèmes de la guerre et de la paix dans le monde ne peuvent plus être résolus sans leur participation active. Les États pacifiques non socialistes et les États socialistes forment la « zone de paix ». Elle englobe près de 40 pays peuplés d'environ 1 500 millions d'hommes, soit près des deux tiers de l'humanité. Les pays socialistes et non-socialistes s'unissent, animés par le désir commun d'assurer une paix solide et durable, de ne pas se laisser entraîner dans une guerre, de défendre leur liberté et leur indépendance, de créer des conditions favorables pour résoudre leurs problèmes économiques et politiques. L'apparition de ce groupe d'États pacifiques a changé encore davantage le rapport des forces en faveur de la paix.
d) Le mouvement de libération nationale dans les colonies est une aide directe à la lutte des peuples pour la paix. Le mouvement des peuples coloniaux pour leur libération constitue un obstacle important aux plans des fauteurs de guerre. Ces mouvements sont irréversibles : il n'est pas au pouvoir de l'impérialisme de s'y opposer avec succès. La liquidation définitive du système colonial est désormais à l'ordre du jour. Les peuples des colonies, en luttant pour leur indépendance, portent des coups sérieux aux instigateurs d'une nouvelle guerre. Ils affaiblissent l'impérialisme, en le privant de ressources économiques, d'immenses réserves de main-d'œuvre à bon marché, de débouchés avantageux pour ses marchandises et ses capitaux, de vastes territoires pour ses bases militaires. Ils contribuent à mettre en pièces les plans militaires échafaudés par les impérialistes. Ce sont donc des alliés précieux dans la lutte pour la paix. e) La lutte des peuples pour la paix dans les pays capitalistes. Dans les pays capitalistes, des forces importantes combattent pour la paix. — La classe ouvrière joue un rôle déterminant dans cette lutte. Ses organisations sont devenues plus nombreuses, plus fortes, plus expérimentées que jamais. Les Partis Communistes et Ouvriers existent aujourd'hui dans 83 pays et groupent plus de 30 millions d'adhérents. La conférence tenue à Moscou, en 1957, a confirmé avec éclat l'unité et la cohésion du Mouvement Communiste International. D'importantes organisations de masse se fixent parmi leurs objectifs la lutte pour la paix. C'est le cas, notamment, des syndicats, des organisations de femmes, de jeunes. — Les peuples, instruits par l'expérience de deux guerres mondiales, expriment avec une force grandissante leur aspiration à la paix. Cette volonté de paix des larges masses populaires a donné naissance à un puissant Mouvement mondial des partisans de la paix. Pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, encouragées par l'existence d'un système socialiste mondial, les forces de paix sont unies à l'échelle du globe. Elles organisent des actions communes auxquelles participent des centaines de millions d'hommes et de femmes d'opinions et de conditions sociales différentes.
2 - L'AFFAIBLISSEMENT DE L'IMPERIALISME APRES LA DEUXIEME GUERRE MONDIALE Au renforcement et au développement prodigieux des forces du socialisme et de la paix correspond l'affaiblissement de l'impérialisme et l'aggravation de ses contradictions. La deuxième guerre mondiale a entraîné un affaiblissement considérable de l'impérialisme, de la base économique des guerres. a) L'impérialisme ne règne plus sur la majorité de l'humanité. 950 millions d'êtres humains se sont engagés dans la voie du socialisme ; plus de 700 millions d'hommes ont secoué le joug colonial et fondé des États nationaux souverains (Inde, Indonésie, Tunisie, etc.). b) Les contradictions s'aggravent entre les États impérialistes et de même les contradictions de classe à l'intérieur de chacun d'eux. • Des contradictions d'intérêts opposent les impérialistes américains, français et anglais au Moyen-Orient ; la renaissance économique de l'Allemagne Occidentale conduit a l'aggravation des contradictions entre les impérialistes : français - allemands d'une part - et anglais d'autre part, etc. • La politique de guerre et de misère poursuivie dans tous les pays capitalistes heurte les intérêts de l'immense majorité de la nation. Avec la classe ouvrière, des couches toujours plus larges se dressent contre la domination des monopoles.
3 - LA CRISE DE LA POLITIQUE DE « GUERRE FROIDE » 1) La politique de « guerre froide » et ses buts : Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les impérialistes américains, soutenus par les impérialistes anglais et français ont mené une politique de « guerre froide », une politique « au bord de la guerre », impliquant la menace pressante d'une guerre atomique et le maintien du monde dans un état d'incertitude. La politique de guerre froide avait pour but de surmonter les immenses difficultés éprouvées par les impérialistes du fait du nouveau rapport des forces apparu après la deuxième guerre mondiale. Elle visait à renforcer la domination des impérialistes sur leurs propres peuples, à maintenir sous le joug les peuples coloniaux et à rétablir leur domination sur les pays coloniaux libérés. Il s'agissait enfin et surtout d'amener l'U.R.S.S. et les pays socialistes à composition en freinant au maximum leur croissance économique et à les refouler ensuite. — C'est ainsi que furent conclus des pactes destinés à faciliter la stratégie impérialiste et le pillage colonial (Pacte de Bagdad, S.E.A. T.O. (1ii), etc.) ; d'autres, comme le Pacte Atlantique, qui, outre un objectif antisoviétique, visaient à assurer l'hégémonie économique et politique des États-Unis sur l'Europe Occidentale et à procurer aux réactionnaires européens le secours des finances et des armes étrangères contre leurs, propres peuples. — Dans les plans des impérialistes, un rôle particulier a été assigné aux militaristes de l'Allemagne de Bonn. Les impérialistes allemands nourrissent des plans d'agression contre la République démocratique allemande et proclament des exigences territoriales contre plusieurs États. Ils représentent en Europe le danger principal pour la paix. Ils trouvent des complicités dans les milieux dirigeants des U.S.A., de France, d'Angleterre et d'Italie. Elles s'expriment dans le soutien à la renaissance économique et militaire de l'impérialisme allemand (accords de Londres et de Paris - Marché Commun), dans l'entretien d'un foyer d'intrigues et de conflits à Berlin-Ouest et le refus d'une solution pacifique du problème allemand. En faisant cette politique, les milieux dirigeants occidentaux ont en vue la poursuite de leurs desseins agressifs contre les pays du camp socialiste. Les réactionnaires de Bonn leur apparaissent aussi comme une protection contre les forces démocratiques de leurs propres pays. Les monopoles attendent, en outre, de la politique « européenne » des avantages économiques ; avec le « Marché Commun », ils espèrent notamment augmenter leurs pressions sur les salaires et droits sociaux des travailleurs et accroître ainsi leurs profits. 2) La crise de la politique de « guerre froide ». Au cours de la dernière période les signes de l'échec de cette politique se sont multipliés. —L'économie capitaliste ne peut supporter le lourd fardeau de la course aux armements ; la militarisation a conduit l'économie de plusieurs pays — et notamment de la France — à de grandes difficultés. —Les progrès des pays socialistes dans le domaine économique, etc., se sont poursuivis. —La tendance à isoler l'U.R.S.S. dans l'arène internationale et à former contre elle un front antisoviétique a échoué ; les relations commerciales se développent entre les pays capitalistes et l'U.R.S.S. —Le système d'alliances militaires mis sur pied, pour servir leur politique d'intimidation et de chantage, par les impérialistes, s'effrite ; la crise de l'O.T.A.N. est manifeste, etc. —Le mythe de « l'agressivité soviétique » a subi de rudes coups : le caractère pacifique de la politique extérieure soviétique apparaît de mieux en mieux ; l'U.R.S.S possède l'arme absolue mais ne s'en sert pas comme moyen d'intimidation et de chantage ; elle met au contraire son autorité accrue au service de la paix. 3) Les premiers signes de la détente internationale. Les impérialistes ont été contraints au recul en Égypte, au Liban et en Hongrie ; ils ne peuvent plus désormais envisager de faire la guerre avec assez de chances de succès pour eux ; ils ne sont pas en mesure d'empêcher l'Union Soviétique de prendre des initiatives de paix là où les conditions sont mûres pour obtenir des changements. Aussi, sont-ils obligés de s'adapter à la situation nouvelle, sont-ils contraints à chercher une politique de rechange, à accepter les premières mesures favorables à la détente internationale. C'est ainsi qu'un tournant s'est amorcé dans la situation internationale qui peut conduire à une détente réelle, à la coexistence pacifique entre tous les pays quel que soit leur régime social. Ces changements n'interviennent pas parce que « l'impérialisme aurait changé de nature, n'engendrerait plus de tendances agressives », mais ont pour cause la supériorité croissante des forces de paix dans le monde. III. LA COEXISTENCE PACIFIQUE • Assurer la coexistence pacifique entre les deux systèmes, socialiste et capitaliste, est le problème le plus important de la politique internationale à notre époque. 1- LA COEXISTENCE PACIFIQUE DES DEUX SYSTEMES EST NECESSAIRE ET POSSIBLE a) La coexistence des deux systèmes socialiste et capitaliste est un fait. Les pays capitalistes se développent de façon inégale sur les plans économique et politique. Il en résulte que le remplacement du capitalisme par le socialisme, à l'échelle mondiale, ne se fait pas et ne peut pas se faire d'un seul coup dans tous les pays : les conditions de la révolution socialiste ne mûrissent pas, en même temps, dans tous les pays. C'est pourquoi la révolution socialiste se fait d'abord dans un pays, ou dans quelques pays pris à part. Entre le début (octobre 1917) et l'achèvement de la transformation socialiste du globe s'étend toute une époque de transition marquée par l'existence de deux types d'États : les États socialistes et les États capitalistes. Autrement dit, le système socialiste qui grandit et le système capitaliste qui décline, deux systèmes diamétralement opposés, vivent parallèlement, existent côte à côte, coexistent. b) La coexistence pacifique est nécessaire et possible. — II n'y a que deux voies pour l'humanité : ou bien la guerre qui avec les fusées et les bombes à hydrogène, comporterait les plus terribles conséquences pour tous les peuples, ou bien la coexistence pacifique qui permettrait d'utiliser à des fins pacifiques les prodigieuses découvertes de la science. La coexistence pacifique est donc une nécessité. — Elle est possible. Face aux États capitalistes se trouvent des États socialistes qui sont foncièrement étrangers à toute agressivité. De plus, ces États font du principe de la coexistence pacifique le ressort de toute leur politique extérieure. Cette politique n'est pas une tactique occasionnelle de leur part mais découle de la nature foncièrement pacifique du régime socialiste. Le principe de la coexistence pacifique a été formulé pour la première fois par Lénine. La lutte pour la coexistence pacifique a été menée sans interruption depuis la naissance du premier État socialiste. Le premier acte du gouvernement soviétique a été le décret sur la paix (8 novembre 1917). Depuis l'U.R.S.S. n'a cessé de multiplier les initiatives en vue d'assurer la paix mondiale et de développer les échanges commerciaux et autres sur la base des intérêts réciproques des pays. Enfin, les changements intervenus dans la situation internationale font que des forces politiques puissantes existent maintenant pour contraindre les impérialistes à accepter la coexistence pacifique, à affronter sur le terrain pacifique la compétition avec le socialisme. c) Contenu et conditions de la coexistence pacifique : La coexistence pacifique c'est la possibilité pour des États à régimes politiques et sociaux différents, de vivre en paix. Elle implique la renonciation à la guerre comme moyen de régler les question litigieuses. Mais le principe de la coexistence pacifique ne se borne pas à l'engagement de non-agression. Il suppose également l'engagement de tous les États de ne pas violer l'intégrité territoriale et la souveraineté des autres sous aucun prétexte et de renoncer à l'ingérence dans les affaires intérieures des autres pays. Enfin, la doctrine de la coexistence pacifique prévoit aussi que les relations politiques et économiques entre les pays doivent se baser sur l'entière égalité des droits et sur la réciprocité des avantages. Le maintien et le renforcement de la coexistence pacifique supposent le développement des relations commerciales et culturelles entre les pays appartenant aux deux systèmes, le développement de la coopération entre eux. 2 - LA COEXISTENCE PACIFIQUE EST UNE COMPETITION FAVORABLE AUX INTERETS DU SOCIALISME ET DES PEUPLES DU MONDE ENTIER a) La coexistence pacifique, c'est essentiellement la compétition pacifique entre les deux systèmes. Admettre la possibilité de la coexistence pacifique ne signifie pas la disparition de l'antagonisme entre le capitalisme et le socialisme. Cela signifie que cet antagonisme peut être résolu autrement que par la guerre et que la lutte entre eux se situe sur le terrain de la compétition sur les plans économique, politique, social et culturel. La coexistence pacifique, c'est essentiellement la compétition pacifique entre les deux systèmes. « Nous disons aux dirigeants des États capitalistes : vérifions... en pratique quel est le meilleur système, rivalisons... sans guerre ». N. Khrouchtchev. b) Cette compétition est favorable aux intérêts du socialisme. • Dans cette compétition s'affirmera sans cesse la supériorité du système socialiste ainsi que le montre le rythme prodigieux du développement de l'économie socialiste et les réalisations grandioses et inégalées du socialisme dans tous les domaines. Les peuples feront la comparaison entre les résultats obtenus par les deux systèmes capitaliste et socialiste. Cette comparaison jouera toujours plus, dans leur esprit, en faveur du socialisme : les répercussions des succès scientifiques de l'U.R.S.S. dans les pays capitalistes, etc., en favorisant la compréhension de la supériorité du socialisme, de son caractère pacifique, en sont l'éclatante démonstration. Elle favorisera donc la modification du rapport réel des forces dans le monde de plus en plus en faveur du socialisme. Elle stimulera l'organisation et le développement de la lutte de la classe ouvrière et des masses populaires des pays capitalistes pour l'instauration du socialisme. • II n'y a pas de contradiction entre l'affirmation, par les communistes, du principe de la coexistence pacifique et leur affirmation selon laquelle le communisme triomphera finalement dans le monde entier, comme voudrait le faire croire la propagande bourgeoise. Le passage au socialisme est l'affaire de chaque peuple. Il est le résultat de la lutte des classes à l'intérieur de chaque pays et non d'une intervention de l'extérieur, de « l'exportation » de la révolution. « Certes, parmi nous, les communistes, il n'y a pas de partisans du capitalisme. Mais cela ne signifie nullement que nous nous sommes ingérés ou que nous nous apprêtons à nous ingérer dans les affaires intérieures des pays où règne le régime capitaliste. Romain Rolland avait raison lorsqu'il disait que l'on n'amène pas la liberté, comme les Bourbons, dans les fourgons de l'étranger. Il serait ridicule de croire que la Révolution se fait sur commande ». N. Khrouchtchev - XXe Congrès du P.C.U.S. c) La politique de coexistence pacifique répond aux intérêts vitaux des travailleurs et de la nation. • La lutte pour le désarmement est aujourd'hui l'élément essentiel du combat pour assurer la coexistence pacifique entre tous les pays. En enlevant aux antagonistes éventuels les moyens de faire la guerre, le désarmement général et total tel qu'il a été préconisé dans le plan présenté par l'U.R.S.S. à l'O.N.U. ouvrirait une ère de coexistence pacifique durable et de coopération entre tous les États. Pour justifier la course aux armements, la propagande bourgeoise prétend que « la paix ne peut être maintenue que si est réalisé l'équilibre des forces dans l'arène mondiale entre les pays du capitalisme et du socialisme ». Cela est faux. Les terribles conséquences de la guerre à notre époque ne sont pas un obstacle suffisant aux visées bellicistes des milieux les plus agressifs de l'impérialisme. L'histoire montre que la politique de course aux armements aboutit à la guerre. Une paix durable ne peut être assurée que par le désarmement. • Une telle politique entraînerait la fin de la course aux armements qui ne profite qu'aux trusts. La réduction du lourd fardeau des dépenses militaires permettrait de dégager d'importants crédits qui pourraient être utilisés pour l'équipement du pays et l'amélioration des conditions de vie du peuple. La fin de la course aux armements, le développement d'une politique d'amitié avec tous les pays rendraient possible une large extension des relations commerciales avec tous les pays, favoriseraient un essor nouveau, sain et durable de l'économie française, ainsi que des échanges culturels. Enfin, la fin de la guerre froide et de la politique des blocs militaires, en libérant la France des chaînes de la politique atlantique, faciliteraient la pratique d'une politique d'indépendance nationale. Elles rendraient également beaucoup plus difficiles les entreprises de la réaction et du fascisme dans notre pays. Elles favoriseraient le développement du combat des masses populaires pour la restauration et la rénovation de la démocratie. Ainsi, la coexistence pacifique correspond non seulement aux intérêts du socialisme, qui a besoin de la paix pour se développer, mais aussi aux intérêts des travailleurs et aux intérêts nationaux des peuples du monde entier.
3 - LA COEXISTENCE PACIFIQUE EST LE FRUIT DE L'ACTION DES PEUPLES La coexistence pacifique ne signifie pas une trêve dans la lutte de classe à l'intérieur des pays capitalistes, une quelconque « coexistence pacifique » entre les classes. Bien au contraire. La condition du maintien de la coexistence pacifique, c'est la lutte des peuple contre l'impérialisme afin de ne pas lui laisser les mains libres, de l'empêcher de déclencher la guerre. La coexistence pacifique implique donc une lutte opiniâtre de la classe ouvrière des pays capitalistes et de ses alliés contre le capitalisme. Il ne peut être question d'atténuer ou de suspendre la lutte de classe à l'intérieur des pays capitalistes ni sur le plan économique et politique, ni sur le plan idéologique. Les milieux les plus agressifs de l'impérialisme ne s'accommodent pas facilement de la détente internationale ; ils s'efforcent d'accumuler tous les obstacles politiques et idéologiques possibles pour freiner la liquidation de la guerre froide dont ils tirent d'énormes profits. De plus l'accroissement de l'influence des idées du socialisme accompagnant les progrès de la détente, la grande bourgeoisie redoublera d'efforts pour en détourner les travailleurs, pour défendre, enjoliver le capitalisme. L'acharnement qu'elle met à essayer de démontrer que le capitalisme a changé de nature, qu'il s'est transformé en un « capitalisme populaire » susceptible d'améliorer graduellement les conditions de vie de la classe ouvrière, est en liaison directe avec les progrès du socialisme dans la conscience des masses des pays capitalistes. C'est pourquoi l'accentuation de la détente devra s'accompagner d'un effort accru des communistes dans le domaine de la lutte idéologique. Ne pas mener la lutte idéologique pour le triomphe des idées du socialisme, de la paix et de l'amitié entre les peuples, ce serait permettre la victoire de l'idéologie bourgeoise antisocialiste et de haine des peuples, d'hostilité vis-à-vis de l'U.R.S.S. et des autres pays socialistes ; ce serait donc, en fait, aller à l'encontre de la coexistence pacifique. Cela aboutirait aussi à renoncer à l'instauration du socialisme dans les pays capitalistes. C'est pourquoi nous combattons toutes les tentatives d'accréditer l'idée que la coexistence pacifique signifierait l'abandon de la lutte des classes, la conciliation des idéologies communiste et bourgeoise. La coexistence pacifique n'est pas le fait, le résultat d'une simple volonté affirmée. Elle est le fait de l'action des peuples pour la paix, des peuples des pays socialistes et des peuples des pays capitalistes. IV. LA LUTTE POUR LA PAIX ET LES TACHES DES COMMUNISTES 1 - LES COMMUNISTES ET LA LUTTE POUR LA PAIX a) La lutte pour la paix est une question de principe pour les communistes. « Le Parti Communiste est le parti de la paix. Il est né de la lutte contre la guerre, de la volonté puissamment affirmée au Congrès de Tours, en 1920, de ne plus permettre le renouvellement du drame où sombra la IIe Internationale Socialiste. Il a grandi à travers les batailles menées contre l'occupation de la Ruhr (1923), contre les guerres de brigandage colonial au Maroc et en Syrie (1925). Le Parti Communiste exprimant la volonté du peuple de France, a toujours soutenu résolument les forces de paix qui, dans le monde, s'opposent aux forces de guerre ». Maurice Thorez — « Fils du Peuple » — La paix a toujours été une des revendications essentielles de la classe ouvrière. Nous sommes le Parti de la classe ouvrière dont les intérêts s'identifient désormais à ceux de la nation ; en luttant pour la paix, les communistes font leur devoir de révolutionnaires et de patriotes. b) — La lutte actuelle des communistes français pour la paix a pour fondement les principes et conclusions du marxisme-léninisme sur la possibilité d'empêcher la guerre à notre époque et pour point de départ la réalité : les changements intervenus dans la situation internationale et dans la situation intérieure française : • Le pouvoir autoritaire en France est obligé de s'adapter au nouveau cours qui se dessine dans les relations internationales (invitation de Khrouchtchev en France). — Mais les impérialistes ne s'accommodent pas facilement de la perspective de la détente ; le gouvernement gaulliste persiste dans la réalisation de mesures (fabrication d'une bombe A, etc.) qui font obstacle au développement de la détente. • La grande bourgeoisie française et son gouvernement cherchent à sortir de l'impasse où la politique de guerre coloniale les a acculés et à définir les éléments d'une autre politique algérienne : c'est là le sens de la reconnaissance par De Gaulle du droit d'autodétermination. Les raisons de ces changements sont la faillite de la politique de guerre à outrance continuée après le 1er juin 1958, la croissance du désir d'une solution pacifique dans le peuple français, l'isolement grandissant de la politique gaulliste sur le plan international : la politique de guerre en Algérie est en contradiction avec la tendance à la détente internationale. Les intérêts des monopoles qui inspirent la politique gaulliste ne coïncident pas sur tous les points avec ceux de la colonisation terrienne en Algérie qui sont derrière les ultras ; cela provoque l'aiguisement des contradictions entre le gouvernement des monopoles et les ultras.
2 - L'IMPORTANCE DECISIVE DE L'ACTION UNIE DES MASSES La condition décisive pour que les changements heureux intervenus dans la situation internationale se confirment et s'accentuent à l'avenir, pour mettre un terme à la guerre en Algérie, c'est le rassemblement et le renforcement de la lutte des masses populaires. L'intervention des masses populaires est nécessaire pour faire pression sur le gouvernement gaulliste, accentuer le cours des choses en politique extérieure, neutraliser les tentatives de diversion éventuelles des partisans de la guerre froide. Elle est indispensable pour réduire à l'impuissance les ultras et les fascistes et imposer l'ouverture des pourparlers avec le G.P.R.A. (iii) afin de transformer en réalité le droit à l'autodétermination enfin reconnu au peuple algérien. a) Le rôle de la classe ouvrière et la lutte pour le Front unique : L'unité de la classe ouvrière est la condition du rassemblement large et durable de toutes les forces pacifiques soucieuses d'une politique extérieure de paix et d'indépendance nationale. On sait que si les impérialistes sont parvenus à déclencher la première et la seconde guerre mondiale, cela est dû avant tout au fait que la classe ouvrière n'était pas unie. Elle faciliterait aussi le rassemblement de toutes les forces désireuses de mettre un terme à la guerre d'Algérie. Les possibilités d'avancer dans la voie de l'unité ouvrière et du rassemblement des forces démocratiques croissent pour les raisons suivantes : 1° L'accentuation de la détente et l'amélioration des rapports avec l'U.R.S.S. aidera le peuple à comprendre mieux que par le passé qu'il n'y a pas de contradiction d'intérêts entre la France et l'U.R.S.S., que l'accord est possible, que cet accord peut aider à la définition d'une politique extérieure nouvelle indépendante et forte parce qu'elle servirait la cause de la paix ! Le
plan soviétique de désarmement ouvre des perspectives nouvelles et
inégalées à la lutte des peuples. Les peuples peuvent désormais
se poser comme but accessible de bannir la guerre pour toujours. * Les propositions soviétiques de désarmement total rejoignent les traditions pacifistes existant parmi les travailleurs socialistes. * Le rapprochement entre travailleurs socialistes et communistes est facilité aussi par les positions prises par l'Internationale socialiste dans son congrès de juillet 1959 (convocation rapide d'une conférence au sommet ; interdiction des essais nucléaires, établissement d'une zone de désengagement militaire en Europe, désarmement général et total assorti d'un système efficace de contrôle et d'inspection.) 2° La reconnaissance par le pouvoir personnel du droit à l'autodétermination favorise le rassemblement et l'élargissement de l'action pour la paix en Algérie. b) L'importance de la lutte idéologique : Le développement de l'action unie des masses pour la paix implique une lutte résolue contre les mensonges des partisans du maintien de la guerre froide, les manœuvres de duperie des impérialistes obligés de tenir compte du nouveau rapport des forces mais s'y résignant à contrecoeur, les illusions tendant a accréditer l'idée selon laquelle on peut faire entière confiance au pouvoir autoritaire pour aboutir à la paix en Algérie et au règlement des questions touchant à la détente internationale. Elle exige la dénonciation des positions antisoviétiques et d'attardés de la guerre froide des dirigeants socialistes S.F.I.O., la critique de tous les actes et opinions visant à maintenir la division. La tâche des communistes consiste à rendre les masses conscientes des raisons profondes et véritables des changements intervenus, de la réalité et de l'origine des obstacles à l'accentuation de la détente et à la fin immédiate de la guerre en Algérie, des possibilités nouvelles de les surmonter. c) Agir pour surmonter les obstacles : — La lutte pour la paix ne peut avancer que dans l'action contre les obstacles mis par les impérialistes et par le pouvoir autoritaire : • à l'accentuation de la détente : L'alliance étroite avec les revanchards allemands au sein de l'axe Bonn-Paris ; le refus de normaliser la situation à Berlin-Ouest et de reconnaître la République Démocratique Allemande. La persistance à vouloir expérimenter une bombe atomique française au Sahara. Le refus de reconnaître la République Populaire Chinoise, etc. • au règlement pacifique rapide du problème algérien : Le refus de discuter simultanément des conditions politiques de l'application du droit d'autodétermination et le cessez-le-feu ; —Cette politique, loin de servir la grandeur française, fait obstacle à l'accord entre les grandes puissances pour la fin des expériences nucléaires et le désarmement atomique, première étape vers le désarmement général ; elle aboutit à discréditer et isoler notre pays. Elle est contraire à l'intérêt national. —La renaissance de l'impérialisme allemand représente un danger pour la paix en Europe. Il est plein de périls pour la sécurité de la France. L'alliance avec les revanchards allemands au sein de l'axe Bonn-Paris, favorise leurs revendications impérialistes, au détriment des intérêts nationaux. Les intérêts bien compris de la sécurité française exigent que les militaristes d'Allemagne occidentale ne puissent plus jouer de rôle. Ils impliquent la reconnaissance de la République allemande où les racines du militarisme et du fascisme ont été extirpées et la solidarité avec les forces pacifiques de l'Allemagne de l'ouest. Le maintien du statut-quo à Berlin-Ouest engendrant l'insécurité pour toute l'Europe, un règlement nouveau du régime de Berlin-Ouest doit intervenir qui éliminerait toute possibilité de conflit. Les intérêts de la sécurité française exigent enfin la conclusion d'un traité de paix avec toute l'Allemagne, c'est-à-dire dans les circonstances actuelles avec, les 2 États allemands, confirmant les frontières actuelles de l'Allemagne.
3- LE RENFORCEMENT DU MOUVEMENT DE LA PAIX Dans l'action pour la paix, comme dans toutes les autres, l'organisation est la seule arme dont les masses disposent sous le capitalisme, pour lutter efficacement. C'est pourquoi le renforcement du Mouvement de la Paix et l'élargissement de ses assises doivent être une préoccupation de chaque cellule, de chaque communiste. Le Mouvement de la Paix est un mouvement à caractère démocratique ayant des objectifs limités, susceptibles d'assurer l'union la plus large de tous les partisans de la paix. Le Mouvement de la Paix est la forme organisée de la lutte des masses pour la paix ; il est un mouvement d'unité d'action, fondé sur l'alliance avec la classe ouvrière, de tous ceux, quelles que soient leurs opinions politiques, philosophiques ou religieuses, qui veulent la paix et la grandeur nationale. Il donne à tous les Français épris de paix la possibilité d'agir ensemble ; il permet l'intervention populaire pour la solution des problèmes dont dépend l'avenir du pays. Il faut travailler à donner au Mouvement de la Paix des formes stables d'organisation à la base en constituant dans les entreprises, les quartiers, les localités des comités de paix. Leur existence est indispensable au développement du mouvement des masses pour la paix ; elle permet au Mouvement de la Paix de posséder son indépendance d'organisation, ses propres moyens d'action et par conséquent d'assurer le plein succès des campagnes qu'il décide ; elle garantit la permanence de l'union et de l'action pour la paix. Les comités de paix se constituent dans l'action ; c'est l'action entreprise qui permet de dégager les éléments constitutifs d'un comité de paix, c'est-à-dire de découvrir les hommes et les femmes de toutes opinions disposés au travail.
4- UNE POLITIQUE DE PAIX CONSEQUENTE IMPLIQUE LA RESTAURATION ET LA RENOVATION DE LA DEMOCRATIE a) Pour redonner à la France sa place dans le monde, il faut restaurer et rénover la démocratie. Malgré l'existence du pouvoir personnel il est possible de remporter des succès dans la lutte pour la paix. Mais le régime autoritaire est incompatible avec une politique de paix conséquente, avec une politique vraiment nationale. Il représente en effet le règne absolu du grand capital, qui a fait la preuve de son impuissance à résoudre le problème essentiel de la liquidation du colonialisme et qui est intéressé au maintien de la guerre froide, de l'anti-soviétisme, de la course aux armements. Avec une démocratie rénovée il sera possible de réaliser une politique extérieure servant la cause de la paix et de l'indépendance nationale, une politique nouvelle dans le domaine des rapports entre la France et es peuples coloniaux, dont les éléments ont été définis par le XV° Congrès de notre Parti : - « La coexistence pacifique des États ayant des systèmes économiques et sociaux différents doit être la règle d'une politique extérieure qui rétablira du même coup l'indépendance et la souveraineté de notre pays, aujourd'hui aliénée par la vassalité atlantique et la sujétion à la Petite Europe. Cette politique visera à l'interdiction des armes atomiques et de destruction massive et au désarmement ; elle s'opposera résolument à la restauration du militarisme allemand. La France recherchera la coopération avec tous les peuples sans exclusive. Elle développera ses relations commerciales avec tous les pays sans discrimination. » - « Pour redonner à la France grandeur et dignité dans le monde, il convient d'établir, avec tous les peuples qui ont ou seront libérés à des degrés divers du système colonial, des rapports nouveaux, basés sur la franche reconnaissance de l'indépendance, sur l'égalité des droits et les avantages mutuels. » b) Ce programme correspond aux intérêts fondamentaux de la nation : La fin de la politique de guerre froide, la suppression des bases militaires à l'étranger, le désarmement général, l'interdiction des armes nucléaires auraient des conséquences heureuses pour la paix, pour l'amélioration des conditions de vie du peuple, pour l'essor de l'économie, pour la démocratie et l'indépendance de notre pays. Le retour à la paix en Algérie et l'établissement de rapports nouveaux avec les peuples coloniaux contribueraient à l'obtention des mêmes répercussions heureuses pour le peuple français. (Voir le cours : La nation et le rôle national de la classe ouvrière.) Cette politique de paix et d'amitié avec tous les peuples grandirait l'autorité et le prestige de la France dans le monde. CONCLUSION La lutte pour la paix constitue une base importante du rassemblement et de la mobilisation la plus large de tous les Français dans le combat pour l'élimination du pouvoir personnel. Elle contribue à isoler les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel. Chaque pas vers la paix en Algérie, chaque succès dans la voie de la détente internationale rapproche l'heure de l'élimination du pouvoir personnel, du rétablissement et de la rénovation de la démocratie en France. L'abolition de la guerre de la vie de l'humanité est maintenant à la portée de l'action des peuples ; le triomphe de la cause de la paix est inséparable du renforcement de la solidarité internationale des travailleurs, de l'amitié avec tous les peuples du monde, avec les peuples des États socialistes, Union Soviétique en tête. — La force grandissante des États socialistes, leur politique de paix constitue la base sur laquelle s'appuient les forces de paix dans le monde, un renfort essentiel à la lutte de la classe ouvrière de notre pays et de tous les pays. Dans la lutte pour la paix, les Partis Communistes et Ouvriers jouent un rôle déterminant. Aussi la réaction tente-t-elle de saper leur solidarité, de miner leur unité. Le renforcement de la solidarité des Partis Communistes, la sauvegarde de leur unité constituent le gage de leur force et de la victoire de la cause de la paix dans le monde entier. i Impérialisme : étape nouvelle dans laquelle est entré la capitalisme depuis le début du XX° siècle, caractérisée par la domination des monopoles. ii(1) Bloc militaire pour le Sud-Est asiatique. iiiG.P.R.A. : Gouvernement Provisoire de la République Algérienne. |
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