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"Les classes sociales et l'exploitation capitaliste"
 Ecole élémentaire du Parti communiste français, n° 1, novembre 1959
édité par le comité central du Pcf

Sommaire

Introduction
I. Les classes sociales dans la société capitaliste
1)Qu'est-ce qu'une classe sociale ?
2) Les classes sociales en France et leur évolution

II. Le profit, but de la production capitaliste
1) Le mécanisme de l'exploitation capitaliste
2) Le profit, but de la production capitaliste
3) La duperie de  "l'association capital-travail"
III. La paupérisation relative et absolue de la classe ouvrière
1) La baisse du salaire réel
2) L'insatisfaction accrue des besoins croissants de l'ouvrier
3) L'aggravation des conditions de travail
4) L'aggravation des conditions d'alimentation et de logement
IV. La lutte économique et politique de la classe ouvrière contre l'exploitation capitaliste
1) La nécessité de la lutte économique
2) Nécessité de la lutte politique
Conclusion

INTRODUCTION

Depuis des années, la grande bourgeoisie développe une entreprise qui a pour but de diviser les travailleurs, de leur faire accepter leur exploitation et même de les amener à prêter la main à leur propre asservissement. Avec le pouvoir personnel, elle entend donner une vigueur nouvelle à l’entreprise.

Elle met d’autant plus d’acharnement à défendre et justifier sa domination que la compétition entre les deux systèmes fait de plus en plus apparaître la supériorité du socialisme.

Par tous les moyens (grande presse, journaux d’entreprise, etc.), aidée par les dirigeants socialistes, elle propage l’idée selon laquelle la nature du capitalisme aurait changé. Les classes sociales « se dilueraient » ; le capitalisme serait devenu un régime fonctionnant au bénéfice de tous ; il serait capable d’assurer une amélioration continue et régulière du niveau de vie de la classe ouvrière. On assisterait à une évolution graduelle et presque automatique vers le socialisme !

Pour être à même de guider et d’organiser la lutte des travailleurs pour leurs revendications et le socialisme, il est indispensable que les communistes aient des idées claires sur la réalité de la situation des prolétaires en régime capitaliste. C’est l’objet de ce cours de donner à e propos quelques notions sommaires.


I. LES CLASSES SOCIALES DANS LA SOCIETE CAPITALISTE

Le régime capitaliste est basé sur la propriété privée des moyens de production (usines, mines, machines, etc.) Ceux-ci sont la propriété privée des capitalistes qui s’en servent pour exploiter le travail salarié. La possession des moyens de production par les capitalistes a pour conséquence la division de la société en deux grandes classes antagonistes : la bourgeoisie et le prolétariat.

1) QU’EST-CE QU’UNE CLASSE SOCIALE ?

« Par classe sociale, écrit Lénine, on entend un ensemble de gens qui, dans la production, jouent un rôle similaire et sont à l’égard d’autres hommes dans un rapport identique ».

Ex : tous les ouvriers, quelle que soit l’industrie dans laquelle ils travaillent – métallurgie, produits chimiques, chaussure, etc. – jouent dans la production un rôle similaire : ils produisent des richesses et ils sont à l’égard d’autres hommes (les propriétaires des usines) dans des rapports identiques : ceux d’ouvriers à patrons, d’exploités à exploiteurs.

Ils constituent une classe sociale quels que puissent être par ailleurs leurs opinions politiques ou religieuses, leur profession, le niveau de leur salaire, etc.

Pour apprécier l'appartenance d'un groupe humain à telle ou telle classe, il faut considérer essentiellement sa position par rapport aux moyens de production et le rôle qu'il joue dans la production.

2) LES CLASSES SOCIALES EN FRANCE ET LEUR EVOLUTION

Comme dans tout pays capitalistes, les deux classes fondamentales sont la classe capitaliste et la classe ouvrière.

a) La classe capitaliste est essentiellement composée par les propriétaires de moyens de production qui exploitent le travail salarié.

Le développement de la concentration capitaliste a donné naissance, dans la plupart des branches d’industrie, à des monopoles (groupements capitalistes géants résultant d’ententes et de fusions entre plusieurs grandes entreprises capitalistes ou d’absorption de concurrents plus faibles).

Ces monopoles – cartels et trusts – dominent la branche de la production dans laquelle ils sont nés.

« Dans la France d’aujourd’hui, quelques groupes financiers seulement règnent dans tous les secteurs importants de l’économie. Cinq trusts, d’ailleurs liés entre eux, contrôlent à eux seuls 72 % de la production d’acier ; deux disposent de la totalité de la production d’aluminium ; quatre fabriquent 98 % des automobiles ; un seul contrôle 80 % des superphosphates ; un autre 80 % des matières colorantes ; trois produisent 72 % du ciment. Les industries nouvelles comme l’électronique, la pétrochimie, les textiles synthétiques, sont entièrement assujetties aux trusts. »

Maurice Thorez (XV° congrès du Parti communiste français)

Les maîtres des monopoles de l’industrie ou du commerce et ceux de quelques banques géantes, étroitement liés entre eux, constituent une caste – très peu nombreuse – qui domine toute l’économie française. C’est ce qu’on appelle les maîtres des trusts, l’oligarchie financière (Schneider, De Wendel, De Voguë, etc.)

Le fait qu’entre capitalistes – membres des conseils d’administration – et les ouvriers se multiplient les intermédiaires : directeurs, cadres, etc., ne change rien à la propriété des moyens de production. Ces sont les capitalistes qui sont les véritables maîtres des entreprises : ce sont les monopoles qui détiennent la réalité du pouvoir économique.

Ainsi, la classe capitaliste, à notre époque, comprend d’une part les maîtres des trusts, d’autre part, les autres capitalistes qui sont plus ou moins dépendants et brimés par les premiers.

b) La classe ouvrière est composée par les hommes et les femmes dépourvus de tout moyen de production et obligés en conséquences de vendre leur force de travail aux capitalistes.

Le développement du capitalisme engendre la croissance des effectifs de la classe ouvrière, sa concentration dans de grandes usines et de grandes régions industrielles. En France, le nombre des salariés de l’industrie est passé de 5 936 000 en 1908 à 6 853 000 en 1958.

La classe ouvrière se recrute dans les autres couches de la population (ouvriers agricoles, paysans pauvres ou petits commerçants, etc.) ; avec le développement du capitalisme, les formes de son exploitation se modifient (système des salaires, classifications professionnelles, conditions de travail, etc.) Ces raisons, entre autre, expliquent qu’il y ait degrés différents dans la conscience de classe. Mais cela ne change rien au fait que tous les ouvriers sont également dépourvus de moyens de production et obligés en conséquence de vendre leur force de travail aux capitalistes.

c) Les classes intermédiaires

Entre les deux classes fondamentales existent, à la ville et à la campagne d’autres couches sociales intermédiaires désignées généralement sous le terme de classes moyennes. Les classes moyennes ne constituent pas une catégorie sociale homogène mais se composent de couches sociales aux intérêts souvent divergents. On y distingue :

1° A la campagne :

En dehors des ouvriers agricoles, qui font partie intégrante de la classe ouvrière, des agriculteurs capitalistes, hobereaux et grands propriétaires fonciers, la masse essentielle de la paysannerie (petits et moyens paysans : propriétaires, fermiers, métayers, etc.)

2° A la ville :

Les artisans, petits et moyens commerçants qui tendent à se prolétariser avec le développement de la concentration capitaliste.

Les fonctionnaires, employés, cadres de l’industrie, intellectuels, etc., engendrés en nombre croissant par le capitalisme moderne ; certain s se trouvent en fait dans la situation des travailleurs salariés (grande masse des employés et fonctionnaires) ; d’autres sont liés avec les milieux capitalistes (certains cadres supérieurs de l’industrie, hauts fonctionnaires, etc.)

Des éléments purement parasitaires (membres de l’armée de métier, police, etc.)

Dans la lutte contre le capitalisme, les classes moyennes ne peuvent jouer un rôle dirigeant en raison même de la divergence de leurs intérêts, de leur manque d’unité, de cohésion. Mais la classe ouvrière ne peut renverser la domination du capital si elle ne compte pas des alliés dans ces couches sociales, essentiellement parmi la paysannerie travailleuse qui est l’alliée principale du prolétariat.

* * *

Ainsi dans le capitalisme actuel, la propriété des moyens de production essentiels et de plus en plus concentrée entre les mains d’une poignée de capitalistes monopoleurs. Les monopoles jouent le rôle décisif dans la vie économique.

* * *

Maîtres de la plupart des richesses de la nation, les maîtres de trusts tiennent sous leur domination la grande majorité de la nation : la classe ouvrière, les classes moyennes des villes et des campagnes ; ils règnent même sur la plupart des capitalistes non monopolistes (ex. par le crédit).

Loin de se « diluer » comme le proclament réformistes et révisionnistes(1), les classes sociales sont plus délimitées que jamais : l’abîme s’approfondit entre les deux grandes classes de la société moderne : bourgeoisie et prolétariat.

(1) Réformistes : ceux qui prétendent qu'il serait possible de construire le socialisme par une succession de réformes, sans toucher aux bases du régime bourgesois, sans passage du pouvoir aux mains de la classe ouvrière.

Révisionnistes : ceux qui prétendent que la doctrine marxiste-léniniste a "vieilli", qu'elle a perdu toute importance pour le développement social actuel ; substituent en fait les conceptions réformistes au marxisme.


II. LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

La société privée des moyens de production et la division de la société en deux grandes classes ont pour conséquence l’exploitation d’une classe par l’autre.

Le régime capitaliste est fondé sur l’exploitation du travail salarié par les capitalistes.

1) LE MECANISME DE L’EXPLOITATION CAPITALISTE (1)

(1) Le mécanisme de l'exploitation capitaliste a été découvert par K. Marx, savant et homme d'action.

Les capitalistes possèdent les moyens de production : usines, machines, matières premières, etc.

les ouvriers ne possèdent rien que leur force de travail, c’est à dire leurs facultés physiques et intellectuelles. Pour vivre et élever leur famille, ils sont donc contraints de vendre leur force de travail aux capitalistes.

a) Le salaire, prix de la force de travail

en échange, ils reçoivent un salaire. Le salaire n’est pas le prix du travail de l’ouvrier ; il ne correspond pas à la valeur des produits que l’ouvrier créé par son travail ; il est le prix de la seule marchandise dont dispose l’ouvrier, sa force de travail.

Le salaire correspond, dans le meilleur des cas, à la valeur des moyens de subsistance nécessaires à l’entretien de l’ouvrier et de sa famille.

b) La plus-value ou travail gratuit

Au cours de sa journée de travail, l’ouvrier créé une quantité de marchandises dont la valeur est supérieure à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa capacité de travail, au salaire qui est payé.

Il y a donc une différence entre la valeur des marchandises produites par l’ouvrier et la valeur des marchandises qui lui sont indispensables pour subsister, entre le travail effectué par l’ouvrier et le travail qui lui est payé.

Cette différence est du travail non payé par le capitaliste que ce dernier s’approprie gratuitement. C’est la plus-value, source du profit capitaliste.

L’étude de l’origine du profit capitaliste montre que la journée de travail de l’ouvrier se divise en deux parties : dans une partie, l’ouvrier produit une valeur équivalente à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer sa force de travail ; dans l’autre partie, il travaille gratuitement pour le capitaliste, il créé la plus-value.

Sur sa feuille de paie, toutes les heures de travail apparaissent payées ; en fait que l’ouvrier soit payé à l’heure, aux pièces ou au boni, le patron ne paie en réalité qu’une partie de sa journée de travail.

c) La fausseté du « cycle infernal »

Les patrons et les dirigeants socialistes prétendent que l’augmentation des salaires fait augmenter automatiquement les prix. Cette affirmation est fausse. Nous avions vu, en effet, qu’il existe une différence entre la valeur produite par l’ouvrier et le salaire qui lui est payé. La part de l’ouvrier dans le produit de son travail peut donc augmenter part la réduction du profit du capitaliste et sans qu’il y ait répercussion sur la valeur du produit, le prix de la marchandise.

2) LE PROFIT, BUT DE LA PRODUCTION CAPITALISTE

Le but de la production capitaliste n’est pas de satisfaire les besoins des hommes, mais de réaliser le maximum de profits.

C’est pourquoi les capitalistes investissent leurs capitaux dans les branches qui rapportent le plus de profits et non dans celles dont le développement serait le plus utile à la société. Si l’on ne construit pas de logements par exemple, c’est parce que cela ne leur offre pas une rentabilité suffisante. Par contre, le développement de la production de guerre, qui fournit des profits énormes, « bénéficie de toute leur « sollicitude ».

La source du profit réside dans l’exploitation des ouvriers. Le profit est d’autant plus grand que le capitaliste achète la force de travail au meilleur compte. Aussi la tenda,nce permanente du capitaliste est-elle de ramener le salaire à son niveau le plus bas. La recherche du profit maximum explique aussi que les capitalistes tendent à élever au maximum le rendement de l’ouvrier et à allonger le plus possible la journée de travail.

L’intérêt des capitalistes et celui des ouvrier sont contradictoires : les capitalistes ne peuvent accroître leur profit qu’en pressurant davantage les travailleurs ; les ouvriers ,e peuvent accroître leur salaire qu’en réduisant le profit capitaliste.

Pour cette raison, une âpre lutte oppose ouvriers et capitalistes ; les intérêts des capitalistes et des ouvriers sont inconciliables.

L’unique moyen pour les ouvriers d’imposer unie meilleure rétribution de leur force de travail, c’est l’organisation de la lutte et non la collaboration de classe comme le prétendent les réformistes. L’idée de la collaboration des classes est une arme au service des capitalistes : elle vise à détourner la classe ouvrière de la lutte pour la défense de ses intérêts.

3) LA DUPERIE DE « L’ASSOCIATION CAPITAL - TRAVAIL »

Le pouvoir autoritaire qui s’est instauré en France préconise l’« association capital-travail », la communauté d’intérêts entre exploiteurs et exploités.

Quelle que soit la forme sous laquelle elle se présente, elle ne modifie pas fondamentalement la condition de l’ouvrier ; les moyens de production restent la propriété des capitalistes ; l’exploitation subsiste, la lutte de classe aussi ; la grandeur de la part de travailleurs dans le produit de leur travail reste conditionnée par la lutte.

L’ordonnance gaulliste du 7 janvier 1959 sous prétexte d’intéresser les travailleurs aux résultats de l’entreprise permet aux patrons de mettre l’accent sur le lien entre le salaire et la productivité.

L’accroissement de la « productivité » du travail – qu’il soit obtenu par l’intensification du travail ou par l’introduction de la technique nouvelle – a pour conséquence l’augmentation du profit capitaliste : dans les deux cas, les capitalistes disposent d’une quantité de marchandises plus grande pour une journée de travail d’ouvrier.

Quant à l’ouvrier, les résultat est l’aggravation de ses contions de travail et de vie. Depuis 1938, le volume de la production française a doublé ; le rendement a augmenté de 40 % ; mais le salaire horaire du métallurgiste parisien a diminué d’un tiers. La conséquence est que l’ouvrier doit travailler plus longtemps (heures supplémentaires).

L’ordonnance gaulliste vise donc à faciliter la surexploitation des ouvriers.

La « distribution d’actions » à titre payant ou gratuit est aussi envisagée ; les ouvriers recevraient au bout de longues années de présence dans la même usine, quelques centaines de francs de dividendes par an.

Le but véritable de l’« association capital-travail » - « association » du maître et de l’esclave – est de camoufler la réalité de l’exploitation dont les ouvriers sont les victimes et d’affaiblir ainsi leur conscience de classe en essayant de les persuader qu’ils sont des « collaborateurs » de l’entreprise, que l’entreprise est « leur chose », que la prospérité de l’entreprise est également celle des ouvriers ! Le patronat et le gouvernement à son service espèrent ainsi entraver l’action pour l’augmentation des salaires qui est la seule voie juste pour l’amélioration du niveau de vie de l’ouvrier.


III. LA PAUPERISATION RELATIVE ET ABSOLUE DE LA CLASSE OUVRIERE

Avec le développement du capitalisme, la richesse sociale s’accroît (construction d’usines nouvelles, de magasins, d’immeubles ; développement des moyens techniques, etc.)

Ces richesses se concentrent dans une nombre de mains toujours plus réduit, à un pôle de la société, du côté de la minorité exploiteuse dont le luxe et le gaspillage augmentent. La croissance de la richesse et de la puissance des capitalistes a sa source dans l’exploitation des ouvriers ; la richesse du capitaliste n’est pas, comme le prétendent les économistes bourgeois, le résultat du propre travail du capitaliste.

La concentration capitaliste aboutit à la ruine de millions de petits paysans et artisans qui deviennent des prolétaires. Le nombre des salariés, dépourvus de tout moyen de production, grandit au fur et à mesure que s’accumule et se concentre le capital.

La concentration du capital, de développement du machinisme et de la productivité ont comme résultat l’accroissement du chômage. Dans le régime capitaliste, l’augmentation du nombre global d’ouvriers employés est généralement plus lente que l’accroissement du nombre de gens qui s’offrent comme ouvriers.

Aussi les capitalistes disposent-ils d’une masse plus ou moins importante de main d’œuvre, une armée industrielle de réserve. En font partie les chômeurs totaux ou partiels, les ouvriers agricoles en surnombre, les paysans pauvres qui végètent misérablement sur leur terre, les jeunes sortant de l’école, les ménagères dont les ressources sont insuffisantes pour faire vivre la famille, les travailleurs à domicile, etc. Lorsqu’ils la jugent insuffisante, les capitalistes font appel à la main d’ œuvre étrangère (Algériens, Italiens, etc.). Le Marché commun, avec sa clause concernant la libre circulation des personnes entre les pays adhérents, risque d’en accroître les effectifs.

La preuve de l’existence de cette réserve de main d’ œuvre est fournie par ce qui se passe lorsque s’installe quelque part une entreprise nouvelle. Même s’il n’y a pas de chômage apparent, l’entreprise recrute en général immédiatement la main d’ œuvre nécessaire.

L’armée de réserve pèse constamment sur l’armée active des travailleurs et Marx déduit de là, la loi générale de l’accumulation capitaliste :

« A mesure que l’accumulation du capital s’opère, la situation de l’ouvrier, qu’il gagne peu ou beaucoup, ne peut qu’empirer. »

En même temps que s’accumule la richesse entre les mains de la minorité exploiteuse, à l’autre pôle de la société, du côté de ceux dont le travail crée toutes les richesses, s’intensifient de plus en plus l’exploitation et l’oppression, s’accroissent le chômage et la misère.

Le développement du capitalisme s’accompagne de la paupérisation relative et absolue du prolétariat.

La paupérisation relative est la baisse de la part de la classe ouvrière dans le revenu national des pays capitalistes. 

Dans la société bourgeoise, la part qui revient à la classe ouvrière dans le revenu national, baisse constamment tandis que la part des classes exploiteuses s’élève sans cesse.

La part des salaires dans le revenu national (1) qui était en France de 45 % en 1938, est passée à 30 % à l’heure actuelle.

La paupérisation absolue consiste dans la baisse pure et simple du niveau de vie de la classe ouvrière.

La paupérisation absolue, ce n’est pas seulement la baisse du salaire réel ; c’est aussi l’aggravation des conditions de travail de l’ouvrier, de ses conditions d’alimentation, de logement, l’épuisement physique accentué, l’incertitude des lendemains accrue, etc.

Dans les paragraphes suivants, nous étudierons succinctement comment le développement du capitalisme entraîne l’aggravation des conditions de vie et de travail des ouvriers, les manifestations essentielles de la paupérisation absolue du prolétariat.

(1) Revenu national : valeur nouvellement créée dans l'année par le travail des ouvriers, des paysans travailleurs, des artisans.

1) LA BAISSE DU SALAIRE REEL (2)

Les conditions mêmes du régime capitaliste font que les patrons ont la possibilité de payer la journée de travail de l’ouvrier à un prix inférieur à la valeur des moyens de subsistance qui lui sont nécessaires pour reconstituer normalement sa capacité de travail et qu’ils y parviennent effectivement.

(2) Salaire réel : doit être distingué du salaire nominal. Celui-ci est la somme d'argent que l'ouvrier reçoit pour la force de travail qu'il vend au capitaliste. Le salaire réel indique la quantité et la qualité des objets de consommation que l'ouvrier peut acheter avec son salaire en argent.

* * *

Les principaux facteurs qui favorisent la tendance à la baisse du salaire sont les suivants :

a) L’existence d’une armée industrielle de réserve

Dans la vente de sa force de travail l’ouvrier est désavantagé face au capitaliste qui seul possède les moyens d’utiliser cette force de travail.

Le développement du capitalisme aggrave la concurrence entre ouvriers.

L’existence de l’armée de réserve à des conséquences redoutables pour l’armée active des travailleurs.

« C’est, en tout temps, un boulet aux pieds de la classe ouvrière dans sa lutte pour l’existence contre le capital, un régulateur pour maintenir la salaire au bas niveau qui seul satisfait le capitaliste. »

Engels

Les capitalistes ont la possibilité de faire pression sur l’ouvrier occupé. Obligé de vendre sa force de travail sous peine de mourir de faim, l’ouvrier est amené à accepter les conditions imposées par le capitaliste (bas salaire, intensification accrue, etc.)

Le chômage crée une situation instable pour les ouvriers occupés dans la production ; il engendre une situation dramatique pour les travailleurs qui y sont contraints. Il contribue à réduire le niveau de vie de la classe ouvrière tout entière. Son accroissement s’accompagne d’une incertitude accrue pour les travailleurs.

b) La baisse de la qualification du travail

Le développement de la technique, la modernisation des machines entraînent la simplification du travail. Dans l’industrie automobile par exemple, il y a vingt-cinq ans, la carrosserie se faisait à la main. Une main d’œuvre hautement qualifiée était indispensable et payée en conséquences. Aujourd’hui, avec les presses perfectionnées, une main d’œuvre non-qualifiée suffit dans de nombreux cas. La modernisation entraîne donc en même temps que l’apparition d’une minorité d’ouvriers hautement qualifiés une augmentation considérable des ouvriers non-qualifiés. Chez Citroën, le nombre des OS est passé de 52 % en 1938 à 75 % actuellement. Dans l’industrie chimique, ce pourcentage est encore plus élevé.

La diminution du nombre d’ouvriers qualifiés fait baisser le salaire moyen de la classe ouvrière.

c) La hausse systématique des prix des objets de consommation courante, détermine l’augmentation du coût de la vie ; celle-ci pèse lourdement sur le salaire réel, ainsi que la hausse des loyers.

d) Le rôle de l’Etat capitaliste

Maîtres de l’Etat capitaliste, les monopoles disposent de puissants moyens d’action, économiques, politiques, idéologiques pour contrecarrer l’action ouvrière et abaisser le niveau de vie des travailleur. Le pouvoir autoritaire a entrepris de reprendre aux travailleurs l’essentiel des avantages acquis au cours de dizaines d’années de lutte (atteintes à la sécurité sociale, etc.)

L’un des moyens essentiels utilisés par l’Etat est le prélèvement d’une partie des salaires par le canal des impôts directs (plus de 50 % des impôts directs sont perçus sur les salaires et traitements) et surtout indirects (taxes prélevées sur le prix des marchandises) qui constituent les 3/5 des rentrées fiscales.

L’Etat met au service de chaque patron le poids de la machine gouvernementale (fixation du niveau des salaires au moyen du SMIG, blocage des salaires, ordonnance sur l’intéressement des travailleurs aux résultats de l’entreprise, etc.)

* * *

l’exemple de la France confirme la tendance générale du régime capitaliste à abaisser le salaire réel : le salaire horaire du métallurgiste parisien a diminué de 30 % par rapport à 1938, bien que la production ait doublé depuis 20 ans et que le rendement ait augmenté.

Pendant les années de développement économique, les ouvriers compensaient la baisse du salaire horaire par les heures supplémentaires et les primes au rendement. Leur appauvrissement était moins apparent. Mais leur situation n’était pas moins dégradée puisqu’ils devaient pour rétablir quelque peu le niveau de leur « gain », dépenser une quantité plus grande de force de travail, faire de longues journées et forcer les cadences.

Les difficultés économiques des premiers mois de 1959, avec les réductions d’horaires, ont ramené pour un plus grand nombre d’ouvriers leurs ressources au seul salaire horaire, rendant plus visible la profondeur de la chute du salaire et la réalité de leur appauvrissement.

La tendance à la baisse du salaire réel s’exprime dans le même moment où les besoins de l’ouvrier augmentent.

2) L’INSATISFACTION ACCRUE DES BESOINS CROISSANTS DE L’OUVRIER

Avec le développement du capitalisme, les besoins de l’ouvrier se modifient en nombre et en qualité. A notre époque, les besoins de l’ouvrier sont plus grands qu’il y a 100 ans ; il ne satisfait pas ses besoins de la même façon.

Les changements dans les besoins s’expliquent par les modifications qui interviennent dans les conditions de travail des ouvriers, dans les conditions de vie, par l’apparition des biens de consommation moderne. Examinons quelques-unes de ces modifications.

Les changements dans les conditions de travail et de vie :

a) l’accélération des cadences de travail

L’énorme intensification du travail qui s’accompagne d’une dépense supplémentaire considérable d’énergie, le rythme trépidant de la vie de’ l’ouvrier moderne et de sa famille suscitent des besoins plus grands : nourriture plus abondante et surtout de meilleure qualité, repos, congés, plus grand confort ménager, etc.

b) l’éloignement du lieu de travail

Autrefois, les ouvriers vivaient principalement à proximité de leur travail et s’y rendaient à pied. Avec le développement de l’industrie modern,e des masses considérables d’ouvriers doivent emprunter le chemin de fer, les transports en commun ou des moyens individuels de transports. L’achat d’un moyen de transport individuel (vélomoteur, scooter) est, pour beaucoup d’ouvriers, un besoin de la vie moderne.

c) le travail des femmes

Autrefois, la femme restait le plus souvent à la maison. Aujourd’hui, le salaire du mari est insuffisant pour faire vivre la famille, la femme travaille et les et les conditions de la vie ménagère changent. L’achat de machines à laver correspond à un besoin nouveau résultant des conditions nouvelles de vie.

Le développement des biens de consommation moderne :

Le développement de la science et de la technique crée une foule de produits nouveaux, ce qui suscite des besoins nouveaux : radio, cinéma, moyen de transport, etc. Le désir de satisfaire ces besoins nouveaux est stimulé par les conditions mêmes de la vie moderne qui créent des besoins de loisirs, d’air pur, etc.

Les biens de consommation moderne prennent place progressivement dans le mode d’existence de la société : ils se répandent de plus en plus largement.

Il est parfaitement normal que les travailleurs veuillent eux aussi, bénéficier du progrès technique qui est d’ailleurs leur œuvre, qu’ils cherchent à satisfaire leurs nouveaux besoins au moyen des produits existant sur le marché ou qu’ils remplacent les anciens moyens de satisfaire un besoin par des moyens plus modernes. Cela explique l’achat de postes de radio, la substitution du vélomoteur à la bicyclette, etc.

En satisfaisant ses besoins nouveaux : nourriture de meilleure qualité, repos, moyen de transports, etc. résultant des conditions du travail et de la vie moderne, le travailleur ne s’enrichit pas ; il ne fait que satisfaire des besoins qui correspondent aux conditions nouvelles de notre époque et dont la satisfaction est absolument indispensable pour reconstituer normalement sa capacité de travail.

Le salaire réel en France étant tombé nettement au dessous de la valeur de moyens de subsistance nécessaires à la reconstitution de la force de travail, il n’assure pas en fait les conditions normales d’existence des ouvriers.

Parviennent-ils de moins en moins à satisfaire leurs besoins croissants : seule une faible proportion d’ouvriers peut acheter les produits de la technique moderne. Lorsqu’ils se les procurent, ces achats sont bien souvent faits grâce à la réalisation d’un nombre considérable d’heures supplémentaires et d’une usure accrue de leur organisme.

L’appauvrissement des travailleurs a pour conséquence le développement des ventes à crédit. Ces ventes, à leur tout, aggravent la situation de la classe ouvrière : elles se font à un taux usuraire ; en outre, sous la facilité apparente des règlements, le système assujettit les travailleurs à des obligations qui risquent de porter atteinte à leur combativité.

La nécessité de se procurer tel ou tel produit nouveau oblige aussi souvent l’ouvrier à se priver sur d’autres besoins plus essentiels. Sa situation ne se trouve donc nullement améliorée de ce fait ; sa misère prend seulement un autre aspect.

Les propagandistes de la bourgeoisie s’emploient à entretenir la confusion ; ils voudraient faire croire que la possession des moyens de consommation modernes signifie un changement dans la condition de l’ouvrier ; en réalité, cela n’y change rien ; qu’il aille à l’usine à pied ou à scooter, qu’il possède une machine à laver ou un poste de télévision, le salarié reste un exploité dont le surtravail (1) fait la richesse et la puissance du capitaliste.

(1) Surtravail : Travail gratuit qui produit la plus-value.

3) L’AGGRAVATION DES CONDITIONS DE TRAVAIL

En régime capitaliste, avec le développement de la technique, les conditions de travail ont tendance à s’aggraver.

« La machine se transforme dans les mains des capitalistes en moyen systématique d’extorquer à chaque moment plus de labeur. »

K. Marx

La modernisation des machines d’accompagne de l’accroissement de l’intensité du travail. En France, depuis 1938, les cadences ont augmenté surtout dans les branches les plus modernes. Le travail à la chaîne, aux pièces, au boni, presque inconnu il y a cinquante ans, a gagné de nombreuses industries. Ces dernières années, s’inspirant de l’exemple américain, le patronat français a mis au point toute une gamme de méthodes de surexploitation de la classe ouvrière, telle la prétendue « organisation scientifique du travail ». Ces méthodes s’appliquent aujourd’hui à de nouvelles industries comme le bâtiment, les services publics, les administrations qui y échappaient jusqu’ici.

Les capitalistes s’efforcent simultanément d’allonger la journée de travail : la semaine de travail est en moyenne de 5 heures plus élevée qu’en 1938.

a) l’usure prématurée de l’ouvrier

L’intensification du travail et l’aggravation des conditions de travail aboutissent à l’épuisement de l’ouvrier ; sa force de travail, son unique richesse, se déprécie rapidement. Avec le développement du capitalisme, la durée moyenne de la capacité de travail de l’ouvrier va en diminuant : le vieillissement de la main d’œuvre intervient de plus en plus tôt.

La situation des travailleurs usés avant l’âge est un des signes les dramatiques de la situation du prolétariat. Epuisés par un travail intensif, ils ne trouvent plus d’embauche avant même qu’ils aient droit à la retraite. Quant à ceux qui sont plus âgés, ils ne peuvent subvenir à leurs besoins avec la retraite ou l’allocation vieillesse. Les statistiques officielles indiquent elles-mêmes qu’un nombre élevé de vieux travailleurs meurent de sous-alimentation.

b) la multiplication des accidents du travail et des maladies professionnelles

La nouvelle intensification du travail n’entraîne pas seulement comme autrefois l’augmentation de la dépense d’énergie musculaire ; elle est caractérisée davantage encore par une tension nerveuse accrue qui conduit le travailleur à l’exténuation et à la maladie.

Avec un tel épuisement de la santé, même si le salaire augmente, le sort du prolétaire subit une dégradation absolue.

La névrose, « maladie moderne », due à une trop grande fatigue nerveuse, s’est considérablement développée dans la dernière période provoquant toute une série d’autres maladies : du cœur, de l’estomac, etc.

La fréquence des maladies professionnelles augmente.

Le nombre des accidents du travail n’a jamais été aussi élevé que dans les dernières années. Selon les statistiques de la sécurité sociale, le nombre des accidents graves, ayant entraîné l’incapacité totale de travail ou la mort, a augmenté de 70 % entre 1948 et 1953.

4) L’AGGRAVATION DES CONDITIONS D’ALIMENTATION ET DE LOGEMENT

La baisse du pouvoir d’achat entraîne des privations dans les familles ouvrières. La statistique officielle reconnaît que la consommation des produits de base tels que la viande, la volaille, les œufs, les poisson est en régression sensible. La vente de l’habillement diminue. La consommation se déplace des produits de qualité vers les produits inférieurs.

Les conditions de logement s’aggravent pour les travailleurs : la hausse continuelle des loyers les oblige à se contenter des plus mauvais logements. Les loyers élevés rendent inaccessibles les logements locatifs neufs à la masse des travailleurs. Nombre de ceux qui en bénéficient ne peuvent s’y maintenir qu’au prix des plus grandes privations. Alors que les salariés arrivaient à se loger tant bien que mal avant 1914 quand la crise du logement n’existait pas, des centaines de milliers de familles ouvrières sont sans logement (95 % des jeunes ménages parisiens) à l’heure actuelle.

* * *

L’essor de la technique qui accompagne le développement du capitalisme n’apporte donc pas automatiquement aux travailleurs un allègement de leur situation comme voudraient le faire croire réformistes et révisionnistes ; elle entraîne souvent une aggravation de leur misère et de leurs privations.

La domination des monopoles se traduit aussi par la ruine et la paupérisation des couches essentielles de la paysannerie.

Il en résulte que les antagonismes de classe s’accentuent entre le prolétariat et toutes les masses laborieuses d’une part et la bourgeoisie de l’autre.


IV. LA LUTTE ECONOMIQUE ET POLITIQUE DE LA CLASSE OUVRIERE CONTRE L’EXPLOITATION CAPITALISTE

Le marxisme et la réalité montrent que bien loin de fonctionner au bénéfice de tous les membres de la société, le capitalisme sert de plus en plus les intérêts d’une poignée de milliardaires tandis qu’il est incapable d’assurer la satisfaction des besoins élémentaires des travailleurs.

Le capitalisme tend constamment à réaliser l’accumulation de la misère au pôle ouvrier de la société et l’accumulation de la richesse à l’autre pôle, du côté de la bourgeoisie.

Cela ne signifie pas que la paupérisation de la classe ouvrière soit une chose fatale et que les travailleurs doivent être obligatoirement un peu plus misérables chaque jour sans que la lutte ouvrière ne puisse rien pour y remédier !

Les salariés peuvent dans une certaine mesure arrêter la baisse des salaires, freiner le mouvement descendant du niveau de vie. La période du Front Populaire pendant laquelle la classe ouvrière française, grâce à la réalisation de son unité et au rassemblement autour d’elle des classes moyennes, a imposé au patronat d’importantes réformes sociales, en est un exemple probant : en 1936, la classe ouvrière a fait reculer la misère.

Mais depuis, la tendance à la paupérisation a repris le dessus : le niveau de vie des travailleurs s’est abaissé.

Cela souligne l’immense importance de l’unité de la classe ouvrière et de la lutte quotidienne, seules armes des prolétaires pour maintenir leur niveau de vie face aux empiètements du capital.

1) LA NECESSITE DE LA LUTTE ECONOMIQUE

a) La lutte économique est indispensable pour freiner le mouvement descendant du niveau de vie de la classe ouvrière, pour obtenir l’augmentation des salaires et de meilleures condtions de travail (retour aux 40 heures, etc.)

La vie montre qu’aucune loi sociale n’est jamais promulguée par l’Etat capitaliste, aucune amélioration n’est jamais consentie par les patrons sans la lutte unie de la classe ouvrière.

Toute conquête sociale est menacée par la bourgeoisie si elle n’est pas défendue par l’action ouvrière. Les atteintes portées par le pouvoir autoritaire aux conquêtes sociales montrent bien que celles-ci ne sont jamais acquises une fois pour toutes.

b) La lutte économique constitue, en outre, une école pour les travailleurs.

Elle prépare la classe ouvrière à des combats de plus grande envergure. Elle favorise le développement de la conscience de classe et de son unité de combat : elle aide à prendre conscien,ce de l’origine de classe des maux qui l’accablent, elle constitue une base importante de rassemblement de toutes les forces ouvrières contre les monopoles et leur instrument, le pouvoir personnel.

Aussi les communistes attachent-ils la plus grande importance à l’organisation des luttes économiques. Ils considèrent la défense des travailleurs, l’établissement de leurs revendications, l’organisation de leur union et de leur action pour les faire triompher, comme une tâche quotidienne impérieuse pour le Parti, pour chacune de ses cellules d’entreprises. Ils militent activement dans les syndicats et se préoccupent sans cesse de les renforcer et d’améliorer leur fonctionnement.

2 )NECESSITE DE LA LUTTE POLITIQUE

Les communistes considèrent qu’il n’est pas possible de s’en tenir à la lutte purement économique des ouvriers contre tel ou tel capitaliste, sans la relier à la lutte politique générale de la classe ouvrière contre la classe capitaliste.

a) La lutte politique contre le pouvoir des monopoles et pour ka conquête du pouvoir sur la bourgeoisie est nécessaire pour obtenir la libé »ration définitive de la classe ouvrière de l’exploitation et de l’oppression.

La lutte économique ne peut, par elle-même, soustraire le prolétariat à l’exploitation. Elle vise les effets du capitalisme (bas salaires, etc.) et non la cause fondamentale de la misère qui est le capitalisme lui-même.

C’est la raison pour laquelle les communistes, tout en organisant la lutte des travailleurs pour les revendications économiques, montrent aux prolétaires qu’ils ne peuvent améliorer radicalement leur sort dans ce régime. Pour supprimer définitivement l’exploitation, assurer le bonheur des travailleurs, il faut abolir le capitalisme, la propriété privée des moyens de production, et instaurer le socialisme qui seul apporte à tous une vie heureuse et cultivée.

b) La lutte politique est indispensable pour la réalisation des objectifs démocratiques immédiats de la classe ouvrière (paix en Algérie – désarmement – élimination du pouvoir personnel et rénovation de la démocratie).

Les victoires politiques de la classe ouvrière facilitent l’obtention de ses revendications économiques, l’amélioration de son niveau de vie.

La victoire du Front Populaire en 1936, a permis à la classe ouvrière d’importantes réformes sociales : augmentation des salaires, 40 heures, congés payés, etc. ; grâce à la victoire dans la lutte contre le fascisme hitlérien, après la guerre, elle a pu compléter ces conquêtes. La fin de la guerre d’Algérie, la réalisation des mesures de désarmement, facilitera l’obtention des revendications ouvrières (augmentation des salaires, abrogation des taxes de vie chère, etc.) La réalisation de la tâche capitale posée devant le mouvement ouvrier et démocratique à l’heure actuelle, la restauration et la rénovation de la démocratie, permettra un relèvement sensible du niveau de vie de la classe ouvrière ; la démocratie rénovée portera un coup à la toute puissance du capital : les richesses, fruit du labeur des travailleurs, ne seront plus accaparées par les trusts français et étrangers.

La tâche de la cellule d’entreprise ne peut donc pas se limiter aux questions économiques. Elle dirige et oriente la lutte des travailleurs contre le pouvoir personnel, pour la paix, les libertés, en tenant compte des conditions concrètes du lieu où elle rayonne.


CONCLUSION

La domination des monopoles aggrave à l’extrême l’exploitation des travailleurs.

Se battre contre l’exploitation et la surexploitation des travailleurs, contre la spoliation des masses laborieuses, c’est lutter contre l’épuisement et pour la vie normale du peuple, c’est lutter pour l’avenir de la France.

Pour que la classe ouvrière déploie largement ses forces, il est indispensable que le Parti, la cellule ripostent à l’offensive idéologique de la bourgeoisie, fassent la clarté sur la réalité de l’exploitation capitaliste, sur la communauté d’intérêts de tous les travailleurs, sur l’antagonisme fondamental qui les opposent au capital. Cette lutte est la condition première pour ouvrier des perspective à la classe ouvrière : elle lui montre que son salut réside dans la lutte contre les monopoles et leur politique et non dans la collaboration de classe ; elle est indispensable aux progrès de l’unité ouvrière, ainsi qu’à la réalisation de l’union de toutes forces démocratiques et nationales sur des bases justes. Elle est nécessaire pour faire comprendre aux ouvriers la nécessité de lutter pour en finir avec la domination du capital.