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Contributions
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Lettre ouverte de Francis Combes à Marie-George Buffet 25 novembre 2006 Marie-George, Qu’est-ce que vous
faites ? Après avoir contribué au rassemblement de la gauche anti-libérale
sur un programme unitaire avancé, susceptible de faire se lever un nouvel espoir,
vous êtes en train, en essayant d’imposer ta candidature, de casser ce
rassemblement. Avoir obtenu un vote quasi
unanime dans le parti est une chose, obtenir le soutien des électeurs en est
une autre. Malgré le rôle tout à fait important que le parti peut jouer dans la
gauche de la gauche, la candidature de sa secrétaire nationale ne peut pas être
représentative de la diversité du rassemblement en cours de constitution. Ce
qui est en train de se passer le prouve. Il en serait d’ailleurs de
même pour le porte-parole de la LCR. En décidant de faire cavalier seul, la
direction de cette formation, qui rêve de supplanter le parti, prend, elle aussi,
une lourde responsabilité. Qui va profiter de cette
division ? Certainement pas le parti. Au lieu de sortir renforcés de cette
épreuve, nous risquons d’en sortir encore plus affaiblis. Non seulement une
contre-performance électorale aggravera nos problèmes financiers mais elle
aggravera aussi notre marginalisation et risque de précipiter notre chute, lors
des législatives, des municipales et des cantonales. Ce sont les communistes, à
nouveau, qui vont « porter le chapeau » de la division. Comme cela
s’est produit, pour d’autres raisons, en 1978, au moment de l’actualisation du
programme commun, avec les conséquences que l’on sait... Et, alors que nous
avions commencé à changer nos rapports avec les autres composantes de la gauche
anti-capitaliste, et à changer l’image que nous donnons de nous-mêmes, nous
pouvons être sûrs que cette tentative de passer en force, au sein des comités,
laissera de nouvelles blessures et ne pourra que réactiver un
« anti-communisme de gauche ». Dans leur histoire, pourtant,
à plusieurs moments décisifs, les communistes ont su être les meilleurs
artisans de l’union et ont su faire preuve d’audace. Ainsi, par le soutien
qu’ils ont apporté à une personnalité non communiste, le professeur Rivet, en
1935, les communistes ont donné le signal du rassemblement qui devait permettre
la victoire du Front populaire et la mobilisation ouvrière qui l’a accompagné. De
même, pendant la Résistance et à la Libération. Aujourd’hui, selon toutes les
enquêtes d’opinion, le seul candidat susceptible de passer la barre des 10%, à
la gauche du PS, est José Bové. Certes, il n’est pas
communiste ; mais peut-on lui en faire reproche ? Il s’est engagé, comme tous
les autres candidats au sein des collectifs, à défendre le programme adopté en
commun. Et c’est ce qu’il a fait ces dernières semaines à chacune de ses
interventions. De plus, non seulement il ne
porte aucune responsabilité dans la politique qu’a menée la gauche plurielle,
mais il a montré, à de nombreuses reprises, dans les luttes, qu’il savait faire
preuve de courage, et mettre en accord ses paroles et ses actes. Enfin, il ne défend les
intérêts particuliers d’aucune formation et se situe en dehors de la
compétition qui oppose, dans les faits, le PCF et la LCR. Pour toutes ces raisons, nous
devrions saisir l’occasion historique de cette élection présidentielle et
donner sa chance au rassemblement. La
division, si elle risque
de coûter cher aux communistes, profitera par contre à
Ségolène Royal et aux
dirigeants du parti socialiste. La dispersion favorisant le
réflexe du vote
utile face à Sarkozy. Elle aura aussi pour effet de pousser
nombre d’électeurs
réellement de gauche à s’abstenir… Pire
encore, cette division permettra à Le
Pen de se faire passer, dans une partie des milieux populaires, comme
le seul
opposant conséquent au consensus des forces du Oui, UMP et PS,
qui, bien que
battues lors du référendum, s’apprêtent
à confisquer l’élection présidentielle. Il reste peut-être encore une
chance d’éviter cette division et ce gâchis. Il nous faut un sursaut de
lucidité. Fraternellement Francis Combes |
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