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Le PCF doit mobiliser pour le retrait immédiat d'Afghanistan, maintenant !
V. Fère
9 janvier 2010

Tout communiste qui se respecte, qu’il soit encore au parti ou non, lutte, autant qu’il est possible, pour le rapatriement immédiat des troupes étrangères d’Afghanistan et contre la soumission de la France à l’instrument des pilleurs mondiaux qu’est l’OTAN.

Depuis quelques mois, nous avons la position du Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF », qui « fait une priorité de l'action des communistes pour la paix, notamment pour le retrait unilatéral de la France de l'OTAN, de la solidarité avec les partis communistes et ouvriers du monde, contre l'impérialisme, pour l'internationalisme » (déclaration constitutive du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » Malakoff, le 21 mars 2009).

Aujourd’hui, le seul mot d’ordre précis correspondant à cette déclaration de principe ne peut être que : « La France doit se retirer immédiatement de l’OTAN ainsi que toutes les troupes étrangères d’Afghanistan ! » Pour l’imposer, il faut autour de ce mot d’ordre dans le même temps rassembler et se rassembler.

La direction actuelle du parti favorise-t-elle la constitution d’un mouvement puissant, imposant au président de la République, chef des Armées, la réalisation sans délai de ce mot d’ordre ? La direction du Parti donne-t-elle le « la » pour ce rassemblement dont notre peuple a besoin ?

Examinons les déclarations récentes du camarade Jean-Paul Lecoq, député PCF de Seine Maritime (Gonfreville-l’Orcher), qui s’est récemment exprimé sur ce sujet à l’Assemblée nationale.

Jean-Paul Lecoq a déclaré : « nous demandons le retrait des forces de l'OTAN d'Afghanistan. »

Je ne peux que l’en féliciter chaleureusement. Pour ma part, j’estime de plus nécessaire de préciser : « retrait immédiat » des forces de l’OTAN d’Afghanistan, et donc « retrait immédiat » de la France de cette organisation, qui a décidé l’intervention militaire, renforcée depuis par Obama.

Il ajoute : « Il est grand temps d'organiser une sortie de crise » et « Un changement profond de stratégie doit être adopté afin de donner la priorité à un processus politique de résolution de cette crise » … « organiser une sortie de crise » ? « Un changement profond de stratégie » ? « Un processus » ? Les choses ne sont-elles pas beaucoup plus simples, et urgentes ? « Le retrait immédiat des troupes de l’OTAN d’Afghanistan » n’est-il pas le seul mot d’ordre acceptable ? Que faisait d’autre Lénine, mettant un terme aux combats, avec l’armistice de Brest-Litovsk ?

De plus, Jean-Paul Lecoq exige-t-il pour l’avenir que toute intervention étrangère doive cesser en Afghanistan ? Il déclare : « il faut faire jouer aux Nations unies un rôle beaucoup plus important . (La France doit) proposer l'organisation d'une conférence internationale, sous l'égide de l'ONU, pour définir précisément les conditions d'une paix négociée et durable en Afghanistan (…) Cette conférence devrait, bien sûr, réunir des voisins immédiats comme l'Iran et, bien évidemment, le Pakistan, car les effets de cette guerre sont très déstabilisants pour ce pays. Il faudra aussi y associer l'Inde, la Chine, la Russie, la Turquie et d’autres pays. (…) nous demandons la définition d'un nouveau mandat de l'ONU (…) L'application de ce mandat devrait être confiée à des forces internationales, sous le drapeau des Nations unies. » ! Les atrocités dont est victime le peuple afghan vont-elles disparaître en remplaçant l’emblème de l’OTAN par le drapeau de l’ONU, en changeant la couleur du casque de l’occupant ? Est-ce notre rôle, comme PCF, de chercher à impliquer les États, membres de l’ONU, beaucoup plus nombreux que ceux de l’OTAN, c'est-à-dire à élargir l’intervention étrangère en Afghanistan, à mondialiser la guerre ?

A propos de l’OTAN, il estime que « Le retour de la France dans les structures militaires de l'OTAN n'a rien changé ». On pourrait plutôt dire : ce retour à aggravé la soumission du gouvernement français aux aventures militaires américaines. Cela ne doit-il pas nous conduire à exiger le retrait immédiat de la France du commandement intégré de l’OTAN ? Cette revendication ne devrait-elle pas être au centre d’un programme de rétablissement de la souveraineté nationale et d’internationalisme du Parti ?

Pour terminer : il déclare que « Le combat contre le terrorisme (…) ne peut se résumer à l'occupation militaire de l'Afghanistan ». Mais, qui croit que l’occupation de l’Afghanistan, qui fabrique à grande échelle des « terroristes », a un quelconque rapport avec la « lutte contre le terrorisme » ? Même les grands stratèges de Washington n’y croient pas, eux qui ont armé les Ben Laden et autres à l’époque de la guerre avec l’URSS. Au contraire, il est évident que le bombardement par l’OTAN des civils et des villages afghans est un terrorisme d'État. Le Parti communiste ne doit pas céder à la guerre idéologique qui maquille en « lutte contre le terrorisme » l’écrasement militaire des peuples opprimés. Les communistes ne peuvent en aucun cas se raccrocher au train des fauteurs de guerre !

Assez d’attentisme ! Il est urgent que la direction du Parti communiste, fidèle à notre héritage de lutte contre les guerres coloniales et impérialistes, prenne l’initiative d’une mobilisation sur le mot d’ordre : « Maintenant, retrait de la France de l’OTAN et retrait immédiat des troupes étrangères d’Afghanistan ! »

Sans aucun doute, une telle campagne favoriserait le retour à une orientation clairement de classe, seule à même de conduire au redressement du parti, comme la Gauche Communiste du PCF l’a toujours prônée. Le Parti retrouverait sur la question de l’Afghanistan le rôle dirigeant qu’il n’aurait jamais dû perdre.


V. Fère

Les citations de Jean-Paul Lecoq, qui sont en italique, sont extraites de sa déclaration du 16 décembre 2009, disponible en intégralité sur le site internet de l’Assemblée Nationale (de larges extraits sont présentés dans l’Humanité du lendemain).