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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste

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Spécial congrès

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(mi 2005)

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Numéro 8
(mi 2006)

Etat et stratégie

Numéro 9
(fin 2006)

Le PS, gérant loyal du capitalisme

Numéro 10
(début 2007)
Les présidentielles et nous !

STALINISME

Gérard Réquigny

STALINISME n.m. Doctrine, pratique de Staline et de ceux qui se rattachent à ses conceptions idéologiques et politiques, et à ses méthodes.

Pour être souvent utilisé, et pas toujours à bon escient, le terme de stalinisme ne recouvre pas toujours la même chose selon les utilisateurs et les conditions dans lesquelles il est employé. Or afin d’étudier un phénomène, quel qu’il soit, il est nécessaire de se mettre d’accord sur ce qu’il recouvre.

Le stalinisme est une déviation du marxisme qui a trouvé son apogée en URSS sous la direction de Staline. Il s’est manifesté par une conditionnement de l’intervention populaire au culte de la personnalité de Staline hanté en permanence par la théorie du complot. Le marxisme créateur a été peu à peu remplacé par un marxisme-léninisme figé utilisable comme un livre de cuisine …

Les conséquences se sont vite manifestées : élimination des opposants politiques par l’emprisonnement ou l’assassinat, positions sclérosantes en ce qui concerne l’art et les sciences notamment, méfiance vis à vis des intellectuels, confinement des minorités, jusqu’aux « procès de Moscou » décapitant le parti et l’armée soviétique.

Cette déviation a bien sûr été vécue différemment dans les autres partis communistes selon les pays, avec cependant des constantes : la reconnaissance de Staline comme chef absolu, le culte de la personnalité, l’exclusion des opposants, les positions figées en ce qui concerne l’art et les sciences ….

La France à eu, dans ce domaine comme dans les autres, des spécificités. Dans le même temps où il aimait à être reconnu comme le  « meilleurs stalinien de France », Maurice Thorez était porteur d’idées novatrices tant pour le parti (« pas de mannequin dans le parti », « que les bouches s’ouvrent » ….) que pour la société (stratégie de front populaire, interview au Times…).

Les affaires ne sont pas simple et il ne s’agit pas pour nous de désigner tel ou tel responsable communistes de cette époque (qui peut aujourd’hui affirmer qu’il n’aurait pas agit de la même manière dans les conditions d’alors ?) mais d’en éclairer les causes afin de ne pas les reproduire.

C’est l’objectif que nous donnons à ce premier dossier. Cela nous paraît d’autant plus important que même en affirmant vouloir « sortir du stalinisme », les pratiques en restent fortement entachées (de l’autoreproduction de la direction au « cause toujours » - qui sur le fond n’est pas très éloigné du « silence dans les rangs » de nos prédécesseurs - ou de la mise à l’écart des opposants).

Un dossier n’y suffira pas, nous devrons y revenir …. En espérant que ce premier dossier, limité de fait, appellera d’autres contributions et des réactions que nous souhaitons nombreuses.

 Gérard REQUIGNY