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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste Il est publié trois fois par an. Abonnement : 10 € / an. Chaque numéro aborde des sujets théoriques et des thèmes d'actualité. Pour vous abonner : écrivez-nous à l'adresse suivante : gauche.communiste@yahoo.fr Retour à la page d'accueil d'Approches Marxistes Recherche par auteurs Classiques Numéro 1 (début 2004) Spécial congrès Numéro 2 (mi 2004) Sortir de l'Europe de Maastricht Numéro 3 (fin 2004) Où va le PCF ? Numéro 4 (début 2005) L'incontournable marxisme de Marx Numéro 5 (mi 2005) Le stalinisme du PCF Numéro 6 (fin 2005) Quelles sont les conditions du vrai changement ? Numéro 7 (début 2006) Réforme ou révolution ? Numéro 8 (mi 2006) Etat et stratégie Numéro 9 (fin 2006) Le PS, gérant loyal du capitalisme Numéro 10 (début 2007) Les présidentielles et nous ! |
Réponse à Gilles Garnier sur le parti européen de gauche Jean Jacques Karman Ton
article paru dans L’Humanité
du 16 avril
est édifiant à plus d’un titre ! Tu nous informes, que le 8 et 9 mai prochain,
à Rome, une délégation du PCF devra décider, avec un parti communiste (l’italien)
et trois formations de gauche (allemande, espagnole et grecque), de la création
d’un parti européen de gauche. Tu nous précises que ce parti " n’est pas
seulement créé pour obtenir des aides de l’Europe ", mais (un peu plus
loin dans l’article) " pour commencer à construire un espace politique qui
rompe définitivement avec la conception antidémocratique du communisme
soviétique "
Quel programme ! Tu ajoutes " les organisations syndicales ont montré
le chemin ". Oui,
malheureusement, la CGT a rejoint, contre l’avis de nombreux militants de lutte
de classes, la Confédération européenne des syndicats où siégeaient déjà la
CFDT et FO et dont John Monks, son actuel secrétaire général, vient de
déclarer, au sujet de la future constitution européenne : " Si ce texte n’est
pas adopté, l’Europe sera bloquée. Et il sera difficile de la relancer. Ce
n’est pas le moment de chipoter sur les détails. Il faut respirer un grand
coup, et voter OUI ",
belle perspective… Ne
crois-tu pas que la question principale serait plutôt celle du contenu de ce
parti européen : OUI ou NON à l’Europe de Maastricht ? Bizarrement, les partis qui
s’apprêtent à créer, à Rome, ce fameux parti européen de gauche, se sont tous
prononcés pour le OUI à Maastricht, comme tous les partis sociaux-démocrates d’Europe.
Tous, sauf le PCF (en son temps), mais la direction est-elle toujours pour le
NON à Maastricht ? Je me souviens qu’à un congrès précédent, dans le projet, la
direction avait fait disparaître le NON à Maastricht et je constate (fait
révélateur) que dans ton article, à aucun moment, le traité de Maastricht n’est
cité, alors qu’il est la « pierre angulaire » de toute position de classe. Il
y a toujours deux côtés à une barricade ; et je préfère, mon cher Gilles, sur
cette question, être aux côtés des communistes grecs, portugais, espagnols,
allemands, tchèques et de la forte minorité des communistes italiens qui
refusent l’Europe de Maastricht, sa constitution et son élargissement, et qui
disent NON à un parti européen de gauche, sans contenu de classe, et inféodé à
l’Union européenne maastrichtienne. Car c’est bien l’Union européenne qui a
décidé d’aider, y compris financièrement, à la création de partis européens
pour les pousser à leur intégration dans les institutions et buts de l’Union
européenne, comme elle le précise dans son projet (article 3, paragraphe C) : «
il
doit observer, en particulier dans son programme et son activité, les principes
sur lesquels l’Union européenne est fondée ». Tu
abordes aussi, comme un buttoir, la question du stalinisme. Franchement, sans
compromis sur le fond, on peut travailler avec d’autres qui n’ont pas la même opinion
sur cette question. Mais soyons clairs, il y a, à gauche, un anti-stalinisme de
droite qui nous mène sur le terrain de l’adversaire de classe. Il en va de même
pour l’anti-libéralisme. Ce n’est pas un programme comme tu l’énonces, à
plusieurs reprises, dans ton article. L’antilibéralisme déclaré du PS est-il de
gauche ? L’antilibéralisme des communistes devrait être clair, anticapitaliste,
donc anti-maastrichtien. Un exemple : comment peut-on se prononcer contre le
traité de Maastricht et dire OUI à son élargissement au peuple tchèque, alors
que le parti communiste tchèque a appelé à voter NON, refusant ainsi que son
peuple tombe sous le joug colonial de l’Europe de Maastricht ? Le camarade Marx pourrait nous conseiller : « Oui à la formation d’une Union européenne des travailleurs, mais surtout sur une base de classe, et indépendante idéologiquement », et la camarade Rosa enrichirait en ajoutant « une organisation non centralisée, démocratique, marxiste et donc anti-réformiste ». Bien à toi, mon cher Gilles. Avril 2004
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