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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste Il est publié trois fois par an. Abonnement : 10 € / an. Chaque numéro aborde des sujets théoriques et des thèmes d'actualité. Pour vous abonner : écrivez-nous à l'adresse suivante : gauche.communiste@yahoo.fr Retour à la page d'accueil d'Approches Marxistes Recherche par auteurs Classiques Numéro 1 (début 2004) Spécial congrès Numéro 2 (mi 2004) Sortir de l'Europe de Maastricht Numéro 3 (fin 2004) Où va le PCF ? Numéro 4 (début 2005) L'incontournable marxisme de Marx Numéro 5 (mi 2005) Le stalinisme du PCF Numéro 6 (fin 2005) Quelles sont les conditions du vrai changement ? Numéro 7 (début 2006) Réforme ou révolution ? Numéro 8 (mi 2006) Etat et stratégie Numéro 9 (fin 2006) Le PS, gérant loyal du capitalisme Numéro 10 (début 2007) Les présidentielles et nous ! |
MARXISME REVOLUTIONNAIRE ET / OU MARXISME-LENINISME Pierre Martin « Nous sommes,
nous, communistes, des gens d’une facture à part.
Nous sommes taillés dans une étoffe à
part. Nous formons l’armée du grand
stratège prolétarien,
l’armée du camarade Lénine. Il
n’est rien de plus haut
que l’honneur d’appartenir à cette
armée. Il n’est rien de plus haut que le
titre de membre du parti qui a pour fondateur et pour dirigeant le
camarade
Lénine… » Discours
de Staline au 2e congrès des Soviets
de
l’URSS, in Histoire du Parti Communiste
Bolchevik de l’URSS, 1938,
réédition Edition Norman Béthune L’espoir
engendré par la révolution d’Octobre
dans le monde
entier, le ralliement de nombreuses sections de gauche de la
social-démocratie
à un nouveau
« modèle » de
pensée et de construction d’un avenir du
socialisme ; la nécessité de se
démarquer de ceux qui étaient restés
liés
à « la vieille maison »
comme appelait Léon Blum le Parti
socialiste, tout poussa à l’emploi de termes
nouveaux pour désigner, la
nouvelle doctrine à construire, la nouvelle pratique de la
politique à mettre
en œuvre. On vit ainsi surgir, dans les années qui
suivirent, un florilège de
qualificatifs, pour désigner les différentes
nuances des fractions communistes
qui s’affrontaient sur l’héritage de
Marx et de Lénine. L’expression
« léninisme » est employée en 1923 par
Kaménev puis par
Zinoviev. C’est
eux qui les
premiers eurent l’idée de vouloir transformer
Lénine en icône. Il faut savoir,
chose peu connue, peu usitée dans le mouvement communiste,
que Lénine était contre
la réédition de ses textes en un ensemble qui
constituerait des
« œuvres ».
Ceci
est conforme d’ailleurs au mode d’exposition de sa
pensée. Lénine n’a jamais voulu
écrire
d’ouvrage sur la méthode marxiste, sur
« l’ABC du marxisme »
qui aurait pu servir
de catéchèse communiste. A
l’égal des plus grands théologiens
religieux, il
s’est toujours méfié de la
simplification au nom de la vulgarisation, même quand elle
prétend permettre
l’accès au plus grand nombre, aux
« masses ». Simplifier,
c’est
souvent trahir. À l’opposé, Staline,
éduqué dans un séminaire où
régnait
le
pharisianisme, le mensonge et la duplicité, a lui
immédiatement compris
l’intérêt qu’il y aurait
à constituer
des bréviaires
« marxistes ».
Pour Lénine, un texte est lié à sa
conjoncture, il
constitue d’autant plus,
d’autant mieux, une analyse « concrète
de la situation concrète »
qu’il imbrique « l’Ici et
Maintenant » et les fondements théoriques
marxistes. Mais attention, ce qui constitue pour lui la valeur
d’un fondement théorique,
c’est d’abord la dimension pratique
de son contenu révolutionnaire. La
conjoncture fixe la nécessité de
résoudre une
question pour l’avancée du
mouvement. Si la thèse qui satisfait à cette
conjoncture
contredit celle qui
satisfaisait à une autre conjoncture, même
très
proche, il ne faut pas hésiter
à y recourir. Voilà pourquoi Lénine
n’a
jamais hésité à changer
d’avis pour
parvenir à rester le meilleur théoricien
« pratique » de
l’histoire
révolutionnaire russe, et n’a pas
hésité
à se contredire. Ce dont ses
adversaires n’ont jamais cessé de se gausser. Ses
compagnons de route au sein du parti bolchevik n’ont
jamais été de son vivant des
« léninistes », mais
tout comme lui, ils
se sont définis comme « marxistes
révolutionnaires ».
Lénine fait plusieurs fois référence
à ce terme
dans ses textes, mais aussi aux termes de marxiste ordinaire, marxiste
orthodoxe, etc. C’est
l’expression classique, que tous les membres des
partis socialistes, et plus particulièrement leurs ailes
gauches, utilisaient.
Quand la crise du mouvement ouvrier va surgir, ce concept va, lui
aussi, entrer
en crise. Il y aura ainsi très vite un marxisme
révolutionnaire au sens de la
social-démocratie de droite et un marxisme
révolutionnaire, au sens de la
social-démocratie de gauche. Mais surtout, au sein de la
gauche et compte tenu
des divergences un « M.R » au
sens de Lénine et de ses partisans,
versus, un « M.R » au sens de
Rosa Luxemburg, etc. Trotski
ayant été durant une longue partie au dessus des
« fractions », lui aussi se
constituera une représentation du monde
et de l’action qu’il revendiquera comme
« marxisme
révolutionnaire ».
Lorsque l’histoire poussera à la radicalisation
des camps, que la
social-démocratie reniera officiellement le marxisme et
qu’à l’opposé, les
communistes seront exhortés par Staline à nier
leur filiation socialiste, le
terme « marxiste
révolutionnaire » ne désignera
plus que les
partisans d’une lecture de gauche de l’histoire de
l’URSS à ses origines. À
savoir, et pour l’essentiel les
« trotskistes ». Staline
va donc utiliser cette vérité historique que le
« marxisme
révolutionnaire » est le produit de la
social-démocratie
pour le stigmatiser et renvoyer dans le même camp, gauche
critique et droite
capitulatrice. La pensée
« socialiste-communiste » M.R est
désignée
comme semi-menchevik par Staline. Les
trotskistes, qui sont le courant le plus important de
cette sensibilité, sont accusés
d’être des agents de la
social-démocratie dans
le mouvement révolutionnaire. Ne vont-ils pas
jusqu’à mettre sur un pied
d’égalité
courant communiste (stalinien) et courant socialiste ?
N’appellent-ils pas
leurs militants à pratiquer l’entrisme
indifféremment dans les organisations
communistes comme dans les organisations socialistes, avec
d’ailleurs une nette
préférence pour le courant socialiste ?
etc. etc. « Marxiste-léniniste »
en 1924 au V° congrès de
l’Internationale Communiste C’est
lors du V° congrès de l’Internationale que
l’expression apparaît. Les rédacteurs
déclarent que pour créer d’authentiques
partis communistes, une des conditions est qu’ils deviennent « marxistes-léninistes ». L’expression
seule
« léniniste » aura,
elle, été très peu
utilisée. Elle restera
liée au modèle d’une période
entre 21 et 23 où Zinoviev et Kaménev jouent un
rôle important. Dans la mythologie communiste de
l’histoire de cette période,
être « léniniste »
c’est
être partisan de la guerre à outrance contre le
capital. Le
« putschisme »,
l’insurrection pour l’insurrection connaissent
leurs
heures de gloire, surtout en Allemagne. La rupture totale avec la
social-démocratie, le refus du « front
unique », la défiance à
l’égard des syndicats par une survalorisation de
l’expérience des
« Soviets ». En France,
c’est la période « classe
contre
classe » qu’incarnent Suzanne Girault et
Treint. Ce dernier continuera à
appeler sa fraction
« léniniste » avant de
s’essayer à une fusion
avec les trotskistes. Aujourd’hui encore, une fraction de
l’ultra-gauche se
définit comme « léniniste ».
Le courant le
plus représentatif en
est celui d’Amadéo Bordiga en Italie. « Léniniste »
réapparaîtra
à la fin des années 60 au moment de la crise du
stalinisme,
pour indiquer la rupture entre pensées et actions de Staline
face à Lénine. Les
althussériens s’en revendiqueront, face aux
pro-chinois qui se disent marxistes-léninistes-maoïstes. Qu’est-ce
qu’être historiquement « marxiste-léniniste » ?
C’est d’abord affirmer
qu’il n’y a qu’un seul continuateur
vraiment correct du marxisme, Lénine. Plus
encore, qu’il n’y a qu’une
façon d’interpréter Marx,
c’est celle qui serait
contenue dans les
« œuvres » de
Lénine. Il
va donc falloir aider à l’édition des
œuvres complètes de
Marx (Engels) et de Lénine. Ce sera l’Institut
Marxiste-Léniniste de Moscou.
Mais comme d’autres courants éditent eux aussi
certaines de ses œuvres, il va
falloir les accompagner de commentaires qui renforcent le sens de
lecture voulu
de ces œuvres. Car nous l’avons vu,
l’œuvre de Lénine (et aussi en partie
pour
Marx) est liée à la conjoncture. On assistera
donc tout au long de l’histoire
de l’URSS, à la réécriture
des commentaires qui accompagnent les œuvres plus ou
moins complètes, suivant la période
traversée. On n’a pas les mêmes
commentaires sous Staline et sous Kroutchev. « La
bible » change
d’interprétation suivant réformes et
contre-réformes. On
extrait des commentaires pour en faire des bréviaires de
catéchisme à débiter par
cœur pour lutter contre tel ou tel adversaire.
C’est
particulièrement le cas pour Trotski devenu le grand Satan,
l’homme à abattre.
En France, Trotski et le
trotskisme
a été le livre de chevet de toute une
génération communiste. Staline
rédige des Principes
du Léninisme
et
autres Questions
du Léninisme
(Une
partie des œuvres sont écrites avec
« l’aide »
d’académiciens). Il en
ressort que l’activité principale de
Lénine fut de se prémunir
« par
avance » théoriquement et pratiquement,
de ce qui allait devenir la
« déviation
trotskiste ». On se demande comment ces
deux-là ont
jamais pu militer dans la même organisation, comment
Lénine à pu faire
confiance à Trotski, le laisser créer, commander
l’Armée rouge, etc. Et
quand on connaît le personnage de Staline, liquidateur
des 2/3 du parti bolchevik d’origine, on peut objectivement
se poser la
question du vrai sens de sa
« fidélité »
à Lénine. Lénine
a toujours accepté de travailler et de militer avec
des camarades qui ne partageaient pas ses
présupposés théoriques. Qui a jamais
été « léniniste »
au sens
de fidéiste à un système de
pensée dans le parti bolchevik, jusqu’à
la mort de
Lénine ? Encore moins
« marxiste-léniniste » ? Personne !
A tel point que, quand il rédige son
testament, Lénine s’interroge sur la
possibilité pour ses compagnons de prendre
sa succession, et il n’en voit aucun
qui soit capable de lui
succéder. Ils présentent tous, soit des
défauts théoriques,
soit des défauts pratiques
par rapport à ce qu’il estime
être nécessaire pour
diriger une telle révolution. Il préconise le
recours à une troïka (travail
collectif) pour éviter la personnalisation du pouvoir. Avec
Staline, cette diversité va devenir le moyen
d’opposer
les membres du Comité central et du Bureau politique avant
de les liquider, les
uns derrière les autres. Staline
est le continuateur direct de la philosophie
religieuse conservatrice qui atteint son paroxysme dans
l’inquisition. Défendre
l’orthodoxie, pratiquer la philosophie de façon
scolastique afin de chercher le
« malin » chez l’autre
constitue l’essence du rapport de Staline à la
philosophie et à la politique. Les procès de
Moscou, qui auront lieu à
répétition tout au long de son règne,
témoignent de la dimension maladive du
personnage. N’en
déplaise à Trotski qui ne veut pas juger Staline
d’un
point de vue psychologique, Staline est d’abord un malade. La
seule
appréciation politique du stalinisme comme centrisme, ne
justifie pas de la
liquidation de milliers de militants communistes chez ses propres
partisans.
Par contre, refuser de s’intéresser à
la nature psychologique et plus sûrement
psychanalytique du personnage, permet de faire oublier qu’au
moment où on
aurait pu stopper l’homme, on a refusé de le
faire. Trotski, comme les autres,
a refusé la démission de Staline. Il
n’y a vu comme les autres, qu’un camarade
présentant un comportement autoritaire, un peu plus
bureaucratique que les
autres, mais somme toute un bon bolchevik. Car être
intransigeant, sectaire, et
pour parvenir à ses fins menteur, dissimulateur etc.
n’est-ce pas la preuve que
l’on est prêt à tous les sacrifices pour
la cause ? Staline est celui qui
s’est mouillé pour le Parti. Il a
pratiqué au nom de l’organisation les
‘ex’
(braquages de banques). Il a même selon la légende
participé à l’élimination de
membres ayant trahis ou d’agents du Tzar infiltrés
dans l’organisation. Il sait
organiser un complot, dissimuler un meurtre. Il s’en
souviendra au moment de
faire disparaître Kirov. Staline
n’est pas un grand théoricien. Il est
méprisé par
les intellectuels du Bureau politique, mais il n’en a cure.
Il sait qu’il est
devenu intouchable. Il connaît trop de choses sur trop de
monde et on a besoin
de lui pour mettre en place ce qui commence a être un
système policier. Rosa
Luxemburg,
dans son ouvrage sur « la
révolution russe »,
n’a pas « chargé la
barque ».
Elle ne dénonce que la partie visible de
l’iceberg, celle que du fond de sa
prison, la presse bourgeoise lui laisse parvenir. Or, c’est
bien à cette presse
qu’elle fait confiance. Pourquoi ? Sans
doute parce qu’à la différence de bon
nombre de
militants révolutionnaires du monde entier, elle
connaît les hommes qui en
Russie sont en train de faire la révolution. Elle les a
fréquentés. Elle sait
ce qu’ils ont subi et comment il a fallu qu’ils se
durcissent pour résister.
Elle connaît Dzerjinski, le fondateur de la
Tchéka, son ancien camarade du
SKDPIL. Elle a côtoyé Lénine dans les
congrès et aussi Trotski. Et surtout plus
que tout, elle voit les effets de la boucherie de 14/18 sur ces hommes,
les
authentiques révolutionnaires. L’heure
n’est plus au compromis et aux
demi-mesures. Plus on tape, plus on se montre dur et intransigeant,
plus on
apparaît comme le meilleur soutien de la
révolution. Staline l’a très bien
compris, il lui suffit d’en rajouter pour
apparaître aux yeux de bons nombres
de militants du Parti comme celui qui est le plus ferme. Certes, il se
fait
souvent rappeler à l’ordre par Lénine.
Mais n’est-ce pas la preuve, que lui accepte
de faire le sale boulot ? Cette sympathie spontanée
de la base, il saura
s’en servir pour se poser en victime et faire reculer ses
adversaires. En
fondant le « marxisme-léninisme », Staline donne la
représentation politique économique et
philosophique à son « système
monde ». Il se paiera même le
luxe de s’essayer à la mise en place
d’un « marxisme-léninisme-staliniste » en 1939. Le culte
de la
personnalité y atteint son apogée. Des romans,
des poèmes sont écrits à la
gloire du vénéré leader, du grand
timonier de la révolution. Lénine n’est
plus
édité, on édite d’abord
Staline. Trotski, lui même qui durant toute une partie
de sa vie chercha à se prémunir du virus du culte
de la personnalité, finit par
intituler les membres de l’internationale qu’il
essayait de construire « bolchevik-léniniste ».
Des
livres entiers ont
été consacrés à la
critique ou à la défense du
marxisme-léninisme, comme du
marxisme-révolutionnaire. De vraies différences
existent qui n’ont fait que
s’ossifier au cours du temps. Un article de revue
n’y suffirait pas. Rappelons
en quelques-unes :
-
L’opposition entre révolution mondiale(M.R)/ et
construction du socialisme dans un seul pays (M.L). -
révolution Permanente (M.R)/ révolution
ininterrompue et
par étapes (M.L). -
opposition entre front unique (M.R)/ et front populaire
(M.L). -
opposition sur la nature de la révolution comme
libératrice du genre humain (M.R) /ou libératrice
des classes sociales (M.L). -
conception de la société divisée entre
société
« civile » et Etat
(M.R) / division entre infrastructure et
superstructures (voir appareils d’Etat) (M.L). -opposition
jeune Marx (M.R), Marx mûr (M.L). Entre
marché (fétichisme et
aliénation, réification)
(M.R) et production (procès
d’exploitation, procès de travail et de
production, reproduction des rapports de production).(M.L) -
etc. ou encore, place et conception du parti dans la
révolution et dans la phase de transition. Rôle et
liens entre parti et
classe : Le parti est l’expression de la classe
(M.R) ; Le parti
guide la classe (M.L) etc. etc. Avec
le temps, les deux camps ont produit des analyses de
grandes qualités (mais aussi pas mal
d’inepties) qui méritent qu'on étudie
chaque thèse sérieusement. A titre personnel,
l’auteur de cet article n’est pas
gêné que notre sensibilité se
revendique du marxisme révolutionnaire, à la
condition que ne soit pas caricaturé le
marxisme-léninisme en ne retenant que
l’action et les écrits de Staline. Car on peut
tout aussi bien caricaturer le
marxisme révolutionnaire en en faisant une auberge espagnole
où tout le monde
s’y retrouve (des socialistes en passant par les
communistes-libertaires, les
trotskistes etc. etc.). C’est pourquoi il est intimement
persuadé que la fin
d’une période de l’histoire du mouvement
ouvrier s’achevant sur de profonds
bouleversements mondiaux, il est temps d’ouvrir une nouvelle
période du
marxisme et de la révolution. Il faut faire le bilan
objectif de cette scission
théorique comme pratique. Il
semble que le terme de marxisme alternatif corresponde
mieux aux tâches de l’heure. On peut en
résumer l’idée par
l’expression :
fin du développement
« capitaliste » comme force
propulsive,
qu’il soit « privé » ou d’Etat’
(c’est à dire quand il se
« laïcise » en
productivisme bolchevik). Il
faut
raccourcir la phase de transition en tenant compte de la contradiction
principale : dans les pays développés,
il est temps de passer au
communisme ; dans les pays
sous-développés (voir l’Afrique),
même la phase
du socialisme semble s’éloigner. Le monde
connaît un développement de plus en
plus inégal. Il n’y a pas
d’homogénéisation par le
marché (ce que le
développement d’une partie de l’Asie
pourrait nous laisser supposer). Au
contraire, c’est bien le point de vue de Lénine
qui semble l’emporter dans sa
confrontation avec Rosa Luxemburg. Le développement du
capitalisme dans une
zone entraîne le sous-développement dans une
autre. Imposer une nouvelle
révolution culturelle, en bouleversant le procès
d’appropriation de la nature,
des richesses, des connaissances. On peut avoir eu une conscience
parcellaire
d’une telle nécessité, sans comprendre
les motifs de ses futures erreurs. « Fêter
Staline, ce
n’est pas une formalité. Fêter Staline,
c’est prendre parti pour lui, pour son
œuvre, pour la victoire du socialisme, pour la voie
qu’il indique à l’humanité,
c’est se déclarer pour lui comme pour un ami
très cher car l’immense majorité
des hommes vit aujourd’hui dans des souffrances et ne peut
s’en s’affranchir
qu’en suivant la voie
indiquée par Staline et avec son aide ». Mao
Tsé
Toung, in Staline,
grand marxiste-léniniste,
Nouveau Bureau d’Edition (Albanais). |