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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste Il est publié trois fois par an. Abonnement : 10 € / an. Chaque numéro aborde des sujets théoriques et des thèmes d'actualité. Pour vous abonner : écrivez-nous à l'adresse suivante : gauche.communiste@yahoo.fr Retour à la page d'accueil d'Approches Marxistes Recherche par auteurs Classiques Numéro 1 (début 2004) Spécial congrès Numéro 2 (mi 2004) Sortir de l'Europe de Maastricht Numéro 3 (fin 2004) Où va le PCF ? Numéro 4 (début 2005) L'incontournable marxisme de Marx Numéro 5 (mi 2005) Le stalinisme du PCF Numéro 6 (fin 2005) Quelles sont les conditions du vrai changement ? Numéro 7 (début 2006) Réforme ou révolution ? Numéro 8 (mi 2006) Etat et stratégie Numéro 9 (fin 2006) Le PS, gérant loyal du capitalisme Numéro 10 (début 2007) Les présidentielles et nous ! |
Pour une Europe des peuples souverains Déclaration du comité central de la Gauche communiste avril 2004 En
juin, les Français vont voter pour leurs représentants au Parlement européen.
L’Union européenne est une instance qui prend de plus en plus de pouvoir. Elle
s’attaque frontalement à la souveraineté des États qu’elle dépossède de pans
entiers de leur prérogatives. La construction européenne se fait à l’initiative
de cercles d’influence restreints. L’Europe est dirigée par des technocrates,
qui n’ont de comptes à rendre à personne. Ni
les élus au Parlement européen, ni les peuples ne
pèsent sur ces technocrates.
Le rôle des élus est d’avaliser leurs
décisions. Les peuples sont consultés le moins
possible, parce qu’ils votent rarement comme les «
eurocrates » le souhaitent.
Le seul moment où le peuple français a été
consulté, c’est lors du Traité de
Maastricht, qui n’a été ratifié
qu’à une très courte majorité. On nous a
ensuite
imposé la monnaie unique sans nous consulter. Le candidat Chirac
avait promis
un referendum : on l’attend encore. Quant au PCF, qui avait
inscrit cette
consultation dans son accord de gouvernement avec le PS, il est devenu
opportunément amnésique. Aujourd’hui,
l’Union européenne passe à un stade supérieur avec le projet de constitution
européenne. Cette constitution supranationale prévaudrait sur la constitution
française. Elle prévoit notamment de supprimer le droit de veto des États, ce
qui est la porte ouverte à la perte totale de souveraineté et au démantèlement
des cadres nationaux. Or, seul le cadre national permet de défendre les acquis
sociaux et le droit du travail de notre pays. La
fonction principale de l’Union européenne est de défendre les intérêts des
grandes entreprises et de leurs dirigeants, au détriment du monde du travail.
La logique de la construction européenne est de permettre aux entreprises de
violer les législations nationales pour augmenter leurs profits. L’Union
européenne s’attaque aux services publics. En France, les directives
européennes sur l’ouverture des marchés à la concurrence, acceptées par le gouvernement
socialiste de gauche plurielle en son temps, reprises par le gouvernement
Raffarin aujourd’hui, détruisent les monopoles d’EDF, de GDF et de la SNCF. A
terme, ces entreprises nationales risquent d’être privatisées, avec toutes les
conséquences que l’on peut prévoir en terme de sécurité, de faillite du service
public, et d’augmentation des prix pour les usagers ! Les
directives européennes prévoient le démantèlement de notre système de santé
publique, de la Sécurité sociale et des retraites. Il s’agit de faire la place au
privé qui veut accaparer cette masse d’argent qui lui échappe. C’est la même
logique pour l’éducation et la recherche. Enfin, l’Union européenne a en ligne
de mire les acquis sociaux qui, selon elle, empêcheraient la compétitivité… En
bon élève de l’Europe, le gouvernement Raffarin vient d’annoncer qu’il «
réformera » le droit du travail ! Si nous ne nous y opposons pas, l’Union
européenne imposera une législation sociale qui n’aura rien à envier à celle du
19e siècle ! Il
ne peut pas y avoir de réorientation « sociale » de l’Union européenne.
Proposer une Europe sociale, c’est prendre des vessies pour des lanternes.
Aucun rapport de forces ne permet aujourd’hui de modifier l’Union européenne,
construction technocratique, antidémocratique, au seul service du grand
capital. Aux
élections régionales, les Français ont sanctionné la droite, comme ils avaient
sanctionné la gauche le 21 avril 2002. Dans les deux cas, notre peuple a exprimé
le rejet de la politique ultra-libérale de l’Union européenne. Aux
élections européennes de juin prochain, la Gauche communiste du PCF soutiendra
toute démarche communiste qui se prononce clairement pour la sortie de la
France du Traité de Maastricht, contre l’élargissement qui signifie
l’asservissement de nouveaux peuples, et contre toute constitution européenne. Sortons
de l’Europe de Maastricht pour préserver nos acquis sociaux et démocratiques ! Le Comité central de la gauche communiste/PCF
Le 3 avril 2004 |