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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste Il est publié trois fois par an. Abonnement : 10 € / an. Chaque numéro aborde des sujets théoriques et des thèmes d'actualité. Pour vous abonner : écrivez-nous à l'adresse suivante : gauche.communiste@yahoo.fr Retour à la page d'accueil d'Approches Marxistes Recherche par auteurs Classiques Numéro 1 (début 2004) Spécial congrès Numéro 2 (mi 2004) Sortir de l'Europe de Maastricht Numéro 3 (fin 2004) Où va le PCF ? Numéro 4 (début 2005) L'incontournable marxisme de Marx Numéro 5 (mi 2005) Le stalinisme du PCF Numéro 6 (fin 2005) Quelles sont les conditions du vrai changement ? Numéro 7 (début 2006) Réforme ou révolution ? Numéro 8 (mi 2006) Etat et stratégie Numéro 9 (fin 2006) Le PS, gérant loyal du capitalisme Numéro 10 (début 2007) Les présidentielles et nous ! |
Le PCF et l'économie : l'abandon du marxisme Bruno NOTTIN Quand il s’agit de critiquer les dérives réformistes et opportunistes du PCF, il est d’usage de dénoncer sa stratégie politique, à savoir son suivisme inconditionnel vis à vis du PS, suivisme culminant avec la gauche plurielle. Pourtant, cette dérive stratégique n’est qu’un des symptômes de la déliquescence du PC et s’inscrit plus largement dans tout un processus d’abandon du marxisme et de toute référence au socialisme. Le programme économique du PCF est à ce titre édifiant et
affligeant. Pour le mouvement communiste, la question de la propriété des
moyens de production, de distribution et d’échange a toujours été une question
fondamentale. Le programme communiste vise l’expropriation de la classe
capitaliste, la socialisation des moyens de production ainsi que le contrôle et
la gestion de l’économie par les travailleurs eux-mêmes. MARX, dans le Manifeste du
Parti communiste, est très clair sur cette notion fondamentale :
« en ce sens, les communistes peuvent résumer leur théorie dans cette
formule unique : abolition de la propriété collective [...] Dans tous les
mouvements, les communistes mettent en avant la question de la propriété, à
quelque degré d’évolution qu’elle ait pu arriver, comme la questions fondamentale
du mouvement »(1). Seulement, le PCF a presque
totalement oublié ces principes de base. Il est de plus intéressant de
constater que ce programme du PCF est presque entièrement écrit par des
soi-disant opposants à la direction (les novateurs proches de Nicolas MARCHAND
et Yves DIMICOLI). Pourtant, quand il s’agit de proposer un programme
réformiste, la direction du PCF puise allègrement dans ce programme économique
« officiel ». Premier point, et non des
moindres, la socialisation des moyens de production et l’extension du secteur
public. Le texte adopté par le 32e Congrès du PCF parle du « renforcement
sous des formes diversifiées de la propriété publique de ces entreprises (les
entreprises publiques), tout comme d’un certain nombre d’entreprises du secteur
industriel et le refus des privatisations comme de l’ouverture au privé de leur
capital », ainsi que du « développement d’un grand secteur
public modernisé et démocratisé ». (2) Cependant, si on ne peut que
souscrire à ces objectifs, on aimerait voir un véritable programme d’action
politique visant à la renationalisation immédiate (sans indemnisation des
actionnaires) de toutes les entreprises privatisées ou en cours de
privatisation. Or, rien de cela de la part du PCF, celui-ci se bornant à dire « non
aux privatisations » et à revendiquer « le développement »
du secteur public, sans la moindre précision, sans le moindre engagement
précis. La direction du PCF ne réclame aucune nouvelle nationalisation ni même
la renationalisation des entreprises privatisées sous JOSPIN, BALLADUR, JUPPE
et RAFFARIN. Jamais dans son expression publique depuis plusieurs années le PCF
n’a proposé une liste d’entreprises à renationaliser ou nationaliser avec des
capitaux 100 % publics. Jamais, lorsque des licenciements sont annoncés
dans les entreprises, le PCF n’a osé proposer la nationalisation de ces groupes
ou entreprises ainsi que la mise en place d’une structure de contrôle et de
gestion démocratique. Jamais le PCF ne propose l’expropriation des
actionnaires. On peut même penser que pour la grande majorité des dirigeants du
PCF, de telles revendications relèvent de la « conception ancienne du
communisme ». Ainsi, quand le PCF parle « d’appropriation
sociale des moyens de production, d’échange et de financement » (3),
nul ne peut dire ce que contient exactement cette proposition. Quel secteur
public ? Quelles nationalisations ou renationalisations ? Quelles
formes de propriété publique ? De tout cela, la PCF ne dit pas un mot, ce
qui ne laisse pas d’inquiéter. La réalité c’est que depuis
longtemps le PCF défend l’idée d’une mixité conflictuelle public/privé orientée
par des critères d’efficacité sociale. Ainsi, ce qui est primordial selon le
PCF, ce n’est plus le caractère socialiste de l’économie mais la réorientation
sociale de la politique économique des entreprises... Là où un parti
véritablement communiste devrait faire de la socialisation des moyens de
production l’axe central de sa propagande en proposant notamment la
nationalisation de toutes les banques et de tous les grands groupes industriels
(y compris ceux de l’agroalimentaire et de la grande distribution), le PCF ne
propose plus dorénavant qu’une malheureuse réorientation sociale du système
capitaliste par le biais d’incitations fiscales aussi dérisoires qu’utopistes. D’où cette phrase édifiante de
Marie-Georges BUFFET dans son dernier livre (Un peu de courage !) :
« une société comme la nôtre a besoin d’un tissu dynamique de PME et
PMI. C’est extrêmement important. Nous avons besoin d’un tissu économique
diversifié, de travailler avec des entreprises qui sont localisées dans
d’autres pays et dont on ne choisit pas le caractère public ou privé, de
coopération entre le privé et le public... La question n’est pas là ! La
question est celle du sens de l’entreprise » (4). La messe est dite. Cela nous mène directement au
second point que nous voulions aborder, à savoir les mécanismes incitatifs
proposés par le PCF afin de « réorienter l’argent vers la satisfaction
des besoins » et de « responsabiliser les entreprises »
(5). Il était un temps où les communistes ne proposaient pas de
« responsabiliser » les capitalistes mais de les exproprier afin
d’assurer la maximisation des besoins humains et sociaux. Au contraire, le PCF
propose aujourd’hui de financer la plus grande partie de ses propositions
(sécurité emploi-formation, sécurité sociale, assurance maladie...) par ses
fameux « crédits sélectifs », ce qui permettrait selon la
direction du PCF de remettre en cause la « domination des marchés
financiers ». Ainsi, le texte du 32e Congrès
propose-t-il « la remise en cause du rôle essentiel du système de
crédit, de la Banque Centrale européenne, du système européen des banques
centrales et de la monnaie dans la domination des marchés financiers [...] pour
s’y attaquer, il convient de proposer des financements nouveaux en faisant
appel à de nouveaux crédits sélectifs et à des prélèvements fiscaux-notamment
sur les profits et les actifs financiers- abaissant les taux d’intérêt pour
favoriser les investissements créateurs d’emplois stables et durables, la
formation, la recherche, et pénaliser les placements financiers. De tels
financements [...] permettraient d’orienter prioritairement l’argent vers la
satisfaction des besoins humains, libérant progressivement les entreprises de la
domination des marchés financiers. De telles orientations impliquent la mise en
place d’u pôle public financier » (6). Il y aurait, selon le PCF, donc un
mauvais capitalisme dans lequel les entreprises sont dominées par les marchés
financiers, et un bon capitalisme dans lesquels les entreprises sont émancipées
de ces derniers ! Ainsi le PCF vit dans le mythe
réformiste et illusoire des petites et moyennes entreprises présentées
implicitement comme de vaillantes petites entreprises ne demandant qu’à faire
du social mais malheureusement écrasées par les charges financières. À partir
de là, le PCF propose de baisser ces charges financières pour les entreprises
qui créent de l’emploi, versent de bons salaires et forment correctement leurs
salariés. Dès lors, tout semble dû à ces entreprises et le PCF, aussi
scandaleux que cela puisse être, propose dans ce cas de baisser le taux de
cotisation sociale patronale : « une entreprise qui crée des
emplois, relève les salaires, fait de la formation pourrait être aidée par une
baisse de cotisation alors que celle qui fait le choix du profit financier
contre l’emploi se verrait appliquer un taux de cotisation majoré »
(7). Toujours dans le même ordre
d’idée, le PCF propose-t-il que « les entreprises soucieuses de
l’emploi et des salaires voient leur taxe professionnelle diminuée »
(8). Décidément, la direction du PCF ne nous épargne rien et fait les yeux doux
aux entreprises : baisse des cotisations sociales patronales, baisse de la
taxe professionnelle, crédits bonifiés... Ainsi, la question du socialisme se
trouve complètement occultée : la question essentielle selon le PCF, ce
n’est plus l’exploitation d’une classe par une autre, mais l’orientation de
l’entreprise, entreprise qu’il faut inciter à aller dans un sens plus social
par le biais d’allégements de charges en tous genres. Certes, le PCF répondra
qu’il propose non pas une baisse inconditionnelle des charges sociales mais une
baisse liée à la politique de l’entreprise. Le PCF pourra également rétorquer
qu’il propose essentiellement de baisser les charges financières des
entreprises. Cela changera-t-il grand chose pour le salarié exploité payé au
SMIC ? Cela changera-t-il la nature de l’exploitation inhérente au
capitalisme qu’est l’exploitation au travail ? Cela rend-il l’entreprise à
ceux qui créent des richesses, c’est-à-dire les salariés ? Cela
supprime-t-il le profit capitaliste ? Au contraire, cela nous semble
renforcer le système capitaliste en créant l’illusion d’une entreprise sociale
et citoyenne au service du progrès humain. Est-ce comme cela que l’on mobilise
les salariés ? Allons plus loin dans la critique
des crédits sélectifs. Une des mesures phares présentée par le PCF lors des
dernières élections (soutenue par tous les candidats, y compris ceux considérés
plus à gauche comme Maxime GREMETZ ou Alain BOCQUET) consiste dans la création
d’un fonds régional de protection et de promotion des salariés qui « servirait
à prendre en charge le paiement d’une partie des intérêts (bonification) payés
aux banques par les entreprises pour leurs crédits à l’investissement :
plus les investissements ainsi financés programmeraient d’emplois et de mises
en formation et plus le taux d’intérêt des crédits serait abaissé jusqu’à
devenir négatif (subvention) par bonification » (9). Le caractère réformiste de cette
proposition est ahurissant : un parti se prétendant communiste propose que
l’argent public serve à financer des taux d’intérêts négatifs accordés aux
entreprises ! Certes, cela est conditionné à des créations d’emplois et de
bons salaires, mais sur le fond, la logique reste profondément réformiste. À la
place de mesures combatives frappant le cœur du système capitaliste, le PCF
préfère des astuces techniques et financières, des mécanismes incitatifs qui
ont déjà prouvé leur totale inefficacité. Ces nouveaux crédits sélectifs visent
donc à abaisser les taux d’intérêts afin de favoriser « les
investissements créateurs d’emplois stables et durables, la formation, la
recherche ». Ce qui choque dans cette proposition, c’est qu’elle est
entièrement fondée sur le critère de rentabilité capitaliste. En effet, la logique en est que
l’emploi stable et la formation ne sont pas assez rentables pour les
capitalistes et qu’il est donc nécessaire de fournir à ces derniers une
compensation financière (les « nouveaux crédits sélectifs ») qui les
inciterait à investir davantage dans l’emploi durable et la formation. Cette
proposition s’adresse non pas aux travailleurs amis aux capitalistes. Le PCF
pense-t-il avec ce genre de proposition mobiliser les salariés afin que ceux
qui les exploitent puissent profiter de crédits moins chers ? Que dit le
PCF aux salariés de l’usine BOSCH à qui la direction impose de travailler plus
sans augmentation de salaire sous peine de délocalisation ? Que les patrons
de cette entreprise vont bénéficier de crédits moins chers s’ils ont la bonté
d’investir davantage dans l’emploi et la formation ? On ne peut dès lors
qu’être atterré par cette phrase de Marie-George BUFFET dans son dernier livre
(en espérant que ce soit réellement le dernier) : « on
peut très
bien concevoir une fiscalité et une politique du crédit
plus intelligentes qui
permettent aux entreprises qui jouent le jeu de
l’intérêt général [...] de
bénéficier d’une fiscalité avantageuse et de
prêts à l’investissement bonifiés »
(10). Il serait intéressant de savoir ce
que pensent les salariés de BOSCH ainsi que tous ceux qui ont été licenciés ces
derniers mois de cette notion fumeuse « d’entreprises qui jouent le jeu
de l’intérêt général ». Le PCF oublie complètement la contradiction
fondamentale capital/travail. Le but n’est plus de rendre ceux qui produisent
réellement les richesses (les salariés) maîtres de l’outil de production, mais
d’aider « les entreprises qui jouent le jeu de l’intérêt général » ! De plus, cette proposition de
crédits sélectifs est stupide. En effet, qu’est-ce qu’un emprunt sinon une
avance de capital que les capitalistes et actionnaires vont devoir rembourser.
Or, plus le capital investi par le biais de l’emprunt augmente, plus l’impérieuse
nécessité du rendement croît corrélativement. Le capitaliste ne s’endette que
dans le but d’utiliser cette avance de capital pour augmenter le taux
d’exploitation des salariés à un degré permettant d’augmenter les profits tout
en remboursant la dette. Ainsi, l’endettement d’une
entreprise se traduit par une pression accrue pour augmenter la productivité
des travailleurs et par une réduction de la masse salariale. Il serait
intéressant de savoir comment ce mécanisme destructeur pour les salariés pourrait
contribuer à « libérer progressivement les entreprises de la domination
des marchés financiers » ainsi que « la mise en cause du
pouvoir absolu des actionnaires sur la gestion des entreprises » (11).
On peut légitimement penser que même en bénéficiant de très faibles taux
d’intérêts, les entreprises continueront de généraliser l’emploi précaire et
les licenciements de masse, l’expériences des vingt dernières années le
démontre amplement. En quoi des taux d’intérêts plus
bas pour les capitalistes serait-il profitable pour les travailleurs ? Où
est la différence de fond avec ce que propose le Partis Socialiste ? De
plus, le PCF, de façon totalement contradictoire, demande des « prélèvements
fiscaux, notamment sur les profits et les actifs financiers » (12). On
finit réellement par y perdre son latin : d’un côté, le PCF propose
d’augmenter la rentabilité du capital en diminuant le coût des emprunts, de
l’autre il veut taxer les profits ! Voyons pour finir la mesure phare
du programme du PCF : le projet d’une sécurité emploi-formation :
« afin de sécuriser toutes les activités sociales, nous proposons de
construire un système de sécurité d’emploi et de formation. Aussi ambitieux que
la Sécurité sociale après guerre, ce système vise à assurer le libre accès de
chacun à la formation tout au long de sa vie, avec la garantie d’un bon revenu
et de droits plus importants, en alternance avec un emploi salarié bien
rémunéré. Il tendrait à libérer le travail de son caractère marchand et
abolirait graduellement le chômage et la précarité [...] . Cela implique de
nouvelles liaisons entre les banques et les entreprises et un système de
pouvoirs sur l’utilisation de l’argent à partir d’interventions décentralisées
et concentrées » (13). Ce projet a pour ambition le
« dépassement du marché du travail » et même de dépasser l’existence
du salariat et d’aller vers une société sans classes ! Cet objectif
d’éradication du chômage et de la précarité est certes positif, mais comment le
prendre au sérieux si sa réalisation doit dépendre de « nouvelles liaisons
entre les banques et les entreprises » ? Or, nous savons que non
seulement le capitalisme est absolument incapable de résorber le chômage et la
précarité, mais qu’en plus il n’en a pas la volonté car ce système se sert des
chômeurs afin d’en faire ce que MARX appelait son « armée de
réserve ». De plus, si ce projet de sécurité emploi-formation voyait le
jour, il imposerait une baisse si importante de la rentabilité du capital
(suppression du chômage et de la précarité) que les capitalistes réagiraient
immédiatement par une grève de l’investissement afin de sauvegarder leurs
profits, ce qui aurait pour effet d’aggraver le chômage. Nous revenons donc ici
à notre point de départ : en abandonnant l’objectif du socialisme, le PCF
rend ses propositions absolument irréalisables car il est absolument impossible
de faire baisser la rentabilité du capital (en supprimant le chômage) tout en
laissant le contrôle de l’économie aux mains des capitalistes. De plus, la proposition de
sécurité emploi-formation semble être pour le PCF une fin en soi. Certes, sa
concrétisation signifierait théoriquement la fin du chômage mais pas celle du
capitalisme. La fin du chômage, aussi importante soit-elle, ne met pas fin aux
rapports de domination dans l’entreprise, à l’exploitation, à la hiérarchie, à
la pénibilité du travail, aux inégalités... Le PCF ne propose malheureusement
rien qui aille au-delà de la sécurité emploi-formation, c’est-à-dire vers une
société sans classes, sans Etat, sans profit. La sécurité emploi-formation
est-elle un premier pas vers le socialisme ? Les silences du PCF sont là encore
éloquents et on peut légitimement penser que cette proposition représente pour
les actuels dirigeants du PCF le summum de ce qu’ils peuvent concevoir en matière
de réforme sociale. Alors, en conclusion, que
dire ? Que le PCF n’est absolument plus un parti révolutionnaire mais un
parti réformiste bien moins à gauche que le parti socialiste d’avant 1981. Le
PCF a oublié toute référence au marxisme et défend de fait un programme
keynésien visant simplement à rationaliser le capitalisme en luttant contre ses
dérives financières. De fait, par ses actes et son programme, le PCF démontre
qu’il ne veut pas renverser le capitalisme mais le réorienter dans un sens plus
social. Le PCF est absolument incapable de
proposer des mesures béliers visant à frapper le capitalisme de plein fouet,
comme par exemple l’augmentation immédiate de 300 euros des salaires,
l’augmentation de 450 euros du SMIC, la multiplication par cinq de l’impôt
sur les grandes fortunes, une réelle nationalisation des banques et assurances,
la sortie immédiate des traités de MAASTRICHT et d’AMSTERDAM, une échelle
mobile des salaires indexée sur les prix, l’interdiction des licenciements pour
les entreprises qui font du profit... Un exemple frappant en est le numéro
double d’Economie et Politique (la revue économique du PCF) dans lequel
est exposé l’essentiel du programme du PCF regroupé en six chantiers : or,
aucun des six chantiers n’est consacré à l’augmentation des salaires. Le
militant actuel du PCF ne trouvera nulle part dans les publications du PCF le
moindre argument, le moindre chiffre pour justifier de la nécessité et de la
possibilité d’augmenter les salaires. L’augmentation des salaires ne fait au
mieux qu’une ligne au milieu de tout un catalogue de propositions floues.
Jamais elle n’est chiffrée. On pourrait multiplier les exemples de ce genre. Refuser la domination du profit
d’un point de vue moral est une chose mais il faut surtout y mettre fin matériellement
au moyen de la socialisation de l’économie. Pour cela, il faut expliquer la
nécessité absolue d’une économie socialiste et planifiée ayant pour objectif la
maximisation des besoins sociaux et non celle de la rentabilité du capital. Un
vrai parti communiste devrait subordonner toute son activité à lutter et
expliquer au salariat la nécessité du socialisme. Au lieu de cela, le PCF préfère
imaginer des réformes ou des nouveaux systèmes dans le cadre d’un capitalisme
qui ne peut continuer d’exister qu’au détriment de l’emploi, des salaires, des
services publics et des conditions de vie de l’immense majorité de la
population. Les communistes doivent certes
lutter pour des réformes sociales immédiates mais ils doivent toujours relier
ces réformes à la nécessité absolue de renverser le système. Certes, l’époque a
changé et le socialisme ne peut plus être ce qu’il a été. Mais au lieu de
réfléchir à l’actualisation de la notion de socialisme, le PCF l’a purement et
simplement abandonnée. Critique de mauvaise foi ?
Dogmatisme ? Laissons Marie-Georges BUFFET répondre elle-même :
« je ne demande pas aux patrons de démissionner, je pense simplement que
l’entreprise peut jouer un autre rôle pour de nouvelles avancées de
civilisation » (14). Rideau ! Bruno Nottin NOTES 1°- MARX-ENGELS, Manifeste du
Parti communiste, édition du Progrès-MOSCOU- 1978, pp. 48-49 |