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Approches Marxistes
journal théorique de la Gauche communiste Il est publié trois fois par an. Abonnement : 10 € / an. Chaque numéro aborde des sujets théoriques et des thèmes d'actualité. Pour vous abonner : écrivez-nous à l'adresse suivante : gauche.communiste@yahoo.fr Retour à la page d'accueil d'Approches Marxistes Recherche par auteurs Classiques Numéro 1 (début 2004) Spécial congrès Numéro 2 (mi 2004) Sortir de l'Europe de Maastricht Numéro 3 (fin 2004) Où va le PCF ? Numéro 4 (début 2005) L'incontournable marxisme de Marx Numéro 5 (mi 2005) Le stalinisme du PCF Numéro 6 (fin 2005) Quelles sont les conditions du vrai changement ? Numéro 7 (début 2006) Réforme ou révolution ? Numéro 8 (mi 2006) Etat et stratégie Numéro 9 (fin 2006) Le PS, gérant loyal du capitalisme Numéro 10 (début 2007) Les présidentielles et nous ! |
HISTOIRE DE L'UNION EUROPENNE Pierre Pignot Depuis les origines, l’histoire de l’Europe se confond avec celle de l’évolution de la production et des échanges, et celle parallèle de la lutte des classes. Sans vouloir remonter jusqu'à Charlemagne, les classes dominantes ont toujours souhaité étendre leur influence et leurs territoires pacifiquement ou militairement. En 1620, le duc
de Sully (le fameux ministre d’Henri IV)
imaginait « un corps politique de tous
les Etats d’Europe qui pût produire
entre ses membres une paix inaltérable et un commerce
perpétuel ». A partir du 18e
siècle et l’émergence du
capitalisme, les bourgeoisies prenant le pouvoir ont conquis et
transformé
leurs États nationaux comme en France et en Angleterre ou
les ont forgés comme
en Allemagne ou en Italie poursuivant en cela
l’évolution amorcée sous les
monarchies féodales. Ces constructions étatiques
se sont appuyées sur les
sentiments nationaux installés ou naissants dont les langues
étaient bien
entendu un des principaux vecteurs. En
même temps, la volonté de dominer le continent
européen
demeurait : conquêtes napoléoniennes,
volonté
hégémonique de la Prusse sur
tous les États d’Allemagne et sur
l’empire
d’Autriche, domination maritime de
l’Angleterre… Pour résoudre les
problèmes de
marchés liées à la
révolution
industrielle du 19e siècle, les
bourgeoisies anglaises et françaises
ont accéléré les conquêtes
coloniales tandis que les capitalistes allemands et
italiens – aux prises avec les Austro-hongrois sur les
questions d’unification
– prenaient du retard dans cette course aux
matières premières et à la main
d’œuvre soumise et gratuite. Mais la lutte
des classes se menait dans chacun de ces pays,
les mouvements ouvriers et prolétaires se
développaient avec très tôt
l’idée de
la construction d’une organisation internationale et
d’une unification des
luttes à l’échelon européen.
Toutefois, le
développement des contradictions inter
capitalistes et la trahison idéologique et politique des
dirigeants
sociaux-démocrates ont fait échouer ces
aspirations pour conduire en 1914 à la
première guerre mondiale. Défaite
des mouvements ouvriers révolutionnaires en Europe
occidentale en 1914, mais victoire en Russie en 1917,
l’avènement de l’URSS
venait changer la stratégie des bourgeoisies occidentales
quant à leur désir de
domination en Europe. Leurs politiques extérieures allaient
viser désormais la
destruction de l’État socialiste et leurs
politiques intérieures consister,
dans l’ensemble, à endiguer ou à
combattre les mouvements ouvriers et à
empêcher les soulèvements
révolutionnaires. Intervention
militaire
anglaise et française pendant la guerre civile russe,
répression (par les
sociaux-démocrates) de la révolution allemande,
soutien aux régimes les plus
réactionnaires en Europe centrale, abdication devant la
menace fasciste et
nazie au nom de l’antibolchévisme. On
préférait Hitler, Mussolini et Franco
à
la démocratie bourgeoise car on croyait qu’ils
pouvaient mieux garantir le
maintien du système face à l’URSS. En France,
l’existence d’un mouvement ouvrier et
d’un
parti communiste puissants a obligé la bourgeoisie et le
patronat à faire des
concessions pendant le Front populaire de juin
1936 : respect de la liberté syndicale et
élections des délégués du
personnel ; établissement des conventions
collectives : semaine de 40 heures ;
congés payés ; prolongement
de la scolarité obligatoire jusqu’à
l’âge de 14 ans ;
réorganisation de la
Banque de France ; nationalisation des industries
d’armement. Mais ceux-ci
ont repris l’initiative
dès 1937 et en 1939, avec l’entrée en
guerre contre l’Allemagne nazie :
interdiction du PCF, et abolition de tous droits sociaux
après la capitulation
de 1940 et l’installation du régime
pétainiste. L’unification
continentale européenne aurait très bien pu se
faire à l’époque (non sans
contradictions) sous le joug fasciste et nazi. Les visées
des grands
capitalistes allemands et d’Hitler étaient
clairs : redistribution de la
production et des échanges à leur profit par le
pillage des richesses des pays
conquis, militarisation de l’économie,
généralisation de l’esclavage
salarié.
Les gouvernants américains n’étaient
pas à priori hostiles à ce projet du
moment que leurs intérêts
n’étaient pas immédiatement
menacés et que cela
pouvait constituer un rempart efficace à la menace
soviétique. Leurs
inquiétudes allaient plutôt vers la menace
japonaise sur leurs débouchés dans
le Pacifique. Mais les plans
des impérialistes japonais et de leurs alliés
fascistes étaient globaux et visaient à la
conquête du monde, donc à la
destruction des autres bourgeoisies . les Anglo-saxons et une
fraction de
la bourgeoisie française, ne voulant pas
disparaître, ont organisé la
contre-attaque et s’alliant (la mort dans
l’âme) avec l’Union
Soviétique, ont
fait en sorte que les nazis et les fascistes japonais soient
écrasés. Les
régimes fascistes espagnols et portugais,
considérés
comme inoffensifs et suffisamment aptes à
réprimer les mouvements populaires,
sont restés en place après la guerre. En
revanche, il n’a pas été possible aux
capitalistes occidentaux d’empêcher la
création de nouveaux États socialistes
en Europe de l’Est, notamment en Allemagne avec la
création de la République
Démocratique Allemande. En France, le
poids des communistes du fait de leur action
armée dans la résistance, était tel
que la bourgeoisie affaiblie a du à nouveau
reculer et faire des concessions politiques, économiques et
sociales
importantes de 1944 à 1948 : ministres
communistes ; droit de vote
des femmes ; création des comités
d’entreprise ; hausse de 18 %
des salaires ; création du salaire minimum
vital ; création de la
Sécurité sociale ; nationalisations des
charbonnages, d’Edf-Gdf, de la
Ratp, d’Air France, de la marine marchande, de
Renault ; nationalisation
du crédit : Caisse des dépôts,
Banque de France, sept banques de dépôt, 34
compagnies d’assurance, 2 mutuelles… Cela dit,
l’Europe étant dévastée, les
États-Unis, dans un
but évidemment économique et politique, lancent
en 1947 le plan Marshall. Ce
plan visait à reconstituer les mécanismes
économiques européens pour faciliter
les exportations et éviter la crise aux USA,
prévenir les troubles sociaux en
Europe, et contenir la « menace communiste et
soviétique ». « Depuis
dix ans
la situation est très anormale. Les fiévreux
préparatifs de guerre et
l'activité encore plus fiévreuse
déployée
pour soutenir l'effort de guerre ont
détruit toutes les branches des économies
nationales.
L'outillage industriel
n'a pas été entretenu, a
été
endommagé ou est tout à fait
démodé…. Les
relations commerciales anciennes, les institutions privées,
les
banques, les
compagnies d'assurances et les compagnies de navigation ont disparu,
faute de
capitaux, par suite de leur absorption lorsqu'elles ont
été nationalisées, ou
simplement parce qu'elles ont été
détruites. Dans
beaucoup de pays, la confiance en la monnaie nationale a
été rudement ébranlée.
L'effondrement de la structure commerciale de l'Europe s'est produit
pendant la
guerre… la reconstruction de la structure
économique de l'Europe demandera
évidemment beaucoup plus de temps et des efforts plus grands
que nous ne
l'avions prévu…... Le système moderne
qui repose sur la division du travail et
l'échange des produits est en danger
de s'effondrer. La vérité, c'est que les besoins
de l'Europe
pendant les trois ou quatre prochaines années en vivres et
en autres produits
essentiels importés de l'étranger notamment
d'Amérique - sont beaucoup plus
grands que sa capacité actuelle de paiement. Elle devra
recevoir une aide
supplémentaire très importante ou s'exposer
à une dislocation économique,
sociale et politique très grave. Le remède
consiste à briser le cercle vicieux
et à restaurer la confiance des habitants de l'Europe tout
entière….En dehors
de l'effet démoralisant qu'a le désespoir des
peuples en question sur le monde entier,
et des troubles qu'il peut provoquer, les conséquences de
cette situation pour
l'économie des États-Unis devraient
être évidentes pour tous. Il est logique
que les États-Unis doivent faire tout ce qu'ils peuvent pour
aider à rétablir
la santé économique du monde, sans laquelle la
stabilité politique et la paix
assurée sont impossibles. »
(G.Marshall, extraits du discours du 5
juin 1947 à Harvard). Marshall
conclut son discours en disant : « un accord devra être
réalisé par les pays de
l'Europe sur leurs besoins actuels et ce que ces pays de l'Europe
feront
eux-mêmes pour rendre efficaces toutes les mesures que ce
gouvernement pourrait
prendre (…)
Ce programme devrait être
général et établi
en commun par un grand nombre de nations européennes, sinon
par toutes. » À
travers ce discours, on comprend bien la conception
américaine : contrôler le
relèvement économique de l’Europe
considérée
dans son ensemble, en faisant des différents
États aidés, des vassaux
politiques. En 1946,Winston Churchill (premier ministre britannique)
avait
préparé le terrain en appelant de ses
vœux "les États-Unis d'Europe". Seize pays
à l’exception de l’Espagne franquiste
bénéficieront du plan Marshall :
Grande-Bretagne, France, Allemagne de
l'Ouest, Italie, Grèce, Pays-Bas, Autriche, Belgique,
Turquie, Norvège,
Danemark, Irlande, Suède, Trieste, Portugal et Islande. Les
mécanismes nécessaires au démarrage du
système vont se
mettre en place progressivement. En 1948 est
crée l’Organisation Européenne de
Coopération
Economique (OECE, siège à Paris),
chargée de « coordonner la
distribution de l’aide Marshall entre les pays membres,
promouvoir la
coopération les programmes nationaux de production pour
hâter la reconstruction
de l'Europe, abaisser les droits de douane et autres obstacles au
développement
des échanges, étudier la possibilité
de créer une union douanière ou une zone
de libre-échange, instaurer les conditions propres
à permettre une meilleure
utilisation de la main-d’œuvre »
(archives OCDE). En 1949, les
Américains estimant que leur
« aide »
ne favorisait pas suffisamment l’intégration
économique européenne font
pression pour une plus grande libéralisation des
échanges. En juin 1950,
Stikker, Président du Conseil de l'OECE, présente
un plan d'action pour « l'intégration
économique de l'Europe prévoyant une
spécialisation des activités, une division
du travail et la création d'un marché unique
européen » (archives
OCDE). On
connaît la suite. Malgré les
résistances d’une fraction
de la bourgeoisie française personnifiée par De
Gaulle et les mouvements
gaullistes (alliés un temps des communistes),
malgré les mouvements sociaux et
populaires (principalement en France et en Italie), malgré
les changements
politiques (ou grâce à eux), le processus
d’intégration européenne sous influence
américaine se poursuit sans discontinuer depuis 1950.
Parallèlement, la lutte
contre le communisme continue, notamment par la transformation des
grands
partis communistes occidentaux en partis
réformistes ; quant à
l’entreprise de destruction du camp socialiste, elle
s’accélère à partir de
1989. Cependant,
l’opposition à l’Europe du grand Capital
et à
l’hégémonie américaine ne
disparaît pas. Les luttes sociales et politiques se
poursuivent et aboutissent parfois à des victoires et
à de nouvelles conquêtes. En 1950, Robert
Schuman, ministre français des Affaires
étrangères, propose, dans une
déclaration historique, la mise en commun des
ressources de charbon et d'acier de la France et de l'Allemagne dans
une
organisation ouverte aux autres pays d'Europe. Cette
déclaration a été
élaborée
par Jean Monnet, alors Commissaire au plan. En 1951, six
pays, l'Allemagne, la Belgique, la France,
l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas signent le Traité de
Paris instituant
la première Communauté du charbon et de l'acier
(CECA). En 1957, le 25
mars, les mêmes six pays signent le Traité de
Rome créant la Communauté économique
européenne (CEE ou
Marché commun) : Allemagne, Belgique,
France, Italie,
Luxembourg et Pays-Bas. En 1962, la
première politique communautaire, la PAC,
Politique agricole commune, voit le jour. En
Mai 1968 en France, trois
semaines de grève permettent d’obtenir les
accords de Grenelle : augmentation
des salaires (35
%
pour le SMIG) ; 4e semaine de congés
payés en
1969 ; lois de 1970 et
1971 sur la formation permanente. La même année,
en
juillet, l'Union douanière
est réalisée entre les six pays. Le 1e
janvier 1973, le Danemark, le Royaume-Uni
et l'Irlande rejoignent la CEE. En 1974,les chefs d'États ou
de gouvernements
des pays membres décident de se réunir
régulièrement en Conseil européen pour
fixer les grandes orientations de la politique européenne. En 1979, est
créé le Système monétaire
européen (SME)
destiné à assurer la stabilité des
monnaies européennes. L'Ecu (European
Currency Unit) est né. Les européens
élisent pour la première fois leurs
députés au Parlement européen au
suffrage universel direct. En 1980, la
mort de Tito annonce le début du processus de
démantèlement de la Yougoslavie socialiste. Le
1er janvier 1981, la Grèce entre
dans l'Europe. Le 10 mai 1981,
aux élections présidentielle en France, la
gauche arrive au pouvoir. Elle prend une série de mesures
sociales de 1981 à
1984 : majorations du SMIC, du minimum vieillesse, des
allocations
familiales, de l’allocation logement ; semaine de 39
h ; 5e
semaine de congés payés ; retraite
à 60 ans ; limitation du recours
au travail temporaire et aux CDD ; création des
chèques vacances… Et elle
poursuit le programme de nationalisations : CGE, Saint-Gobain,
Pechiney,
Rhône-Poulenc, Thomson), 39 banques et 2 institutions
financières (Suez et
Paribas), Usinor et Sacilor. En 1986,
l'Espagne et le Portugal rejoignent la CEE en
janvier. En février, l'Acte unique européen fixe
la réalisation du Marché
unique au 1er janvier 1993. En 1989, la
chute du mur de Berlin et de la RDA sont suivis
de l’effondrement des républiques populaires
d’Europe de l’Est. En 1990, c’est la
réunification allemande. En 1991, on assiste à
l’éclatement de la Yougoslavie,
puis à la dissolution de l’URSS. En 1992, les
Douze reconnaissent la Slovénie et la Croatie.
La même année est adopté le
traité de Maastricht, qui ouvre la voie à
l’union
monétaire (la course à l’Euro
commence), à la déréglementation et
étend les
pouvoirs du Parlement européen. Il crée une
« citoyenneté
européenne » et limite la
souveraineté des Etats en matière de politique
étrangère et dans les affaires judiciaires et de
sécurité interne. Voici ce
qu’en dit le Comité National pour
l’abrogation du
traité de Maastricht : « Au
nom du traité de Maastricht, des
exigences de la monnaie unique, le gouvernement s'attaque à
l'ensemble des
services publics. L'Union européenne l'exige, le
gouvernement s'exécute. " La
privatisation de France-Telecom est faite explicitement
en référence à ce traité
réactionnaire. Aujourd'hui, c'est au nom d'un vote du
Conseil européen, que le statut des électriciens
et gaziers est remis en cause,
d'une directive européenne que la SNCF devrait
être démantelée par le
régionalisme. " L'Europe des
régions contribue au démantèlement de
la
République "Une et indivisible". " La réforme de
l'Etat qui remet en
cause le principe de l'égalité des citoyens
devant la loi, l'ensemble des
administrations et services publics s'inspire du principe de
subsidiarité cher
à l'Union européenne. L'Europe de Maastricht
remet en cause la laïcité à
l'école. Elle exige que soit remise en cause la loi de 1905
de séparation de
l'Eglise et de l'Etat. " Au nom d'une
circulaire européenne signée par Delors, le
travail des enfants a été
relégalisé en France. L'Union
européenne se dresse
contre les organisations syndicales. Au nom de Maastricht, on ruine les
paysans, on désertifie les campagnes. » En 1995,
l'Autriche, la Finlande et la Suède entrent dans
l’Union Européenne. Les Norvégiens
refusent d'entrer dans l'Europe lors d'un
référendum. En décembre 1995 en
France, un gigantesque mouvement ouvrier et
populaire de résistance aux plans de
démantèlements sociaux de Chirac et
Juppé
dure plusieurs semaines. En 1997
s’achève la révision du
traité de Maastricht. Le
traité d'Amsterdam doit être ratifié
par chaque État membre avant d'entrer en
application. En France, la « gauche
plurielle » accède au pouvoir.
Les 35 heures sont programmées mais aussi la plus grande
vague de
privatisations de l’histoire du pays. En 1998
s’ouvrent des négociations en vue de
l'élargissement
de l'Union européenne aux pays d'Europe centrale et
orientale et à Chypre.
L’Union détermine les pays qui adopteront la
monnaie unique au 1er janvier
1999. Une vague de grèves dans
l’éducation nationale et les transports
éclate en
France. En 1999, la
Serbie est attaquée par l’OTAN. C’est le
début
de la mainmise militaire américaine sur les Balkans. En janvier
1999, débute le passage à la monnaie unique dans
onze pays ; Le 1er mai 1999, le traité d'Amsterdam
entre en vigueur. Il
aggrave les conditions de Maastricht en limitant encore plus la
souveraineté
des Etats. Le 13 juin ont lieu les élections du Parlement
européen ; le 25
septembre 1999, la nouvelle Commission européenne est
nommée. Le 7
décembre 2000, la Charte européenne des droits
fondamentaux de l'Union européenne
est
proclamée. Le 26 février 2001, le
traité de Nice est signé. Ce nouveau
traité
prévoit une réforme des institutions de l'Union
européenne en vue de
l'élargissement. Le 1er mars 2002 s’ouvre la
convention sur l'avenir de
l'Europe destinée à élaborer le projet
de Constitution Européenne avec pour
objectif principal de pérenniser par un texte fondateur le
système capitaliste.
En d’autre mots de rendre son renversement
anticonstitutionnel ! ! ! Le 15 mars 2002
s’ouvre le Sommet européen de Barcelone.
Chirac, président de
« droite » et Jospin premier
ministre de
« gauche », tous deux adversaires
et candidats à l’élection
présidentielle, s’alignent sur les positions européennes les
plus
« ultra-libérales » :
la
privatisation de l'énergie, l’allongement du temps
de travail, les facilités
accrues pour procéder aux licenciements, les
priorités fiscales données aux
entreprises disposant de salariés payés
à bas prix, la fin programmée des
préretraites, la perspective de travailler
jusqu'à 63 ou 65 ans, le financement
des retraites par des fonds de pension. Le
président du gouvernement espagnol, José Maria
Aznar le
dit : « Il n'y a pas de
divergences
entre les gouvernements européens, y compris
français, mais des débats sur
le rythme et la
vitesse des
réformes. » Au printemps
2003 en France, un énorme mouvement de grève et
de manifestation dans le secteur public et une partie du
privé dure plusieurs
semaines. Le 17 avril
2003, un Traité d'adhésion de dix nouveaux pays
à l'UE est signé qui prévoit
l’intégration de plusieurs pays : Chypre,
l'Estonie, la Hongrie, la Lettonie, la Lituanie, Malte, la Pologne, la
République tchèque, la Slovaquie et la
Slovénie. En mars 2004,
en France : la droite essuie une
cinglante défaite électorale aux
élections régionales. Le 1er
mai
2004 est prévu l’entrée des 10 nouveaux
pays dans l’UE. À noter que les peuples
des pays accueillants n’ont jamais été
consultés sur les nouvelles adhésions. En juin 2004
doivent avoir lieu les élections au Parlement
européen de Strasbourg. Ses pouvoirs sont réduits
par rapport à ceux de la
commission de Bruxelles non élue et sous influence de l'OMC
(Organisation
Mondiale du Commerce, créée et dirigée
par les multinationales principalement
américaines). On pourrait
désespérer devant une telle avalanche de coups
portés aux classes ouvrières et aux peuples mais
on constate que si les
capitalistes poursuivent leur course folle au profit et à
l’exploitation , les
luttes ne s’arrêtent pas non plus et que la
victoire est possible. À certaines
conditions… Mais comme dirait Rudyard Kipling auteur
révolutionnaire bien
connu, ceci est une autre histoire. Et pour
terminer, peut-être pourrait on paraphraser Victor
Hugo qui écrivait au 19e
siècle : « Un jour
viendra où
l’on verra ces deux groupes immenses, les
États-Unis d’Amérique et les
États-Unis d’Europe, placés en face
l’un de l’autre, se tendant la main par
dessus les mers, échangeant leurs produits, leur commerce,
leur industrie »…
en ajoutant après chacun des
« États-Unis » cet
adjectif très
qualificatif « socialistes ». |