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Approches Marxistes
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Nous n'acceptons pas l'anéantissement des militants d'Action Directe emprisonnés !

Fabien Namrak

En février prochain, cela fera 18 ans que Jean Marc Rouillan, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon, dirigeants du groupe Action Directe, sont en prison. C’est en 1987 qu’ils furent arrêtés pour leur appartenance au groupe Action Directe, qui, « au nom de la lutte anti-impérialiste », a revendiqué hold-up et attentats. Le général René Audran fut abattu en janvier 1985, et Georges Besse, patron de Renault, fut tué en novembre 1986.

Au-delà de l’opinion de chacun sur ces actes, nous ne pouvons admettre que la justice française les ait jugés en évacuant soigneusement toute connotation politique pour définir ce que ces actes pouvaient avoir de particulier, en les associant sous une rubrique d'entreprise individuelle ou collective de terreur. Elle décida, entre autres, la centralisation des dossiers « terroristes » par la 14ème section du Parquet de Paris et l'instauration d'une Cour d'assises spéciale, exclusivement composée de magistrats professionnels et contrairement à tous les principes en la matière, ces lois spéciales ont été rendues rétroactives. Le seul précédent en droit français fut les Sections spéciales de Pétain contre les militants communistes. Les prisonniers d’Action Directe furent frappés dans les fourgons et les couloirs du Palais de justice. Le quatuor a été condamné à la détention à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de dix-huit ans.

Les basses manœuvres du Ministère de la justice ont volontairement rendu impossible le  mariage souhaité par Jean-Marc et Nathalie. Dans un an, leur peine de sûreté touchera à sa fin leur ouvrant la voie d’un recours afin d’accéder à la liberté conditionnelle. Mais ne sera-t-il pas trop tard ? Trop tard pour Nathalie Ménigon, incarcérée à Bapaume (Pas-de-Calais), partiellement hémiplégique depuis deux accidents cardio-vasculaires, dépressive profonde, et qui a, plusieurs fois, tenté de se suicider. Trop tard pour Joëlle Aubron, actuellement hospitalisée à Lille, après avoir été transférée, en urgence de Bapaume pour subir une opération d’une tumeur au cerveau au CHU de Lille le 16 mars dernier. Trop tard pour Jean-Marc Rouillan qui, du fond de sa cellule de Moulins-Yzeure, attend d’être envoyé à l’hôpital de Lyon pour subir des examens complémentaires suite à un scanner qui a révélé, le 12 mars, un cancer au poumon avec métastases sur la chaîne ganglionnaire. Quant à Georges Cipriani, après avoir été transféré de la centrale d’Ensisheim à l’hôpital psychiatrique de Sarreguemines dans une « unité pour malades difficiles » (structure qui reçoit les prisonniers dont l’état mental est incompatible avec le maintien en détention).

La loi précise qu’une suspension de peine peut être accordée si le pronostic vital d’un détenu est engagé ou si son état de santé est incompatible avec le maintien en détention. Papon, jugé pour complicité dans la déportation d’enfants juifs, ancien préfet de police de Paris au moment des tueries causées par la police contre les Algériens en 1961 et contre les communistes le 8 février 1962, est, lui, libéré.

Le 24 mars dernier, à 18h00, à Paris (angle rue du Renard / rue de la Verrerie, métro Hôtel de Ville), à l’appel du collectif « Ne laissons pas faire ! », une centaine de personnes a manifesté devant le siège de la direction de l'Administration pénitentiaire fermement « protégée » par une soixantaine de CRS, qui n’ont pas hésité à charger les manifestants. Jean Jacques Karman qui y représentait la Gauche Communiste a déclaré à la presse : « Seule la libération immédiate de tous les militantes et militants d'Action Directe fera cesser le programme de destruction mis en place par l'Administration pénitentiaire et la Chancellerie. Mais il nous faut l’imposer, car n’oublions pas que Régis Schleicher un autre membre d’Action Directe en est à 21 ans de prison, qu’il a finit sa peine et qu’il est pourtant toujours maintenu en détention ! »

NON à la restauration de la peine de mort !



Fabien Namrak